Alexandre Zévaès

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Alexandre Zévaès
Zevaes, Alexandre Bourson.jpg

Alexandre Zévaès

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Alexandre Zévaès, de son vrai nom Alexandre Bourson, né le à Moulins (Allier) et mort le à Paris, est un homme politique socialiste, un avocat et un écrivain et historien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Militant socialiste dès l'époque du lycée, Alexandre Bourson choisit le pseudonyme de Zévaès en hommage aux écrivains Michel Zévaco (1860-1918, anarchiste) et Jules Vallès (1832-1885, socialiste).

Dans les années 1890, Alexandre Zévaès est député du Parti ouvrier français (marxiste) de Jules Guesde. Il est député de l'Isère de 1898 à 1910 (sauf en 1902-1904). En 1898, il est membre (avec Jean Jaurès, Jules Guesde et René Viviani) du Comité de vigilance des socialistes face au nationalisme anti-Dreyfus, un changement de cap puisqu'il était auparavant hostile à toute révision du procès de Dreyfus, s'en prenant notamment à quelques dreyfusards, tels Bernard Lazare, en 1896[1]. À l'Assemblée nationale, il s'engage notamment, à partir de 1898, dans la bataille pour le capitaine Dreyfus et dans la lutte anticléricale. Il est aussi initié à la franc-maçonnerie[2].

À partir de 1905, à côté de son engagement socialiste, il s'inscrit au barreau de Paris et se consacre à la rédaction d'ouvrages d'Histoire du socialisme et de la Troisième République, un travail qu'il fournira alors jusqu'à la fin de sa vie, publiant notamment des biographies de Jean Jaurès, Georges Clemenceau ou de Jules Guesde. Son Histoire de la Troisième République (publiée en 1926) fera référence[réf. souhaitée].

Comme avocat, il va être amené à défendre Raoul Villain, l'assassin de Jean Jaurès en 1914.

En 1917, Alexandre Zévaès adhère au Parti socialiste national puis s’en sépare en 1927. Après la première guerre mondiale, Alexandre Zévaès fait partie de l'équipe de socialistes (Jean Allemane, Émile Tissier) qui s'oriente vers un socialisme national dans les années 1920-1930, autour de Gustave Hervé. En 1941, il collabore à plusieurs reprises à la revue collaborationniste L'Œuvre, de Marcel Déat[3], au point que le socialiste et figure du judaïsme Jacques Biélinky (mort en 1943 au camp d'extermination de Sobibor) s'en étonne dans son Journal en 1942, pensant à tort qu'Alexandre Zévaès était lui aussi Juif[1]. Les historiens Philippe Boukara et Simon Epstein qualifient ouvertement Zévaès, a posteriori, de « collaborateur »[1].

En 1941 également, Zévaès publie une nouvelle biographie de Jean Jaurès (après une première en 1938), qu'il surtitre « Un apôtre du rapprochement franco-allemand » : pour le journaliste Antoine Perraud, il s'agit d'un « véritable détournement du cadavre » de Jaurès afin d'embrigader cette figure tutélaire de la gauche dans la collaboration avec les nazis[4].

Pourtant, en mars 1940, Zévaès est un des avocats des 44 députés communistes. En février 1944, il est arrêté par les Allemands et est interné à la prison de Fresnes jusqu'à la libération de Paris, en août 1944.

Il meurt le à Paris.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Son œuvre est composée d'une cinquantaine d’ouvrages principalement consacrés à l’Histoire du Socialisme sous la IIIe République

  • De la semaine sanglante au Congrès de Marseille (1871-1879), Paris, Librairie Marcel Rivière et Cie., 1911. [1]
  • Les Guesdistes, tome 3 de l’Histoire des Partis socialistes en France, Paris, Librairie Marcel Rivière et Cie., 1911.
  • Le syndicalisme contemporain, Paris : Albin Michel, 1911, 358 p.
  • Le socialisme en 1912, tome 11 de l’Histoire des Partis socialistes en France, Paris, Librairie Marcel Rivière et Cie., 1912.
  • Auguste Blanqui, patriote et socialiste français, Marcel Rivière et Cie, 1920, 252 p.
  • Le parti socialiste de 1904 à 1923, tome 12 de l’Histoire des Partis socialistes en France, Paris, Librairie Marcel Rivière et Cie., 1923.
  • Histoire de la Troisième République : 1870 à 1926, Paris, les Éditions Georges-Anquetil, 1926, 643 p.
  • Jules Guesde, 1929
  • L'affaire Pierre Bonaparte (Le meurtre de Victor Noir), Hachette (collection Récits d'autrefois), 1929
  • La chute de Louis-Philippe : 24 février 1848, Hachette, 1930
  • Au temps du boulangisme, Gallimard, 1930, sous la Troisième, collection publiée par Émile Buré
  • Le scandale de Panama, Paris, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1931 Le Sphinx
  • L'Affaire Dreyfus, Paris, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1931 Le Sphinx
  • Jules Vallès, Paris, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1932 Célébrités contemporaines
  • Au temps du Seize mai, Paris, Éditions des Portiques, 1932
  • Les procès littéraires au XIXe siècle, Paris, Maurice Rollinat, 1933.
  • Le Socialisme en France depuis 1904, Fasquelle, 1934 Bibliothèque Charpentier
  • Eugène Pottier et l'Internationale, Paris, Éditions sociales internationales, 1936
  • Les Fusillades de Fourmies, Paris, Bureau d'Éditions, 1936 Épisodes et vies révolutionnaires
  • Les Proscrits de la Commune, Paris, Bureau d'Éditions, 1936 Épisodes et vies révolutionnaires
  • Jaurès, Hachette, 1938 Les Vies illustres
  • Un apôtre du rapprochement franco-allemand : Jean Jaurès, 1941
  • Histoire de six ans : 1938-1944, Paris, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1944
  • Henri Rochefort, le pamphlétaire, Paris, Éditions France-Empire, 1946 Hommes et mouvements
  • Zola, Paris, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1946
  • De l'Introduction du marxisme en France, Paris, 1947.
  • Le Cinquantenaire de J'accuse : 13 janvier 1898-13 janvier 1948, Fasquelle, 1948
  • Clemenceau, Paris, Julliard, 1949.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Les Dreyfusards sous l'Occupation, Simon Epstein, Éditions Albin Michel, 2001.
  2. Encyclopédie de la franc-maçonnerie (Sous la direction d'Éric Saunier)
  3. Le Livre noir de la Collaboration, Philippe Valode, Éditions Place des éditeurs.
  4. « Comment Jaurès fut assassiné par deux fois », Antoine Perraud, Mediapart, mis en ligne le 25 juillet 2014.