Alain Gerbault

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Alain Gerbault
Alain Gerbault
Alain Gerbault (à droite) lors de son arrivée au Havre en 1929
Nationalité Drapeau de France Français
Naissance
Laval, France
Décès (à 48 ans)
Dili, Indonésie
Palmarès
En simple
Titres 3
Finales perdues 5
Meilleurs résultats en Grand Chelem
Aust. R-G. Wim. US.
Simple - 1/32 1/32 1/16
Double - 1/8
Mixte -

Alain Gerbault, né le à Laval et mort le à Dili (Timor), est un navigateur français, également pilote pendant la Première Guerre mondiale et joueur de tennis entre 1910 et 1932. Premier navigateur à traverser l'Atlantique à la voile en solitaire d'Est en Ouest, il est le premier Français à achever un tour du monde en solitaire à la voile. Il aussi célèbre pour son plaidoyer en faveur des Polynésiens et de leur culture que l'on peut trouver exposé dans son ouvrage L'évangile du Soleil.

Origine[modifier | modifier le code]

Alain Gerbault naît dans une famille aisée d'industriels spécialisés dans l'exploitation des fours à chaux[1], place de Hercé à Laval le 17 novembre 1893. Il est le petit-fils de Pierre Jacques Gerbault (1827-1878), maire de Saint-Berthevin.

La jeunesse[modifier | modifier le code]

Vers l'âge de sept ans, il fait sa scolarité à l'Immaculée-Conception de Laval de 1903 à 1908[3], enfant fragile, nerveux, adolescent souvent rebelle, son caractère est marqué par un goût ardent pour la compétition. Il agace parfois par sa ténacité rageuse et son goût de vaincre alors que son frère Robert (de quatorze mois son aîné) manifeste une force tranquille.

Le décès brutal de son père, alors qu'Alain est âgé de 12 ans le conduit, ainsi que son frère, à quitter son "paradis" en Mayenne pour un exil forcé à Paris comme pensionnaire à l'École Pascal puis au collège Stanislas : « Ce furent les années les plus malheureuses de ma vie ! Il fallait étudier, devenir ingénieur ! ».

Il partage sa jeunesse entre les retours à Laval, et la maison familiale de Dinard. L'été, la famille Gerbault occupe la villa La Béarnaise'[4].

Il réussit en 1914 le concours d'entrée de l'École nationale des Ponts et Chaussées[5], mais la guerre arrive. Ayant réintégré cette grande école à la fin des hostilités, il abandonne par manque de goût ses études et la carrière d'ingénieur qui lui était promise[6]. Il ne reprendra pas non plus la direction de l'usine familiale.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les années de guerre : « Je savais que je ne pourrais jamais plus mener dans une cité une existence sédentaire. La guerre me fit sortir de la civilisation. Je n’aspirai plus à y retourner. ».

Durant la Première Guerre mondiale, il est engagé volontaire le 8 août 1914 au 25e régiment de dragons. Il passe dans l'aviation, comme élève pilote, en décembre 1914. Bien que débutant en 1914, il se révèle être un pilote doué, d'une très grande classe. Il obtient le brevet de pilote militaire à l'école d'aviation militaire de Buc, le .

Il est pilote à l'escadrille no 95 du Bourget[7] jusqu'en octobre 1916, puis au centre d'aviation de Villacoublay jusqu'en décembre 1916. Il se distingue dans l'escadrille des Loups[8] (escadrille no 79 de décembre 1916 à avril 1917) et l'escadrille des Renards (escadrille no 84 de avril à novembre 1917), où il se distingue comme chef de patrouille. Il remporte plusieurs victoires spectaculaires, se faisant remarquer par sa science tactique et son habileté dans les acrobaties aériennes. Il est successivement brigadier (1916), caporal, sous-officier et sous-lieutenant à titre définitif. Il est pilote de l'escadrille SPA 31 de novembre 1917 à septembre 1918, puis de l'escadrille SPA 165 du septembre 1918 à mars 1919.

Ella Maillart, 1993 : « Aviateur pendant la Grande Guerre[,] lui et trois de ses compagnons avaient décidé de gagner le Pacifique et d’abandonner pour toujours un continent où de telles guerres étaient possibles. Ses amis avaient été tués, mais il n’avait pas renoncé à son projet; il était résolu à partir seul. ».

