Faucon

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Faucon
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
L'appellation « Faucon » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après

Faucon émerillon

Taxons concernés

Plusieurs espèces du genre Falco (voir texte)

Le terme faucon est un nom vernaculaire ambigu qui ne correspond pas à un taxon biologique exact, tout comme les termes « crécerelle », « épervier », « autour » ou encore « aigle ».

Les « faucons » sont des rapaces diurnes de la famille des Falconidae qui forment avec les crécerelles le genre Falco. On les retrouve sur pratiquement toute la planète, à l'exception des régions polaires.

En France, citons parmi les espèces les plus connues le Faucon crécerelle connu pour son chant chevalin, (Falco tinnunculus), un rapace commun sur le territoire, et le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) qui a souvent été apprivoisé dans le cadre de la fauconnerie.

Physiologie, comportement et écologie[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques générales des faucons sont celles du genre Falco, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur description ou leur mode de vie.

Liste des oiseaux nommés « Faucons »[modifier | modifier le code]

Note: Plusieurs noms vernaculaires peuvent correspondre à une même espèce.

Les faucons dans la culture[modifier | modifier le code]

Mythologie et religion[modifier | modifier le code]

Une représentation du dieu Horus.

Le faucon a une place en mythologie et en religion. Chez les anciens Égyptiens, c’est le dieu Horus, un des dieux les plus puissants et les plus souvent représentés du panthéon égyptien. Son archétype est sans doute un Faucon lanier (Falco biarmicus) ou un Faucon pèlerin. Les deux espèces ont d’ailleurs pu jouer un rôle équivalent dans la naissance du mythe. En rapport avec le statut de prédateur du faucon, le dieu Horus est aussi un dieu de pouvoir, puisque la couronne d’Égypte lui est attribuée par les dieux. À ce titre, les anciens Égyptiens ont momifié nombre de faucons.

Dans la mythologie grecque, furieux contre lui, Poséidon change Hiérax en faucon, lui qui bienveillant auprès des hommes à leur éviter la famine, devient l'enfer des oiseaux[1].

Dans la mythologie scandinave, plusieurs dieux prennent des formes de faucon, comme Freyja. À l’occasion, Loki emprunte cet aspect à Freya pour se déguiser en faucon. Yggdrasil est également associé à cet oiseau.

Dans la mythologie celtique, le druide Fintan se transforme en faucon.

Dans la mythologie slave, Svarog, dieu du Soleil, du ciel, du feu et de la métallurgie a pour animaux sacrés le bœuf à cornes dorées, le cheval, le sanglier et le faucon appelé Varagna. Selon Jakobson, Svarog est l'un des noms tabous du faucon sacré.

Pour beaucoup de Fidjiens, le Ganivatu (la sous-espèce F. p. nesiotes) a une aura mystique puissante et arrogante. Cette aura lui vient peut-être d'une légende, aujourd’hui en grande partie oubliée, d’un Ganivatu fabuleux des îles Yasawa. Dans la religion de l'Égypte antique, plusieurs dieux étaient hiéracocéphales (à tête de faucon).

Le nom de la ville de Capoue (en Italie) viendrait, selon Servius[2], commentateur de Virgile, du nom étrusque du faucon, oiseau augural observé à la fondation de la ville.

Le faucon dans la littérature en ancien français[modifier | modifier le code]

Le faucon est désigné en ancien français par le terme esmerillon. Brunetto Latini dans son Livre du Trésor en mentionne trois espèces[3]. Deux d'entre elles sont petites et rapides, l'une étant de couleur grise, l'autre de couleur noire. La dernière, de couleur blanche, est la « meilleure » espèce : elle est plus grande et a l'apparence d'une sorte de faucon lanier[3]. Les émerillons sont sujets à « une maladie qui fait qu'il se ronge entièrement les pieds, à moins qu'on ne le fasse se tenir sur une couche de graines de lin ou de mil assez épaisse pour recouvrir complètement les griffes »[4].

Charles d’Orléans dans son rondeau Quant je fus prins ou pavillon écrit à propos de sa « très gente et belle » dame :

Si j'eusse esté esmerillon,
Ou que j'eusse eu aussi bonne elle[note 1],
Je me feusse gardé de celle
Qui me bailla de l'aguillon[note 2],[5].

Le faucon dans la culture moderne[modifier | modifier le code]

Le Faucon de Malte est un roman de Dashiell Hammett et Le Faucon maltais est son adaptation cinématographique par John Huston.

Le Faucon Millenium est un vaisseau spatial dans Star Wars.

L’ordre du Faucon blanc est un ordre institué en 1732 pour les services militaires. La décoration est une croix d'or octogone, étoilée, émaillée de vert et chargée d'un faucon blanc armé et becqué d'or.

Le Faucon est un super-héros afro-américain appartenant à l'univers de Marvel Comics.

