La Bazouge-de-Chemeré

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La Bazouge-de-Chemeré
La Bazouge-de-Chemeré
L'église paroissiale Saint-Gervais-et-Saint-Protais.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Arrondissement Château-Gontier
Canton Meslay-du-Maine
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Meslay-Grez
Maire
Mandat
Franck Legeay
2014-2020
Code postal 53170
Code commune 53022
Démographie
Gentilé Bazougéen
Population
municipale
514 hab. (2016 en diminution de 1,15 % par rapport à 2011)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 00′ 03″ nord, 0° 29′ 15″ ouest
Altitude Min. 58 m
Max. 112 m
Superficie 24,84 km2
Localisation

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Liens
Site web www.labazougedechemere.fr

La Bazouge-de-Chemeré est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 514 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la Bazouge-de-Chemeré est assez peu mouvementé, traversé pourtant du nord au sud par la vallée de la Vaige où un petit plan d'eau réservé à la pêche a été créé en 1970 mais il s'envasait régulièrement et pour répondre à la loi sur l'eau de 2006 le cours de la Vaige a été rendu indépendant et le plan d'eau a été rénové en 2018. C'est au dessus de ce plan d'eau que La Bazouge offre un site assez pittoresque. Les maisons et les clôtures forment au-dessus du plan d'eau une sorte d'enceinte murée.

Le ruisseau "le Chémerette", né à l'ouest de La Bazouge, conflue dans la Vaige au sud. La Vaige est un affluent de la Sarthe.

La Bazouge-de-Chemeré est situé à l'extrême est du Massif armoricain. A l'est en Sarthe c'est le Bassin parisien. Par conséquent la géologie est très variée au sein de la commune[1]. Au sud et à l'ouest c'est plutôt ce qu'on appelle ici l'argelette à savoir des schistes argileux et par endroit on trouve du schiste ardoisier. A l'est de la commune une masse de calcaire exploitée en carrière. Plus loin des Rhyolites, roches volcaniques due à la rencontre du massif armoricain avec le continent. Au nord de la commune c'est là qu'on trouve des couches renfermant par moment des veines de charbon très fines ou regroupées en chapelets.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Dans le sens des aiguilles d'une montre : Saint-Georges-le-Fléchard, Vaiges, Saint-Pierre-sur-Erve, Chémeré-le-Roi, La Cropte et Saint-Denis-du-Maine

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom vient de basilica[2] qui signifie sans doute ici "chapelle consacrée à un saint"

Histoire[modifier | modifier le code]

La Bazouge-de-Chémeré est citée dès 1097 dans une bulle du pape Urbain II, sous le nom de Basilgia. En 1152 dans une bulle du pape Eugène III est cité Balgia. Par une charte de 1207, Guy VI de Laval, pour mettre fin à certaines contestations, abandonne à Yves Le Franc, fils d'Hamelin Le Franc, le droit de juger les rapts, les meurtres dans les juridictions des seigneuries de la Bazouge et de Chémeré. Yves Le Franc va faire un mariage illustre qui va rendre puissante sa famille. Il se marie en 1215 à Avoise de Craon, la femme, veuve de Guy VI de Laval. Après 1260, la Bazouge est considérée comme une partie de la châtellenie de Chémeré sans qu'elle ne semble posséder des droits ou une juridiction distincte. Dans les années 1434, le comte d'Arundel et 12 000 Anglo-Normands occupent la région, rasant les châteaux de Meslay-du-Maine, de Bazougers et de Montsûrs. Les habitants de la Bazouge-de-Chémeré payent des sauf-conduits aux Anglais pour pouvoir se déplacer et commercer. En 1591, les Anglais, alliés des huguenots reviennent et ravagent le pays. Les années 1517 et 1586 sont des années de « contagion » où la mortalité est importante. Durant les troubles de la fin du XVIIIe siècle, la Bazouge eut à souffrir de combats.

Des carrières d'ardoise étaient exploitées avant 1663. De nombreux moulins s'échelonnaient au-dessous de l'étang. En 1762, le tissage ne comptait que cinq métiers et ne produisait que 16 pièces.

Lors de la Révolution les cahiers de doléance[3] se plaignent de la disette de bois que créent les Four à chaux. Le Chaulage des terres améliore cependant beaucoup l'agriculture. L'exploitation locale de l'anthracite au XIXe siècle résoudra ce problème. En 1810 Napoléon passe le Décret relatif aux Manufactures et Ateliers qui répandent une odeur insalubre ou incommode pour faire installer les fours à chaux loin des bourgs à cause de la pollution, appelée insalubrité. Louis XVIII confirme ce décret. Mais ces fours à chaux sont déjà installés proches des carrières de calcaire donc du bourg.

