Perche (région naturelle)

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Perche
Image illustrative de l'article Perche (région naturelle)
Le village de Moutiers-au-Perche

Pays France
Région Centre-Val de Loire
Normandie
Pays de la Loire
Départements Eure-et-Loir
Orne
Sarthe
Loir-et-Cher
Eure
Villes principales Nogent-le-Rotrou,La Ferté Bernard, Mondoubleau , Bellême, Mortagne-au-Perche, Saint-Calais
Siège du pays Nogent-le-Rotrou
Coordonnées 48° 25′ 46″ nord, 0° 46′ 24″ est
Superficie approximative 5 000 km2
Relief Collines, plateaux, vallées
Production céréales, élevage
Communes 300
Population totale 200 000 hab. (nc)
Régions naturelles
voisines
Drouais
Beauce
Alpes mancelles
Pays d'Ouche
Saosnois
Campagne d'Alençon
Régions et espaces connexes Perche-Gouët
Perche sarthois
Perche dunois
Grand Perche

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Perche

Le Perche est une région naturelle française possédant une forte identité qui désignait au VIe siècle une zone forestière connue sous le nom de Silva Pertica. Ce territoire de transition entre Massif armoricain et Bassin parisien s'étend en forme de croissant des portes d'Alençon et de la rivière de Sarthe qui l'en sépare ainsi que des monts d'Amain à l'est de Sées, jusqu'à celles de Châteaudun et de Vendôme par le Loir. Composée de collines et de vallons, de plateaux, de crêtes et de vallées, la région est également un important château d'eau qui alimente les bassins versants de la Loire, de la Seine ou des fleuves côtiers normands.

On distingue le Perche-Gouët au centre, le Perche vendômois sur sa partie méridionale (au Sud), le Perche sarthois à l'Ouest, le Perche dunois (ou Faux Perche) à l'Est et le Grand Perche (anciennement "comté du Perche") dans le Nord.

Cette entité géographique ne doit pas être confondue avec l'ensemble formé par les circonscriptions ecclésiastiques des diocèses de Séez, Chartres, Évreux et Le Mans qui l'ont démembrée. Elle ne doit pas l'être non plus avec les divisions politiques établies par la suite sur son territoire à l'instar du Grand Perche ou Comté du Perche qui regroupait le Corbonnais, le Bellesmois et la région de Nogent-le-Rotrou, du Bas-Perche ou Perche Gouët qui regroupait cinq baronneries, du Petit-Perche entre La Loupe et Thiron-Gardais, du Thymerais ou Terres démembrées et de ses puissants seigneurs, du Comté de Vendôme, du Comté du Maine et du Duché de Normandie qui ont modelé son histoire, ni plus récemment à l'émergence d'entités administratives nées de la décentralisation.

Bien que l'intercommunalité et la création de pays lui ait redonné une visibilité en partie, que n'avait pu lui donner la Révolution française, notamment lors de la création des départements, avec la création du Grand Perche par l'association du Pays du Perche d'Eure-et-Loir, du Pays du Perche ornais, du Canton du Perche en Loir et Cher et celle d'un Pays du Perche Sarthois tout proche, la région n'en demeure pas moins écartelée entre trois régions (le Centre-Val de Loire, la Normandie et les Pays de la Loire) et cinq départements (Eure-et-Loir, Orne, Sarthe, Loir-et-Cher et Eure).

Géographie[modifier | modifier le code]

Pays de collines, de vallées et de plateaux, le Perche trouve comme limite la rivière du Loir au sud et à l'est, la Beauce sur sa partie nord-est, le Maine à l'ouest, au nord-ouest la campagne d'Alençon et le Pays d'Ouche au nord.

L'ancienne forêt qui la constituait se devine encore aujourd'hui. Différentes portions de celle-ci subsistent avec la forêt de Perseigne, située à l'extrémité nord-ouest de ce territoire, la foret de Vibraye à l'Ouest, la forêt du Perche plus à l'est, dans celles de Bellême et de Montmirail et dans une infinité de bois assez rapprochés les uns des autres pour en tracer encore les linéaments jusqu'aux forêts de Fréteval, de Bellande et de Vendôme qui en font la terminaison au sud sans oublier à l'est les massifs de Senonches, de Châteauneuf-en-Thymerais ou de Montecôt.

