Abbaye Notre-Dame d'Évron

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Abbaye Notre-Dame d'Évron
Image illustrative de l'article Abbaye Notre-Dame d'Évron
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction ~XIe siècle
Fin des travaux ~XIXe siècle
Style dominant mixte
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, basilique)
 Inscrit MH (1987, abbaye)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Ville Évron
Coordonnées 48° 09′ 24″ nord, 0° 24′ 12″ ouest

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Abbaye Notre-Dame d'Évron

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Abbaye Notre-Dame d'Évron

L'abbaye Notre-Dame d'Évron est une ancienne abbaye bénédictine fondée à Évron, dans le département de la Mayenne en France; maintenant siège de la Communauté Saint-Martin, association de prêtres et de diacres vivant leur apostolat en communauté.

Description[modifier | modifier le code]

La tour de l'église abbatiale d'Évron reconstruite par les vicomtes du Maine est trop imposante, trop puissante, dans sa construction primitive, telle qu'elle était avant l'ouverture des grandes baies pratiquées pour l'installation de l'escalier monumental du XVIIIe siècle, pour n'avoir pas eu d'autre destination que celle d'un clocher d'église, ou d'un beffroi. On doit y voir en même temps un ouvrage militaire. L'abbaye n'est pas absolument dans l'alignement des forteresses des vicomtes du Maine, mais elle est dans leur domaine avéré ; et le donjon renforce ceux de Sainte-Suzanne, de Courtaliéru et de Thorigné. Ceux qui l'occupaient au nom des moines ou de leur restaurateur pouvaient utilement contribuer à barrer le passage aux envahisseurs du Maine. Si l'on pouvait étudier la manière dont il est relié à la nef de l'église romane, on trouverait probablement qu'il a été ajouté après coup à la construction. Cette destination défensive du monument a été admise par des architectes et des archéologues.

Protections[modifier | modifier le code]

La basilique Notre-Dame de l’Épine fait l’objet d'un classement au titre des monuments historiques par liste de 1840[1]. L'ancien logis abbatial datant de la fin du XVe siècle et du XVIe siècle, pour ses façades et toitures, l'ancien logis abbatial du XVIIe siècle, les vestiges de la chapelle Saint-Michel, le bâtiment mauriste, la terrasse et les jardins à la française font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 26 février 1987[1].

Restauration (985-989)[modifier | modifier le code]

L'abbé Angot a établi que Raoul III de Beaumont fut en 985-989 le restaurateur de l'abbaye d'Évron. On a voulu lui ravir cet honneur au profit du vicomte de Blois, mais, quoique la tentative ait réussi, le fait est contre toute vraisemblance et démenti par de nombreux monuments.

Article détaillé : Raoul III de Beaumont.

Le restaurateur de l'abbaye d'Évron est nommé dans deux chartes : l'une, du Cartulaire de Saint-Père de Chartres, qu'on peut dater de 985 ; l'autre, qui porte la date de 989, extraite du chartrier d'Évron, mais que nous ne connaissons que par des copies du XVIIe siècle. Dans l'état actuel de ces pièces, ce personnage est nommé Robert, ou Robert de Blois, ou Robert, vicomte de Blois. L'abbé Angot prouve que cela est faux, que les chartes ont été falsifiées, l'une avant 1073, l'autre au XIIIe siècle.

Le comté du Maine était parfaitement constitué à la fin du Xe siècle. Il n'avait rien à voir avec les comtes de Blois, qui ne pouvaient rien y revendiquer, et qui de fait n'y prétendirent jamais, si l'on excepte la prétendue restauration d'Évron, pour laquelle, sous leur autorité, leur vassal ou vicomte aurait concédé des domaines nombreux au centre même du pays manceau.

Le soupçon de la supercherie vint à l'abbé Angot en étudiant les documents généalogiques de la famille des vicomtes du Maine, nommés plus tard vicomtes de Beaumont, où il apparaît que tout le territoire de Sablé, la Charnie, Sainte-Suzanne, Évron, la lisière du Haut et du Bas-Maine, la forêt de Pail, c'est-à-dire tout le pays où se trouvent les possessions de l'abbaye, appartenaient dès la fin du Xe siècle aux vicomtes du Maine. La restauration de l'abbaye ne pouvait donc venir que d'eux seuls.