Durant la Première Guerre mondiale, il est engagé volontaire le 8 août 1914 au 25e régiment de dragons. Il passe dans l'aviation, comme élève pilote, en décembre 1914. Bien que débutant en 1914, il se révèle être un pilote doué, d'une très grande classe. Il obtient le brevet de pilote militaire à l'école d'aviation militaire de Buc, le .

Il obtient deux citations en 1917 et 1918 : Pilote de premier ordre, d'une audace et d'un entrain remarquables. Le 17 mars (1917), au cours d'une reconnaissance, a attaqué seul et loin dans les lignes ennemies une patrouille de 3 appareils en a abattu un et est revenu après une lutte serrée avec ses adversaires, son appareil traversé de plus de 20 balles ; Pilote de chasse tout à fait remarquable. Toujours volontaire pour toutes les missions est un bel exemple pour ses camarades plus jeune avec l'aide de deux autres pilotes a abattu un avion biplace de réglage.. Il est détaché à l'École nationale des ponts et chaussées à compter de mars 1919.

Il est fait le 27 décembre 1923 chevalier de la Légion d'honneur[9],[10]. Il obtient aussi la Croix de Guerre[11].

Joueur de tennis[modifier | modifier le code]

Jean Borotra : « Alain avait un jeu régulier. C'était un tacticien qui mûrissait longtemps ses actions. Il jouait bien à la volée et au smash, même si en situations désespérées, il se bagarrait jusqu'au bout. Son jeu était efficace même s'il n'était pas toujours esthétique. ».

Après guerre, il se lance dans les affaires, sans grand succès. Il est politiquement assez proche de l’Action Française[12].

Il participe à de nombreux tournois de tennis, sport qu'il pratique depuis son enfance[13]. Champion de France scolaire de tennis en 1913, il parvient en finale en double en 1921 à Roland-Garros avec Pierre Albarran. En 1922, il est finaliste au Masters de Monte-Carlo et au long de sa carrière, entre 1910 et 1932, il remporte le tournoi de tennis de Dinard à deux reprises et une fois celui Cannes. Il fut aussi finaliste du championnat du monde en double associé à Pierre Albarran[14]. Comme ce dernier, il est aussi un redoutable amateur de bridge[15].

La traversée de l'Atlantique[modifier | modifier le code]

Le Firecrest[modifier | modifier le code]

En 1921, il décide de changer de vie et cherche à acquérir un voilier de course.

Il veut racheter le Lady Maud à Richard Travers Dixon. Celui-ci ayant refusé, il achète à Cowes en Angleterre un voilier de course : le Firecrest (crête de feu, allusion probable au feu de Saint-Elme), construit en 1892[16].

Article détaillé : Firecrest.

C'est un bateau solide, très logeable et marin, mais sans rouf ni cockpit et dont le gréement n'est pas du tout approprié à la navigation solitaire.

À Cannes, il partage son temps entre les championnats de tennis et son entraînement marin. Il y cotoie aussi Ella Maillart et Hermine de Saussure (surnommée « Miette »)[17] qu'il rencontre au port de Nice début 1923. Elles sont présentées par Virginie Hériot à bord de sa nouvelle goélette, Ailée.

Après un entraînement de plusieurs mois en Méditerranée, il décide de partir. On ne connait pas les causes de son départ[18].

Le marin solitaire[modifier | modifier le code]

Il réalise en 1923 la première traversée de l'Atlantique en solitaire d'est en ouest, ralliant en 101 jours Gibraltar à New York. Il part de Cannes le 25 avril 1923[19] de façon anonyme, et sans publicité. Après 3 semaines, il arrive à Gibraltar, dont il part le 6 juin.

Cette longue durée a pour raison le manque de préparation du bateau pour une telle navigation et le manque d'expérience de son capitaine. Le Firecrest n'était pas conçu spécialement pour une traversée ou pour une course. Gerbault multiplie les ennuis : Il répare régulièrement sa volure et ses grééments. En complément, il n'existait pas à l'époque des éléments d'accastillage très fiable. Ceci lui vaudra auprès des marins une réputation d'amateur ayant su se faire valoir à travers ses livres et auprès du monde médiatique de l'époque. Il s'agit néanmoins d'un exploit sportif compte tenu des conditions de navigation de l'époque[20]. C'est le premier homme à avoir traverser l'Atlantique en suivant le soleil[21].

Il arrive à New York le 14 septembre 1923.