Henri de La Rochelambert est un des rares aristocrates de Mayenne à investir dans l'industrie[4] avec l'argent de ses 50 métairies. Opposé à 2 autres concurrents[5] il obtient[6] en 1825 la concession[7] pour l'exploitation des Mines de charbon de La Bazouge-de-Chemeré et de Saint-Georges-le-Fléchard. L'anthracite de la Bazouge fut reconnu comme le moins mauvais et le plus dense de la région, juste bon pour alimenter les fours à chaux. Les mines occupaient 228 ouvriers en 1844 tant hommes, femmes que enfants, aidés par une machine à vapeur de 16 chevaux et 5 manèges actionnés par 44 chevaux produisant 144 000 hectolitres de charbon et alimentant 40 fours à chaux[8]. En 1850 la population de la Bazouge atteignit son maximum car la mine n'était pas encore très mécanisée.

En 1896 la chaux ne se vendait plus pour le chaulage car les engrais chimiques venaient d'arriver : les mines s'arrêtèrent, on démonta tout et on boucha les puits. Alors la Bazouge-de-Chémeré connut une période sombre avec tous ces mineurs et tous ces chaufourniers qui partaient et par conséquent tous les commerçants et artisans qui perdaient leur clientèle. C'est ce que l'instituteur put nous raconter en 1899 dans la monographie de sa commune[9] que l'inspecteur d'académie lui avait demandé de rédiger pour l'Exposition universelle de 1900, comme pour tous les autres instituteurs du département.


Au XIXe siècle un étang couvre toute la vallée de la Vaige sur 2 kilomètres de long et 18 ha depuis les limites de la commune au nord et jusque sous le bourg[10]. Comme la Vaige est une rivière dont le cours se coupe régulièrement, en été la vase de cet étang génère des odeurs et des moustiques. Une épidémie de fièvres intermittentes (Malaria) graves par leur généralisation mais bénignes individuellement[11] touche 208 habitants en 1855 et 522 en 1856 sur une population de 1700[9]. Le rapport de Pierre Crié de 1857 qui considérait le miasme paludéen comme la cause unique indiscutable de toutes ces fièvres intermittentes permet au préfet en janvier 1858 de passer un décret de destruction de l'étang insalubre aux dépens d'un grand propriétaire M de Martainville qui le poursuit jusqu'au Conseil d'État lequel déclare qu'aucune indemnité n'est due mais casse le décret[12] en décembre 1858 car le préfet n'a pas demandé au conseil départemental ni au conseil d'arrondissement, lesquels se réuniront[13] en mars 1859 pour valider le décret.

La Bazouge a été occupée deux fois par les prussiens. Une première fois de 1815 à 1818 après l'expulsion de Napoléon et pendant la disette due à l'Éruption du Tambora en 1815 où il a fallu en plus nourrir l'occupant ; et une seconde fois brièvement après la Bataille du Mans (1871). Cette fois-là ils ont réclamé 30.000 francs-or et ont emmené le maire et le curé en otage dans la Sarthe puis ils ont fini par les libérer[9].

Le vendredi 16 juillet 1926 la foudre frappe le clocher qui s'embrase et le feu détruit toute l'église[14] en faisant apparaître les anciennes peintures murales. Le clocher fut reconstruit plus court et les cloches furent refondues et baptisées en 1930.

Le 17 juin 1940 des forces françaises (237e DLI)[15] se replient en Mayenne et les allemands survolent et bombardent les villages voisins (Chemeré le roi quelques civils et militaires tués ; La Cropte, quelques vaches tuées), Le peintre italien Giuseppe Tribus qui avait fui les fascistes de son pays et s'était réfugié dans le bourg immortalise le survol inquiétant des bombardiers vrombissants[16].

En 1944 une colonne blindée allemande remonte à toute allure du sud vers le Cotentin. Les éclaireurs ont tracé des Runes au carrefour pour indiquer la bonne direction et elles sont encore visibles sur une maison.

Dans les années cinquante Giuseppe Tribus a peint un autre tableau : l'église et le porche de l'hôtel du porche[17], qui a été donné à la mairie et restauré. Il a aussi magnifiquement décoré l'avant-scène du théâtre. Ce théâtre se trouve au-dessus de l'école mais il n'est plus utilisé à cause des règlements concernant les sorties de secours pour les salles accueillant du public.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1798 1800 Pierre Letessier    
1804 1813 Pierre Joly   Notaire
1815   Henri Breton    
1821 1824 Paris    
1827 1830 Chanteloup    
1835 1836 Lebreton    
1841   Bigot    
1850 1856 Chanteloup    
1856 1862 Couléard-Desforges    
1862 1870 Bertron    
1871 1873 Poirier    
1873 1884 Beaujean    
1884   Croissant    
         
  mars 2001 Gustave Ferrand    
mars 2001[18] mars 2014 Gabriel Gélineau   Commercial
mars 2014[19] En cours Franck Legeay   Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[21].

