Annette Becker

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Annette Becker
Annette Becker at the French Institute, London November 2015.jpeg
Annette Becker en 2015.
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Annette Becker, née le à Bourgoin-Jallieu, est une historienne française, professeur des universités à l'université Paris-Nanterre[1] et membre senior honoraire de l'Institut universitaire de France[2].

Apport à l'histoire de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Ancienne élève du Lycée Stendhal, Annette Becker est titulaire d'une maîtrise d'histoire obtenue à l'Université de Grenoble 2.

Agrégée d'histoire, elle est docteur en histoire de l'EHESS et habilitée à diriger des recherches de l'Université Lumière-Lyon-II.

De 1978 à 1979, elle est professeur au collège Paul Eluard de Noyon, puis, de 1981 à 1982 ainsi que de 1986 à 1989, au collège Clotaire Baujoin à Thourotte.

De 1983 à 1986, elle est professeur au Lycée français de New York.

De 1989 à 1994, elle est maître de conférences à l'université de Lille, puis, à partir de 1994, professeur des universités à l'université de Nanterre[3].

Elle est membre senior émérite de l'Institut universitaire de France depuis 2009.

Annette Becker est spécialisée dans l'étude de la Première Guerre mondiale et de ses représentations culturelles, religieuses en particulier. La publication de son principal ouvrage avec Stéphane Audoin-Rouzeau, Retrouver la guerre, a concrétisé le bouleversement de l'historiographie de la Grande Guerre. Ces deux auteurs s'attachent avant tout à comprendre les cultures de guerre et la dialectique entre la souffrance et le consentement ; en quoi la Première Guerre mondiale, avec cette acculturation à la violence, est un évènement paradigmatique du XXe siècle[4].

Annette Becker a poursuivi ses recherches en se concentrant sur les intellectuels contemporains de la Grande Guerre, tels que Maurice Halbwachs, Marc Bloch, ou encore Guillaume Apollinaire. Le postulat est toujours le même : s'intéresser à une figure extraordinaire de la Grande guerre, en démontrant en quoi ils sont des êtres humains banals illustrant comme n'importe quel contemporain, combattant ou civil, les affres du conflit, mais aussi des témoins permettant de comprendre, notamment au niveau intellectuel, culturel, artistique, comment la guerre a bouleversé, traumatisé les sociétés en guerre.

La biographie de guerre de Guillaume Apollinaire accentue tout particulièrement l'étude de l'impact de la Première Guerre mondiale, sur les arts, et met en exergue la place qu'a occupé le trauma pendant et après la guerre. Pour cet ouvrage Annette Becker a reçu le prix de la biographie de l'Académie française 2010[5].

Depuis les années 1990, Annette Becker a élargi son champ de recherche, développant tout particulièrement l'étude du trauma, des enjeux mémoriels, des violences extrêmes contre les civils et des génocides, d'une guerre mondiale à l'autre[6].

Elle a fait partie de la Commission sur le racisme et le négationnisme à l'université Jean-Moulin Lyon III et de la mission d'étude sur les génocides et les violences de masse. (2017-2018) [7].

Famille[modifier | modifier le code]

Son père Jean-Jacques Becker et sa tante Annie Kriegel sont eux aussi historiens[8].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Monuments aux morts : patrimoine et mémoires de la grande guerre, Paris, Ed. Errance, 1988.
  • La guerre et la foi, de la mort à la mémoire Paris, Armand-Colin, 1994.
  • Oubliés de la Grande guerre : humanitaire et culture de guerre, 1914-1918 : populations occupées, déportés civils, prisonniers de guerre, Paris, Noêsis, 1998.
  • Journaux de combattants et de civils de la France du Nord dans la Grande Guerre, Villeneuve-d'Ascq, Presses Univ. du Septentrion, 1998.
  • (avec Stéphane Audoin-Rouzeau), La Grande Guerre : 1914-1918, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (no 357), 1998.
  • (avec Stéphane Audoin-Rouzeau), 14 - 18, retrouver la guerre, « Bibliothèque des Histoires », Gallimard, 2000.
  • Maurice Halbwachs : un intellectuel en guerres mondiales 1914-1945, Paris, Viénot, 2003.
  • (avec Étienne Bloch), Marc Bloch: L'histoire, la guerre, la résistance, Paris, Gallimard, « Quarto », 2006.
  • (avec Georges Bensoussan), Violences de guerre, violences coloniales, violences extrêmes avant la Shoah, Revue d'histoire de la Shoah, 189 (2008).
  • Guillaume Apollinaire : une biographie de guerre : 1914-1918-2009, Paris, Tallandier, 2009.
  • Les cicatrices rouges 1914-1918, France et Belgique occupées, Paris, A. Fayard, 2010.
  • Voir la Grande Guerre, un autre récit, Paris, Armand-Colin, 2014.
  • Messagers du désastre. Raphael Lemkin, Jan Karski et les génocides, Paris, Fayard, 2018.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annuaire des enseignants de l'Université Paris Ouest
  2. Site de l'Institut universitaire de France
  3. « Annette Becker - Who's Who », sur www.whoswho.fr (consulté le 12 avril 2019)
  4. 14-18, retrouver la guerre, sur le site d'histoire et de géographie de l'Académie de Lille
  5. Liste des prix de la biographie de l'Académie française depuis 2004 sur www.prix-litteraires.net
  6. Ses travaux sur l'inventeur du concept de génocide, Raphaël Lemkin, l'ont entraînée depuis vers le génocide des Arméniens, des Juifs, des Cambodgiens et des Tutsi du Rwanda.Revue d'histoire de la Shoah, no 189, « Violences de guerre, violences coloniales, violences extrêmes avant la Shoah », juillet-août 1989
  7. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/044000492.pdf, p. 3.
  8. Juliette Rigondet, « Annette Becker : offrir un monument aux morts », lhistoire.fr, février 2018.

Liens externes[modifier | modifier le code]