Baptême

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Le sacrement du baptême, Pietro Antonio Novelli, 1779.

Le baptême ou baptême d'eau (du verbe grec ancien βαπτίζειν baptizein, fréquentatif du verbe βάπτειν baptein, « plonger dans un liquide », « immerger ») est un rite ou un sacrement symbolisant la nouvelle vie du croyant chrétien. Il est partagé par la quasi-totalité des Églises chrétiennes, étant donné son importance dans les textes bibliques. L'eau symbolise à la fois la mort par noyade des baptisés dans leur ancienne vie caractérisée par le péché, et leur nouvelle naissance dans une vie nouvelle et éternelle.

Pour le catholicisme, l'orthodoxie et certaines Églises protestantes, le sacrement du baptême (d'eau) est ce qui permet à quelqu'un d'être sauvé, purifié du péché et de devenir enfant de Dieu. Avant d'être baptisé, le nouveau baptisé prononce des vœux dans lesquels il exprime sa promesse de rejeter Satan avant de professer sa foi et son engagement envers Jésus-Christ. Le baptême peut être pratiqué sur des nouveau-nés ; dans ce cas, quelqu'un d'autre prononce ses vœux et cette profession de foi. Durant la cérémonie, de l'eau est versée sur la tête de la personne ; chez les orthodoxes, l'enfant est plongé dans un récipient empli d'eau.

Dans le christianisme évangélique, il survient après la nouvelle naissance et concerne ainsi seulement des adultes, les bébés étant consacrés lors d'une présentation d'enfant. Après un témoignage de sa foi, le croyant adulte est « immergé » et sort de l'eau en signe de sa nouvelle naissance. Le baptême d'eau est pratiqué dans un point d'eau extérieur ou dans un bassin d'eau aménagé dans un bâtiment d'église.

Historique[modifier | modifier le code]

Les rites d'eau et leur origine[modifier | modifier le code]

Le baptême dans les divers rites chrétiens dérive du bain rituel juif (mikvé) et s'appuie sur un symbolisme que Carl Gustav Jung et bien d'autres psychanalystes rapprochent de la vie intra-utérine. Immersion évoquant tout à la fois la noyade, la purification, la mort et la (re-)naissance[1].

Racines bibliques[modifier | modifier le code]

Dans L'Ancien Testament, plusieurs passages montrent que l'eau avait une valeur symbolique et rituelle dans la culture hébraïque :

  • Lv 14,8-9 prescrit un bain dans un rituel de purification
  • Lv 16,24 : Aaron, après avoir chargé le bouc émissaire, doit "laver son corps avec de l'eau dans un lieu saint" avant d'offrir des holocaustes pour l'expiation
  • Nb 19,9 parle d'une "eau de purification" qui est appelée par la suite "eau expiatoire"

Le Nouveau Testament (Mt. 3, 11 = Lc 3, 16) fait allusion à trois types de baptêmes :

  • par l'eau, c'est le baptême de conversion, ou repentance, de Jean-Baptiste ;
  • par l'Esprit, c'est le baptême institué par Jésus par l'envoi de son Esprit, Ac. 1, 5
  • par le feu[2], cette dernière expression est à rattacher à la tradition judéo-chrétienne qui est témoin de l'effusion d'une lumière au moment du baptême de Jésus[3].
  • Que comprendre ?

Institution du baptême chrétien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Baptême du Christ.

Pour tout chrétien, la référence est le baptême de Jésus par Jean le Baptiste dans le Jourdain, décrit dans l'évangile selon Matthieu : Jésus arrivant de Galilée paraît sur les bords du Jourdain, et vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait : " C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c'est toi qui viens à moi!", mais Jésus lui répondit: " Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir ce qui est juste". Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux une voix disait: " Celui-ci est mon Fils bien-aimé : en Lui j'ai mis tout mon amour." (Matthieu chap. 3 versets 13 à 17). Le rite du baptême a provoqué la disparition de la circoncision rituelle, sans totalement faire disparaître cette notion, alors spiritualisée[4].