Pour Évron, nous avons même un document plus exprès que les autres dans une concession de foire et marchés en 994. Dira-t-on que les droits des comtes et vicomtes de Blois peuvent avoir existé sans qu'on en sache la cause ? Mais si les documents qu'on invoque sont évidemment falsifiés, on doit leur refuser toute créance.

L'abbé Angot appuie sa thèse sur 4 textes :

  1. la critique de la charte de 989, pleine d'invraisemblances et de formes barbares ;
  2. la preuve de la falsification de la charte du Cartulaire de Saint-Père de Chartres ;
  3. les conclusions à tirer d'un diplôme du comte du Maine de l'année 994 ;
  4. la note sur les appendices de la charte de 989.

Restauration par les vicomtes de Blois ?[modifier | modifier le code]

Voyons donc les documents :

Ce qui précède prouve la fausseté des deux chartes concernant l'origine d'Évron, et spécialement l'attribution frauduleuse de la restauration de l'abbaye à Robert, vicomte de Blois ; mais ne démontre pas à qui doit en revenir le mérite.

Les deux premiers documents concernant la restauration d'Évron étaient faux, ou du moins falsifiés ; le principal motif de cette manœuvre était d'attribuer à un vicomte de Blois les droits de restaurateur qui appartenaient à un vicomte du Maine. Il faut maintenant prouver directement ce dernier point.

Il existe pourtant déjà une indication assez précise dans ce fait que les biens rendus ou donnés à l'abbaye de saint Hadouin faisaient partie des domaines du vicomte du Maine.

L'abbé Angot l'a exposé précédemment, et il affirme de nouveau que celui qui était seigneur de la Charnie, d'Évron, devait être le second fondateur du monastère qui a fait la gloire de cette contrée.

Restauration par les vicomtes du Maine[modifier | modifier le code]

Les faussaires n'ont eu pour le déposséder qu'à remplacer le nom du vicomte du Maine par celui de Robert, et, pour rétablir la vérité, l'abbé Angot n'a qu'à écarter l'intrus et à rappeler le véritable bienfaiteur.

Faux et supercherie historique[modifier | modifier le code]

Comment et pourquoi ont été faits les faux  ?

On avait dans la charte de 985 substitué le nom de Robert, qui n'y est désigné que comme fidèle du comte Eude de Blois et non comme vicomte, à Raoul, vicomte du Mans. Cette erreur ou cette fraude a été la cause de toutes les falsifications postérieures.

La charte de 985 a été falsifiée avant 1073

  1. dans l'intérêt de Robert de Blois ou de sa famille, au préjudice de Raoul III, vicomte du Maine, pour une part ;
  2. pour favoriser l'abbaye de Saint-Père de Chartres dans des prétentions de supériorité sur l'abbaye de Notre-Dame d'Évron, car on n'en voit pas d'application.

Les signatures fausses sont une preuve de ces supercheries, qui ont donné le moyen de commettre celles de la seconde charte de 989.

Les vicomtes de Blois, descendants de Robert, ne semblent pas avoir laissé de postérité après le XIe siècle. La falsification a pour but de favoriser une autre famille de vicomtes de Blois, connue aux XIIe siècle et XIIIe siècles, sans rapport peut-être avec la première, mais voulant quand même s'y rattacher[23].

Article détaillé : Liste des vicomtes de Blois.

C'est pourquoi on affirme dans ce nouveau texte que Robert, vicomte de Blois et même fils du comte Eude, est bien le restaurateur d'Évron ; et la famille de Lisle qui se croit ou se dit son héritière, représentée par Renaud de Lisle, obtient dans l'église abbatiale la place d'honneur pour lui, en 1277, et de grandes tombes effigiées pour son père et sa mère, son grand'père et sa grand'mère.

