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Franck Ferrand

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Franck Ferrand
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Franck Ferrand à Paris en 2010.

Nom de naissance Franck Jean-Paul Raymond Ferrand
Naissance (50 ans)
Poitiers, Vienne, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
Romans historiques
Essais historiques

Œuvres principales

  • Ils ont sauvé Versailles
  • La Cour des dames
  • L'Histoire interdite, révélations sur l’histoire de France
  • Dictionnaire amoureux de Versailles

Franck Ferrand, né le à Poitiers, est un écrivain et journaliste français spécialisé en histoire.

Auteur d'ouvrages de vulgarisation, il intervient notamment à la radio et à la télévision.

Biographie

Origines et formation

Fils de petits commerçants, Franck Jean-Paul Raymond Ferrand naît le à Poitiers.

Il fait son cursus scolaire à l’école annexe de la rue du Général-Demarçay, puis aux collège Henri-IV et lycée Victor-Hugo de Poitiers, où il obtient son bac (série C) en 1985[1].

Franck Ferrand est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po ; section Service public, 1989) et de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS, où il a obtenu un DEA d'histoire en 1991 avec la rédaction sous la direction de Guy Chaussinand-Nogaret d'un mémoire sur la cour de Louis XV).

Débuts professionnels

De 1992 à 1995, il est co-responsable du bureau d'histoire orale au service historique de l'armée de l'air (SHAA), bien que son passage corresponde à l'époque de fermeture du bureau lors de sa fusion avec les autres services historiques de l'armée[2].

Vie privée

Le 29 avril 2015, il fait son coming-out public en déclarant, dans un entretien à L'Étudiant : « J'ai attendu d'avoir 29 ans pour annoncer à mes parents que je préférais les garçons »[3].

Carrière

Édition

Après son service militaire, il participe à la fondation de la société de rédaction Cassiopée, devenue Les Éditions de Mémogramme en 1996[1].

Auteur d'une dizaine d'ouvrages consacrés à l'histoire, Franck Ferrand publie notamment deux monographies sur le château de Versailles : Ils ont sauvé Versailles (réédité en 2012 sous le titre Versailles après les rois) et Gérald Van der Kemp, un gentilhomme à Versailles, aux éditions Perrin. De 2007 à 2009, il publie, chez Flammarion, les trois tomes de la série de romans historiques La Cour des dames.

En 2008, il publie aux éditions Tallandier L'Histoire interdite, révélations sur l'histoire de France. Dans ce dernier livre, il reprend, pour les défendre, cinq thèses réfutées par les historiens[4], à savoir la contestation de paternité des œuvres de Molière, la localisation d'Alésia hors du site archéologique d'Alise-Sainte-Reine, la légende du « troisième homme » relative à l'affaire Dreyfus[5], la prétendue substitution de la dépouille de Napoléon dans le tombeau de la crypte des Invalides[6] ainsi que le mythe de Yolande d'Aragon suscitant une « opération bergère » en la personne de Jeanne d'Arc.

Son succès se fonde, pour les historiens William Blanc, Aurore Chéry et Christophe Naudin, « sur la résolution de prétendues énigmes historiques, avec un vocabulaire se rapprochant souvent de celui des adeptes du complot en tout genre[7] » : au côté d'auteurs tels que le comédien Lorànt Deutsch et le journaliste Jean Sévillia adeptes du « roman national », il « se place en défenseur de la vérité historique [...] que cacheraient des institutions fantasmées, particulièrement l'Université et l'Éducation nationale.[8] ».

Radio

De 1995 à 1998, il signe les textes de nombreux épisodes de l'émission radiophonique de Pierre Bellemare Les Aventuriers du XXe siècle[9].

De juin 2003 à juin 2005, il anime sur Europe 1 une émission quotidienne de 45 minutes, consacrée à l'histoire (plus de sept cents numéros). De septembre 2005 à septembre 2008, ce rendez-vous est devenu hebdomadaire. Il présente en 2008 et 2009 une chronique quotidienne, Zoom arrière. En septembre 2010, il présente Mon héros dans l'Histoire.

Depuis le 28 février 2011, il anime Au cœur de l'histoire chaque jour sur Europe 1, émission qui comporte une première partie sous forme de récit et une seconde sous forme de débat.

Pendant l'été 2014, il anime l'émission Les Origines du Futur le samedi de 11 h à 12 h 30 sur Europe 1[10].

