Liste des maires de Paris

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Maire de Paris
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Armoiries de Paris

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Titulaire actuel
Anne Hidalgo
depuis le

Création 1789, 1848, 1870, 1977
Mandant Conseil de Paris
Durée du mandat 6 ans
Premier titulaire Jean Sylvain Bailly
Résidence officielle Hôtel de ville de Paris
Rémunération 8650,59 euros par mois[réf. nécessaire]
Site internet http://www.paris.fr

Avant la Révolution française, la municipalité de Paris était dirigée par le prévôt des marchands. Le , après la prise de la Bastille, le prévôt des marchands de Paris, Jacques de Flesselles, est tué sur le parvis de l'Hôtel de ville. Le premier maire de Paris, Jean Sylvain Bailly, est élu le lendemain.

Pendant plus d'un siècle, de 1871 à 1977, la ville est administrée par l'État et Paris n'a pas de maire. De 1977 à 2002 le maire de Paris ne dispose pas des pouvoirs de police municipale, qui sont exercés par la préfecture de police de Paris. Depuis 2002 ces pouvoirs sont partagés entre le maire de Paris et le préfet de police.

La ville de Paris étant également, depuis la suppression du département de la Seine, un département, le conseil de Paris exerce aussi les attributions d'un conseil général, et le maire toutes les fonctions d'un président de conseil général[1]. Après son élection comme maire de Paris, en mars 1977, Jacques Chirac démissionna du conseil général de la Corrèze, qu'il présidait, la loi ne permettant pas de cumuler des fonctions de conseiller général dans plusieurs départements[2].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de 1789 à 1794[modifier | modifier le code]

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
1 Jean Silvain Bailly Garneray David Alix BNF Gallica.jpg Jean Sylvain Bailly
(15 septembre 1736 - 12 novembre 1793)
15 juillet
1789
18 novembre
1791
Il est désigné premier maire de Paris au lendemain de la prise de la Bastille et de la mort de Jacques de Flesselles, le dernier prévôt des marchands. Le 17 juillet, il remet la cocarde tricolore à Louis XVI.
Longtemps populaire, il se compromet lors de la fusillade du Champ-de-Mars le quand il ordonne de tirer sur la foule qui réclame la déchéance du roi. Il démissionne peu après.
2 Jérôme Pétion de Villeneuve.jpg Jérôme Pétion de Villeneuve
(3 janvier 1756 - 18 juin 1794)
18 novembre
1791
6 juillet
1792
Gironde Élu face à La Fayette avec l'appui de la Cour qui l'accuse ensuite pour son supposé manque de réaction lors de la journée du où des émeutiers tentent d'investir les Tuileries. Il est suspendu le 6 juillet.
L'intérim est assuré du 6 au 13 juillet par Philibert Borie.
2 Jérôme Pétion de Villeneuve.jpg Jérôme Pétion de Villeneuve
(3 janvier 1756 - 18 juin 1794)
13 juillet
1792
15 octobre
1792
Gironde Sa suspension ayant accru sa popularité il est rétabli par l'Assemblée législative le 13 juillet. Il ne prend pas part aux événements du 10 août 1792 et reste passif durant les massacres de Septembre. Élu député à la Convention, il démissionne de ses fonctions.
L'intérim est assuré du 15 octobre au 2 décembre par Boucher-René.
3 Henri Lefèvre d'Ormesson
(8 mai 1751 - 12 avril 1808)
21 novembre
1792
Terrifié par les lettres de menaces, il démissionne le jour même de son élection.
4 Nicolas Chambon
(21 septembre 1748 - 2 novembre 1826)
8 décembre
1792
2 février
1793
Gironde Il accepte le poste à contre-cœur. Vite débordé et suspecté d'être un modéré, il démissionne deux mois après sa prise de fonctions.
5 Pache 2497.jpg Jean-Nicolas Pache
(5 mai 1746 - 18 novembre 1823)
14 février
1793
10 mai
1794
Montagne (Hébertisme) Il est élu triomphalement le 14 février par des Parisiens exaspérés par l'augmentation des prix. Le calme revenu, il fait symboliquement inscrire la devise de la République sur les frontons des bâtiments publics et cherche à préserver la paix civile en s'en prenant aux agitateurs.
Malgré l'arrestation des hébertistes en mars 1794, sur ordre du Comité de salut public, il conserve son poste en témoignant de sa fidélité au régime. Il tombe néanmoins peu après à la suite d'une querelle entre sa fille et Lazare Carnot.
6 Jean-BaptisteFleuriot-Lescot.jpg Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot
(1761 - 28 juillet 1794)
10 mai
1794
27 juillet
1794
Montagne (Robespierrisme) Nommé à la suite de l'arrestation de Pache, il conserve son poste deux mois. Le 9 Thermidor il appelle à l'insurrection populaire pour sauver Robespierre mais est arrêté puis guillotiné le lendemain.

