Renaissance française

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La Renaissance française est un mouvement artistique et culturel situé en France entre le XVe siècle et le début du XVIIe siècle. La Renaissance, étape des Temps modernes, apparaît en France après le début du mouvement en Italie et sa propagation dans d'autres pays européens. La raison principale est la poursuite de la guerre de Cent Ans jusqu'en 1453, et même 1477 (bataille de Nancy), alors que le processus de renaissance artistique est amorcé dès le XVe siècle au moins en Italie et dans plusieurs régions d'Europe (Flandres, Rhénanie, Alsace, Portugaletc.)[1].

Comme en Italie, ses traits caractéristiques sont la soif de vivre, la confiance en l'Homme, l'appétit du savoir, l'esprit de libre examen. Ce mouvement remet en cause les mentalités du Moyen Âge et recherche de nouvelles formes de vie et de civilisation. En effet, les possibilités de diffusion de l'information par l'imprimerie, et la découverte d'un nouveau monde au-delà de l'Atlantique, modifient profondément la vision du monde des hommes de cette époque[2].

La Renaissance est le temps des peintres, des sculpteurs qui sont employés par les rois dont les plus emblématiques de la période sont François Ier et Henri II. C'est l'époque de Léonard de Vinci qui finit sa vie au Clos Lucé, mais aussi de l'arrivée des Médicis à Paris au XVIe siècle[3].

Dates de la Renaissance française[modifier | modifier le code]

Château de Chambord (1519-1559).

Si l'italianisme existe depuis longtemps en France avec Plutarque dans la littérature, Jean fouquet en peinture ou Laurana à Marseille en architecture[4], ce sont surtout les guerres d'Italie de Charles VIII et de Louis XII qui mettent la France en rapport avec la renaissance des arts se déroullant alors en Italie. Si l'art gothique ne meurt pas immédiatement, à l'arrivée des premiers artistes italiens à Amboise, en 1495, il n'en donne pas moins des signes de décadence[5]. Malgré quelques beaux succès, dans la première moitié du XVIe siècle, le processus transitoire du Style Louis XII[5],[6] impose peu à peu les formes de la Première Renaissance[7]. À partir des années 1515, les formes gothiques se diluent alors progressivement dans le decorum italien[8].

Malgré ces survivances, le coup fatal sera donné en 1526, avec la création par François Ier, de l'École de Fontainebleau : Cette nouvelle vague d'artistes italiens, plus nombreux qu'auparavant, va avoir une grande influence sur l'art français, en créant une véritable rupture de par les innovations de ces artistes aussi bien dans la décoration intérieure, que dans l'application plus savante des ordres antiques en architecture. Les architectes qui à l'époque du style Louis XII et de la Première Renaissance, étaient des maîtres-maçons traditionnalistes et plein de verve, sont à partir des années 1530 des savants et des lettrés.

L'année 1530 correspondant ainsi à un véritable tournant stylistique, généralement considéré comme la fin du style Louis XII[5],[6], qui avait renouvelé dès 1495 la structure médiévale grâce aux apports italiens[4], et comme une acceptation définitive de la Renaissance en France, apparue progressivement vers 1515[5],[6].

Si l'amorce de ce mouvement est bien marquée, la fin de la période est en revanche sujet de discorde : l'édit de Nantes de 1598, qui marque la fin des guerres de religion, est souvent considéré comme la fin de la Renaissance, mais certains historiens arrêtent la période dès le début de la première guerre de religion, avec le massacre de Wassy en 1562 ; d'autres arrêtent la période avec l'assassinat d'Henri IV en 1610.

D'une manière générale l'Europe se pacifie considérablement après la bataille de Nancy, en 1477, qui éradique la possibilité d'émergence d'un état puissant entre Royaume de France et Saint-Empire romain germanique. Cette période de paix est favorable à la création artistique, c'est à ce moment qu'apparait une première Renaissance Lorraine (Palais Ducal de Nancy) dont l'âge d'or sera le règne du Duc Charles III de Lorraine avec la création de l'Université de Pont-à-Mousson ainsi que l'édification de la ville-neuve de Nancy, œuvre urbanistique originale puisqu'elle établit une nouvelle ville juste à côté de la ville médiévale. La Renaissance dans le Duché de Lorraine prendra fin avec la guerre de Trente Ans (1618)[1].

Renforcement de la monarchie : la souveraineté[modifier | modifier le code]

François Ier vers 1530 par Jean Clouet (musée du Louvre).

En France, la Renaissance a ceci de spécifique que, après le règne centralisateur de Louis XI, le pouvoir du roi s'accentue sur ses vassaux. On passe progressivement d'un régime de suzeraineté à un régime de souveraineté[9].

En fait, l'évolution des techniques de guerre a une influence indirecte sur ce changement. La défense des châteaux forts devient progressivement inefficace du fait de l'invention de nouvelles armes de guerre à plus longue portée (bombarde), de sorte qu'il faut imaginer de nouveaux systèmes défensifs. L'inefficacité de l'armée française pendant certains épisodes de la guerre de Cent Ans (bataille d'Azincourt, 1415, notamment) est révélatrice de ce changement[5].

Les seigneurs féodaux dont les « privilèges » dans la société médiévale sont compensés par leur responsabilité sur la population environnante en cas d'agression de la communauté locale, n'ont plus le même rôle. Ils prirent des responsabilités militaires au niveau « national » et non plus local (en langage moderne), conservant néanmoins leurs privilèges[9].

La hiérarchie des suzerainetés s'en trouve bouleversée. Il faut donc redéfinir les responsabilités réciproques du monarque, devenu le garant de la sécurité du pays unifié. Le principal théoricien de la définition du principe de souveraineté est Jean Bodin[9].

