Accords de Munich

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les accords de Munich furent signés entre l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie représentés respectivement par Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini (qui s'était commis en intermédiaire) à l'issue de la conférence de Munich, tenue du 29 au . On notera l'absence planifiée du président tchécoslovaque, Edvard Beneš, et du secrétaire général du parti communiste de l'Union soviétique, Joseph Staline, qui ne furent pas invités.

Ces accords avaient pour but de terminer la crise des Sudètes mais, indirectement, ils scellent la mort de la Tchécoslovaquie comme État indépendant, en permettant à Hitler d'annexer les régions peuplées d'Allemands de la Tchécoslovaquie. Les accords de Munich sont considérés comme ayant mis un terme à la première République tchécoslovaque, la « seconde République » ne vivant ensuite que quelques mois avant son démembrement.

Chamberlain, Daladier, Hitler et Mussolini le

De Versailles à Munich[modifier | modifier le code]

Même si l'on se réfère souvent au traité de Versailles, c'est en réalité le traité de Saint-Germain-en-Laye qui entérine la situation de fait depuis novembre 1918 qui a vu la proclamation de la République tchécoslovaque. Il fait droit à la revendication des Tchèques et des Slovaques de se doter d'un pays sur une base nationale, selon le principe de Woodrow Wilson, du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Néanmoins, ce traité ignore délibérément le fait que les territoires de la Bohême, de la Moravie, de la Slovaquie, de la Ruthénie et de la Silésie incluent des minorités, voire parfois des majorités (les Allemands des Sudètes, les Hongrois au sud de la Slovaquie, les Polonais en Silésie). De plus, le « peuple » tchécoslovaque est une construction largement artificielle : autrefois unis au sein de la Grande-Moravie, les deux peuples sont depuis longtemps séparés :

  • les Slovaques viennent de passer presque 1 000 ans sous domination hongroise ;
  • les Tchèques ont passé autant de temps dans la sphère culturelle et politique allemande (les rois de Bohême sont vassaux puis princes-électeurs du Saint-Empire avant que la couronne ne passe à la maison d'Autriche, certains rois de Bohème ont même été empereurs.).

Ces destinées séparées ont créé de fait deux nations distinctes réunies de manière arbitraire pour justifier leur autonomie.

Les cartes présentées par les représentants tchèques, Karel Kramář et Edouard Beneš, à Saint-Germain, minimisent voire passent sous silence l'existence de ces minorités, cela devant la nécessité de défendre un État-nation où les Tchèques et les Slovaques combinés ne représentent qu'à peine plus de 50 % de la population, au côté des Hongrois, des Allemands (Sudètes), des Juifs germanisés, des Polonais, des Ruthènes et des Roms, qui habitent les vestiges d'un empire multiculturel et multi-ethnique.

La crise des Sudètes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise des Sudètes.

En novembre 1918, les Allemands des Sudètes deviennent une minorité au sein de l'État tchécoslovaque nouvellement créé. Les députés les représentant refusent l'adhésion au nouvel État, exigent le rattachement de leurs régions à l'État autrichien et établissent quatre gouvernements régionaux :

  • Böhmerwaldgau – au sud de la Bohême, demandant son rattachement au Kreis d'Oberösterreich (la Haute-Autriche) ;
  • Deutschböhmen – au nord-ouest de la Bohême ;
  • Sudetenland – en Moravie du nord et Silésie autrichienne (historiquement la Région des Sudètes) ;
  • Südmähren – en Moravie du sud demandant son rattachement au Kreis de Niederösterreich (la Basse-Autriche).

Collectivement, ces régions sont appelées la Région des Sudètes. Les citoyens de nationalité allemande sont 3 millions dans un pays de 15 millions d’habitants.

Cependant, jusqu'en 1935 au parlement tchécoslovaque, ce n'est qu'une minorité des députés germanophones des Sudètes qui demande la sécession complète de leur région, certains Allemands des Sudètes participant même aux coalitions gouvernementales.

