Arthur Fontaine

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Arthur Fontaine
Fonction
Conseiller d'État
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
Nationalité
Activité

Victor Arthur Léon Fontaine (né le à Paris - mort le [1]' [2]) est un ingénieur et mécène français.

Il joue un rôle important sur la scène industrielle du début du XXe siècle en occupant différents postes : Inspecteur général des Mines, conseiller d'État, directeur honoraire du travail, président des conseils d'administration du Réseau de l'État et des mines de la Sarre, président du conseil d'administration du Bureau international du travail.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille d'agriculteurs axonais, Arthur Fontaine est le fils de Louis Joseph Fontaine et de Lucile Émilie Ferté[3]. En épousant Marie, la plus jeune des trois sœurs Escudier (Madeleine épouse de Henry Lerolle et Jeanne épouse d'Ernest Chausson), il entre dans une famille de peintres et de musiciens influents qui lui ouvrent les portes de l'Art. Le jeune couple Fontaine aura six enfants[4].

L'ingénieur des Mines[modifier | modifier le code]

Arthur Fontaine entre à l'École polytechnique en 1880 d'où il sort second de sa promotion[5]. Il intègre alors l'École des mines en 1882 et visite ainsi une grande partie de l'Europe[6]. Nommé ingénieur des mines, il est affecté à Béthune le 15 janvier 1886[7] où son travail lui vaut les félicitations du Conseil général des Mines[8].

L'Office du Travail[modifier | modifier le code]

Fontaine entre alors à l'Office du Travail le 1er octobre 1891 après avoir été recommandé [9]. On l'y charge de mettre en place un tableau statistique du travail en France [10] en particulier en matière de salaire, de temps de travail ou encore de sécurité [11].

En 1894, Fontaine passe sous-directeur de l'Office du Travail puis en devient directeur le , sous le gouvernement Waldeck-Rousseau [10] et cela jusqu'en 1920.

L'organisation internationale du Travail[modifier | modifier le code]

En 1900, il est l'un des cofondateurs de l'Association internationale pour la protection légale des travailleurs [12]. Peu à peu, il pose les bases d'une législation internationale du travail. En 1919, c'est à lui que l'on doit la partie XIII du traité de Versailles portant sur la création de l'Organisation internationale du travail (OIT)[13].
La même année, il est nommé délégué gouvernemental au Conseil d'administration de l'OIT dont il sera le premier président jusqu'à sa mort.

Le mécène[modifier | modifier le code]

Ayant un goût prononcé pour la littérature[14] Arthur Fontaine tisse des relations avec de nombreux artistes de son époque, en particulier avec André Gide, Alexis Léger et surtout Francis Jammes avec qui il a une riche correspondance. Les réunions artistiques organisées par Fontaine sont très appréciées, ce dernier étant bienveillant envers les artistes[15]. Paul Valéry prononce l'éloge funèbre de Fontaine en 1931.
Fontaine écrit d'ailleurs un roman policier en 1917 Les crimes de l'étrangleur.
Jammes écrit de lui : « Je fus, durant des années, enveloppé, grâce à Fontaine, des fleurs, des météores, des cimetières de corail d'Odilon Redon, des figures embrumées de larmes d'Eugène Carrière, des paysages bien-heureux de Charles Lacoste, des images de communiantes flottant dans le séraphique azur de Maurice Denis. Claude Debussy, pauvre encore et méconnu, tissait au piano, autour de mes jeunes poésies, la soie pure et discrète des mélodies de Raymond Bonheur[16]. Déodat de Séverac nous grisait de ses bleus vins du sud que transportaient, à travers les monts orageux, ses mules aux cloches grondantes. Albert Samain chantait son chant de cygne et il neigeait sur nous. Puis, en réaction, le génie impérieux et éruptif de Claudel, venu en pèlerin, de Chine, nous rendait la rumeur de l'Océan Indien et le long murmure de Dieu. Parfois l'esprit d'un Tannery, d'un Pierre Termier ajoutait à ces fêtes de l'art la noblesse du nombre et la gloire de la Terre »[17].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Cointepas, Arthur Fontaine, 1860-1931 : un réformateur, pacifiste et mécène au sommet de la Troisième République, Presses Universitaires de Rennes, 2008.
  • Jean Luciani/R. Salais, Matériaux pour la naissance d'une institution : l'Office du travail (1890-1900), in Genèses, 2, décembre 1990.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin officiel du Bureau International du Travail Janvier-Décembre 1932, Vol. XVII - Cinquante-cinquième session du Conseil d'administration, page 18
  2. Obsèques le 5 septembre 1931 à Paris, d'après Discours prononcés à sa mort
  3. Isabelle Lespinet-Moret, L'Office du travail (1891-1914) : la République et la réforme sociale, Presses universitaires de Rennes, 2007, p.64.
  4. Michel Cointepas, Arthur Fontaine, 1860-1931 : un réformateur, pacifiste et mécène au sommet de la Troisième République, Presses Universitaires de Rennes, 2008, p.17.
  5. Michel Guillaume, « Arthur Fontaine, premier directeur du travail », dans : Les Directeurs de Ministère en France - XIXe-XXe siècles, Genève, 1976, p.81.
  6. Michel Cointepas, op. cit., p.24.
  7. Michel Cointepas, op. cit., p.25.
  8. Annales des mines : ou recueil de mémoires sur l'exploitation des mines et sur les sciences et les arts qui s'y rattachent, Dunod, 1932, p.237.
  9. Jean André Tournerie, Le Ministère du travail: origines et premiers développements, Éditions Cujas, 1971, p.209.
  10. a et b Michel Guillaume, op. cit., p.82.
  11. Biographie sur le site de l'ILO
  12. Michel Cointepas, op. cit., p.143.
  13. Michel Cointepas, op. cit., p.255.
  14. Michel Guillaume, op. cit., p.84.
  15. Michel Guillaume, op. cit., pp. 81-84.
  16. Neveu de la peintre Rosa Bonheur.
  17. Correspondance de Francis Jammes avec Arthur Fontaine (1898-1930), Jean Labbé (éd.), Paris, Gallimard, 1959, p.194.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

  • Correspondance de Francis Jammes avec Arthur Fontaine (1898-1930), Jean Labbé (éd.), Paris, Gallimard, 1959.
  • Les crimes de l'étrangleur, Le roman policier no 9, J. Ferenczi, 1917.