Pratique de l'Église primitive[modifier | modifier le code]

La pratique exclusive du baptême de croyants est attestée dans l'Église primitive, en particulier par Tertullien[5]. On trouve encore des traces de crédobaptisme au Moyen Âge, notamment avec Pierre de Bruys et Henri de Lausanne. "On ne naît pas chrétien, on le devient" affirmait Tertullien, un des Pères de l'Église, dans son Apologie du Christianisme, chapitre 18.

Histoire du baptême au sein du catholicisme[modifier | modifier le code]

La pratique du baptême est attestée depuis l'Église primitive. La baptême des bébés a commencé à être pratiqué en 350[6]. Le Concile de Trente confirme officiellement les sept sacrements de l'Église catholique dont fait partie le baptême.

Histoire du baptême au sein du protestantisme[modifier | modifier le code]

Les premiers réformateurs conservent la pratique catholique traditionnelle du pédobaptisme et les Églises protestantes traditionnelles restent favorables à la pratique du baptême pour les bébés ; il n'est cependant plus systématique, n'étant pas considéré comme nécessaire au salut[7].

Pour les Églises chrétiennes évangéliques le baptême est un choix personnel ; il concerne donc des croyants adultes (anabaptisme). Selon les évangéliques (baptisme ou pentecôtisme), le baptême redevient comme il l'a été dans l'Église primitive[8]. Ils insistent sur le baptême du Saint-Esprit qui accompagne la nouvelle naissance manifestée par le baptême par l'eau, et se désignent souvent eux-mêmes comme des born again ("nés de nouveau"). Il est symbole d'une transformation intérieure et n'est pas nécessaire au salut].

À la suite des pentecôtistes, le Renouveau charismatique a mis à l'honneur une expérience d'effusion de l'Esprit Saint, appelée "baptême dans l'Esprit" et fondée sur le récit de la Pentecôte dans le Nouveau Testament.

Le baptême au sein de l'œcuménisme[modifier | modifier le code]

"Pratiquement toutes les Églises chrétiennes reconnaissent la valeur et la validité du baptême des autres Églises", déclare Hervé Legrand, directeur de l'Institut supérieur d'études œcuméniques de Paris (Iseo)[9].

En 1982, le Conseil œcuménique des Églises a publié en accord avec des théologiens catholiques un document intitulé Baptême, Eucharistie, Ministère. Ce texte fait le point sur l'accord toujours plus grand - et les différences qui subsistent - dans des domaines fondamentaux de la foi et de la vie des Églises. Il consacre en sept pages un accord complet des Églises sur la question du baptême[10].

Fonts baptismaux avec la formule du baptême, à Bastogne (Belgique)

Les différents rituels de baptême[modifier | modifier le code]

On distingue différentes traditions:

  • baptême par immersion: la personne entre dans l'eau, soit jusqu'aux genoux, soit entièrement
  • baptême par aspersion: l'eau est aspergée sur la personne
  • baptême par effusion: l'eau est versée sur le front de la personne[7].

La forme du baptême diffère selon les Églises :

Voici une vision détaillée des rites de baptême d'eau dans les diverses Églises chrétiennes[11].