La région est également un important château d'eau qui alimente les bassins versants de la Seine et de la Loire et qui donne naissance à nombre de rivières dont l'Eure, l'Huisne et la Sarthe ainsi qu'a des fleuves cotiers qui vont se jeter dans la Manche après avoir traversé la Normandie.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le terme de « Perche » est mentionné sous les formes latinisées saltus Particus, silva Perticus avant le VIe siècle, pagus pertensis VIe siècle, pagus Perticus.

Le nom serait issu du latin pertica (terra) « ensemble du territoire partagé, à la perche, entre les vétérans d'une colonia ». Terra aurait d'abord désigné une petite région autour de Mortagne-au-Perche qui serait devenu un pagus par la suite[1]. Cependant, Terra n'est mentionnée nulle part. De plus, le terme Pertica semble d'abord s'être appliqué à la forêt, et ce, d'après les attestations les plus anciennes. Bien que Mortagne (Mauritaniae 1086) tienne vraisemblablement son nom d'un établissement ou d'une unité de soldats mauresques au Bas Empire, on ne trouve pas non plus de trace documentaire (aucune mention dans la Notitia dignitatum par exemple) ou de trace archéologique de cet établissement permettant de confirmer cette théorie.

Une seconde hypothèse fait remonter Pertica à un étymon celtique (gaulois) dérivé en -ica. Le gaulois *-ika sert à former des adjectifs à l'origine[2]. On remarque aussi que le nom du pays d'Ouche, directement au nord du Perche, est issu d'un terme dérivé avec le même suffixe : Utica, dont la racine ot / ut semble s'appliquer également à un élément forestier. Cf. La forêt d'Othe dans l'Yonne[3]. Se trouve-t-on en présence d'une ancienne opposition entre une silva Pertica et une silva Utica ?

L'étymon pert- est peut-être le même que celui des différents Perthes (attestés généralement sous la forme Perta dès l'époque mérovingienne) qui représenterait un anthroponyme gaulois non attesté * Pertus, mais déduit d'après le nom de la déesse gauloise Perta, déesse des jardins clos[4]. Il a également été trouvé aux environs de Nîmes, dans la rivière Vistre, la statue d'une divinité nommée PERTA que les archéologues ont associé à un culte des eaux[5]. Cette divinité est sans doute indigène, car elle n'est pas attestée dans le monde romain et ailleurs dans le monde méditerranéen. On sait que beaucoup de toponymes sont fondés sur des noms de dieux gaulois : Nîmes (Nemausus), Bourbon (Borvo), Maromme (Matrona) ou liés à des dieux comme la forêt des Ardennes par exemple.

La racine pert- serait peut-être alors à comparer au gallois perth, beau et au breton perzh, qui dénote une qualité. Une autre explication conjecturale serait de rapprocher l'élément pert- du substantif gallois perth qui signifie « buisson, haie »[6]. La seconde explication correspondant bien à la nature bocagère du paysage du Perche. On peut envisager une évolution sémantique du type de celle de bocage dérivé de bosc- « bois. »

Géologie et sols[modifier | modifier le code]

Grandes régions du Perche[modifier | modifier le code]

Sous régions administratives ou historiques du Perche
Régions Départements Cantons Appellation/régions agricoles[7]

15

Faux Perche (6 cantons)

Perche Gouët (4 cantons)

Grand Perche ( 5 cantons)

5/6

Perche Vendômois (6 cantons)

10/12

Grand Perche (10 cantons)

8

Perche Sarthois (8 cantons)

1

Perche (1 canton)

Note: Les cantons sont à prendre tout ou juste en partie

  • Perche Gouët
  • Faux Perche
  • Grand Perche
  • Perche Vendômois
  • Perche Sarthois

Climat[modifier | modifier le code]

Le Perche connait un climat de type océanique marqué surtout par l'influence des flux d'air maritimes d'ouest. En été le temps est chaud et lourd ; la pluviosité est maximale en automne. Néanmoins des différences locales existent notamment liées à la topographie et entre le nord et le sud de la région. Le sud du Perche connaitra ainsi une faible pluviométrie avec des hivers doux, des été chauds et orageux et un ciel lumineux tandis que plus au nord, le climat sera frais à froid et humide avec une insolation réduite, un ciel brumeux et des hivers frais et venteux.