Le tour du monde en solitaire[modifier | modifier le code]

Il demeure quelque temps aux États-Unis, où son exploit lui vaut une certaine célébrité, puis repart en 1924 pour les mers du Sud, passant par les Bermudes. Il entre dans l'Océan Pacifique par le canal de Panama[22] le 11 juin 1925. Après une escale aux îles Galápagos, il séjourne 5 mois aux îles Gambier et aux îles Marquises. Il passe deux mois à Tahiti, puis va par Samoa à Wallis. Il arrive le 20 août 1926[23] à Wallis où il reste environ 4 mois.

Il rejoint les Fidji, et les Hébrides. Il est à Timor le 15 juin 1927. Il passe le détroit de Torrès, et arrive dans l'Océan Indien. Il est à la Réunion en octobre et novembre 1928[24].

Il rejoint Le Cap, l'île Sainte-Hélène, les îles du Cap-Vert. En juillet 1928, il navigue au large de São Vicente, où le bateau pendant son sommeil s'échoue. Les réparations durent plusieurs mois à Porte Grande d'où il repart le 6 mai 1929.

La notoriété[modifier | modifier le code]

Il passe par les Açores, pour rejoindre Le Havre le 29 juillet 1929, ce qu'il racontera dans ses ouvrages. Il réalise ainsi un tour du monde qui lui vaudra une renommée internationale. Le lendemain, il part suivre la finale de la Coupe Davis 1929 à Roland-Garros et encourager l'équipe de France opposée aux États-Unis[25]. Son arrivée, en plein double, provoque l'arrêt immédiat du match[26]. ".

Il reçoit le grade d'officier de la Légion d'honneur[10]. Il est invitée dans plusieurs mondanités obligées où il s'ennuie[27]. Une chanson d'Yvonne Printemps, écrite par Sacha Guitry : Le pot-pourri d'Alain Gerbault[28] raconte les exploits du navigateur.

En juillet 1931, le Firecrest coule lors d'un remorquage effectuée par la Marine nationale.

Le dernier départ[modifier | modifier le code]

O.Z.Y.U.[modifier | modifier le code]

Toujours attiré par la mer et la Polynésie, dont il est tombé amoureux pendant son périple, il repart le 28 septembre 1932[29] sur un nouveau bateau, appelé l'Alain Gerbault (lancé le 4 juin 1931 à Sartrouville, avec signal distinctif en code international O.Z.Y.U, d'où le titre de son œuvre posthume), construit grâce aux droits d'auteur de ses ouvrages[30].

Article détaillé : L'Alain Gerbault.

Avant son départ, il termine son livre L'Evangile du Soleil, qui est une dénonciation des méfaits de la civilisation occidentale sur les populations indigènes. Il sera le défenseur de la cause de la Polynésie.

La Polynésie[modifier | modifier le code]

Quatrième de couverture de l'Evangile du Soleil : « 'Un paradis se meurt, qui se situe exactement après Îles de beauté, est le testament d'Alain Gerbault. Son chant d'amour à la Polynésie. Et le plus terrible des réquisitoires - ne voulait-il pas lui donner le sous-titre : Sous la civilisation blanche sans merci ? Il lui consacra ses dernières années, ses dernières forces : dresser une stèle, un mémorial à la culture polynésienne qui mourait sous ses yeux, sauver coûte que coûte la mémoire de ce paradis assassiné. Il y a dans ce texte tendu, âpre, bouleversant, traversé d'éclairs émerveillés, dont on se demande bien comment il a pu si longtemps rester oublié, la même ambition que dans Les Immémoriaux de Segalen.. ».
Alain Gerbault en visite chez la reine Marau de Tahiti

Il ne cessera alors de défendre la cause de la Polynésie et d'étudier sa géographie et son histoire. Il passe les neuf dernières années de sa vie dans l'océan Pacifique, atteignant les îles Marquises en décembre 1933, l'archipel des Tuamotu en 1934, Tahiti en 1935.

Il est un ami de la reine Marau avec lequel il s'entretient[31] régulièrement. Passionné par le passé de ces îles, il apprend les langues océaniennes et vient en aide aux indigènes, s'insurgeant contre la colonisation européenne qui considère la disparition des Polynésiens comme inévitable. Il s'efforce à chacune de ses escales de faire revivre les traditions locales, les chants et les danses méprisés par l'Église, les pasteurs et l'administration. Il s'efforce de créer une émulation sportive et introduit le football pour lutter contre l'alcoolisme. Il mène par ailleurs d'importantes recherches linguistiques et ethnologiques. Il recueille des cahiers de légende et de généalogie polynésienne.