Le baptême d'eau dans diverses Églises chrétiennes
Baptême des croyants (adultes), par immersion
Église Enseignement concernant le baptême Type de baptême Baptême des nouveau-nés Le baptême régénère, procure la vie spirituelle
Christianisme évangélique - Baptisme Le baptême d’eau est une ordonnance, un rituel symbolique par lequel on démontre qu’on a accepté le Christ comme son Sauveur personnel[12]. Il survient après la nouvelle naissance. Par immersion. Non. Les nouveau-nés sont présentés à Dieu (bénis par le pasteur). Non.
Christianisme évangélique - Pentecôtisme Le baptême d’eau est une ordonnance, un rituel symbolique par lequel on démontre qu’on a accepté le Christ comme son Sauveur personnel[13]. Il survient après la nouvelle naissance. Par immersion. Non. Les nouveau-nés sont présentés à Dieu (bénis par le pasteur). Non.
Christianisme évangélique - Mouvement de sanctification Le baptême d’eau est une ordonnance, un rituel symbolique par lequel on démontre qu’on a accepté le Christ comme son Sauveur personnel[14]. Il survient après la nouvelle naissance. Par immersion. Non. Les nouveau-nés sont présentés à Dieu (bénis par le pasteur). Non.
Église adventiste du septième jour Ordonnance, rite symbolique, le baptême est une occasion donnée à un croyant de confesser publiquement sa foi personnelle en Christ, de manifester son engagement[15]. Par immersion. Non. Les nouveau-nés sont présentés à Dieu (bénis par le pasteur). Non.
Mennonites Ordonnance, rituel symbolique et sceau de la foi dans le cœur de l’adulte. Par immersion. Non. Le baptême est un acte de confession, accompli par une personne convertie capable de confesser sa foi. Non.
Baptême des bébés ou enfants, par effusion, aspersion ou immersion.
Église Enseignement concernant le baptême Type de baptême Baptême des enfants Le baptême régénère, procure la vie spirituelle
Catholiques romains Nécessaire pour l’effusion de la puissance de sanctification appelée Grâce, qui place l’homme sur le chemin du salut. Essentiellement par effusion. Oui. Oui.
Église Orthodoxe Le « mystère » du baptême est la participation à la mort et à la résurrection du Christ. Il nous permet de participer au renouvellement de la nature humaine par le Christ, but de l'incarnation de Dieu en homme Par triple immersion, l’aspersion n’étant pratiquée qu’en cas d’urgence. Oui. Ils reçoivent également la communion et le chrême (onction). Oui.
Anglicanisme Nécessaire au salut parce qu’il confère la nouvelle naissance spirituelle Effusion ou immersion . Oui. Oui. Sauf pour certaines tendances évangéliques.
Luthéranisme L’instrument dont se sert l’Esprit de Dieu pour procurer la vie nouvelle et faire du pécheur un enfant de Dieu. Par effusion, aspersion ou immersion . Oui. Non.
Méthodisme Le baptême n’est pas nécessaire au salut, puisqu’il est le signe extérieur qu’on appartient à la communauté chrétienne. Par effusion, aspersion ou immersion. Oui. Non.
Églises réformées (Calvinisme) Ordonnance, rituel symbolique et sceau de la foi dans le cœur de l’adulte. Par effusion, aspersion ou immersion. Oui, pour indiquer que leurs parents chrétiens sont membres de la communauté de l’alliance. Non.
Église unie Les églises unies réunissent plusieurs tendances, comme leur nom l'indique. La perception du baptême dépend donc du courant théologique Par aspersion. Dans certains courants le baptême est administré au moment de la confirmation. Les enfants sont « présentés » à la communauté ou « dédiés » à Dieu par leurs parents, parrains et marraines.
Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours Alliance de prendre le nom du Christ, de se souvenir de lui, de garder ses commandements et de persévérer jusqu'à la fin. Baptême par immersion suivi du don du Saint-Esprit par imposition des mains administrés par quelqu’un détenant la prêtrise de Melchisédek. Oui. Dès l'âge de 8 ans. Nouvelle naissance spirituelle. Présence constante du Saint-Esprit pour ceux qui obéissent aux commandements
Témoins de Jéhovah Nécessaire au salut, mais pas suffisant, puisqu’il n’est que le symbole du renoncement au péché[16]. Par immersion, mais Non.administré dans leurs lieux de réunion (Salles du Royaume) Oui. Dès l'âge de 12 ans.
Baptême non-pratiqué
Église Enseignement concernant le baptême Type de baptême Baptême des enfants Le baptême régénère, procure la vie spirituelle
Armée du salut Ne pratiquent plus le baptême car estiment que le baptême ne devait être pratiqué qu’au temps de Jésus.
Quakers Simple symbole extérieur qui n’a plus à être pratiqué. Ne croient pas dans le baptême d’eau, mais seulement en une purification intérieure permanente de l’esprit humain par une vie de discipline régie par le Saint-Esprit.

Le baptême dans les différentes confessions chrétiennes[modifier | modifier le code]

Dans l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Baptême catholique d'un bébé
Article détaillé : Baptême catholique.