Températures[modifier | modifier le code]

La moyenne annuelle des températures est relativement douce et égale à la moyenne de la région Centre pour le Perche sud où l'on compte une moyenne de 57 jours de gel. Celle-ci atteint 87 jours dans le nord notamment sur le Haut plateau de Senonches qui est l'un des secteurs les plus froids de la région Centre avec 9,2 °C de température moyenne annuelle.

Précipitations[modifier | modifier le code]

Les différences de précipitations entre le Perche méridional et le Perche septentrional sont du même ordre. La sous-région sud, sous le vent, reçoit une lame d'eau annuelle de l'ordre de 600 à 650 mm contre 750 environ dans le nord. Les écarts interannuels peuvent être importants : 372 mm (1953) à 860 mm (1958) dans le Perche vendômois.

La région nord à l'instar du Haut plateau de Senonches et la Cuesta de l'argile a silex orientés presque perpendiculairement aux masses d'air d'ouest reçoivent une pluviosité assez forte, respectivement 772 mm et 831 mm en moyenne annuelle. Les écarts interannuels peuvent cependant être importants : 478 en 1953 à 1136 en 1960 pour Senonches.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Nombre de cours d'eau et de rivières prennent naissance ou possèdent leur bassin dans la région naturelle du Perche. La région est un véritable château d'eau pour les versants de la Seine, de la Loire et de plusieurs fleuves côtiers.

Les principales rivières et fleuves que compte la région sont:

Bassin de la Seine[modifier | modifier le code]

La Seine est un fleuve français, long de 777 kilomètres, qui coule dans le Bassin parisien et arrose Troyes, Paris, Rouen et Le Havre. Sa source se situe à Source-Seine, en Côte-d'Or sur le plateau de Langres. Elle se jette dans la Manche entre Le Havre et Honfleur. Son bassin versant, d'une superficie de 78 650 km2, est notamment alimenté, dans son cours inférieur par les rivières suivantes (affluents de rive gauche):

  • l'Eure au centre et nord-est, prend sa source à Marchainville près de Longny-au-Perche dans l'Orne, affluent de la Seine
    • l'Avre au nord, prend sa source dans la Forêt domaniale du Perche, affluent de l'Eure, sous affluent de la Seine
      • La Meuvette qui s'étend sur une quarantaine de kilomètres, prend sa source dans la forêt de Senonches près du village des Ressuintes
    • la Blaise au nord (Thymerais), prend sa source à Dampierre-sur-Blévy dans le département d'Eure-et-Loir non loin de la limite de l'Orne
    • l'Iton au nord du Perche, nait aux environs de Moulins-la-Marche dans l'Orne, affluent de l'Eure, sous-affluent de la Seine.
  • La Risle prend sa source, à l'altitude de 275 mètres, dans les bois situés à la limite des communes de Ferrières-la-Verrerie et de Planches dans l'Orne sur les pentes des monts d'Aimain, nom donné au rebord du plateau délimitant le Perche dans sa partie septentrionale, affluent de la Seine.

Bassin de la Loire[modifier | modifier le code]

La Loire est le plus long fleuve de France, avec une longueur de 1 013 kilomètres. Sa source est considérée être en Ardèche, au mont Gerbier de Jonc dans le Massif central. Son estuaire se trouve quant à lui dans le département de la Loire-Atlantique, à l'ouest de la région des Pays de la Loire et à l'ouest de l'Anjou. Son bassin versant de 117 000 km2 occupe plus d’un cinquième du territoire français est notamment alimenté par la Sarthe et ses affluents