Voguant d'île en île, et revenant toujours à son port d'attache de Bora-Bora, il mène à cette époque un idéal de vie très en avance sur son temps. En septembre 1937, à Bora-Bora, il rencontre Władysław Wagner (pl), le premier navigateur polonais à effectuer le tour du monde à la voile.

Le souvenir qu'il laisse auprès des insulaires est selon plusieurs témoignages tout autre[32] : il est accusé de pingrerie[33] D'autres lui reprochent son homosexualité[34] et son alcoolisme aigu.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À 45 ans, il refuse de se battre pour une civilisation qu'il n'aime pas[35], et est dégagé de toutes obligations militaires. Il ne consent pas à appuyer une politique qui aboutiraient à envoyer les Polynésiens sur les champs de bataille en Europe.

Lors de l'Armistice du 22 juin 1940, il est à Papeete. Durant l'été 1940, deux comités sont formés à Tahiti : le Comité des Français d'Océanie[36]. Alain Gerbault prend frénétiquement et maladroitement le parti du maréchal Pétain en juillet et août 1940 et rejoint un petit groupe spontané, composé d’anciens combattants des Croix de Feu, et de partisans de l'Action Française[37]. Le 10 août 1940, le Comité des Français d'Océanie publie un manifeste où l'on retrouve la signature de Gerbault. On y retrouve les principes du régime de Vichy dans le sens de la Révolution nationale.

Le Comité de la France libre est nettement plus important et impose au gouverneur Jean Chastenet de Géry, hésitant, mais plutôt pétainiste, la tenue d'un référendum ; celui-ci a lieu seulement à Tahiti et Moorea (2 septembre 1940) ; le résultat est massivement favorable à la France libre. Le ralliement des Établissements français de l’Océanie à la France libre s'effectue le 4 septembre 1940[38]. Après des soubresauts liés à des partisans de Vichy, ce ralliement est définitivement établi avec l'établissement du docteur Émile de Curton comme gouverneur à partir de novembre 1940[39].

Au lendemain du plébiscite, Alain Gerbault est à Raïatea dans l’espoir de rallier[40] la population au Maréchal Pétain. Éconduit à Uturoa, il reprend la mer et se voit refuser à Bora-Bora l’autorisation de débarquer[41]. Il pense alors rallier Nouméa.

L'errance[modifier | modifier le code]

La fuite[modifier | modifier le code]

Le ralliement des Établissements français de l’Océanie, puis de la Nouvelle Calédonie à la France libre oblige Alain Gerbault à une fuite pour l'Indochine. Ce dernier voyage est une errance désespérée à travers tout le Pacifique, pour échapper aux menaces de guerre. Il avait tout d'abord l'intention de rejoindre Rapa pour y passer 7 ou 8 mois[42]. Il ne peut réaliser ce projet[43], et rejoint tout d'abord les Samoa américaines où il reste trois mois[44], jusqu'au 15 décembre 1940. De Pago Pago, une importante base américaine, il reçoit de nombreuses nouvelles, mais chose curieuse aucune de France. Il part ensuite pour 15 jours à Apia, dans les Samoa occidentales, sous mandat néo zélandais, puis rejoint Tonga au début de 1941. Il écrit à Lucien Daniaux de Nukualofa une lettre[35] le 21 février de ses projets, de ses livres, de ses considérations politiques et stratégiques. Il reste quelques mois à Tonga. Il est à Port Moresby au début d'août 1941, où il séjourne quelque temps. Suspect au niveau des autorités, il quitte clandestinement le mouillage, et part via Dili, pour ensuite rejoindre l'Europe par le canal de Suez. Il touche finalement l'île de Timor en septembre 1941[45], dont la moitié le Timor oriental est portugaise et neutre.

La fin[modifier | modifier le code]

Manuel de Abreu Ferreira de Carvalho : « Son aspect sordide faisiat peur à voir et témoignait de son indifférence pour tous les détails de la vie civilisée. Il n'était certainement que l'ombre de qu'il avait été,s emontrait découragé, et jour après jour, se réfugiait dans le souvenir d'un passé lointain ; sans doute pour oublier l'extrême misère à laquelle il était réduit. Il me parlait de la France avec une grande tendresse et les larmes aux yeux.. ».