En 2014, il intègre la matinale d'Europe 1 pour y présenter une chronique intitulée Aujourd'hui dans l'histoire, où il revient sur un évènement historique lié à la date du jour[11].

Télévision

Depuis le , Franck Ferrand présente sur France 3 l'émission L'ombre d'un doute, programmée d'abord en seconde partie de soirée[12] puis, depuis le , en première partie de soirée. Certains numéros de cette émission font l'objet de critiques de la part d'historiens, ceux-ci reprochant à l'émission sa simplification extrême, ses approximations, sa revendication de « braver » censément des « interdits[13],[14] », voire ses mensonges[15]. L'émission est remplacée sur France 3 à partir de mars 2016 par L'Heure H.

En 2012, il présente l'émission L'Histoire du Monde, une série de docu-fictions produite par la BBC de huit épisodes retraçant l'histoire de l'Homme depuis ses origines jusqu’à nos jours au moyen de récits historiques, scientifiques, culturels et ethnologiques.

En 2017, il rejoint l'équipe des commentateurs du Tour de France sur France Télévisions pour s’occuper des commentaires sur la géographie et le patrimoine français. Il prend la relève d’Éric Fottorino, qui a officié à cette place pendant deux ans, succédant, lui-même à Jean-Paul Ollivier[16].

Polémique médiatique

En mai 2014, Franck Ferrand préface le livre de Danielle Porte relatif à une polémique sur la localisation d'Alésia. L'animateur prend ainsi le parti de cette enseignante en littérature ancienne, qui entend démontrer que le site archéologique du siège d'Alésia est localisé dans le Jura[17] et non au mont Auxois à Alise-Sainte-Reine en Bourgogne. Ce dernier emplacement, reconnu par la communauté scientifique, a été identifié par des archéologues au XIXe siècle puis confirmé par des fouilles archéologiques effectuées entre 1991 et 1997[18].

Épaulée médiatiquement par Franck Ferrand, Porte soutient que l'identification du site archéologique d'Alise-Sainte-Reine s'explique par un complot d'universitaires craignant de voir leur position académique remise en question eu égard au caractère soi-disant contestable des fouilles réalisées depuis Napoléon III[17].

Dans le cadre de cette polémique, Franck Ferrand publie une tribune dans le Figaro Vox où il accuse les chercheurs de manipuler les faits[19]. Plusieurs universitaires répondent sur le même site[20] : Jean-Louis Brunaux, Yann Le Bohec et Jean-Louis Voisin, trois enseignants-chercheurs en archéologie et en histoire, contredisent l'animateur en arguant l'imprécision du texte de César décrivant l'oppidum, le caractère minutieux des fouilles successives menées depuis Napoléon III ainsi que l'ensemble des découvertes archéologiques effectuées à Alise-Sainte-Reine par contraste avec le site de Chaux-des-Crotenay qui ne comporte aucun élément antérieur à l'époque gallo-romaine[21].

La fin de la passe d'armes se conclut par une seconde réponse de Franck Ferrand, ce dernier accusant derechef ses détracteurs et les chercheurs d'être des « mandarins[22] ».

Dans un texte daté du , vingt-cinq chercheurs universitaires reviennent plus précisément sur certains éléments à la suite de la polémique. Rappelant « les invectives gratuites » de Franck Ferrand, les signataires observent que ce dernier « a un DEA d’histoire moderne sur Versailles et se contente de recycler des thèses éculées et complotistes, sans rien apporter de nouveau. (...) [F]ervent adepte de la thèse d'[André] Berthier et compagnon de route de [Danielle] Porte, [il] fait souvent référence à l’existence d’un mystérieux faux utilisé par les défenseurs du site d’Alise. En fait, les spécialistes du sujet savent bien que ce faux n’en est pas un, ou plutôt n’en est plus un, depuis l’étude de J.-B. Colbert de Beaulieu, le grand spécialiste de la monnaie celtique, à la fin des années 1960, et qu’en réalité, on est très loin d’un quelconque complot. Ce statère d’or n’est pas référencé dans l’ouvrage de Napoléon III publié en 1866 et n’a donc pas été utilisé comme preuve par l’empereur, ce qui est normal puisque l'État ne l’a acquis qu’en 1867 pour le verser au Musée des Antiquités nationales[23]. »

Alors qu'il avait déclaré lors d'une interview accordée à Libération qu'il ne parlerait pas d'Alésia à l'occasion de ses commentaires lors du tour de France, il apparaît qu'il est resté muet sur la question lorsque le tour passait à proximité d'Alise Sainte-Reine mais n'a pu s'empêcher le lendemain, lorsque le tour passait par le Jura, de laisser entendre que le site d'Alésia se trouverait en fait à Chaux-des-Crotenay[24].