  • la Sarthe au nord du Perche, prend sa source à Saint-Aquilin-de-Corbion, dans les collines du Perche de l'Orne, affluent de La Loire
    • le Loir au sud et sud-est, prend sa source aux abords du Perche à Saint-Éman en Eure-et-Loir, affluent de la Sarthe, sous-affluent de La Loire
      • l'Ozanne prend sa source dans le Perche-Gouët, à l'est (Perche-Gouët), affluent du Loir
      • la Braye, prend sa source dans les collines du Perche à l'ouest d'Authon-du-Perche et au sud de Nogent-le-Rotrou, en Eure-et-Loir, affluent du Loir
        • le Couëtron prend sa source aux environs de La Fontenelle, à l'est et au sud (Perche Vendômois), affluent de la Braye, sous affluent du Loir
      • L'Yerre prend sa source au sein de la forêt de Montmirail, dans le Perche, sur le territoire de la commune de Chapelle-Guillaume, affluent du Loir, sous-affluent de la Sarthe
      • le Grenne prend sa source à La Fontenelle (Perche Vendômois), affluent de la Braye, sous affluent du Loir
      • L'Egvonne prend sa source dans le Perche vendômois, dans la commune de La Fontenelle, affluent du Loir, sous-affluent de la Sarthe
    • L'Hoëne prend sa source au sud-est de la forêt domaniale du Perche, sur le territoire de la commune de Champs, dans le département de l’Orne
    • l'Huisne à l'ouest, affluent de la Sarthe, sous-affluent de La Loire
      • l'Erre prend sa source sur la commune de Nocé dans l'Orne, affuent de l'Huisne rive droite
      • La Même prend sa source dans la forêt de Bellême aux environs de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême dans le département de l'Orne, dans la région mitoyenne entre les parc naturels régionaux Normandie-Maine et du Perche, affuent de l'Huisne rive droite
      • La Rhone prend sa source sur le territoire d'Authon-du-Perche, affuent de l'Huisne rive droite
      • La Jambette sert de frontière sur une partie de son cours entre l'Eure-et-Loir et l'Orne, prend sa source aux Etilleux, affuent de l'Huisne rive gauche
    • l'Orne saosnoise à l'ouest, prend sa source à Montgaudry dans l'Orne au sein du Parc naturel régional du Perche, non loin de Mamers, affluent de la Sarthe, sous-affluent de La Loire

Fleuves côtiers[modifier | modifier le code]

La région du Perche donne également naissance à des fleuves côtiers qui ont la caractéristique d'avoir un petit bassin versant et de se jeter dans la Manche sans avoir été un affluent :

  • la Touques au nord du Perche est un fleuve côtier qui naît dans les collines du Perche près de Champ-Haut dans l'Orne.
  • la Dives prend sa source à Courménil, près d'Exmes, dans l'Orne, au nord de la forêt de Gouffern.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Plusieurs sites archéologiques du Néolithique, comme « la Pierre Procureuse » entre L'Hermitière et Gémages ou encore « la Pierre Cochée » à Droué attestent de l'ancienneté de l'occupation humaine dans la région.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les populations celtiques arrivées dans la contrée dès l'âge du bronze, puis à l'âge du fer y laissent définitivement leur empreinte, comme le montre l'étymologie de la plupart des noms de lieux importants : Gémages - de *Gemetiko (Gemmeticum XVe siècle), sur * gem, de signification obscure, suivi de deux suffixes celtiques -at/-et + iko (cf gallois eithefig < *ektamiko)[8] ou Nogent, du gaulois Noviento, fondé sur l'adjectif noviios, neuf, et le suffixe -ento localisant à l'origine, signifiant « endroit ».

La plus grande partie du Perche, bien que cela ne soit pas clairement défini, était située sur le grand territoire du peuple celtique des Carnutes, qui y aurait exploité le fer. On peut y voir l'origine partielle de l'appartenance des coutumes du Perche au groupe de celles du pays de Chartres et de l'Orléanais.

La forte identité du Perche tient en partie à son droit coutumier avant la Révolution : « la coutume du Perche » ou plutôt « les coutumes du Perche », distinctes de la coutume de Normandie, de celle du Maine et celles de l'Île-de-France[9].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le château médiéval Saint-Jean à Nogent-le-Rotrou

La proximité de la Normandie en fait du Xe siècle au XVe siècle une région stratégique pour les rois de France.