François Ier est ainsi l'un des premiers monarques français, au sens propre du terme (dans le système féodal, les rois sont suzerains de leurs vassaux, qui prêtaient serment d'allégeance). On ne voit apparaître l'absolutisme, à proprement parler, qu'avec Henri IV, dont les responsabilités sont accrues à la suite de l'édit de Nantes (1598), et surtout avec Louis XIII (sous l'influence très forte de Richelieu), et avec Louis XIV, appuyé sur ce point par Bossuet[2].

Les quatre phases de la Renaissance française (1495- début du XVIIe siècle)[modifier | modifier le code]

La Renaissance en France se décompose en quatre parties. Le premier acte est le Style Louis XII (1495-1530 environ) formant la transition entre le style gothique et la Renaissance. Ce premier style fléchit pourtant dès 1515, surtout dans le Val de Loire, où la pleine acceptation de la Renaissance italienne se fait sentir plus rapidement. Comme en Italie, trois phases se démarquent alors jusqu'au début du XVIIe siècle, une Première et Seconde Renaissance française s'achevant par le Maniérisme[5].

Le Style Louis XII : transition entre Art Gothique et Première Renaissance (1495 à 1525/1530)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Style Louis XII.

Le style Louis XII (1495 à 1525/1530)[5],[6], est un style de transition, un passage très court entre deux époques éblouissantes, la période Gothique et la Renaissance. Il qualifie une époque où l'art décoratif partant de l'arc ogival et du naturalisme gothique s'acheminera vers le plein cintre et les formes souples et arrondies mélés de motifs antiques stylisés typiques de la Première Renaissance : il y a encore beaucoup de gothique au château de Blois, il n'y en a plus au tombeau de Louis XII à Saint-Denis[10].

Dès 1495, une colonie d'artistes italiens fut installée à Amboise et travailla en collaboration avec des maîtres maçons français. Cette date est généralement considérée comme étant le point de départ de ce nouveau mouvement artistique. D'une façon générale, la structure reste française, seul le décor change et devient italien[4]. Il serait regrettable pourtant de déterminer ce nouveau style au seul apport italien : Des relations existent entre la production architecturale française et celle du platéresque espagnol[11] et l'influence du Nord, surtout d'Anvers est notable aussi bien dans les arts décoratifs que dans l'art de la peinture et du vitrail[12]

La Tour du Lion, vers 1510, château de Meillant.

Les limites du Style Louis XII sont assez variables, en particulier lorsqu'il s'agit de la province en dehors du Val de Loire. Outre les dix-sept années du règne de Louis XII (1498-1515), cette période comprend la fin du règne de Charles VIII et le commencement de celui de François Ier, faisant débuter le mouvement artistique en 1495 pour le faire s'achever vers 1525/1530[10] : L'année 1530 correspondant à un véritable tournant stylistique, qui faisant suite à la création par François Ier, de l'École de Fontainebleau, est généralement considérée comme la pleine acceptation du style Renaissance[4],[10].

Dans les travaux décoratifs de la fin de la période de Charles VIII, on observe une tendance bien marquée à se séparer de l'arc ogival pour se rapprocher du plein cintre. L'influence des réalisations de Bramante à Milan pour Ludovic Sforza  est perceptible dans la partie inférieure de l'aile Charles VIII au Château d'Amboise[4] : Si la partie supérieure du bâtiment est gothique, la façade du promenoir des gardes présente telle une loggia, une série d'arcades en plein cintre qui marque des travées rythmées de pilastres lisses. En général, les formes ornementales n'ont déjà plus la gracilité particulière de l'époque ogivale, le rythme des façades s'organise de façon plus régulière avec la superposition des ouvertures en travées et la coquille, élément important de la décoration  Renaissance, fait déjà son apparition. Cette évolution est particulièrement perceptible au Château de Meillant dont les travaux d'embellissement voulus par Charles II d'Amboise débutent dès 1481 : si la structure est restée pleinement médiévale, la superpositon des fenêtres en travées reliées entre-elles par un cordon à pinacles, annonce le cadrillage des façades sous la Première Renaissance. De même, on remarque l'entablement à oves classique surmonté d'une balustrade gothique et le traitement en Tempietto de la partie haute de l'escalier hélicoïdal avec sa série d'arcatures en plein cintre munies de coquilles[13].

Si à la fin du règne de Charles VIII, l'apport d'ornements italiens viennent enrichir le répertoire flamboyant, il y a désormais sous Louis XII toute une école française qui s'ouvre à l'italie avec de nouvelles propositions, établissant ainsi les principes d'un style de transition[10].

Éléments italiens dans l'encadrement et le soubassement de la claire-voie (1513-1529, Clôture du Chœur, cathédrale de Chartres).

En sculpture l'apport systématique d'éléments italiens voire la réinterprétation "gothique" de réalisations de la renaissance italienne est manifeste au Saint sépulcre de Solesmes où la structure gothique reprend la forme d'un arc de triomphe romain flanqué de pilastres à candélabres lombards. Les feuillages gothiques désormés plus déchiquetés et alanguis comme à l'Hôtel de Cluny de Paris, se mèlent à des tondi avec portraits d'empereurs romains au Château de Gaillon[4]

En architecture, l'utilisation de la "brique et pierre", pourtant présente sur les édifices dès le xive siècle, tend à se généraliser (château d'Ainay-le-VieilAile Louis XII du Château de Bloisl'hôtel d’Alluye de Blois). Les hauts toits à la française avec tourelles d'angles et les façades à escalier hélicoïdal font perdurer la tradition mais la superposition systématique des baies, le décrochements des lucarnes et l'apparition de loggias influencées de la villa Poggio Reale et du Castel Nuovo de Naples sont le manifeste d'un nouvel art décoratif où la structure reste pourtant profondément gothique. La propagation du vocabulaire ornemental venu de Pavie et de Milan a dès lors un rôle majeur tout en étant ressentie comme l'arrivée d'une certaine modernité[14].