Distinctions

Franck Ferrand est membre associé de l'Académie des sciences morales, des lettres et des arts de Versailles et sociétaire des Amis de Versailles. En décembre 2007, il a succédé à Maria Pia de Savoie comme président du cercle Oscar-Wilde (fondé en 1972)[25]. En décembre 2011, il a été fait chevalier de l'ordre des Arts et Lettres et, en juillet 2015, chevalier de l'ordre national du Mérite[réf. nécessaire].

Publications

Essais

Romans

  • Le Bal des ifs : Mémoires amoureux de la marquise de Pompadour, Flammarion, , 378 p., broché (ISBN 978-2080679079, notice BnF no FRBNF37103313)
  • La Cour des Dames : La Régente Noire, t. 1, Flammarion, , 408 p., relié (ISBN 978-2080689634)
  • La Cour des Dames : Les Fils de France, t. 2, Flammarion, , 378 p., relié (ISBN 978-2081211087)
  • La Cour des Dames : Madame Catherine, t. 3, Flammarion, , 332 p., relié (ISBN 978-2081221406)

Préface

Notes et références

  1. a et b Biographie sur son site personnel.
  2. Who's who in France, 2005
  3. Sophie de Tarlé, « L’interview indiscrète : les premières fois de Franck Ferrand », L'Étudiant,‎ (lire en ligne).
  4. « La plupart de ses ouvrages est démontée par les différents spécialistes des périodes évoquées. », L'Est républicain, novembre 2016 : 25 archéologues comtois enfoncent le clou pour démonter la thèse de l’Alésia dans le Jura.
  5. L'historien Philippe Oriol, spécialiste de l'affaire Dreyfus, commente ainsi le chapitre consacré à l'affaire Dreyfus : « En 2008, ce fut au tour de Franck Ferrand de nous donner son point de vue sur l'Affaire dans son Histoire interdite. Révélations sur l'histoire de France. En trente pages qui accumulent les approximations, les erreurs et les naïvetés (on notera le superbe : « cette pièce prendra le nom de faux Henry, ce qui nous en dit long, déjà, sur son authenticité… »), il reprenait la thèse du troisième homme, occasion de fustiger la « vulgate » de « l'histoire officielle. » Il conclut : « Nous voulons bien qu'il y eût un deuxième, un troisième, même un quatrième homme… Mais il faudrait pour cela développer une argumentation plus convaincante et, comme toujours, avoir une connaissance du dossier un peu plus sérieuse et retourner aux sources archivistiques ».
  6. Marianne Payot, « Les historiens s'en vont en guerre », L'Express, 15 avril 2009, [lire en ligne].
  7. William Blanc, Aurore Chéry et Christophe Naudin, Les historiens de garde : De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, p. 161, Inculte, 2013.
  8. William Blanc, Aurore Chéry et Christophe Naudin, Les historiens de garde : De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, p. 161, Inculte, 2013, p. 202-203
  9. Biographie par l'un de ses éditeurs.
  10. Grille des programmes d’Europe 1 pour l’Été 2014.
  11. Franck Ferrand intègre la matinale d’Europe 1.
  12. Fiche de L'ombre d'un doute sur le site de France 3.
  13. « j’ai le sentiment, en bravant quelques interdits, d’œuvrer à l’avancée de la seule cause qui vaille pour un homme dont l’existence est vouée à l’histoire événementielle : le lent progrès — l'inexorable progrès — de la vérité. », Franck Ferrand, L'Histoire interdite, révélations sur l’histoire de France, Jules Tallandier, 2008, introduction.
  14. « Toutes choses qui provoquent notre perplexité face au phénomène Franck Ferrand certes, moins dans ses émissions de radio « Au cœur de l'histoire » sur Europe 1 qu'à la télévision « L'Ombre d'un doute » sur France 3 ou sur son site, annoncé en sous-titre comme « dédié à l'histoire sous tous ses aspects - notamment les plus énigmatiques », comme dans ses livres - tel L'Histoire interdite (Tallandier), dont il prévient qu'il va « [lui] faire des ennemis, [lui] attirer la condescendance des mandarins et, peut-être, [lui] créer des ennuis ». Le ton est donné : gloire à celui qui a le courage de braver des interdits afin de défendre « la seule cause qui vaille pour un homme dont l'existence est vouée à l'histoire événementielle : le lent progrès — l'inexorable progrès — de la vérité » ! Si d'aventure les historiens acceptent de se produire dans ces entreprises, ils seraient bien inspirés de demander à pouvoir contrôler le résultat final lorsqu'il s'agit d'un enregistrement. », Pierre Assouline, « Métronome dites-vous ? », L'Histoire, no 377, juin 2012, p. 98, [lire en ligne].