La crise économique de 1929 a une influence importante dans les régions industrielles des Sudètes où le chômage s'élève très rapidement, accentuant les conflits nationalistes. L'opposition entre les Allemands et les Tchèques s'intensifie tout au long des années 1930, ponctuée par les bouleversements qui surviennent en Allemagne à la suite de la prise du pouvoir par Hitler en 1933. La minorité allemande (majoritaire dans les régions concernées), emmenée par le nazi Konrad Henlein amplifie ses exigences et la crise éclate après l'Anschluss[1] de l'Autriche au Reich en 1938. Il est alors évident que la prochaine exigence de Hitler sera le rattachement de la Région des Sudètes.

La crise atteint son paroxysme lorsqu'Hitler, invoquant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, annonce qu'il annexera cette région, quoi qu'il arrive, le , en sachant parfaitement que cela équivaut à une déclaration de guerre avec la France et le Royaume-Uni, nations alliées de la Tchécoslovaquie.

La France mobilise alors ses troupes alors que, sur proposition de Benito Mussolini, Hitler décide d’organiser une conférence de la dernière chance.

La conférence de Munich[modifier | modifier le code]

À son retour à Londres le 30 septembre 1938, Neville Chamberlain brandissant devant la foule le document qui atteste de l'accord de Munich.

La France a un traité d'alliance avec la Tchécoslovaquie, mais n'est pas prête pour la guerre. La France de Daladier est à la veille d'élections, ce qui est une situation peu favorable à une opération militaire d'envergure, et elle ne souhaite pas entrer en guerre sans la présence du Royaume-Uni à ses côtés. Hitler a largement surestimé l'étendue du réarmement allemand[réf. souhaitée] et pousse au conflit, ralenti en cela par Mussolini, réticent lui aussi à un conflit européen et qui le pousse à négocier dans le cadre d'une conférence. Elle se tient à Munich en septembre 1938.

La France abandonne la Tchécoslovaquie avec laquelle elle avait passé des accords pour garantir ses frontières. En France, les accords de Munich font consensus. La majorité des hommes politiques sont « munichois », les « antimunichois » sont dispersés sur « l'échiquier politique ». La droite modérée (sauf le député Henry de Kérillis) et la gauche (SFIO et radicaux) approuvent (sauf Jean Bouhey, député SFIO de la Côte d'Or ; Léon Blum, quant à lui, est partagé entre « un lâche soulagement et la honte »[2]) la signature par le radical-socialiste Édouard Daladier, président du Conseil. Seuls les communistes votent contre la ratification des accords à l'assemblée, ce qui provoque la fin officielle du Front populaire, lequel n'existait déjà plus dans les faits : Daladier rompt avec les communistes.

Cependant, à son retour en France, Daladier pensait être hué pour avoir cédé à Hitler, les accords de Munich livrant aux nazis la Tchécoslovaquie sans presque rien demander en échange sinon de vagues promesses de paix. Mais à sa sortie de l'avion le ramenant vers Paris, Daladier est vivement acclamé, à sa grande surprise, pour avoir « sauvé la paix[3] ».

Au Royaume-Uni, Chamberlain est accueilli en héros à sa descente d'avion au retour de Munich (il est même surnommé « The peacemaker »). Les opinions publiques ont conscience qu'on vient de frôler un conflit majeur, elles sont soulagées et reconnaissantes de ces accords de paix, où de nombreux commentateurs ne voient pourtant qu'un compromis lâche et dilatoire.

Les accords prévoient l'évacuation du territoire des Sudètes par les Tchèques avant le et son occupation progressive par les troupes allemandes et la rétrocession d'une partie de la Silésie à la Pologne (906 km2 - 258 000 habitants).

En plus de ces accords, Chamberlain repart avec une résolution supplémentaire entre le Royaume-Uni et l'Allemagne engageant les parties à négocier de manière pacifique leurs différends futurs. C'est ce document que l'on voit Chamberlain brandir à son arrivée à Londres lors de l'accueil triomphal qui lui fut fait.