Dans cet art en pleine mutation, les jardins deviennent plus important que l'architecture : L'arrivée à Amboise d'artistes italiens dont Pacello da Mercogliano fut à l'origine sous Charles VIII de la création des tout premiers jardins de la Renaissance française grâce à de nouvelles créations paysagistes, l'installlation d'une ménagerie.et des travaux d'acclimatation agronomique conduites à partir de 1496 aux "Jardins du Roy" alors situés au sein du Domaine royal de Château-Gaillard[15]. En 1499, Louis XII confia la réalisation des jardins du Château de Blois à la même équipe qui fut engagée par la suite par Georges d'Amboise pour réaliser des parterres sur différents niveaux sous son Château de Gaillon[16].

En conclusion, le style Louis XII montre que l'on veut désormais autant étonner les français que les italiens : C'est à partir de la fantaisie avec laquelle sont incorporées les nouveautés italiennes dans les structures encore toutes médiévales françaises que naîtra vers 1515/1520 la Première Renaissance[14].

La Première Renaissance (1515 à 1530/1540)[modifier | modifier le code]

Galeries inspirées de Serlio au château de La Rochefoucauld.

Si à partir de la fin du XVe siècle, le processus transitoire du Style Louis XII, impose peu à peu les formes de la Première Renaissance[7], c'est bien à partir des années 1515 que les formes gothiques finissent par se diluer définitivement dans le decorum italien[8] : C'est ainsi qu'au portail de l'Église Saint-Maurille de Vouziers, une ornementation classicisante vient masquer la structure gothique[8]

Tout comme la période précédente, la manifestation la plus évidente de la Première Renaissance en France s'exprime par l'édification de châteaux résidentiels non seulement dans le Val de Loire et l'Île-de-France mais également dans certaines provinces comme le Périgord qui, après s'être remises des séquelles de la Guerre de Cent Ans, voient leurs grandes familles s'endetter sur plusieurs générations afin de moderniser les structures médiévales préexistantes[8].

Pour autant c'est bien en Touraine que seront édifiés les plus grands châteaux de la Première Renaissance française.

Contrairement à la période précédente, le principal protagoniste n'est plus l'entourage du roi mais bien François Ier, lui-même qui, se comportant en monarque humaniste, devient l'un des acteurs primordial de cette évolution stylistique[2]. En s'imposant dans les arts, il se veut alors mécéne et guide de son peuple et de la chrétienté, sans pour autant renier son rôle militaire[2].

C'est ainsi qu'il fait appel à des artistes italiens pour la construction de ses châteaux[5]. Ces artisans lettrés auront alors une grande aura sur les maîtres maçons français : L'architecte présumé de Chambord, Domenico Bernabei da Cortona aurait ainsi été surnommé "Boccador", bouche d'or en italien, pris ici dans le sens de "paroles d'or".

Pour autant, durant toute la Première Renaissance française, les éléments d'architecture resteront librement inspirés de la Renaissance italienne. Jamais, peut-être l'architecture française n'aura autant fait preuve de plus d'élégance, de légèreté et de fantaisie que durant cette période artistique. Il se dégage une saveur toute particulière des édifices du Val de Loire où les maîtres-maçons français traditionnalistes et plein de verve, n'acceptent que bien à regret la nouvelle architecture en faisant toujours concorder la structure avec la forme et allier aux silhouettes hardies et pittoresques du Moyen Âge, la décoration de la Renaissance italienne[5].

C'est ainsi que dans la lignée du style Louis XII, on conserve durant toute la période les traditions nationales telles que les hautes toitures : Le Château de Saint-Germain-en-Laye étant le seul à être couvert de terrasses. Si les progrès de l'artillerie avait rendu inutile tout appareil défensif tels que les tours, les machicoulis, le crénelage ou encore les courtines des châteaux, on les conserve encore par tradition[5]. Pour autant, tous ces éléments de défense se voient vidés de leur substance pour être transformés en autant d'éléments décoratifs. C'est ainsi que dans bon nombre d'édifices, comme au château de Chenonceau, de La Rochefoucauld ou comme ce fut le cas à Azay-le-Rideau (remanié au xixe siècle), la permanence du donjon ne se justifie que par le symbole seigneurial qu'il représente ; sa fonction militaire étant désormais supplantée par celle du prestige et de l'apparat[4]

Dans cette mouvance, les échauguettes des châteaux du Moyen Âge deviennent à Azay-le-Rideau, de gracieuses tourelles d'angles en encorbellement tandis que les créneaux du chemin de ronde se développent en petites fenêtres, transformant cet espace, en une agréable galerie de circulation[5]. Caractéristique apparue avec le Style Louis XII, les fenêtres des façades ont leur chambranle qui se raccorde d'étage en étage, formant une sorte de travée terminée en lucarne ouvragée. Ce cadrillage que l'on retrouve à Blois ou à Chambord, souligne les horizontales et les verticales, avec la multiplication des cheminées et des clochetons[13].

Si l'architecture s'ouvre désormais largement sur l'extérieur, la richesse décorative reste réservée pour la cour, notamment pour le motif central de l'escalier. Obsession généralement étrangère à la Renaissance italienne[4], l'escalier est considéré alors comme l'élément français autour duquel gravitera le château tout entier : La tour polygonale en hors d'œuvre, conservée dans l'aile François Ier du château de Blois, est remplacée peu à peu par un escalier rampe sur rampe[4], qui bien plus qu'une innovation italienne, semble bien appartenir au répertoire de l'Ouest de la France depuis le xve siècle[4].

Si la façade des loges du château de Blois apporte une certaine modernité, par ses ouvertures en enfilade sur l'extérieur, inspirées de la cour du Belvédère du Vatican, l'utilisation du modèle romain de Bramante se voit modifié et soumis à la structure médiévale préexistante[4]. Cette réalisation n'en reste pas moins représentative des différentes recherches opérées au cours de la Première Renaissance[4].