  15. L'historien Jean-Jacques Becker écrit, à propos d'un numéro de cette émission consacré à Clemenceau (Clemenceau contre la paix, novembre 2011) qui en fait un belliciste acharné, que cette thèse relève selon lui du « mensonge grossier » et que, « pour donner plus de poids à leur démonstration, les auteurs ont fait figurer dans leur émission de vrais historiens - dont l'auteur de ces lignes à qui on n'avait pas dévoilé l'objet réel de cette émission et dont on a conservé quelques phrases ou quelques mots sans rapport avec lui. » (Jean-Jacques Becker, « L'offense faite à Clemenceau », L'Histoire, n°371, janvier 2012, p.29).
    Pierre Assouline conclut de même que « si d'aventure les historiens acceptent de se produire dans ces entreprises, ils seraient bien inspirés de demander à pouvoir contrôler le résultat final lorsqu'il s'agit d'un enregistrement » (Pierre Assouline, « Métronome dites-vous ? », L'Histoire, n°377, juin 2012, p. 98).
    Philippe Oriol souligne en revanche à propos d'un numéro consacré à l'affaire Dreyfus auquel il avait lui-même participé mais dont il écrit avoir « craint le pire », qu'elle « [offrait] une narration plutôt exacte même si elle [souffrait] d’être simplifiée à l’extrême, [laissait] se déverser une cascade de raccourcis et d’approximations et [pâtissait] d’un ton souvent très « émission de faits divers »… mais la télévision a nécessairement des raisons que l’histoire ignore. » (Philippe Oriol, « L’affaire Dreyfus à la télévision : à propos de L’Ombre d’un doute du lundi 4 mai 2015 », 4 mai 2015).
    Le numéro consacré en mars 2012 à Robespierre : bourreau de la Vendée ? fait l'objet de sévères critiques des historiens, comme Marc Belissa et Yannick Bosc pour qui « La télévision de service public – qu’elle en soit remerciée – a ainsi tout mis en œuvre pour offrir une leçon d’anti-méthode historique à montrer à tous les étudiants de licence. Ils ont là matière à réfléchir sur ce qu’il ne faut pas faire, sur ce qui distingue l’histoire fondée sur les méthodes scientifiques et l’histoire qui se contente de mettre en scène un discours politique recuit mais probablement « vendeur » » (Marc Belissa, Yannick Bosc, « Robespierre, bourreau de la Vendée ? » : une splendide leçon d’anti-méthode historique).
  16. Emmanuelle Litaud, « Franck Ferrand, la nouvelle voix du Tour de France », sur tvmag.lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le 31 mars 2017)
  17. a et b lefigaro.fr, « Alésia : pourquoi l'archéologie ne prouve rien » (consulté le 10 juillet 2016).
  18. Michel Reddé, Alésia : l'archéologie face à l'imaginaire, Paris, Errance, coll. « Hauts lieux de l'histoire », , 2e éd., 209 p. (ISBN 978-2-87772-484-5), chap. III (« Le dossier archéologique d'Alise-Sainte-Reine »), p. 125-200.
  19. lefigaro.fr, « Site d'Alésia : admettons la vérité ! » (consulté le 10 juillet 2016).
  20. lefigaro.fr, « Non Franck Ferrand, le site d'Alésia n'est pas une « supercherie » » (consulté le 10 juillet 2016).
  21. Le Figaro.fr. Figaro Vox Histoire. Publié le 27/05/2014, [lire en ligne].
  22. lefigaro.fr, « Site d'Alésia : la mauvaise foi des mandarins » (consulté le 10 juillet 2016).
  23. L'Est républicain, novembre 2016 : 25 archéologues comtois enfoncent le clou pour démonter la thèse de l’Alésia dans le Jura.
  24. Antoine Bourguilleau, « Les contre-vérités historiques de Franck Ferrand sur le Tour de France », Slate.fr,‎ (lire en ligne).
  25. Who's who in France, 2010.

Liens externes

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