En 2016, la commune comptait 514 habitants[Note 2], en diminution de 1,15 % par rapport à 2011 (Mayenne : +0,21 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0709599761 0541 2011 3501 4391 6991 813
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6511 4521 3361 2061 2331 1601 1511 077950
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
877851830709700655689644658
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
656592494447406443504520514
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Four à chaux de la Fortinière
Four à chaux de la Fortinière

Plus d'industrie actuellement : Les mines de charbon de La Bazouge-de-Chemeré sont comblées, les fours à chaux sont inutilisés et les carrières sont arrêtées.

Une base ULM nommée Pégase[24] s'est installée sur la Vieille mine.

Articles liés[modifier | modifier le code]


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le dict des trois morts et des trois vifs (ici les trois morts).
  • L'église paroissiale offre une représentation murale du Dit des trois morts et des trois vifs : trois jeunes gentilshommes sont interpelés dans un cimetière par trois morts, qui leur rappellent la brièveté de la vie et l'importance du salut de leur âme.
  • La "babillarde" à droite de l'église stèle en pierre sur laquelle montait le garde champêtre pour lire les annonces
  • La Sauvagère, belle maison ancienne, remarquée par l'abbé Angot et remaniée depuis.
  • Les fours à chaux avec leurs rampes de chargement, l'ouverture du dessus : le "gueulard", les ouvertures à la base : les "ouvreaux"
  • Les maisons de mineurs
  • La chapelle des mineurs sur la route qui mène à la mine
  • La vieille mine avec sa cheminée transformée en base ULM
  • La rue de l'église, immortalisée par le Édouard Cortès (peintre) dans les années quarante avec 2 peintures : le soir sous la neige[25], le soleil après la pluie[26] dont les tableaux ont été vendus par la galerie Rehs de new-York avec des noms parfois étranges.
  • L'hôtel du Porche, situé autrefois sur la route principale, immortalisé[27] en 1914 par Félix Desille[28], et immortalisé dans les années 50 par Giuseppe Tribus, peintre italien, émigré pendant la guerre pour fuir le fascisme. Le porche a été abattu dans les années 1960.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2016.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Carte des sols de la Bazouge de Chemeré » (consulté le 15 septembre 2019)
  2. Bulletin de la Société dunoise : archéologie, histoire, sciences et arts (lire en ligne), page 299
  3. Cahier de plaintes et doléances des paroisses de la province du maine pour les Etats généraux (lire en ligne), p. 147
  4. R. Foucault, J. Renard, J. Steunou, La Mayenne industrielle durant le Second Empire, Persée (lire en ligne)
  5. Mayenne, Houille, concession, demandeurs concurrents au nombre de trois (lire en ligne)
  6. « choix du concessionnaire », sur francearchives (consulté le 15 septembre 2019)
  7. Annales des mines Tome XI, Mines paris tech https://patrimoine.mines-paristech.fr/scripto/transcribe/45/6572 (lire en ligne), année 1825 page 503
  8. Notice statistique sur le département de la mayenne 1840 (lire en ligne), p. 79
  9. a b et c « Monographie de la commune de la bazouge de Chemeré 1899 », sur chercher-archives.lamayenne.fr (consulté le 15 septembre 2019)
  10. « Cadastre 1834 section C2 La fortinière », sur https://chercher-archives.lamayenne.fr/ (consulté le 15 septembre 2019)
  11. Mémoires de l'Académie de médecine tome 21 1857 (lire en ligne), qui ont régné en 1855 page CLXV
  12. Recueil des arrêts du Conseil d'État Tome 28e Année 1858 (lire en ligne), p. 716-718
  13. Journal des débats politiques et littéraires 16 avril 1859 (lire en ligne), vue 2
  14. journal La Croix du 18 et 19 juillet 1926 (lire en ligne), orages
  15. « Histoire de la 237e DLI » (consulté le 15 septembre 2019)
  16. « Le porche de l'hôtel du Porche et le clocher de l'église par Giuseppe Tribus » (consulté le 15 septembre 2019)
  17. « Les bombardiers allemands vrombissant au dessus de La Bazouge de Chemeré le 17 juin 1940 par Giuseppe Tribus » (consulté le 15 septembre 2019)
  18. « Gabriel Gélineau se représente aux municipales », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 19 juin 2015)
  19. « Franck Legeay a été élu nouveau maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 19 juin 2015)
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  24. « Pégase ULM » (consulté le 15 septembre 2019)
  25. (en) « Edouard Cortès : La Bazouge de Chéméré (le soir sous la neige) » (consulté le 15 septembre 2019)
  26. (en) « Edouard Cortès : Le sud de la France ( en fait La Bazouge de Chéméré : le soleil après la pluie) » (consulté le 15 septembre 2019)
  27. Félix Desille un promeneur en Mayenne, Archives départementales de la Mayenne (ISBN 2-86053-051-7), p. La Bazouge de Chemeré - Hôtel du Porche
  28. « Hôtel du Porche 1914 Aquarelle de Félix Désille » (consulté le 15 septembre 2019)
  29. Jumelage La Bazouge-de-Chemeré & Balschwiller

Liens externes[modifier | modifier le code]

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