Le gouverneur de Timor[46] Manuel de Abreu Ferreira de Carvalho, indiquera quelques mois après la mort de Gerbault que Tout le monde le traitait bien, d'autant qu'il était famélique et sans ressources. Quelques fois il dînait avec des familles portugaises, d'autres fois il emportait son dîner à bord.

Son but était de gagner Madagascar. Un peu requinqué, et son bateau, avarié dans le mer d'Arafura réparé, il souhaite poursuivre son voyage. Par trois fois, des incidents de mer l'empêche de partir, et l'oblige à revenir à Dili.

Épuisé physiquement et psychologiquement, il succombe à Dili de la malaria et d'un délabrement physique généralisé en 1941, après plusieurs tentatives infructueuses pour gagner le large, sans doute en raison de la future invasion du Timor. Il est mort le 16 décembre 1941[47], dans l'après-midi, à l'hôpital de Lahane où il était soigné par le docteur José Anibal Coreia Teles.

Il est inhumé au cimetière de Santa-Cruz, à Dili, dans une époque de grande confusion : le gouvernement portugais d'Antonio Salazar avait refusé aux Alliés l'autorisation de se déployer au Timor oriental, ce qui risquait de laisser leur front à découvert face à une attaque japonaise. Le 17 décembre 1941, le lendemain de la mort d'Alain Gerbault, alors que les Japonais commençaient leur attaque sur les possessions des Pays-Bas, 400 soldats néerlandais et australiens pénétrèrent sur le territoire de la colonie portugaise. Les 500 soldats portugais n'offrirent pas de résistance, tandis que le gouverneur portugais, Manuel de Abreu Ferreira de Carvalho, se déclarait prisonnier. C'est le début de l'invasion du Timor.

Article détaillé : Invasion du Timor.

Lors du retour au calme, Ferreira da Costa[48] retrouve cette tombe. Il fait exécuter, par le charpentier de son bateau, l'Angola, une croix[49] portant le nom d'Alain Gerbault.

Postérité[modifier | modifier le code]

L'ultime hommage[modifier | modifier le code]

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et sur l'initiative de Jean-Paul Alaux[50] et du Yacht Club de France, l'amiral Lemonnier envoie de Saïgon le l'aviso colonial Dumont d'Urville de la Marine nationale pour rapatrier la dépouille.

En septembre 1947, ses cendres[51] sont transférées par l'aviso à Bora-Bora[52], où il repose depuis lors[53], sur le quai de Vaitape.

Son vœu était de mourir en mer[54].

Hommages[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Seul à travers l'Atlantique, Grasset, 1925
  • À la poursuite du soleil, journal de bord. De New York à Tahiti, préface de Jean-Baptiste Charcot, Grasset, 1929
  • Sur la route du retour. Journal de bord II de Tahiti vers la France, Grasset, 1929
  • En marge des traversées : l'évangile du soleil, Fasquelle, 1932
  • Péridiniens et diatomées pélagiques recueillis par Alain Gerbault entre les îles Marquises et les îles Galapagos, Jules Pavillard, 20 mars 1935
  • Îles de beauté, Gallimard, 1941, rééditions 1996, 2012, Hoëbeke (ISBN 9782-84230-431-7)
  • Un paradis se meurt, 1949, rééditions 1995, 2012, Hoëbeke (ISBN 9782-84230-430-0)
  • Mon bateau l'Alain Gerbault, Amiot-Dumont, 1952
  • O.Z.Y.U. Dernier journal, Grasset, 1952