En 1227, le Perche fut inclus dans le domaine royal français. Une partie fut alors démembrée pour constituer le comté d'Alençon au profit de Pierre Ier d'Alençon, fils de France. Cependant, il réintégra le domaine royal en 1283. Il fut, une seconde fois, en partie adjoint au comté d’Alençon pour Charles II d'Alençon, comte d’Alençon et du Perche en 1326.

Renaissance[modifier | modifier le code]

La Renaissance est un temps fort de l’histoire percheronne : la région se couvre de manoirs et l’industrie locale (étamines à Nogent, tanneries et ganteries à Cormenon, minerais...) approvisionne Paris. Le principal ministre d’Henri IV, Sully, est marquis de Nogent-le-Rotrou, où il est enterré. Le Perche est aussi la région natale du poète Rémy Belleau, mené par Pierre de Ronsard, le Vendômois, membre de la Pléiade,

À partir de 1634 un mouvement d'émigration percheronne vers la Nouvelle-France s'amorce, grâce au pouvoir de persuasion de Robert Giffard, un apothicaire de Tourouvre pour les familles du nord et une seconde vague au sud partant des villages de Choue ou encore Fontaine-Raoul. Il ne doit pas être attribué à la misère, mais plutôt à l’esprit d’aventure. En une trentaine d’années, 277 émigrants, exerçant divers métiers souvent liés à la construction (maçon, menuisier, charpentier, briquetier, etc.), vont ainsi entreprendre le grand voyage. Quelques-uns vont revenir au pays, mais la grande majorité choisit de s’établir sur les rives du fleuve Saint-Laurent pour y défricher et faire prospérer les terres nouvelles.

Au Québec, c’est probablement toute la population de souche canadienne-française qui peut retracer un ancêtre percheron dans son arbre généalogique, directement ou indirectement.

Leur descendance est aujourd’hui estimée à 1 500 000 personnes au Canada, en dehors du Québec. Beaucoup plus sans doute si on tient compte d’un important essaimage dans toute l’Amérique du Nord (Nouvelle-Angleterre et Louisiane, plus particulièrement). La famille qui compte le plus de descendants est la famille Tremblay qui remonte entièrement à un seul ancêtre Pierre Tremblay, natif de Randonnai. Le nombre total de ses descendants nord-américains portant le patronyme Tremblay est estimé à environ 180 000[10], sans compter les descendants des femmes qui se sont mariées.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le Perche conserve une forte identité régionale en dépit de son morcellement en départements à la Révolution entre l’Orne, l’Eure-et-Loir, la Sarthe et le Loir-et-Cher. Aujourd'hui, l'éclatement entre les modernes régions Basse-Normandie (aujourd'hui Normandie), Centre et Pays de la Loire contribue à masquer la cohérence physique, géographique et historique de cette région.

Au XIXe siècle, la région est désenclavée par l’arrivée du chemin de fer. Le Perche exporte ses chevaux en Amérique où ils participent à la conquête de l'Ouest. L’agriculture est progressivement reconnu dans l’élevage équin et bovin, ainsi que dans la production cidricole. Les clivages politiques toujours d’actualité se forment à cette période : le Perche ornais, longtemps bonapartiste et clérical, reste plutôt conservateur, tandis que le Perche d’Eure-et-Loir, du Loir et Cher et de la Sarthe ont une tradition radicale. Paul Deschanel, député de Nogent-le-Rotrou, sera brièvement président de la République après la Grande Guerre.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Création des pays et des communautés de communes grâce aux lois de décentralisation et du Parc naturel régional du Perche qui redonne en partie une visibilité à la région.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

L’agriculture reste la principale activité économique. Les deux tiers de la superficie du Perche lui sont dévolus en faisant un territoire de polyculture et délevage. Les exploitations agricoles du Perche sont principalement orientées vers les céréales et élevages en Eure-et-Loir et Loir et Cher, l’élevage pour la partie ornaise et sarthoise. Le maintien de l’élevage est un enjeu stratégique pour le territoire car il permet la conservation des prairies.

Connue autrefois pour son bocage, la région a développé des traditions particulières comme les trognes (arbres têtards), le plessage à la percheronne (technique de tressage de haie vivante). Le territoire recèle une grande diversité de poires (poire de Calot, de Loup, de Curé...) et de pommes (pomme de Coudre, de Rose, de Moisson...) ancestrales pour des utilisations très diverses (cidre, poiré, compote, séchée, au vinaigre...).