Le Pavillon de la Porte Dorée du Fontainebleau (1527-1528).

Chambord, rendez-vous de chasses et de fêtes de la cour, est la première réalisation ex-nihilo, alors conçue comme un lieu théatral peu habité[2]. La présence de Léonard de Vinci et de Boccador, amène une réflexion sur le château à la française au contact de la Renaissance italienne. Alors que les tours du Moyen Âge n'avaient d'autre jours que les fentes des archères, une superposition de fenêtres vient ici largement éclairer l'édifice tandis que le couronnement crénelé disparaît pour la première fois[5]. Si la portée résidentielle est développée, l'organisation reste cependant traditionnelle, comme au château de Vincennes, avec un donjon central entouré d'une enceinte où se trouve la cour et les communs[4]. Le projet initial se voit pourtant modifier afin de transférer l'appartement du roi dans une aile latérale : Le donjon centré étant rendu incompatible avec le nouveau rituel de cour nécessitant un appartement royal en enfilade. Comme à la Villa médicéenne de Poggio a Caiano, chaque niveau a désormais ses appartements réparties autour d'un axe central incarné par l'escalier à double révolution pensé en collaboration avec Léonard de Vinci. Les travaux ralentissent pourtant : Après la défaite de Pavie, François Ier se voit contraint de regagner Paris.

À son retour de captivité, en 1527, si le mécénat de l'entourage royal reste important, le roi n'en reste pas moins le principal protagoniste des évolutions stylisques de son pays, par les modifications qu'il apporte à toute une série de châteaux autour de la capitale (Villers-cotterêt, La Muette). Alors qu'en Île-de-France de nouvelles innovations se font jour, le Val de Loire devient le conservatoire de la Première Renaissance.

Le château de Madrid aujourd'hui détruit, reflète cette évolution : Le Palacio de los Vargas de la Casa del Campo, demeure d'un grand financier espagnol située en face de ce qui fut la prison de François Ier à Madrid, inspira la réalisation de ce palais sans douves dont le plan ramassé s'oppose à la tradition française. Réalisés comme une nouvelle résidence de fêtes, les appartements symétriques s'organisaient autour d'une salle de bal centrale, tandis que deux étages de loggias faisant le tour du bâtiment, présentaient un décor inédit de terre cuite émaillée réalisée par Della Robbia. L'élévation du château était marquée par les pavillons hors d'œuvres, remplaçant ici les tours encore toutes médiévales de Chambord, avec un rythme nouveau, obtenu par la séparation des combles. L'utilisation du plan géométrique et la présence des loggias Villa Farnèse sont un lointain reflet du Poggio Reale de Naples et de la Villa médicéenne de Poggio a Caiano[4]

L'aile de l'escalier du Fer-à-cheval du château de Fontainebleau (1542-1545), marque l'avénement de la Seconde Renaissance.

Les réalisations de Gilles le Breton au Château de Fontainebleau apporte une touche finale à cette évolution, bien qu'on note un grand contraste entre la qualité moyenne de l'architecture et la splendeur du décor intérieur. Tandis que le donjon du XIIe siècle est préservé, la cour ovale correspondant à l'ancien château médiéval, se voit ornée par le Rosso et par Serlio d'un portique ouvrant sur un escalier à double volée. Le pavillon de la porte dorée, édifiée pour l'occasion, reprend les disposition observée dès 1509 au château de Gaillon. Mais contrairement à ce qu'on observait dans le Val de Loire, on priviligie désormais une architecture austère à base de moellons et de pierres enduites. Si la superposition des pilastres des façades, ne respectent en rien les ordres antiques, l'étagement des loggias, la scansion des niveaux par des frontons triangulaires et le découpage des toitures en pavillons rectangulaires provoquent un grand effet classicisant, transformant cette architecture, en une entrée triomphale, à l'exemple du Castel Nuovo de Naples[4].

Le rachat de la toute proche abbaye des trinitaires, permettra pourtant de s'extraire du cœur médiévale du château. En faisant pivoter l'axe d'accès du domaine, par la réalisation d'une imposante cour d'honneur et par l'édification d'un nouveau palais bordé d'une galerie dédiée à Ulysse, on crée la possibilité de réaliser une œuvre moderne ex nihiloVilla médicéenne de Poggio a Caiano[6]. La liaison à l'ancien château se faisant par une nouvelle aile à portiques, permet la réalisation d'une galerie de prestige, la Galerie François Ier, superposée à de luxueux appartements de bain. Quant au corps central à pavillons carrés du nouveau palais, il s'inspire du Château de Bury, tout en marquant, par son plan rectiligne et ses lucarnes à frontons triangulaires épurés, une évolution vers ce qui sera la Seconde Renaissance[4].

La Seconde Renaissance (1540 à 1559/1564)[modifier | modifier le code]

Façade de l'aile Nord du Château d'Écouen de Jean Bullant (1532-1567).

C'est vers 1540 que commence la Seconde Renaissance en France : Tandis que le style Louis XII s'achève à peine dans certaines provinces, c'est en Île-de-France que de nouvelles innovations se font sentir dès 1530, le Val de Loire devenant par là même, le conservatoire de la Première Renaissance. Elle comprend ensuite les règnes de Henri II, François II puis Charles IX, pour finir sous vers 1559-1564, au moment même où commencent les Guerres de religions, qui seront marquées par le Massacre de la Saint-Barthélemy et la contre-réforme catholique[4].

La principale cause de la naissance de ce nouveau mouvement est la Première École de Fontainebleau. Cette nouvelle vague d'artistes italiens , plus nombreux qu'auparavant, va avoir une grande influence sur l'art français. En créant une véritable rupture de par leurs innovations et leur application plus savante des ordres antiques, ces artistes marqueront dès lors aussi bien la décoration intérieure que l'architecture, amenant ainsi à la Seconde Renaissance[5].