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Alain Gerbault ou le courage de fuir, réalisé par Philippe Abalan. 53 minutes. 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Révérend-Père Patrick O'Reilly, Gerbault, Alain. Iles de beauté , 1945, Volume 1 p. 140–141 [22], Alain Gerbault (1893-1941), Journal de la Société des océanistes, 1946, Volume 2, p. 218–220 [23]
  • Jean-Paul Alaux, Alain Gerbault, marin légendaire, Éditions géographiques maritimes, 1950 (1re édition en 1947)
  • Claude Ache, Alain Gerbault, Les Flots bleus, coll. « Vie et symbole », 1957
  • Max Ferré, Alain Gerbault, navigateur solitaire, Gedalge, 1955
  • Révérend-Père Patrick O'Reilly, La dernière traversée du Pacifique d'Alain Gerbault, Journal de la Société des océanistes, 1961, Volume 17, p. 48–52 [24]
  • Émile de Curton, Tahiti, 1940, Journal de la Société des océanistes, 1973 [25]
  • J. Chastenet de Géry, Les derniers jours de la Troisième République à Tahiti, Société des océanistes, 1975
  • Éric Vibart, Alain Gerbault, France-Empire, 1977
  • « Chercheurs d'absolu : Alain Gerbault, Alfred Jarry, Villiers de l'Isle Adam » in Vivre et lire en Mayenne, no 0, éditions Siloë, 1986
  • Éric Vibart, Alain Gerbault : vie et voyages d'un dandy révolté des années folles, Paris, Seghers, coll. « Etonnants voyageurs »,‎ (ISBN 978-2-232-10198-4)
  • Suzanne Sens, Découverte d'Alain Gerbault, Laval, Siloe,‎ (ISBN 978-2-908-92443-5)
  • G. C. Harper, Le grand voyage d'Alain Gerbault, 2015.

Romans[modifier | modifier le code]

