Aller au contenu

Lothaire Ier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Lothaire Ier
Illustration.
Médaillon d'argent du Psautier de Lothaire à son effigie (IXe siècle). British Library, Add MS 37768.
Titre
Roi des Francs
Empereur d'Occident

(15 ans, 3 mois et 3 jours)
Prédécesseur Louis le Pieux
Successeur Louis II d'Italie
Roi des Francs
Co-empereur d'Occident

(22 ans et 11 mois)
Couronnement à Aix la Chapelle
(jour de Pâques) à Rome
Prédécesseur Aucun, en binôme avec son père Louis le Pieux
Successeur Son fils Louis II d'Italie en 850
Roi des Francs
Francie médiane

(12 ans et 1 mois)
Prédécesseur Louis le Pieux
Successeur Louis II le Jeune (Italie)
Lothaire II (Lotharingie)
et Charles de Provence (Bourgogne cisjurane)
Biographie
Dynastie Carolingiens
Date de naissance
Date de décès
Lieu de décès Prüm, (Rhénanie-Palatinat)
Père Louis Ier dit le Pieux
Mère Ermengarde de Hesbaye
Fratrie Pépin Ier
Rotrude
Hildegarde
Louis II
Gisèle
Charles II
Arnulf de Sens
Conjoint Ermengarde de Tours
Enfants Lothaire II
Hiltrude
Gisèle
Berthe
Irmengarde de Germanie
Louis II le Jeune
Rotrude
Charles de Provence
Religion Christianisme

Lothaire Ier, né en et mort le à Prüm[1], est le fils de Louis Ier dit le Pieux et d'Ermengarde de Hesbaye. Il est co-empereur d'Occident de à , seul empereur jusqu'en puis de nouveau co-empereur jusqu'en et finalement seul empereur de à .

En , son père lui confie d'abord le gouvernement de la Bavière, puis en , promulgue l’Ordinatio Imperii qui l'associe à l’Empire, et le déclare seul héritier[2]. Il assigne cependant à ses fils puînés, Pépin et Louis, une part du territoire avec un rôle subordonné[3]. Également reconnu comme roi des Francs, Lothaire Ier est envoyé en Italie, où il prend en ou le titre de roi des Lombards, et s’installe à Pavie. Le à Rome, il est couronné coempereur par le pape Pascal Ier, celui-ci se soumettant à son autorité.

Denier au buste de Lothaire Ier frappé vers 833.

En , Louis le Pieux jette les bases d'un partage nouveau, favorable à son plus jeune fils Charles, né en de sa seconde épouse Judith de Bavière. Lothaire Ier se révolte alors contre son père Louis le Pieux. Lothaire entraîne ses deux frères Louis le Germanique et Pépin Ier d'Aquitaine contre leur père, et le détrône une première fois en . Mais le fils rebelle est battu et ne conserve que l'Italie. Le Royaume franc proprement dit est attribué à ses trois frères. Toutefois, la rivalité qui ne cesse d'exister entre Judith et ses beaux-enfants amène la crise de qui voit la déposition de Louis le Pieux par ses fils. Lothaire s'empare du pouvoir souverain ; une nouvelle répartition du territoire écarte les prétentions de Charles. Au cours de l'année suivante la situation se modifie profondément : Louis et Pépin se rapprochent de leur père ; Lothaire est contraint de prendre la fuite ; le vieil empereur est restauré le . En , réconcilié avec Lothaire, Louis le Pieux opère un nouveau partage à Worms, . Lothaire reçoit, outre l'Italie, la portion orientale du Royaume franc[4]. Quelques mois plus tard, il conclut un traité avec le doge vénitien Pietro Tradonico appelé Pactum Lotharii.

Les royaumes francs en . La Francie médiane est en vert au centre.

Après la mort de son père en , ses deux frères, Louis le Germanique et Charles, refusent de le reconnaître comme suzerain. Lothaire Ier tente alors d'envahir leurs États, mais ceux-ci se liguent contre lui et, en , obtiennent la victoire à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye dans l’Auxerrois. Le , les deux vainqueurs renforcent même leur alliance par les serments de Strasbourg. L'année suivante, ils lui imposent le traité de Verdun qui lui permet de conserver le titre impérial, et lui octroie la Francie médiane, un domaine long et étroit allant de la mer du Nord jusqu'au sud de Rome et incluant la capitale de l'Empire carolingien, Aix-la-Chapelle.

Peu de temps avant de mourir en , Lothaire Ier abdique pour se retirer dans l’abbaye de Prüm. Avant d'y mourir, il a pris soin (traité de Prüm) de partager son empire entre ses trois fils : Louis reçoit le royaume d’Italie avec le titre d’empereur, Charles la Provence jusqu’à Lyon, et Lothaire II le reste, toute la partie nord de l'empire, de la Frise jusqu'au sud de l'actuel département de la Haute-Marne. Ce dernier domaine va s'appeler la Lotharingie, nom issu du latin Lotharii Regnum, le royaume de Lothaire. À la fin de sa vie, il comble les abbayes de Murbach, de Lièpvre, d'Erstein, de Saint-Étienne à Strasbourg et de Munster.

Mariage et descendance

[modifier | modifier le code]

En à Thionville, Lothaire épouse Ermengarde, fille du comte de Tours, Hugues d'Alsace, qui lui donne huit enfants :

D'une maîtresse nommée Doda il eut : Carloman (° v.  -  ?)

Dans la fiction

[modifier | modifier le code]

L'auteur dramatique et librettiste Hippolyte Bis commença sa carrière littéraire en écrivant, en collaboration avec François Hay, une tragédie en trois actes et en vers, Lothaire, qui met en scène la tentative de prise de pouvoir de Lothaire au détriment de son père Louis le Pieux. La tragédie fut publiée en 1817[7] mais ne fut jamais jouée.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. I, Bruxelles, H. Lamertin, (réimpr. 1981), 481 p. (lire en ligne).

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Généalogie de Lothaire Ier sur le site de la Fondation pour la généalogie médiévale.
  2. Société de l'histoire de France, Annuaire-Bulletin, 1988, p. 29.
  3. Vanderkindere 1902, t.I, p. 3.
  4. Vanderkindere 1902, t.I, p. 3-5.
  5. Le Gendre, Histoire de France, tome 8, p. 41.
  6. Louis Paris, « Histoire de l'abbaye d'Avenay », Travaux de l'Académie nationale de Reims, vol. 61, nos 1-2,‎ 1876-1877, p. 176 (lire en ligne, consulté le ).
  7. Hippolyte Bis et François Hay, Lothaire : tragédie, Paris, Pillet, 1817, [lire en ligne].

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]