Suite à la publication de livres sur l'architecture antique et les voyages d'études d'artistes français en Italie, les architectes qui à l'époque du style Louis XII et de la Première Renaissance, étaient des maîtres-maçons traditionalistes et plein de verve, sont à partir des années 1530 des savants et des lettrés. Parmi les plus célèbres, on peut citer Philibert DelormePierre Lescot (qui a notamment travaillé au Louvre), Jean BullantJean Goujon ou encore Jacques Androuet du Cerceau (connu surtout pour ses remarquables gravures de bâtiments).... S'opère alors un véritable tournant stylistique, caractérisée par une l'inspiration plus directe de l'art gréco-romain. Elle peut se comparer à la Seconde Renaissance en Italie, préférant la beauté des lignes à la richesse de l'ornementation[5].

La cour intérieure du Château d'Écouen avec les moulages des Esclaves de Michel-Ange dont les originaux ont été emportés au Louvre.

A la liberté de composition de la Première Renaissance succède alors une régularité absolue, une symétrie rigoureuse et l'application scrupuleuse du canon des proportions[5].

En Île-de-France, le Château d'Écouen, aujourd'hui Musée national de la Renaissance, est l'un des principaux témoignages de cette nouvelle tendance[4]. Il suffit de comparer cet édifice construit de 1538 à 1555, par le connétable Anne de Montmorency grâce aux plans dressés par Jean Bullant, avec un château de la Première Renaissance, tel qu'Azay-le-Rideau pour constater les différences profondes entre les architectures des deux époques. Tou l'appareil défensif : machicoulis, chemin de ronde d'Azay-le -Rideau disparaissent au Château d'Écouen. Les tours d'angle de Chambord deviennent ici des pavillons carrés, apparus à Fontainebleau et au château de Madrid. Il en va de même de l'ornementation. Il suffit de comparer la lucarne d'Écouen, avec la lucarne de l'époque de François Ier, pour se rendre compte du chemin parcouru. Au lieu de pinacles, de niches, de petits arcs-boutants, c'est une composition simple de lignes et sobre d'ornements. Les cannelures, dans les pilastres, remplacent les rinceaux et arabesques François Ier : Un style sévère succède alors aux grâces légère de la Première Renaissance[5].

L'aile Lescot du Louvre est le chef d'oeuvre de la Deuxième Renaissance. Oeuvre de Pierre Lescot et de Jean Goujon, elle est située aujourd'hui dans la Cour carrée entre le Pavillon de l'horloge et le quai[17]. La superposition des Ordres présente ici un "parti" nouveau : à mesure que l'on monte, les proportions sont de plus en plus fines, et l'idée de couronner les deux ordonnances superposées par un attique et de faire précéder cet attique d'un large bandeau décoré qui contribue à l'effet est très nouvelle, de même que l'idée des avant-corps de peu de saillie, mais qui suffisent pour "animer" la façade. Les admirables sculptures de Jean Goujon contribuent à faire de cet édifice une oeuvre unique[5].

Dans la maison de Jean d'Alibert à Orléans, on retrouve les cartouches à découpures, notamment au-dessus des fenêtres. Au lieu d'une frise démesurée comme dans l'Hôtel Euverte-Hatte dit maison d'Agnès Sorel datant en grande partie de la Première Renaissance, le sytème des proportions modulaires est strictement appliquée à l'entablement[5].

Du château d'Anet, il ne subsiste sans alternations que la chapelle et les trois Ordres superposés conservés à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris[5].

Les grandes demeures citadines adoptent également le style Renaissance et se développent les hôtels particuliers entre en cour et jardin comme à l'hôtel Carnavalet à Paris. Outre Paris des villes comme Lyon, Toulouse, Dijon, Besançon ou Nancy ainsi que Bar-le-Duc[18] sont particulièrement riches de maisons et d'hôtels de style renaissance. Parmi les demeures les plus célèbres on peut citer le déjà maniériste hôtel de Bagis (1610) ainsi que le bel exemple des trois Ordres superposés de l'hôtel d'Assézat (1560) de Toulouse, le logis Pincé (1525-1535) à Angers, l'hôtel de Bullioud (1536) et l'hôtel de Gadagne( encore de style Louis XII) à Lyon, l'hôtel d'Escoville (1537) à Caen, la maison des Têtes (1527) à Metz, l'Hôtel d'Haussonville (1527-1543) et l'hôtel de Lillebonne (1580) à Nancy et les déjà maniéristes l'Hôtel de Vogüé (1614) et Maison Maillard (1561) de Dijon.

Certains bâtiments publics comme le Parlement de Bourgogne à Dijon ou le Palais Granvelle et l'Hôtel de ville à Besançon participent également de la Renaissance française.

Dans le domaine religieux, les églises construites à la Renaissance sont moins nombreuses que les demeures civiles mais il en existe encore un certain nombre. De plus le style gothique continue d'être largement employé pendant la première partie du siècle comme au monastère royal de Brou. Des exemples significatifs d'architecture Renaissance se rencontrent notamment à l'Église Saint-Eustache (qui marque les débuts de la transition entre gothique et renaissance) et l'Église Saint-Étienne-du-Mont à Paris, à l'Église Saint-Acceul à Ecouen, à l'Église Saint-Michel de Dijon, à l'abbaye de Fontevraud (notamment les cloîtres et la salle capitulaire), à la cathédrale Saint-Louis de Blois et à la cathédrale du Havre. Enfin, il existe une spécificité propre à de nombreuses églises bâties au XVIe siècle dans l'ouest de la Bretagne et qui sont entourées de ce que l'on appelle des enclos paroissiaux, enclos qui incorporent généralement, outre l'église, une porte triomphale, un ossuaire, un calvaire et une enceinte construits dans un style renaissance local mais très riche.