  • Luis Cardoso, Requiem para um Navegador Solitario, 2007[55]. En français, Requiem pour Alain Gerbault[56]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Il est né le 3 septembre 1892 à Laval, et mort le 18 novembre 1930 à Libreville au Gabon. Elève de l'École nationale d'agriculture de Rennes, il participe comme son frère à la Première Guerre mondiale. Incorporé au 13e d'artillerie le 1er octobre 1913, il est dans l'artillerie, comme sous-lieutenant, puis lieutenant de réserve le 22 octobre 1917. Il est cité à l'ordre de la brigade le 24 janvier 1916 : Jeune officier, appelé provisoirement au commandement d'une demi-batterie de 58, a par ses tirs très précis bouleversé à différentes reprises les tranchées allemandes et mérité les félicitations de l'infanterie. Il essaie brièvement de reprendre l'activité chaufournière familiale (à l'usine du Bourny), à son retour de la guerre le 6 mars 1919, après être démobilisé le 18 septembre 1919. Il part ensuite en Afrique et est affecté en mobilisation à l'artillerie coloniale en juin 1926. Il y décède en 1930.
  3. Michel Jouneaux, L'Immaculée-Conception, Laval, 1998, p. 146-147.
  4. Elle est située rue de la Pionnière. Ils vont sur la plage de l'Ecluse avec son frère et les enfants de la famille du Mans du Chalais, comme Geoffroy du Mans de Chalais, son cousin. [2]
  5. Après un échec à Polytechnique.
  6. Éric Vibart, Alain Gerbault, Paris, France-Empire, coll. « Océans »,‎ , 342 p., p. 34-35
  7. Future escadrille 461.
  8. [3]
  9. En qualité de lieutenant au 3e régiment d'aviation lors de la Première Guerre mondiale.
  10. a et b La Légion d'honneur d'Alain Gerbault dans la base Léonore
  11. Une palme, une étoile en vermeil.
  12. [4]
  13. Notamment au tennis-club de Dinard, l'un des premiers fondés par les Anglais et « importés » sur le sol français, près de l'actuelle rue Alain-Gerbault
  14. Ce dernier lui consacra un livre : Gerbault, mon ami, aux éditions Fayard
  15. [5]
  16. Seul à travers l’Atlantique (1924) Chapitre 2 : Firecrest
  17. [6]
  18. Déception sentimentale ? Lassitude du monde frivole qu'il côtoyait au Savoy Club de Nice ? Besoin de se prouver qu'il ressemblait aux héros de ses lectures d'enfant ? Autant de points d'interrogations qui restent sans réponse. [7]
  19. Une plaque inaufurée en 1930 indique cette date dans le port de Cannes sur la jetée Albert-Edouard. Le Littoral-avril 1930 : on inaugure, en présence d’Alain Gerbault une dalle gravée dans la jetée du port pour commémorer le départ sept ans auparavant du navigateur solitaire. Allocution de Paul Girod, président du comité des Régates, et au cours d’une réception intime à bord de l’Ailée, le fameux yacht de Virginie Hériot, il marque une indifférence qu’il tente à masquer par une attitude polie pour cet hommage qui lui était rendu. [8]
  20. Le deuxième français, après lui à traverser l’Atlantique à la voile en solitaire est Marin-Marie en 1933, un autre natif de la Mayenne.
  21. René Moniot Beaumont, Histoire de la littérature maritime, p. 351.
  22. Il y rencontre Harry Pidgeon.
  23. Alexandre Poncet, Histoire de l’île Wallis. Tome 2. [9]
  24. [10]
  25. [11]
  26. L'arbitre de chaise Nicolas Redelsperger effecture une annonce au micro. Le public se met à entonner la Marseillaise. Quand il entra dans la tribune, Pierre Gillou le prit par la main et s'avança avec lui au premier rang pour le désigner à l'attention du public qui le reconnut immédiatement, Pierre Albarran, Histoire du tennis
  27. Eric Vibart, La dernière traversée du Firecrest est pour se rendre à l’inauguration du nouveau golf de Deauville. Préparé à périr d’ennui, Alain[Gerbault] y retrouve, avec une joie folle, Hermine de Saussure et Ella Maillart qu’il impose au banquet prévu pour trois cents personnes. À ’heure dite, Hermine et Ella font une arrivée remarquée, sans chapeaux, jambes nues, jupes et vareuses à col marin.
  28. [12]
  29. Après le décès de Virginie Hériot.
  30. En 1970 La Poste émet un timbre à 0,70 centimes : Tour du monde par Alain Gerbault 1923-1929.
  31. Un jour, Alain Gerbault, pieds-nus, portant comme d’habitude tricot rayé et pantalon de grosse toile de matelot, s’entretenait avec sa grande amie Marautaaroa autour d’un plat de poisson cru, savoureux à point. Ils causaient de Tahiti et de son passé, évoquant le retentissant épisode que fut l’affaire du Protectorat. Ils se représentaient la Reine accablée de soucis, tiraillée de toutes parts, et d’autres encore : la gent royale des îles Sous le Vent restée férue de traditions périmées, d’absolutisme étroit et d’indépendance totale mais étayée de prestige britannique. Les pasteurs animés de bonne volonté mais défaillants à la barre de direction temporelle, aspirant à la sauvegarde de leur religion d’état, rêvant d’un drapeau anglais hissé à la hampe libérée des couleurs françaises. Les grands chefs tahitiens, soutiens de la légalité et maîtres de l’équilibre des forces dans une monarchie constitutionnelle ; ces novateurs audacieux qui en avaient assez du sectarisme théocratique, des consuls à face de carême, et des intrigues des commodores ; ces chauds partisans enfin de la France protectrice, symbolisée en ces lointaines latitudes par une sympathique silhouette d’amiral aux larges favoris [13].
  32. [14]
  33. Les insulaires lui fournissaient la nourriture. Aurora Natua indique : Bien qu'il ne fut pas démuni puisqu'il avait à son bord au moins deux sacs d'or, il ne dépensait pratiquement rien. Ses seuls bons repas étaient ceux qu'il prenait sur les autres voiliers mouillés près du sien [à Papeete]. Tahiti-Pacifique magazine, no 79, novembre 1997. [15]
