Palais du Grabatoire

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Palais du Grabatoire
Palais du Grabatoire.jpg

Vue depuis la place Saint-Michel

Présentation
Style
François Ier
Architecte
Date de construction
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Commune
Localisation
Coordonnées

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(Voir situation sur carte : Le Mans)
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Le Palais du Grabatoire est l'actuelle demeure épiscopale de l'évêque du Mans. Il s'agit d'un ancien palais canonial construit dans la première moitié du XVIe siècle pour Jean de Couthardy. Le palais est situé dans le quartier de la Cité Plantagenêt, cœur historique du Mans. Le bâtiment fait face à la porte ouest de la Cathédrale Saint-Julien, place du Cardinal Grente. Sa dénomination a communément été réduite en Grabatoire ou l'hôtel du Grabatoire. Sa surface est d'une taille peu commune[1]. Très peu de documents, ouvrages ou revues mancelles ont retracé l'histoire de l'édifice. Il s'agit de l'un des monuments les plus méconnus de la ville. Le Grabatoire est inscrit monument historique depuis 1927[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Grabatoire, élevé à partir des années 1520, et achevé en 1542 pour un des membres du Chapitre de Saint-Julien du Mans, semble tirer son nom d’un ancien hôpital qui l'y aurait précédé. Quoi qu'il en soit, peut-être dessiné par l'architecte et chanoine, Symon Hayeneufve, sa construction dura plus de vingt ans et, grâce à une transaction entre Anselme Taron - comme héritier de son oncle le chanoine Jacques de Courthardy - survenue 30 décembre 1542. Mais le chapitre qui dut tout de même couvrir la grande majorité des frais, finit par en devenir complètement propriétaire. L’édifice fut alors achevé rapidement, sans y apporter les lucarnes prévues : celles-ci ne furent ajoutées qu'en 1906.

Dès son achèvement, l’édifice fut une maison canoniale. Le chanoine M. de Quincé y habitait moyennant un loyer annuel de cent livres. En 1562, après la mise à sac de la cathédrale par les protestants, y fut établi une salle capitulaire. En 1567, les greniers du bâtiment servirent à amasser le grain pour le ravitaillement de la ville. En 1572, ce fut au tour de l’archidiacre de Château-du-Loir, Anselme Taron, de venir s’y installer. Mais il fut vite remplacé par Étienne Roy qui y mourut en 1579. En 1585, la ville fut (de gré ou de force, on ne le sait) le nouveau locataire du bâtiment. Le gouverneur de la province y fut ainsi logé. En 1612, le maréchal de Lavardin y reçut le jeune Louis XIII et sa mère Marie de Médicis, de passage dans la ville. La régente fut même hospitalisée dans l’édifice. Nombreux furent les gouverneurs de la province du Maine, à laisser l’immeuble dans un état peu commode après leur passage. Ils avaient pourtant une intendance et une domesticité relativement nombreuse. La ville dut donc rembourser d'importantes sommes d’argent au Chapitre qui ne faisait que constater les dégâts. Lorsque le fils du duc de Tresmes, Louis François de Tresmes, renonça à s’installer dans l’édifice, le Chapitre y relogea deux de ses membres, et ce jusqu’en 1791.

Durant cette période, le Grabatoire fut séparé en deux parties  : le fond de la cour, habité par le chanoine Fay, et le pavillon du Grabatoire où demeure Jean-Charles de la Griffe-Ponsan. Le 13 août 1791, la partie occupée par le chanoine Fay fut vendue comme bien national pour 6250 livres à un notaire du Mans, Guy-Jean-François Martigné. Le pavillon fut finalement acheté par le même notaire, pour la somme de 7000 livres, le 7 novembre 1791, sans pour autant que ses locataires religieux en fussent chassés. Le 24 septembre 1794, il céda l’édifice au chanoine Fay, qui en fit rapidement don (le 21 mars 1795) à François Lambert, un proche parent, ancien avocat au siège présidial.

Le Grabatoire restait cependant un logis inachevé, les dissensions nées durant sa construction ayant empêché la réalisation des lucarnes. Lorsque l’abbé Bruneau acquit l’édifice en 1895, il fit ériger deux lucarnes à croisée et de petits clochetons à la naissance du toit de la grosse tourelle. En même temps, fut appuyé au grand pignon nord, un appentis
































terminé en terrasse. L'ensemble fut restauré en 1906 et 1907 et les enduits anciens, dont ceux en fausse-coupe de pierre du XVIee siècle, malheureusement, furent remplacés par un rejointoiement "rustique" contraire à l'esprit originel de ce bel hôtel urbain. 

La restauration de 2014 a rétabli, sous la maîtrise d’œuvre de l'Architecte du Patrimoine Laurent Cohin, sa vêture d'enduit conforme aux dispositions primitives.

Composition[modifier | modifier le code]

La maison est composée d’un grand pavillon à deux étages, prolongé vers l’ouest par une aile moins élevée et terminée par un pignon aux rampants assisés. En retour d'équerre vers le nord, un corps de bâtiment moins important, au toit moins élevé, possède aussi des pignons découverts aux rampants assisés. Deux tourelles polygonales renferment les escaliers desservant les étages de cette double habitation. La façade du pavillon est percée de trois fenêtres superposées. La même disposition règne sur la façade en retour sur la cour. Celle-ci possède cependant deux ouvertures latérales en plus, celle du 1er étage date de la fin du xvie siècle, alors que celle du second est contemporaine des travaux de restauration au début du xxe siècle. À l’origine, toutes les fenêtres étaient recoupées par des croisées en pierre. Toutes disparues au XVIIIe siècle à une époque où la lumière était particulièrement recherchée, ont été restituées lors des travaux du début du xxe siècle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue La Province du Maine XV, 1907 ; Le Grabatoire au Mans par l'abbé Louis Froger.
  2. « Notice no PA00109813 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • ESPAULART, Adolphe d', Note sur le Grabatoire, Imp. Galienne, Le Mans, 1848, 16 p. ;
  • LEDRU, Ambroise, Le grabatoire au Mans, résidence épiscopale, A. de Saint-Denis, Le Mans,1907 ;
  • FROGER, Louis, Le Grabatoire au Mans, La Province du Maine XV, 1907 ;
  • CRETOIS, Roger, "Histoire des hôpitaux du Mans, de leurs origines à 1888", La vie Mancelle et Sarthoise, no 34

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