Le baptême est l'un des sept sacrements de l'Église catholique. Il est en fait le premier des trois sacrements de l'initiation chrétienne avec la première participation à l'Eucharistie, c'est-à-dire la première communion, et la confirmation. Le baptême est un jour important pour les catholiques puisqu'il représente le moment où ils sont remis de leurs péchés et deviennent des enfants de Dieu[17],[18].Étant baptisée, une personne devient incorporée à l'Église et participe à la mission de Jésus-Christ. En effet, les catholiques croient que la marque imprégnée par Dieu au moment du baptême est ineffaçable[19]. Les catholiques renouvellent leur baptême à chaque année à Pâques[19]. En cas de nécessité urgente, toute personne peut pratiquer le baptême d'une autre personne[19].

Pour les personnes ayant l'âge de raison, c'est-à-dire les enfants et les adultes, il est précédé d'une période de préparation appelée catéchuménat au cours de laquelle le futur baptisé appelé catéchumène découvre la foi chrétienne pour laquelle il demande le baptême. Pour les nouveau-nés, les parents suivent une préparation au baptême qui les aide à comprendre le sens de ce sacrement. Lors de la cérémonie du baptême, avant d'être baptisé, le catéchumène fait la promesse solennelle de rejeter Satan avant de professer sa foi et son engagement envers Jésus-Christ[18]. Dans le cas d'un baptême pratiqué pour un nouveau-né, quelqu'un d'autre effectue cette professe et cette profession de foi en son nom[18]. Durant la cérémonie du baptême catholique, de l'eau est versée par effusion sur la tête de la personne. Le baptême par immersion, c'est-à-dire où la personne entre totalement dans l'eau ou bien jusqu'à ses genoux, est également pratiqué au sein de l'Église catholique, particulièrement par les Églises catholiques orientales.

N'enlevant rien à l'importance du baptême pour le salut, l'Église catholique reconnait que celui-ci est possible pour les non baptisés, position qui a été affirmée avec notamment Lumen Gentium[Note 1], l'une des quatre constitutions rédigées par le IIe concile œcuménique du Vatican, Dominus Iesus[Note 2], une déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et L’espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême [20], un document de la Commission théologique internationale.

Article détaillé : Ondoiement.

L'ondoiement est une cérémonie simplifiée du baptême utilisée en cas de risque imminent de décès (mention d'enfant ondoyé dans les anciens registres paroissiaux) et qui se limite à verser de l’eau sur la tête de la personne en prononçant les paroles sacramentelles : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Cela correspond à la croyance ancienne que le baptême opère le salut et que les enfants morts sans baptême seraient réprouvés.

Dans l'Église orthodoxe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Baptême orthodoxe.

Le baptême est la participation, pour chaque chrétien, à la mort et à la résurrection du Christ. C'est pourquoi il est nécessaire à la participation du renouvellement de l'homme dans le Christ. Ce renouvellement, c'est la mort du "vieil homme", du vieil Adam, de l'homme de la Chute, pour "revêtir le Christ", présenté par saint Paul comme le nouvel Adam. Le baptême est donc véritablement une renaissance[21].

Dans les Églises protestantes[modifier | modifier le code]

Dans les Églises protestantes traditionnelles[modifier | modifier le code]

Les Églises protestantes traditionnelles[Quoi ?] adhèrent au pédobaptisme (baptême des bébés) et utilisent les méthodes aspersion et immersion[7]. C'est l'un des deux sacrements protestants (l'autre étant la Sainte-Cène). Les Églises protestantes définissent un sacrement comme un signe qui manifeste matériellement (= rend présent) le Christ, don de Dieu aux humains, tel que lui-même l'a institué dans le Nouveau Testament, au travers d'une présence spirituelle de Jésus.

Chez les anabaptistes[modifier | modifier le code]

Au moment de la Réforme, l'émergence du mouvement anabaptiste puis des baptistes qui s'en inspireront va générer un débat considérable entre les représentants de la Réforme magistérielle (Calvin, Zwingli), pédobaptistes, et ceux de la Réforme Radicale (Hubmaier, Menno Simons), crédobaptistes. La polémique tient beaucoup à leur pratique de rebaptiser (anabaptisme) ceux qui ont été baptisés enfants et donc de ne pas reconnaître la valeur du premier baptême, qui avait toujours été reconnue par les autres Réformateurs, même s'il avait été administré par un prêtre catholique.