La tentative de Fleuriot-Lescot d'initier un soulèvement populaire convainc le nouveau régime de la nécessité d'un plus grand contrôle de l'État sur une capitale prompte à s'enflammer[3]. La mairie de Paris est donc supprimée à peine 6 ans après avoir été instaurée.

La fonction sera rétablie en février 1848 à la suite de la Révolution de 1848. Pendant les périodes du Premier Empire, de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, l'essentiel du pouvoir exécutif est partagé entre le préfet de la Seine et le préfet de police. Certains préfets laissent leur empreinte sur la ville, comme Nicolas Frochot, Gaspard de Chabrol et Rambuteau.

Liste des maires en 1848[modifier | modifier le code]

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
7 Louis-Antoine Garnier-Pages.jpg Louis-Antoine Garnier-Pagès
(16 février 1803 - 31 octobre 1878)
24 février
1848
5 mars
1848
Républicain Membre du gouvernement provisoire il contribue à la chute de la Monarchie de Juillet et au retour de la République. Il organise la Garde nationale et prépare les Ateliers nationaux. Il démissionne pour devenir ministre des finances.
8 Marrast, Armand.jpg Armand Marrast
(5 juin 1801 - 10 mars 1852)
9 mars
1848
19 juillet
1848
Républicain modéré Un des instigateurs de la Révolution de 1848, membre du gouvernement provisoire et favorable à la République. Il contribue à la répression lors des Journées de juin puis quitte son poste le 19 juillet pour présider l'Assemblée constituante.

La mairie de Paris est à nouveau supprimée peu après les événements des journées de Juin[4] pour n'être rétablie qu'à la proclamation de la Troisième République, le .

Sous la Deuxième République puis le Second Empire, l'essentiel du pouvoir municipal est entre les mains du préfet de la Seine. Cette charge sera notamment occupée pendant près de 17 ans par le baron Georges Eugène Haussmann.

Article connexe : Liste des préfets de la Seine.

Liste des maires de 1870 à 1871[modifier | modifier le code]

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
9 Etienne Arago.jpeg Étienne Arago
(9 février 1802 - 7 mars 1892)
4 septembre
1870
15 novembre
1870
Républicain Il devient maire sur proposition de Léon Gambetta et acclamation des Parisiens peu de temps avant le début du siège de la capitale par les troupes prussiennes. Il n'est pas candidat à sa propre succession lors de l'élection organisée en novembre.
10 Julesferry.jpg Jules Ferry
(5 avril 1832 - 17 mars 1893)
15 novembre
1870
5 juin
1871
Républicain opportuniste[5] Il tente difficilement d'assurer le ravitaillement de Paris assiégée, ce qui lui vaut le surnom de « Ferry-famine ». Dès ce mandat, il instaure une commission sur l'enseignement qui en promeut la gratuité et l'obligation et préfigure ses futures lois scolaires. Il fuit la capitale au premier jour de l'insurrection de la Commune, tout en restant officiellement maire jusqu'au 5 juin.

Après les événements de la Commune[6], la mairie de Paris est pour la troisième et dernière fois supprimée et ne sera rétablie qu'en 1977, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing[7]. Dans l'intervalle, Paris n'a pas de maire mais un président du conseil municipal, qui change tous les ans, et un président du conseil général, qui change tous les six ans.

Liste des maires depuis 1977[modifier | modifier le code]