Le Maniérisme (1559/1564 au début du XVIIe siècle )[modifier | modifier le code]

Galerie des Dômes et Galerie des Attelages du Château de Chenonceau par Jean Bullant (1576-1577).

Formant le dernier écho de la Renaissance et de l'Humanisme en France, cette dernière phase s'écarte du classicisme par sa fantaisie créative, qui peut justifier pour ce style l'appellation de "Maniériste". Au moment même où commencent les Guerres de religions, qui seront marquées par le Massacre de la Saint-Barthélemy, le pessimisme et le scepticisme envahissent les hommes et les artistes de pure formation humaniste. Les penseurs antiques de référence deviennent les stoiciens de préférence à Platon. Si l'humanisme survit, sa philosophie profonde évolue, tout en étant reprise et repensée par la contre-réforme catholique[9]

Catherine de Médicis et les élites sociales continuent de faire travailler les artistes : Philibert Delorme est chargé à partir de 1564 d'achever le château de Saint-Maur et de bâtir le Palais des Tuileries, constructions poursuivies plus tard par Jean Bullant qui couronne d'une galerie le pont du château de Chenonceau (1576-1577). Afin de relier le nouveau Palais des Tuileries au vieux Louvre, Jacques II Androuet du Cerceau commence, vers 1594, la construction de la galerie du bord de l'eau, achevée plus tard par Louis Métezeau tout en réalisant parallèlement pour Diane de France l'Hôtel Lamoignon[9].

Le maniérisme se retrouve également en Peinture sauf pour l'art du Portrait dominé par Pierre et Daniel Dumonstier ainsi que les Quesnel : Alors que Jean Cousin le jeune perpétue le style du Rosso, Antoine Caron, ancien collaborateur du Primatice, évoque les fêtes de la Cour des Valois et les violences des Guerres civiles dites "de religions", qui seront marquées par le Massacre de la Saint-Barthélemy[9].

Le Maniérisme s'exprime également dans la sculpture, malgré une forte tendance au réalisme : on rémarque le Tombeau d'Henri II et de Catherine de médicis ainsi que le tombeau du Cardinal René de Birague de Germain Pilon, dont l'intensité dramatique rappelle parfois Michel-Ange et annonce le style Baroque[9].

Peinture et sculpture[modifier | modifier le code]

La peinture française est, en France davantage qu'en Italie, portée par le mouvement d'édification des châteaux lancé par les princes. Ainsi le Connétable de France Anne de Montmorency, lorsqu'il fit bâtir sa plus grande demeure, le château d'Écouen, engagea un grand nombre d'artistes, célèbres ou inconnus, pour créer des décorations intérieures Certains d'entre eux vinrent depuis l'Italie et furent rendus célèbres par leurs créations à Ecouen. Ainsi, toutes les cheminées du château sont peintes dans un style très italien, les murs comportent de larges frises et les sols sont en faïences colorées.

De nombreux peintres italiens puis flamands sont engagés à la cour de François Ier et de ses successeurs et participent à la décoration des demeures royales et des châteaux de la noblesse. Ces artistes créent une école de peinture inspirée du maniérisme italien appelée école de Fontainebleau, rappelant le rôle décisif de ce chantier des rois François Ier, Henri II et Henri IV dans l'implantation et la diffusion du style Renaissance en France. Ses représentants les plus célèbres sont Rosso Fiorentino, Le Primatice et Nicolò dell'Abbate sous François Ier, puis, sous Henri IV, Ambroise Dubois et Toussaint Dubreuil.

En France, l'art du portrait peint était déjà connu et répandu depuis le milieu du XVe siècle, notamment grâce à Jean Fouquet puis Jean Perréal, mais il prend véritablement de l'ampleur au XVIe siècle grâce aux portraitistes attitrés du roi que sont Jean Clouet et son fils François dont le style d'une grande précision et d'une grande finesse, comme en témoigne les nombreux dessins préparatoires réalisés avant l'exécution des portraits peints, influencera les portraitistes suivants comme Corneille de Lyon et François Quesnel.

Pour la sculpture, François Ier s'est notamment procuré les services de Benvenuto Cellini dont l'art a influencé toute la statuaire française du siècle. Ses autres principaux représentants ont été Jean Goujon et Germain Pilon.

Voir : Peintres français du XVIe siècle

La Première École de Fontainebleau (1526-1570 environ)[modifier | modifier le code]

Galerie François Ier de Rosso Fiorentino et Scibec de Carpi au Château de Fontainebleau (1534-1539).

C'est en 1526 que François Ier fit venir d'Italie un groupe important d'artistes qu'il installa au château de Fontainebleau pour embellir le palais[5] créant ainsi de ses vœux, une sorte de "une nouvelle Rome", avec un cercle intellectuel et artistique influant.

On a donné le nom d'École de Fontainebleau à cette pléiade qui eut un grand rayonnement sur l'art français. La grande innovation de ces artistes dans la décoration intérieure est l'alliance, pour la première fois en France, d'ornements ou de figures de stuc avec la peinture. Telle est la décoration de la Galerie François Ier et celle de la Chambre de la duchesse d'Étampes, à Fontainebleau. La première est du Rosso Fiorentino (Florence en 1494 - Fontainebleau en 1540), auquel succède pour la seconde Le Primatice, assisté de Nicolò dell'Abbate[5].

Dans la Galerie François Ier, les panneaux sont ornés de motifs en haut-relief : des cartouches découpés lourdement se mêlent à des figures d'enfants et à des chutes de fruits. Ces stucs tantôt blancs, tantôt peints et dorés, encadrent des figures allégoriques.

Dans la Salle de Bal, le parti est différent : C'est un haut lambris de menuiserie au-dessus duquel se développent des fresques.