Dans les Églises chrétiennes évangéliques[modifier | modifier le code]

Dans les Églises chrétiennes évangéliques le baptême est un choix personnel (crédobaptisme) ; il concerne donc les croyants adultes qui adhèrent à la foi par une démarche volontaire.

Dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours[modifier | modifier le code]

Baptême mormon vers 1850.
Baptême mormon dans une rivière, enfant de 8 ans. (2005)
Baptistère du temple de Salt Lake (baptêmes pour les morts.)

Chez les Mormons, conformément à l'étymologie du mot "baptême", le baptême est administré par immersion et par l'autorité de la prêtrise de manière à ouvrir la porte du salut au croyant. Personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu sans avoir contracté cette alliance, précédée par l'adhésion à la foi en Jésus-Christ et par le repentir. Le croyant entrant dans les eaux du baptême s'engage alors à prendre sur lui le nom de Jésus-Christ, à se souvenir toujours de lui, à garder ses commandements (décalogue) et à persévérer jusqu'à la fin (Matt 10:22). Les Mormons considèrent que le baptême d'eau doit être suivi du don du Saint Esprit par imposition des mains, faute de quoi il serait incomplet (selon Jean 3:5, Actes 19:5-6 dans la Bible, et 2 Néphi 31:13–14, dans le Livre de Mormon). La doctrine de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours précise aussi qu'Adam fut le premier à être baptisé (Moïse 6:64–65, dans la Perle de Grand Prix) et que Jésus fut également baptisé pour accomplir tout ce qui est juste et pour montrer le chemin à toute l'humanité (Matthieu 3:13–17 ; 2 Néphi 31:5–12).
Toutes les églises de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours comportent des fonts baptismaux permettant d'effectuer le baptême par immersion. À défaut, le baptême peut aussi être effectué dans la mer, dans une rivière, dans un bassin, une piscine, etc.

Rejet du baptême des nouveau-nés[modifier | modifier le code]

Pour les Mormons, le Seigneur condamne le baptême des nouveau-nés (Moroni 8:10–21, dans le Livre de Mormon) car les enfants naissent innocents et sans péché. Satan n'a le pouvoir de tenter les petits enfants que lorsqu'ils commencent à devenir responsables (D&A 29:46–47, dans Doctrine et Alliances), de sorte qu'ils n'ont pas besoin de se repentir ou d'être baptisés. Les enfants ne peuvent se faire baptiser que quand ils atteignent l'"âge de responsabilité" qui est de huit ans (D&A 68:25–27).

Baptême des morts[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Baptême pour les morts.

Du fait que tout le monde sur la terre n'a pas l'occasion d'accepter l'Évangile pendant l'existence mortelle, occasion leur est donnée dans le monde des esprits. C'est pourquoi, ceux qui y acceptent l'Évangile peuvent se qualifier pour entrer dans le royaume de Dieu. Selon les saints des derniers jours (mormons), ces principes seraient présents dans la Bible (1 Cor 15:29, 1 Pierre 3:19-20, 1 Pierre 4:6, Jean 5:25). (salut pour les morts).

Chez les Témoins de Jéhovah[modifier | modifier le code]

Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C'est la seule voie que proposent les Témoins de Jéhovah pour échapper à la destruction du « système de choses mauvais » actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre[22].

Pour pouvoir être baptisé, le candidat doit d'abord s'être voué à Jéhovah dans la prière, puis en faire la demande principalement au surveillant-président de sa congrégation. Trois anciens visiteront successivement le postulant afin de lui poser les 104 questions figurant dans le livre Organisés pour faire la volonté de Jéhovah, celles-ci ayant pour but de vérifier les connaissances du futur baptisé sur la doctrine du mouvement. Les anciens s'assureront également que le postulant mène une vie conforme aux directives de l'organisation. Si ses réponses sont jugées satisfaisantes, il sera admis au baptême. Il n'y a donc pas de baptême des nouveau-nés. Toutefois, les enfants ont la possibilité de se faire baptiser, si les membres du mouvement estiment qu'ils ont une pleine conscience de leur acte, et s'ils connaissent et respectent les principes doctrinaux enseignés par les Témoins de Jéhovah.