L'abbé Angot évoque deux hypothèses :

  1. on peut supposer que les remaniements de la charte de 989 avaient eu pour motif d'amener Renaud de Lisle à se montrer généreux en lui persuadant, sincèrement ou non, qu'il était héritier de Robert, lui aussi vicomte de Blois, mentionné dans la charte de l'abbaye de Saint-Père vers 985.
  2. Ou bien encore ce même Renaud II, vicomte de Blois, averti par ce document qu'un autre vicomte avait des droits de restauration de l'abbaye, et le prenant à tort ou à raison pour l'un de ses ancêtres, aura lui-même réclamé des religieux la reconnaissance de son titre, avec tous les droits qu'il comportait, et une sépulture honorable pour ses parents et aïeux dans le chœur de l'église que l'on se disposait à rebâtir.

L'abbé Angot croit plutôt que l'invention vint des moines, car la charte ne fut pas seulement remaniée pour doter du titre de restaurateur l'ancêtre de Renaud de Lisle, mais encore pour donner une nouvelle forme à l’émunération des domaines de l'abbaye. L'obtenait-il gratuitement des religieux, ou par de libérales aumônes destinées à la reconstruction de l'église monumentale ? L'une et l'autre opinion sont admissibles[24]

Ce travail de corrections frauduleuses, dont on se rendra compte en lisant les annotations de la charte de 989, doit dater du XIIIe siècle. Il fallait au moins deux cents ans pour que les lecteurs ignorassent la généalogie de personnages aussi connus que les comtes de Blois et même celle des rois de France.

Ce n'est non plus qu'à une époque tardive que pouvaient être créés des mots étranges comme ceux qu'on décore de terminaisons en iacus contre toutes les règles et toute raison, et qu'on publie tant d'autres formes latinisées du français non compris, ou laissées même entièrement françaises[25]

Un seul point présente quelques difficultés : comment les vicomtes du Maine ou de Beaumont, comme on les appelait alors, se laissèrent-ils dépouiller de leur privilège de fondateur ou de restaurateur d'une abbaye qui était dans leurs domaines ? C'est qu'en réalité ils ne l'étaient pas.

Pour les moines, le fondateur était saint Thuribe, successeur de saint Julien du Mans, ou plus historiquement saint Hadouin, au VIIe siècle. Le restaurateur n'était qu'un bienfaiteur dont on n'usurpa le titre qu'au XIIIe siècle. À cette époque, les vicomtes de Beaumont n'avaient rien à réclamer, n'ayant jamais rien possédé.

XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Relevé de l'abbaye par Louis Boudan fin XVIIe siècle pour Gaignières.

Des difficultés entre l'abbaye d'Evron et Hamelin, châtelain de Saint-Georges de Feschal[26], s'étaient d'abord terminées par un accommodement amiable en 120). Mais elles avaient reparu; les moines se plaignaient de torts graves et de dommages causés par Hamelin à eux et à leurs serfs; aucun arrangement ne fut possible et les gages furent de part et d'autre échangés pour un duel qui devait mettre fin au différend. Le duel judiciaire était alors le recours en dernier ressort; des précautions étaient prises pour assurer aux combattants armes et chances égales ; quatre chevaliers étaient établis gardes du camp et l'engagement n'avait lieu qu'après plusieurs cérémonies, prières et serments. Les ecclésiastiques, les moines mêmes acceptaient ce moyen de vider leurs querelles ; seulement ils n'étaient pas obligés de se battre en personne et devaient fournir un tenant, qu'ils n'avaient pas de peine à trouver. Au jour assigné, les religieux et leur champion comparurent devant le connétable Mathieu II de Montmorency[27], leur juge, dans la cour du château de Laval; mais le châtelain fit défaut. Comme il n'avait présenté aucune excuse, ses témoins furent condamnés à payer aux moines et à leurs serfs cinquante livres mancelles; mais Hamelin les dégagea en accordant différents droits à l'abbaye, par une charte qui fut revêtue du sceau de Matthieu et « pour plus grande confirmation » de celui de l'évêque du Mans en 1221.

Histoire de l'abbaye du XVe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

De conséquence en conséquence, à quelque deux cents ans de là, on en vint, quoique Renaud II de Lisle eût ses armes personnelles sur sa tombe, à prendre pour l'abbaye les armes de la famille de Blois, rien que par ce motif qu'il était question dans la charte de restauration d'Évron remaniée, du comte Eudes de Blois et de son fils supposé, et qu'au XVe siècle ses représentants indirects portaient les trois pals et le chef qu'on sait, sans plus s'occuper du vicomte et de son blason à la croix pleine.