Cultures[modifier | modifier le code]

Élevage[modifier | modifier le code]

Le cheval percheron est sans nul doute l'emblème le plus connu de la région.

Il existe également une race de vache percheronne presque disparue. Elle entre cependant dans le patrimoine génétique des races normande, saônoise et maine-anjou.

Vignoble[modifier | modifier le code]

Grappes de gamay à maturité.

Le Perche méridional ou Perche Vendômois abrite une région viticole qui s'articule autour de la vallée du Loir. L'origine du vignoble est lointaine. La première mention écrite des vins d'appellation Vendôme remonte à l’an 1000. Henri IV s'est arrêté un jour à l’Ouest de Vendôme et avait apprécié ce vin local et en avait commandé pour son château de Saint-Germain-en-Laye[11] L'appellation a obtenu son AOC en mai 2001 après avoir entrepris des démarches en ce sens dès 1987 et s'applique à une aire géographique de production de 450 ha clairement définie qui concerne 27 communes de Loir-et-Cher. La production tient en la production de vins rouges, gris et blancs à base de cépages gamay, chenin blanc, pineau d’aunis, pinot noir. Les terres viticoles profitent d'un climat moins océanique que dans la Sarthe voisine, mais profitent du microclimat de la vallée du Loir et de ses sols d’argile à silex.

Forêts et bois[modifier | modifier le code]

Bois de chêne.

Le Perche a toujours été une terre à forêt en témoigne son nom silva Pertica et l'existence de ses forêts. Aujourd'hui encore, la forêt couvre plus de 20 % du Perche et le chêne représente les 2/3 de la ressource en bois des forêts. Cette abondance forestière permet son exploitation et la production de bois qui a permis à son tour de développer les activités de l'ameublement. La filière s'est structurée à la fin des années 1990 et 1997 à vue la création de l'association Perchebois qui mène différentes actions notamment liées à la promotion de la filière et du mobilier percheron ainsi que le savoir-faire des entreprises du Perche et par extension la construction en bois et le bois énergie.

Agroalimentaire[modifier | modifier le code]

Production de cidre et de calvados.

Artisanat et commerce[modifier | modifier le code]

Le territoire se distingue par l'utilisation de grès roussard, de grison (additionné de colombage observé sur les plaines) ou de tuffeau dans l'habitat traditionnel. Le sable du Perche typique y est souvent accompagné dans les enduits à la chaux. Sa couleur varie du blanc-crème au jaune-orangé, jusqu'à des couleurs plus soutenues.

Le Perche attire les francophones d'Amérique à la recherche du pays de leurs ancêtres.

Le Perche compte un nombre très important d’entreprises artisanales de qualité[non neutre] qui maintiennent des savoir-faire qui font aujourd’hui la richesse du territoire[12]. Plusieurs filières artisanales se sont développées ces dernières années dans le Perche et ont abouti à des synergies:

  • les meuniers et boulangers ont travaillé ensemble pour créer la Baguette du Perche dont la marque est déposée par le parc naturel régional du Perche ;
  • les menuisiers et ébénistes percherons se sont regroupés au sein de l’association Perchebois pour développer des gammes de produits et valoriser le bois des forêts du territoire ;
  • les maçons, couvreurs, tailleurs de pierre et autres artisans participent à des démarches qualité en matière de rénovation en respectant les caractéristiques du bâti percheron.

Les pôles principaux d’activité commerciale se situent à Nogent-le-Rotrou, La Ferté-Bernard, Mondoubleau et Mortagne-au-Perche. Les Percherons sont très attachés aux commerces multiservices, épiceries, bars ou restaurants, présents dans les plus petites communes du territoire et qui sont très fréquentés. Pour renforcer leur image et développer de nouveaux services, les commerçants se sont organisés autour du réseau Perche Multiservices[13].