  34. Homosexuel notoire, il lui est reproché d'avoir abusé de nombreux jeunes garçons lors de ses séjours en Polynésie et notamment à Bora Bora. On le soupçonne ainsi d'avoir amené les jeunes de l'île au football dans le seul but de satisfaire ses penchants particuliers. [16]
  35. a et b [17]
  36. Jean Chastenet de Géry, Les derniers jours de la troisième république à Tahiti 1938-1940 Souvenirs d'un gouverneur : Un groupe, formé par les sieurs Constant, A. Gerbault, Florisson, Lainey, Rusterholtz, imagina de créer, à grand bruit, un « Comité des Français d’Océanie », pour mener une campagne anti-juive et anti maçonnique, en faveur du gouvernement de Vichy. Manquant tous de pondération, plusieurs de moralité douteuse, certains quelque peu déséquilibrés, ils étaient peu recommandés pour rallier les suffrages des gens, même des moins raisonnables. Ils ne réussirent qu’à jouer les agents provocateurs et à déchainer la fureur de leurs adversaires, qui se traduisit en tracts et en propos violents, Je fus moi-même pris à parti par eux et objet de menaces (comme de saboter la réunion des Délégations Economiques et Financières), pour n’avoir pas voulu soutenir leur action, génératrice de désordre. [18]
  37. Émile de Curton, Tahiti 1940 : Dirigé par un Croix de Feu, M. Lainey, Président des Anciens Combattants, ce groupe était en fait animé par des passionnés, comme le docteur Florisson, ou par des convaincus, comme Rusterholtz que ses liens avec le médecin-chef Alain et le capitaine Broche, commandant la C.A.I.C.T., rendaient dangereux. Et, parmi quelques comparses assez falots, se trouvait Alain Gerbault.
  38. Jean Chastenet de Géry est remplacé par un Comité provisoire de gouvernement, incluant Edouard Ahnne et Georges Bambridge.
  39. Émile de Curton, Tahiti 1940 : Un peu plus tard, Vichy nommait Consul de France à Hawaï un émule de Gerbault « avec juridiction sur Tahiti » !. Il s'agit d'Éric de Bisschop.
  40. Émile de Curton, Tahiti 1940 : qu’il se flattait de bien connaître.
  41. Émile de Curton, Tahiti 1940 : Toutefois les habitants, à qui il avait fait part de son intention de se rendre à Nouméa, s’étaient offerts à lui apporter toutes les provisions dont il aurait besoin pour cette longue traversée. Le ralliement de la Nouvelle-Calédonie devait l’amener à réviser ses plans
  42. Lettre à son ami Lucien Daniaux, 21 février 1941 : Écœuré par tous les évènements, il a d'abord l'intention de s'en aller à Rapa, et d'y passer sept à huit mois, loin de toutes les radios et de toutes les nouvelles si déprimantes de la guerre, et d'y livrer...à ses chères études, en mettant à jour ses notes ethnologiques.
  43. Lettre à son ami Lucien Daniaux : Voiles déchirées. Vent grand frais. Obligé de rallier Samoa.
  44. Il y a attend une grande voile de lin et un premier foc en provenance de Sydney.
  45. Dans sa dernière lettre à Lucien Daniaux, rien ne laisse montrer un quelconque épuisement physiquement et psychologiquement.
  46. [19] Tahiti-Pacifique magazine, no 79, novembre 1997
  47. Il s'agit du jour où les Hollandais et les Australiens lançaient un ultimatum aux Portugais, pour exiger l'occupation militaire de leur colonie.
  48. O'Seculo de Lisbonne. 26 janvier 1946.
  49. Cette croix est plantée au cours d'une cérémonie simple en présence de nombreux officiers du corps expéditionnaire.
  50. Au cours de son voyage polynésien, Jean-Paul Alaux rencontre Alain Gerbault, auquel il rend hommage en plusieurs occasions : par la publication d’un ouvrage en 1947 et par la réalisation du monument élevé en 1951 à la mémoire du navigateur, à Bora-Bora. « C’est grâce à ses efforts et à ceux du Yacht Club de France que l’aviso Dumont d’Urville reçut en 1947 la mission de transférer les cendres d’Alain Gerbault de Timor en Polynésie française. L’obstination de Jean-Paul Alaux et la souscription lancée par le Yacht Club de France vinrent à bout de toutes les difficultés, et il put alors faire ériger sur la tombe d’Alain Gerbault à Bora-Bora, un monument dont il fit les plans et qui, comme l’avait souhaité Gerbault, était en forme de temple polynésien, un “marae à trois marches” (Alaux, 1994, p. 48.). »
  51. Selon le biographe Éric Vibart, l'inhumation en hâte au cours d'un bombardement, l'absence d'objets personnels dans la tombe, le décès de la plupart des témoins lors des nombreux combats qui eurent lieu dans l'île de Timor, les avis divergents des amis du navigateur qui eurent l'occasion d'examiner les ossements (de fausses dents sur la mâchoire alors qu'Alain Gerbault n'en avait aucune, alors que les traces d'une fracture à l'avant-bras correspondent bien à un accident de 1934), tous ces faits font penser à un mélange d'ossements de plusieurs personnes, et donc un doute subsiste quant à l'authenticité des cendres ramenées de Dili par le Dumont d'Urville. Cf. Éric Vibart, Alain Gerbault, éditions France-Empire, 1977, p. 323 à 328.
  52. la loi française n'admettait pas l'immersion d'un homme qui n'est pas mort en mer. C'est donc son île préférée qui sera retenue.
  53. Une photographie de son enterrement le 4 octobre 1947 à Bora-Bora, conservée aux Archives nationales d'outre-mer.
  54. S'il m'arrivait de mourir à terre, je désirerais être remorqué au large dans mon bateau et que celui-ci, sabordé, soit coulé toutes voiles et pavillons dehors, m'ensevelissant au sein de la mer, dont j'aime la possession.
  55. [20]
  56. [21]