Les monuments héraldiques de cette invention décorent encore les vitraux du XVe siècle de l'église et la façade monumentale de l'abbaye du XVIIIe siècle, sans préjudice de nombreux menus objets, lutrin, chandelier pascal et autres. Il faut rendre aux vicomtes du Maine ce qui leur appartient. L'abbaye d'Évron a été reconstruite, dotée à nouveau par l'un d'eux ; le donjon de l'église est leur œuvre comme ceux de Sainte-Suzanne, de Thorigné, de Courtaliéru.

Tour ouest de la basilique d'Evron

Guerres de Religion[modifier | modifier le code]

L'Abbaye Notre-Dame d'Évron peut en 1562 soustraire ses richesses à une attaque protestante, conduite par Hercule Saint-Aignan des Marais. Avertis à temps, les religieux mettent en sûreté au Château du Rocher, dans lequel René de Bouillé leur offre un refuge, tout leur trésor, la relique de la Sainte-Vierge et même le Saint-Sacrement, oublié dans la précipitation de la fuite, et que Jean Livet, va, au péril de sa vie, retirer du tabernacle quelques instants avant l'arrivée de l'ennemi.

Les archives seules sont lacérées, brûlées ou dispersées le long des chemins.

En 1577, l'abbaye voit des soldats catholiques ravir tout ce qu'elle possédait de précieux. Couanier de Launay attribue ceci aux armées de Louis de Bussy d'Amboise, qui s'en vint faire mille pilleries ès pays d'Anjou et du Maine..

Époque contemporaine (XIXe siècle-XXIe siècle)[modifier | modifier le code]