Industrie[modifier | modifier le code]

Le Perche est un territoire rural industriel. L’industrie est le premier employeur du Perche. Plusieurs filières sont présentes: la mécanique et l’automobile, l’industrie graphique et le papier-carton, le bois et l’ameublement, l’agroalimentaire et l’équipement. Parmi les entreprises les plus importantes du Perche :

  • Thyssenkrupp Sofedit, sous-traitant automobile, au Theil-sur-Huisne,
  • B Braun Médical, matériel médical, à Nogent-le-Rotrou,
  • Siplast, produits d'échantéité à Mondoubleau
  • Hygiene products SA, produits d’hygiène, au Theil-sur-Huisne,
  • Établissements Denis, matériel de nettoyage industriel, à Brou,
  • Société nouvelle AERACEM – SNA, fabricant de CD, DVD et packaging, à Tourouvre,
  • Hydronic, matériel de traitement de l’air, à Mortagne-au-Perche,
  • Latty international, fabrication de joints d’étanchéité, à Brou
  • SOPARCO, fabricant de pots et contenants en plastique, à Condé-sur-Huisne.

Mines de fer[modifier | modifier le code]

[À développer]

Métallurgie[modifier | modifier le code]

[À développer]

textile[modifier | modifier le code]

[À développer]

Tourisme[modifier | modifier le code]

[À développer]

Administrations territoriales[modifier | modifier le code]

Entités religieuses[modifier | modifier le code]

Lors de la christianisation de la France, la région du Perche a été découpée entre plusieurs diocèses[14] et s'étendait sur 167 paroisses :

Ancien régime[modifier | modifier le code]

Comté du Perche (Haut ou Grand Perche)[modifier | modifier le code]

Perche Gouët (Bas-Perche)[modifier | modifier le code]

Le Perche-Gouët est une ancienne province composé de cinq baronnies : Alluyes (dite la Riche), Brou (la Noble), Authon (la Gueuse), La Bazoche (la Pouilleuse) et Montmirail (la Superbe). Son unité était assurée par sa coutume, respectée dans toutes les paroisses relevant de ces cinq baronnies, sans véritable lien ni féodal, ni judiciaire ni administratif avec le Grand Perche.

Thymerais[modifier | modifier le code]

Le Thymerais fut très tôt distrait du Perche et entra dans la mouvance des rois de France et des Comtés de Chartres et de Dreux. Il abrite à partir du Xe et jusqu'au XIIIe une puissante baronnie basée à Châteauneuf-en-Thymerais qui défendait le royaume de France face au duché de Normandie. Les différents seigneurs du Thymerais étaient proches du pouvoir royal et étaient assez puissants pour ne relever que du roi. Nombre d'entre eux firent des unions matrimoniales avec de puissantes familles à l'instar des familles de Bellême, de de Montgommery, de de Beaumont, de de Donzy, de Gouët, des comtes de Dreux. Une descendante sera également à l'origine de la branche capétienne de Dreux. Les belliqueux barons du Thymerais régnaient sur l'ensemble du Thymerais et des Terres françaises mais aussi sur des fiefs compris dans d'autres secteurs à l'instar de Rémalard et de Champrond-en-Gâtine dans le Perche mais aussi à Sorel-Moussel et dans l'Eure. Sans descendance, la Famille de Châteauneuf s'éteint et la seigneurie fut divisée (terres démembrées) malgré la tentative de Charles Ier de Mantoue de reconstituer le domaine.

Comté de Vendôme[modifier | modifier le code]

Le comté de Vendôme est constitué des châtellenies de Lavardin, de Montoire - dont les seigneurs deviennent comtes de Vendôme en 1218 - de Trôo et de Mondoubleau - annexé au comté en 1406 et qui géographiquement appartiennent au Perche. La seigneurie de Beaugency est un alleu qui passera aux comtes de Blois. Le sud du Perche appartiennent dés lors au comté puis duché de Vendôme.

Saosnois[modifier | modifier le code]

Le Saosnois fut une baronnie dont le territoire fut placé par Richard Ier duc de Normandie, sous le contrôle d'Yves de Bellême de la Seigneurie de Bellême, avec l'Alençonnais et une partie du Bellêmois, avec pour mission de le défendre contre les comtes du Maine et le roi de France. Il en fit un territoire tampon entre le duché de Normandie et le comté du Perche. Le Saosnois passe dans les mains des comtes puis ducs d'Alençon à la mort de l'un de ses successeurs, Guillaume III Talvas, puis Comté du Maine, Généralité d'Alençon.