Œil-de-faucon est un personnage de fiction de l'univers Marvel.
Œil-de-faucon ou Taka-no-Me (manga) est un personnage de fiction de l'univers One Piece
En politique, les faucons sont, par opposition aux colombes, des personnes considérées comme plus favorables au conflit armé.

La Plume de Finist-Clair-Faucon est un conte merveilleux traditionnel russe.

Le Faucon déniché est un roman pour la jeunesse écrit par Jean-Côme Noguès.

Le Faucon et le Chapon est une fable de Jean de La Fontaine.

En héraldique[modifier | modifier le code]

Symbole de la chasse, le faucon est présent en héraldique européenne, même si sa place est sensiblement moins importante que celle de son cousin l’aigle. Quand il est sans ornements ou accessoires, le faucon est dit « au naturel ». Il est « perché » quand il est posé sur une branche ou sur son bloc, et est représenté parfois empiétant ou essorant. Le faucon est « chaperonné » quand il est aveuglé par un capuchon sur la tête, « longé » quand il porte aux pattes ses vervelles (ou liens), « grilleté » quand il porte ses sonnettes aux pattes ou au cou. L'héraldique fait surtout référence au faucon apprivoisé pour la fauconnerie, ce qui confirme la popularité de celle-ci au sein de la noblesse européenne.

En politique[modifier | modifier le code]

Un F-16 Falcon.

La civilisation égyptienne antique n'a pas été la seule à faire du faucon un symbole de pouvoir. À l’époque moderne, un certain nombre d’organisations politiques ou militaires se sont nommées d’après lui. Un des groupes armés de l’organisation palestinienne Fatah se nomme ainsi « les faucons du Fatah ». On trouve aussi une organisation de jeunesse socialiste qui s’appelle les « faucons rouges ».

En matière de relations internationales, les partisans des politiques de forces sont souvent appelés « faucons », et ce dans plusieurs langues, incluant le français et l’anglais. Il s’agit là, de nouveau, d’une référence explicite au statut de prédateur du faucon.

Enfin, un des avions de combat américains les plus connus, le F-16, a pour nom complet General Dynamics F-16 Fighting Falcon.

L'aviation de l'armée de terre nippone baptisa un de ses chasseurs cousin du célèbre Mitsubishi A6M Zero de l'aéronavale, Nakajima Ki-43 Hayabusa. Hayabusa désignant le Faucon pèlerin en japonais. Il désigne aussi une motocyclette de la firme Suzuki.

En numismatique[modifier | modifier le code]

Le Canada a émis une pièce de 25 cents représentant le Faucon pèlerin.

En philatélie[modifier | modifier le code]

Malgré sa réputation ambiguë (de nombreux pays l’ont classé comme nuisible jusque dans les années 1970), le Faucon pèlerin a inspiré d’assez nombreux timbres à travers le monde, du Canada aux îles Fidji en passant par le Japon du fait de sa large répartition.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

On trouve enfin d’assez nombreuses références cinématographiques au faucon, du film mythique de Humphrey Bogart, Le Faucon Maltais, au vaisseau spatial de Star Wars, le Faucon Millenium. Dans La Bataille des Jedi, fiction de Timothy Zahn qui se déroule après Le Retour du Jedi, le Faucon Pèlerin est le nom du vaisseau-amiral du sénateur Bel Iblis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. Lire « Aile »
  2. Comprendre « Qui me donna de l'aiguillon »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Antoninus Liberalis, Métamorphoses [(grc)(la) lire en ligne] [(en) lire en ligne], 3-Hiérax.
  2. Ad Verg. Aen., X, 145 : « Mais c'est un fait bien connu qu'elle a été fondée par les Étrusques après qu'on ait observé l'augure d'un faucon, qui se dit en étrusque capys, d'où la Campanie a pris son nom » (Sed constat eam a Tuscis conditam uiso falconis augurio, qui Tusca lingua capys dicitur, unde est Campania nominata).
  3. a et b Brunetto Latini, Li livres dou tresor : publié pour la première fois d'après les manuscrits de la Bibliothèque impériale, de la Bibliothèque de l'Arsenal, et plusieurs manuscrits des départements et de l'étranger par P. Chabaille, Paris, Imprimerie impériale, , XXXVI-736 p. p. (lire en ligne), p. 204.
  4. Jacques Voisenet, L'animal malade au moyen âge: Bilan et perspectives de recherche : Les animaux malades en Europe occidentale (VIe-XIXe siècle): actes des XXVes journées internationales d'Histoire de l'Abbaye de Flaran, 12, 13, 14 septembre 2003 ; études réunies par Mireille Mousnier, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, , 57-85 p. (ISBN 2-85816-794-X, lire en ligne), p. 66.
  5. Charles d'Orléans, Poésies complètes de Charles d'Orléans, revues sur les manuscrits avec préface, notes et glossaire par Charles d'Héricault, t. 2, Paris, Alphonse Lemerre, , 319 p. (lire en ligne), p. 105.

Voir aussi[modifier | modifier le code]