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
11 Jacques Chirac1.jpg Jacques Chirac
(né le 29 novembre 1932 à Paris)
20 mars
1977
16 mai
1995
RPR Bien qu’initialement opposé au rétablissement de la fonction de maire de Paris, il se présente à l'élection qu'il remporte face au communiste Henri Fiszbin et à Michel d'Ornano, maire sortant de Deauville et candidat soutenu par l'Élysée.
Se servant de sa fonction comme d'un contre-pouvoir au gouvernement, il impose les « parapluies de Willerval » (détruits depuis) aux Halles en lieu et place du projet initial. Il lance le programme « Paris ville propre » et ses fameuses « motocrottes » et lutte contre la pollution de la Seine en promettant qu'il s'y baignerait en 1995.
Ayant gagné la confiance des Parisiens il est réélu en 1983 puis en 1989. Élu président de la République le , il démissionne de son poste la veille de sa prise de fonctions.
12 Jean Tiberi 2007 06 06.jpg Jean Tiberi
(né le 30 janvier 1935 à Paris)
22 mai
1995
24 mars
2001
RPR Élu du 5e arrondissement, il est proposé par Jacques Chirac pour lui succéder et est élu en juin de la même année. Il propose une politique d'assainissement des finances qui mène l'endettement de la ville à son plus bas niveau en 2000. Favorable à une réduction de la circulation automobile, il lance l'idée d'un retour du tramway dans Paris, développe les pistes cyclables et ouvre les voies sur berges le dimanche aux piétons.
Non soutenu par son parti, qui lui préfère Philippe Seguin, en 2001, il est battu à un scrutin qui se termine par l'élection surprise du socialiste Bertrand Delanoë au détriment des deux prétendants de droite.
13 Cohen-Solal Mutualite 2008 03 03 n9.jpg Bertrand Delanoë
(né le 30 mai 1950 à Tunis en Tunisie)
25 mars
2001
5 avril
2014
PS Bien que minoritaire en voix, il profite de la division de la droite pour devenir en 2001 le premier maire socialiste de Paris. Il est alors également le premier maire d'une grande ville dont l'homosexualité est connue des électeurs.
Favorable à une hausse de l'offre culturelle, il lance dès 2002 les événements festifs Paris Plages en été et la Nuit blanche à l'automne et instaure la gratuité des musées municipaux. En 2006, il inaugure le tramway des Maréchaux et encourage sa prolongation vers la porte de la Chapelle. Il lance en 2007 le Vélib', un système de vélos en libre service, complété en 2011 par le système d'autopartage Autolib'.
Sous son mandat Paris échoue par deux fois, en 2008 et en 2012, à être désignée ville hôte des Jeux olympiques d'été.
Réélu en 2008, il choisit de ne pas se représenter en 2014.
14 Anne Hidalgo, février 2014.jpg Anne Hidalgo
(né le 19 juin 1959 à San Fernando en Espagne)
5 avril
2014
en cours PS Née espagnole, elle est naturalisée française en 1973. Elle devient en 2014 la première femme maire de Paris face à la candidate de la droite Nathalie Kosciusko-Morizet.
Continuatrice de la politique de ses prédécesseurs, elle présente un plan antipollution et de réduction de la circulation automobile, ainsi qu'un vaste plan d'extension des pistes cyclables dans Paris. Elle est favorable à la construction de la tour Triangle ainsi qu'au projet d'extension du stade Roland-Garros.
En mars 2015, elle donne son accord à la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques de 2024.

Longévité[modifier | modifier le code]

Liste des maires par durée de mandat[modifier | modifier le code]

Rang Nom Durée
1 Jacques Chirac 18 ans 1 mois et 26 jours
2 Bertrand Delanoë 13 ans et 11 jours
3 Jean Tiberi 5 ans 10 mois et 2 jours
4 Jean Sylvain Bailly 2 ans 4 mois et 3 jours
5 Jean-Nicolas Pache 1 an 2 mois et 26 jours
6 Anne Hidalgo 1 an 3 mois et 2 jours
7 Jérôme Pétion de Villeneuve (1er mandat) 7 mois et 18 jours
8 Jules Ferry 6 mois et 21 jours
9 Armand Marrast 4 mois et 9 jours
10 Jérôme Pétion de Villeneuve (2e mandat) 3 mois et 2 jours
11 Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot 2 mois et 17 jours
12 Étienne Arago 2 mois et 11 jours
13 Nicolas Chambon 1 mois et 25 jours
14 Louis-Antoine Garnier-Pagès 10 jours
15 Henri Lefèvre d'Ormesson moins d’un jour

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour s'adresser à la personne (maire ou adjoint) qui préside le Conseil de Paris, les conseillers disent Monsieur le Maire ou Madame la Maire pendant les délibérations en tant que Conseil municipal, Monsieur le Président ou Madame la présidente en Conseil général.
  2. Article L208 (alinéa unique) du Code électoral français : « Nul ne peut être membre de plusieurs conseils généraux. »
  3. Émile Ducoudray, « Commune de Paris/département de Paris », dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989 (rééd. Quadrige 2005, p. 271)
  4. Jean-Pierre Moisset, Les Biens de ce monde: Les finances de l'Église catholique au XIXe siècle dans le diocèse de Paris (1802-1905), Presses universitaires de Bordeaux, 2004, 392 pages, p. 102 (ISBN 2-86781-325-5).
  5. Léo Hamon, Les Opportunistes: les débuts de la République aux républicains, Éditions MSH, 1986, p. 132: « [...] Après avoir mesuré leur pouvoir politique, [...] on mesure tout le chemin qui sépare Gambetta de Jules Ferry, et qui trace la frontière entre la République radicale et la République opportuniste. Si les positions de départ sont très tranchées, on relève progressivement la montée puis la victoire de l'opportunisme [...] »
  6. L'Assemblée adopte, le , une loi municipale formée de 20 articles. Celle-ci prévoit de procéder dans le plus bref délai au renouvellement intégral des conseils municipaux, au scrutin de liste. Paris, dont le conseil municipal est formé de 4 élus pour chacun des 20 arrondissements, a un régime spécial. Provisoirement, le gouvernement désignera par décret le maire et les adjoints dans les villes de plus de 20 000 âmes, les chefs-lieux de département et d'arrondissement, et les 20 arrondissements municipaux de la capitale.
  7. En application d'une loi du .