Note: Le Grand Perche est le nom donné actuellement à l'association des Pays du Perche Ornais et du Pays du Perche d'Eure-et-Loir

Entités administratives[modifier | modifier le code]

Entités administratives intercommunales[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente la correspondance des différents découpages administratifs de la région naturelle du Perche: régions, départements et intercommunalités.

Découpage administratif de la région naturelle du Perche
Régions Départements Pays Communautés

Pays du Perche Ornais[modifier | modifier le code]

Pays du Perche d'Eure-et-Loir[modifier | modifier le code]

Pays du Perche[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Religieux[modifier | modifier le code]

Militaire[modifier | modifier le code]

Civil et industriel[modifier | modifier le code]

Naturel[modifier | modifier le code]

Forêts

Parc naturel

Chevaux

Gastronomie[modifier | modifier le code]

  • Boudin noir (Mortagne) et cidre
  • Des pâtisseries : le Palet du Perche (Saint-Calais) et Le Percheron[réf. nécessaire]
  • Chocolat "Bouchon Nogentais" (Noget-le-Rotrou)
  • Différents fromages : Le Trèfle du Perche (chèvre), le Petit percheron et la tome du Perche

Culturel[modifier | modifier le code]

  • Le dialecte percheron, malgré quelques influences normandes notamment dans la partie nord-ouest du Perche, il n'appartient pas au normand, mais au groupe central de la langue d'oïl, dont fait aussi partie le français standard. Plusieurs journaux locaux proposait jusque dans les années 1950-1960 des articles rédigés en percheron à l'instar de La Gazette Française à La Loupe, La Liberté du Perche et Le Petit Nogentais à Nogent-le-Rotrou.

Médias[modifier | modifier le code]

Presse écrite[modifier | modifier le code]

En plus de la presse nationale, le Perche est couvert en entier ou en partie par plusieurs journaux régionaux ou départementaux:

Presse quotidienne

Presse hebdomadaire

Transports[modifier | modifier le code]

Routes[modifier | modifier le code]

Seuls trois grands axes routiers traversent le Perche :

Trains[modifier | modifier le code]

Le Perche est desservi dans le Sud par la Gare de Vendôme - Villiers-sur-Loir TGV , qui la met à 42 minutes de la Gare de Paris-Montparnasse.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume I.
  2. Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, éditions Errance 1994. Le suffixe -ika "semble permettre la substantivation", ce qui se vérifie dans tous les cas. Cf. inscription de Lezoux, Puy-de-Dôme et l'Armorique < Aremorica.
  3. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard 1981. p. 155.
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 524b sous Peltre
  5. Dominique Darde, Cultes indigènes à Nîmes à l'époque romaine, in l'ARCHEOLOGUE, archéologie nouvelle no 57, Décembre 2001 - Janvier 2002, p. 37.
  6. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003. p. 165.
  7. Le Pays du Perche : pertinence et enjeux de divers espaces de références Persée
  8. il s'agit du même archétype que Jumièges (Gemeticum)
  9. Jean-François Lemarignier, la France médiévale : institutions et sociétés, Armand Colin-collection U 1970
  10. Paul Sérant, Le peuplement de la Nouvelle France, in Enquête sur l'HISTOIRE no 11, été 94, p. 54.
  11. Découverte du vignoble vendômois sur le site de l'Office du Tourisme de Vendôme
  12. Chambre des Métiers de Basse Normandie Observatoire Régional de l’Artisanat
  13. Réseau d'échange des commerces ruraux : Perche multiservices
  14. Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et ..., Volume 5 Par Jean-Joseph Expilly
  15. Fiche du journal L'Action Républicaine sur le site du groupe Publihebdos
  16. Fiche du journal Le Perche sur le site du groupe Publihebdos
  17. Fiche du journal Le Réveil Normand sur le site du groupe Publihebdos
  18. Fiche du journal L'Orne Hebdo sur le site du groupe Publihebdos
  19. Fiche du journal L'Echo Sarthois sur le site du groupe Publihebdos