Parmi les sujets de prédilection, on retrouve les tableaux mythologiques ou allégoriques, inspirés de l'Antiquité, où les nus sont traités avec élégance[17].

La mort d'Hector, fresque de Noël Jallier au château d'Oiron (1547-1549).

Ces peintres influencèrent de nombreux artistes français tels que Jean Goujon, Antoine Caron ou encore Noël Jallier. On associe parfois Benvenuto Cellini, Girolamo della Robbia et d'autres artistes invités par François Ier à l'École de Fontainebleau. Un certain nombre de ces artistes français, influencés par l'art italien, travailleront alors à la décoration intérieure du château d'Écouen en cours d'édification.

Vers la moitié du XVIe siècle, alors que le marché de l'estampe est en pleine explosion, les peintures réalisées par cette école furent copiées en eaux-fortes, apparemment à l'occasion d'un bref programme organisé incluant les peintres eux-mêmes[19].

En mélant les influences bellifontaines et romaines, la galerie du Château d'Oiron (1547-1549) réalisée par Noël Jallier sur le thème de l'Enéide et de l'Iliade, fait la synthèse entre la France et l'Italie. On retrouve les cavaliers italiens ainsi qu'une grande fougue dans l'action des personnages, inspirée du Rosso, tandis qu'un poétique sfumato envahit les paysages romains[17].

En architecture, le Château d'Ancy-le-Franc (1538-1546) est un des meilleurs exemples de cette nouvelle recherche. Œuvre de l'architecte Serlio, ce château construit en Bourgogne de 1538 à 1546, pour un grand seigneur du royaume, Antoine III de Clermont, marque une évolution vers le classicisme en France[5]. Tout comme la Salle de bal de Fontainebleau, ses pièces sont ornées de hauts lambris surmontés de fresques attribuées au Primatice assisté d'autres peintres de l'École de Fontainebleau. Leur style bellifontaine témoigne de l'influence exercée par les demeures royales sur l'ensemble des réalisations artistiques du moment[17].

Avec cet édifice commence alors sur le sol français ce que l'on appelle : "l'architecture modulaire", désormais les proportions seront indépendantes des dimensions induites absolues. En d'autres termes, une porte, une fenêtre ou un balcon seront grands si l'édifice est grand tandis qu'au Moyen Âge et durant le Première renaissance en France, les dimensions étaient à l'échelle de l'homme. Ainsi, dans la Maison dite de François Ier (Hôtel Chabouillé) à Moret-sur-Loing[20], la frise a exactement la hauteur de l'allège de la fenêtre[5].

On peut ajouter que Serlio fut un des premiers d'initier les autres artistes, par la publication d'œuvres gravées, à la beauté des monuments de l'antiquité. En 1545, il publia ses "Livres d'Architecture"[5].

La Seconde École de Fontainebleau (1594-1617)[modifier | modifier le code]

La "seconde école de Fontainebleau", désigne, en écho à la première, les peintres actifs sous le règne Henri IV (1594-1610) et la régence de Marie de Médicis (1610-1617) sur les chantiers royaux, principalement ceux de Fontainebleau, du Louvre et de Saint-Germain-en-Laye, ainsi que dans la manufacture royale des Tapisseries. Elle réunit des artistes français tels que Toussaint DubreuilMartin FréminetJacob BunelGuillaume DuméeGabriel Honnet, ou flamands comme qu'Ambroise Dubois.

Les maîtres de la "Première école de Fontainebleau", Primatice et Nicolò dell'Abbate, exercent une influence déterminante pour ces artistes, et seront aussi un modèle au XVIIe siècle pour des classiques comme Laurent de La HyreJacques BlanchardLubin Baugin, et même les frères Le Nain.

Langue et littérature[modifier | modifier le code]

Le roi François Ier s'installe à Fontainebleau, où il transfère la bibliothèque royale. François Ier œuvre beaucoup pour la langue française : en 1539, il signe l'ordonnance de Villers-Cotterêts, qui donne à la langue française son statut de langue du droit et de l'administration. L'un des traits les plus caractéristiques de la renaissance en France, et des plus durables, est l'apparition du français comme langue officielle unique, statut accordé par le souverain. Pourtant, l'immense majorité de la population – surtout dans les provinces – continue de parler des dialectes (picard, normand, etc.) et des langues différentes du français (tel est le cas par exemple des territoires de langue d'oc où l'on parle l'occitan).

Parmi les écrivains les plus célèbres de la Renaissance française peuvent être cités François Rabelais, Marguerite de Navarre, Clément Marot, Maurice Scève, Louise Labbé, Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay, Étienne de La Boétie et Michel de Montaigne.

Voir :

Éducation[modifier | modifier le code]

L'université de Paris, bien que préservant le prestige acquis au XIIIe siècle (Thomas d'Aquin), est en retard par rapport au mouvement de renaissance d'autres universités européennes notamment Salamanque, Louvain. Le renouveau devient effectif dans les années 1530, lorsqu'on sent alors l'effervescence intellectuelle se manifester. Paris est alors la principale ville universitaire d'Europe, avec de nombreux collèges (environ 80). Ignace de Loyola décide de se former à l'université de Paris, essentiellement en raison du prestige que cette université conserve en Europe, mais aussi en raison d'une plus grande tolérance. François Xavier, disciple d'Ignace de Loyola, reçoit également sa formation à l'université de Paris.

Les Jésuites reprennent cette tradition de l'éducation, en respectant le legs de Thomas d'Aquin : Pierre Favre est un helléniste, et connaît très bien la philosophie scolastique, ainsi que la philosophie d'Aristote.

Voir :

Grandes découvertes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grandes découvertes.

La participation de la France aux grandes découvertes s'est faite, pour les raisons déjà évoquées, avec un retard par rapport aux pays du sud de l'Europe.