En 1803, les Sœurs de la Charité de Notre Dame d'Évron acquièrent l'abbaye et la revendent en novembre 2012 à la Communauté Saint-Martin qui y a transféré sa maison-mère et sa maison de formation (auparavant situées à Candé-sur-Beuvron) durant l'été 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00109505, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Benjamin Guérard, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres, t. I, p. 77.
  3. Abbé Gérault, Notice historique sur Évron, son abbaye et ses monuments, p. 127.
  4. Bibl. nat., lat. 17124, p. 123.
  5. Bibl. nat., Coll. D. Housseau, t. I, fol. 282, no 244.
  6. Archives départementales de la Mayenne, H 204 (provisoire), p. 468.
  7. t. IV, p. 2-3.
  8. Notice sur Évron, 1840, p. 129-136.
  9. Géographie ancienne du diocèse du Mans, 1845, Instrumenta, p. 168-170.
  10. Eudes, comte de Blois (995-1037), et Thibaud, son frère (995-1004), p. 124-125.
  11. Il faut ajouter que, non seulement cette souscription est de trop, mais que toutes les autres sont supposées au même titre, et que la pièce a bien d'autres invraisemblances.
  12. Il y constate que le document de 989 débute à la première personne, comme une charte, prend ensuite la forme d'une notice et le style indirect, et n'est par conséquent qu'une pièce informe, invraisemblable et fausse. Mais n'ayant qu'un but spécial, il ne pousse pas plus loin sa démonstration, sans soupçonner le motif et les conséquences du faux.
  13. « En 989, écrit-il, Eude est à Paris auprès du roi et le sollicite d'approuver la restauration de l'abbaye d'Évron, dans le Maine, accomplie par son vassal le vicomte de Blois, Robert (p. 158, 210) ». Si elle était seule, la preuve serait faible.
  14. « Abbaye Notre-Dame d'Évron », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (lire en ligne), t. II, p. 135.
  15. Elles sont ainsi libellées : « Signum † Hugonis regis. † S. Odonis comitis. † S. Roberti, filii ejus. † S. Tetbaldi, filii ejus. † S. Odonis, alterius filii. † S. Hugonis, vicecomitis Castridunensis. † S. Raherii de Montigniaco. † S. Gaufridi de Sancto Aniano. † S. Vualterii Turonensis. † S. Alonis de Caynone castro. † S. Guilduini Salmurensis. † S. Fulberti de Rupibus. † S. Landrici de Balgentiaco. † S. Rotrochi Normanni. † S. Rainaldi. » (Suit la date) « Actum est hoc Parisiis, anno ab Incarnatione Domini DCCCCmo LXXXmo VIIIIo, Indictione 2a. » On peut relever en effet dans cette liste les noms de trois fils du comte Eude : Robert, Thébault et Eude. Or il est certain qu'il n'en eut point du nom de Robert.
  16. Le comte A. Bertrand de Broussillon a communiqué à l'abbé Angot en 1895 une observation qu'il avait faite à M. Lex à ce sujet, faisant valoir qu'il y avait seulement inversion dans les signatures et que le nom de Robert devait suivre celui du roi Hugues Capet, et représentait son fils. La remarque est probablement exacte, comme on le voit par le texte même où l'expression alterius filii appliquée à Eude, fils cadet, indique bien qu'il n'y avait que deux fils à citer ici. Mais si l'observation est juste, l'intention frauduleuse du rédacteur n'en est pas moins certaine. Il a voulu faire passer ce Robert pour fils du comte et restaurateur de l'abbaye. S'il n'en était pas ainsi, lui qui devait plus essentiellement que tout autre figurer au nombre des signataires, n'y paraîtrait pas. D'ailleurs Robert, fils d'Hugues Capet, était déjà couronné roi depuis 987 et il serait étrange qu'on n'eût pas fait mention de son titre dans cet acte de 989. M. Lex avait donc raison de qualifier de faux l'acte ainsi signé. La liste des témoins a été prise n'importe où, si elle n'a pas été composée de toutes pièces pour autoriser une supercherie. Dom Housseau, d'après les manuscrits qu'il a copiés, place entre la mention de l'autorisation royale et les signatures le paragraphe contenant la confirmation du Pape Jean XVI, avec cette note : « Post interpolationes de papa et rege, hae notantur subscriptiones praeter P et R », et il supprime le seing du roi qu'il regarde comme apocryphe, ce qui ne prouve que l'embarras du faussaire à reconstituer son document remanié.
  17. Ces remaniements de la charte primitive ne peuvent avoir été faits qu'à une époque assez tardive, où l'on ignorait la filiation des comtes de Blois, où les noms des localités ne pouvaient plus être traduits correctement en latin, au XIIIe siècle, doit-on croire, comme l'indique l'emploi du K au lieu de la majuscule R1.
  18. surtout au Livre blanc, éd. Lottin, p. 68.
  19. Cette généalogie a été établie par M. le vicomte J. de Croy qui, dans la Revue de Loir-et-Cher (t. XX, p. 133-136), réforme tous les travaux précédents.
  20. Remise par le comte du Maine, Hugue III, aux moines d'Évron de toutes les mauvaises coutumes par lui perçues sur les domaines de l'abbaye, ladite remise faite à la demande de l’évêque Sifroi et du consentement du vicomte du Mans, Raoul II, et de son fils, Raoul III.
  21. Archives de la Mayenne, H 204 (provisoire), p. 485.
  22. Abbé Gérault, Notice historique sur Évron, son abbaye et ses monumens, p. 135.
  23. M. Augis, curé de Terminiers, auteur d'un Essai historique sur la ville et châtellenie de la Ferté-Villeneuve, dit que sur cette question M. de Trémault affirme, tandis que M. l'Abbé nie. Mais M. de Trémault avait avoué, dans une conversation avec Charles de Saint-Venant, qu'il s'était trompé sur cette question (Lettres).
  24. Les moines de Fontaine-Daniel dressaient bien un mausolée plus magnifique encore que celui de Renaud de Lisle, dans leur chœur, à Juhel III de Mayenne, leur fondateur, cent ans après sa mort, quand sa famille était éteinte, ou du moins quand son nom n'était plus porté. Mais le contraire est au moins aussi probable.
  25. Un petit détail paléographique dans deux des signatures fixerait aussi le XIIIe siècle comme l'époque de la falsification : les deux noms Raherii et Rainaldi étaient orthographiés sur le prétendu original transcrit par D. Ignace Chevalier Kaherii et Kainaldi, particularité qui se rapproche beaucoup des formes de l'R majuscule du XIIIe siècle.
  26. C'est la commune qu'on nomme aujourd'hui à tort Saint-Georges-le-Fléchard.
  27. Récent époux d'Emma de Laval
  28. (d’après l’abbé Angot)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]