Les baptêmes sont pratiqués durant les assemblées (trois par an), le candidat est baptisé par immersion. En 2006, le rapport annuel publié par la Société Watchtower fait état de 248 327 baptêmes dans le monde, dont 2 507 pour la France.

Rites proches du baptême dans d'autres religions[modifier | modifier le code]

  • Dans le judaïsme, le mikvé est un bain rituel utilisé pour l'ablution nécessaire aux rites de pureté dans le judaïsme. L'immersion totale du corps dans l'eau du mikvé fait partie du processus de conversion au judaïsme. On y voit généralement l'ancêtre du baptême chrétien.
  • Dans le bouddhisme, il existe un rite ressemblant au baptême, tel que le dit la formule : « Je prends refuge dans le Bouddha, dans sa Loi (dharma) et dans ses moines (sangha) ». Contrairement au baptême, cette profession de foi n’est pas définitive, elle peut se reprendre à tout moment.
  • Dans le sikhisme, le baptême (Amrit anskar ou "Amrit Chhakhna"), Amrit (panjabi : ਅੰਮ੍ਰਿਤ) : nom de la sainte eau utilisée lors de cette cérémonie par les Sikhs). Cette eau est créée par le mélange d'un certain nombre d'ingrédients solubles, (dont le sucre), remuée avec un [Khanda] (un type de couteau) avec l'accompagnement de la récitation de cinq Banis (chants) sacrés composant la consécration de l'eau, ainsi bénie.

Débaptisation et apostasie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Débaptisation et Apostasie.

Une pratique venue d'Allemagne consiste à se faire « débaptiser », par exemple pour échapper à l'impôt ecclésiastique. En France, les motivations relèvent plutôt d'une mise en conformité avec des convictions personnelles. La question est ouverte de savoir si le "débaptême" est possible. Sur la forme, il est possible de se faire rayer des registres paroissiaux. Sur le fond, le chrétien a toujours la liberté de renoncer à son baptême. Mais d’un point de vue théologique, les avis divergent sur la possibilité de revenir en arrière sur une grâce reçue de Dieu : dans cette optique où les dons de Dieu sont définitifs ("Dieu ne reprend jamais ce qu’il a donné"), le baptisé ne peut pas être "débaptisé", il renonce simplement à vivre selon son baptême.