Alors que le Portugal a implanté une première colonie en Afrique du Nord dès 1415, et s'est lancé dans des explorations autour de l'Afrique, alors que les navigateurs espagnols ont atteint l'Amérique du centre et du sud avant la fin du XVe siècle, la France attend l'année 1534 pour envoyer une expédition vers l'Amérique : Jacques Cartier découvre une nouvelle France (Québec).

Art de vivre[modifier | modifier le code]

L'époque de la Renaissance correspond à un renouvellement profond de la manière de vivre. On voit apparaître dans toute l'Europe de nouveaux fruits et légumes. La gastronomie et les arts de la table évoluent progressivement. Les habitudes vestimentaires changent également.

Économie[modifier | modifier le code]

Les aménagements urbains dans Paris durant cette époque (rues plus grandes, maisons bourgeoises, hôtels de ville), favorisent le développement des commerces (boulangers, bouchers, tenanciers)[21]. La bourgeoisie se tourne de moins en moins vers le commerce et de plus en plus vers le droit.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La ville révélée - Autour de la Ville Neuve de Charles III
  2. a, b, c, d et e Michelet, Renaissance et Réforme
  3. http://lionel.mesnard.free.fr/le%20site/4-1-paris-renaissance-1.html
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Jean-Pierre Babelon, Châteaux de France au siècle de la Renaissance, Paris, Flammarion / Picard, 1989/1991, 840 pages p., 32 cm (ISBN 978-2080120625)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x Robert DUCHER (photogr. Pierre Devinoy), Caractéristiques des styles, Paris, FLAMMARION Editeur, , 410 p. (ISBN 9782080113597), p80.
  6. a, b, c, d et e Léon Palustre (dir.), L'architecture de la Renaissance, Paris, 7 rue Saint-Benoît, ancienne maison Quentin, Libraires-Imprimerie réunies, (ISBN 9781508701187).
  7. a et b Le Gothique de la Renaissance, site de l'INHA : http://www.inha.fr/spip.php?article1480
  8. a, b, c et d Alain Erlande-Brandenburg, Architecture romane, Architecture gothique, Jean-Paul Gisserot, 2002 (ISBN 978-2-87747-682-9)
  9. a, b, c, d, e, f et g Robert Muchembled et Michel Cassan, Histoire moderne. Les XVIe et XVIIe siècles, t. tome 1, Editions Bréal, coll. « Grand Amphi », , 416 pages p., 24 x 2,1 x 18 cm (ISBN 978-2853947305)
  10. a, b, c et d Léon Palustre (dir.), L'architecture de la Renaissance, Paris, 7 rue Saint-Benoît, ancienne maison Quentin, Libraires-Imprimerie réunies, (ISBN 9781508701187)
  11. La colonne torse en Périgord à la Renaissance. Entre tradition ornementale et influence espagnole, Mélanie Lebeaux, LOCVS AMŒNVS, 2009-2010.
  12. Jannic Durand, L'art du Moyen-Âge, Paris, Bordas, , 111p p. (ISBN 9782040185077)
  13. a et b Guide du patrimoine Centre Val de Loire, Paris, Hachette, (ISBN 2-01-018538-2), p. 436-439
  14. a et b (en) Harold Donaldson Eberlein, Abbot Mcclure, Edward Stratton Holloway, The Practical Book of Interior Decoration, philadelphie et Londres, J.B Lippincott Company, , 424 pages p. (ISBN 9781372345036)
  15. Claude WENZLER (photogr. Hervé CHAMPOLLION), ARCHITECTURE DU JARDIN, paris, Ouest France, coll. « Architecture », , 32 p., 23 x 16,5 x 0,3 cm (ISBN 9782737331770), p12
  16. Claude WENZLER (photogr. Hervé CHAMPOLLION), ARCHITECTURE DU JARDIN, Paris, Ouest France, coll. « Architecture », , 31 pages p., 165 x 230 mm (ISBN 9782737331770), p14
  17. a, b, c et d Nicolas d’Archimbaud, Louvre, Editions du Club France Loisirs, , 335 p. (ISBN 2-7441-1984-9), p.100
  18. Le secteur sauvegardé (la ville-haute) de Bar-le-Duc conserve des dizaines d'hôtels particuliers édifiés lors de la Renaissance/
  19. Jacobson 1994, parties III et IV.
  20. « Maison dite de François Ier ou Hôtel de Chabouillé », notice no PA00087141, base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. http://lionel.mesnard.free.fr/lesite/4-1-paris-renaissance-1.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Une histoire de la Renaissance', Jean Delumeau, Perrin, 1999, (ISBN 2-262-01288-1)
  • La France de la Renaissance, ouvrage collectif regroupant les meilleurs historiens, France Loisirs, août 1998, (ISBN 2-7441-1743-9)
  • La France médiévale, ouvrage collectif d'une équipe d'historiens, d'universitaires et de médiévistes réputés, France Loisirs, août 1997, imprimé en Italie, 2-7441-0884-7
  • Atlas de la civilisation occidentale, généalogie de l'Europe, sous la direction de Pierre Lamaison, mai 1995, (ISBN 2-7242-8528-X)
  • Le Grand Livre des explorateurs et des explorations, sous la direction de Michel Gavet-Imbert et Perrine Cambounac, préface de Paul-Émile Victor, France Loisirs, 1991,
  • Bourges, l'Histoire et l'Art, texte de Jean Favière, éditions La goélette, 1996, (ISBN 2-906 880-40-X),
  • La Civilisation de l'Europe et la Renaissance, John Hale, Perrin, 1998 pour la traduction française. (ISBN 2-262-01471-X)
  • Atlas historique Nathan
  • Les Sources d'idées au XVIe siècle, Pierre Villey, Plon, Paris, 1912

Articles connexes[modifier | modifier le code]