La démarche de débaptisation (apostasie) est surtout utilisée par les athées militants soucieux de ne plus compter parmi les statistiques de l'Église catholique, celle-ci évaluant le nombre de ses membres dans le monde en fonction du nombre de baptisés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La constitution Lumen Gentium dit : « En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel [33]. À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. »
  2. À l’occasion de l’Angélus du dimanche 1er octobre 2000, commentant la Déclaration Dominus Iesus, le Pape Jean-Paul II a également affirmé : « Avec l'Apôtre Pierre, nous confessons qu'il n'y a pas d'autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12) ». À cette occasion, Jean-Paul II expliqua que cela ne signifiait pas que le salut était impossible pour les non-chrétiens, mais que la source ultime du salut de tout homme, qu'il soit chrétien ou non étant dans le Christ, en qui Dieu et l'homme sont unis : Dieu donne la lumière à tous de façon adaptée à leur situation intérieure et à leur environnement, en leur accordant la grâce salvifique à travers des voies qu'il connaît (cf. Dominus Iesus, VI, 20-21).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Psychanalyse du rite baptismal
  2. A. HAMMAN, Le baptême par le feu (article de 1951), dans Études patristiques, 1991, 79-84
  3. Voir le dossier par exemple dans D. Vigne, Christ au Jourdain. Le baptême de Jésus dans la tradition judéo-chrétienne, [Ét. bibl. 16], Paris, 1992 ; v. aussi G. Winkler, Die Licht-Erscheinung bei der Taufe Jesu und der Ursprung des Epiphaniefestes…, Oriens Christianus, 1994, 177-229
  4. [Arnaud Join-Lambert, Circoncision et baptême, un recto verso qui s’ignore, in : Régis BURNET – Didier LUCIANI (dir.), La circoncision aujourd’hui, Paris, Éd. Feuilles, 2014 (coll. Questions de religion), p. 45-67]
  5. Tertullien, De Baptismo, 18 (lire en ligne)
  6. Claude Cotard, Les juifs de Berée, Belgique, Lulu.com, p. 253
  7. a, b et c Ernst Brice, « Le baptême chez les protestants : Réformés, Luthériens et Evangéliques Baptistes », sur Musée virtuel du Protestantisme
  8. http://www.croixsens.net/bapteme/bapteme-evangelique.php
  9. Article paru dans la Croix le 6 avril 2002
  10. [1]
  11. Bonne Nouvelle. Numéro 3. St Louis, MO. 2003. p. 18-19
  12. http://new.unpoissondansle.net/2011/11/les-denominations-protestantes-et-evangeliques-les-eglises-baptistes/
  13. http://new.unpoissondansle.net/2011/12/les-denominations-protestantes-et-evangeliques-les-eglises-pentecotistes/
  14. http://new.unpoissondansle.net/2011/12/les-denominations-protestantes-et-evangeliques-lalliance-chretienne-missionnaire-c-m-a/comment-page-1/
  15. http://renens.adventiste.ch/quiSommesNous/index.php
  16. http://ns4005993.ip-192-99-13.net/tj1.htm
  17. « Baptême », sur Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle (consulté le 14 juin 2016)
  18. a, b et c (en) Michael E. Gaitley, MIC, 33 Days to Morning Glory: A Do-It-Yourself Retreat In Preparation for Marian Consecration, Stockbridge (Massachussets), Marian Fathers of the Immaculate Conception with arrangement with Marian Press, , 163 p. (ISBN 978-1-942759-04-1) p. 36
  19. a, b et c « Qu'est-ce que le baptême ? », sur Église catholique en France (consulté le 14 juin 2016)
  20. « L’espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême », sur Vatican,‎ (consulté le 14 juin 2016)
  21. http://www.spiritualite-orthodoxe.net/bapteme_droit_canonique.html
  22. On peut lire dans le livre ce qu'enseigne réellement la Bible" :

    « Une personne vouée à Dieu et baptisée qui s’efforce de suivre fidèlement l’exemple de Jésus est précieuse aux yeux de Dieu. (...) Les prophéties bibliques montrent que pour Dieu ces personnes sont marquées pour survivre lors de l’exécution de son jugement qui va bientôt s’abattre sur le présent système de choses méchant.(...) Êtes-vous « dans la disposition qu’il faut pour la vie éternelle » (Actes 13 :48) ? Avez-vous le désir sincère de recevoir la marque réservée à ceux qui servent Dieu ? Cette marque inclut l’offrande de soi et le baptême, qui sont indispensables pour être sauvés. »

Annexe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Gounelle, Le baptême : le débat entre les Églises, Les Bergers et les Mages,
  • Alfred Kuen, Le baptême hier et aujourd'hui, Saint-Légier, , 408 p.
  • (en) Canadian Council of Churches, Commission on Faith and Witness, Initiation into Christ: Ecumenical Reflections and Common Teaching on Preparation for Baptism, Winfield (Colombie-Britannique), Wood Lake Books, , 50 p. (ISBN 2-89088-527-5)
  • Jacque Gelis, Les enfants des limbes, Paris, Audibert,
  • Jean-Philippe Revel, Traité des sacrements I. Baptême et sacramentalité, Éditions du Cerf,
  • Joseph Famerée, Jean Joncheray, Louis Schweitzer et Paul De Clerck, Baptême d'enfants ou baptême d'adultes ? Pour une identité chrétienne crédible, Bruxelles-Montréal, Lumen Vitae-Novalis, coll. « Théologies pratiques » (ISBN 978-2-87324-280-0)
  • LeGrand Richards, Une œuvre merveilleuse et un prodige, Salt Lake City, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, (lire en ligne)
  • (en) World Council of Churches, Baptism, Eucharist, and ministry, Genève, World Council of Churches, (ISBN 2-8254-0709-7)

Liens externes[modifier | modifier le code]