Le gouvernement tchécoslovaque capitule le et se soumet aux termes des accords de Munich. Le président Beneš démissionne le 5 octobre.

Cette dure crise permet aux gouvernements démocrates de mieux prendre la mesure du danger représenté par Adolf Hitler.

Winston Churchill déclare dans le Times du 7 novembre 1938 : « Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre »[4].

Les conséquences[modifier | modifier le code]

Le démembrement de la Tchécoslovaquie :
1. L'Allemagne occupe les Sudètes (octobre 1938).
2. La Pologne envahit la région de Zaolzie (Teschen) (octobre 1938).
3. La Hongrie occupe le sud de la Slovaquie (novembre 1938).
4. Autonomie de la Ruthénie subcarpathique (novembre 1938).
5. L'Allemagne occupe et satellise le Protectorat de Bohême-Moravie (mars 1939).
6. L'Allemagne satellise la République slovaque (mars 1939).

Immédiates[modifier | modifier le code]

Le démantèlement de la Tchécoslovaquie[modifier | modifier le code]

L'occupation des territoires sudètes a pour conséquence l'expulsion des habitants tchèques de ces régions. Selon les sources, entre 150 000 et 250 000 Tchèques quittent les territoires accordés à l'Allemagne.

Le , la Pologne donne un ultimatum au gouvernement tchécoslovaque et occupe les territoires contestés de la Zaolzie (région de Český Těšín).

En quelques semaines, la Tchécoslovaquie perd 41 098 km2 et 4 879 000 habitants[5]

La Tchécoslovaquie perd surtout ses défenses militaires. L'équivalent de la ligne Maginot ayant été construit en grande partie aux marges sudètes du pays, elle se retrouve désormais aux mains du Reich. Sans cette ligne de défense, l'indépendance du pays est plus théorique que réelle ; elle dépend entièrement du bon vouloir nazi et des puissances occidentales qui ont garanti ses frontières lors des accords de Munich.

Le désillusion des Tchèques vis-à-vis des alliés est immense et s'exprime brutalement dans la Presse, sous les expressions redondantes de la « trahison de l'Ouest », « sur nous (à notre sujet) sans nous », la « trahison de Munich » ou encore la « trahison des alliés ».

En , les armées du Reich, violant délibérément les accords passés six mois plus tôt, à Munich, envahissent et occupent le reste de la Bohême et de la Moravie en y établissant le Protectorat de Bohême-Moravie, alors que la République slovaque devient un État « indépendant », contrôlé par le Reich allemand, sous la houlette de Mgr Tiso. Le Royaume-Uni et la France commencent alors la mobilisation de leurs troupes, même si aucune action concrète n'est prise. Le , c'est l'invasion de la Pologne par Hitler, décidée secrètement et de manière coordonnée avec l'Union Soviétique une semaine plus tôt[note 1], qui marquera le début de la Seconde Guerre mondiale.

Une nouvelle donne internationale[modifier | modifier le code]

En préparation d'un affrontement que beaucoup redoutaient, les puissances européennes avaient mis leurs armées sur le pied de guerre pour la première fois depuis la Première Guerre mondiale. Si un accord a été trouvé mettant un terme temporaire à la question sudète, et la guerre évitée, il est néanmoins clair que le pire est à venir. La France modifie alors sa loi de programmation militaire pour renforcer son équipement.

Une autre conséquence majeure passe inaperçue et sera, pourtant, lourde de conséquences. Les Allemands, en occupant la Tchécoslovaquie, mettent la main sur les entreprises tchèques d'armement, Skoda en particulier. Les chars tchèques sont de meilleure qualité que les blindés allemands, majoritairement légers en 1939. Certaines divisions, comme la 7e Panzerdivision de Rommel, seront équipée essentiellement de chars LT-35 et LT-38[note 2]. En cédant face à Hitler, les futurs alliés renforcent son prestige et sa mainmise sur l'Europe centrale mais aussi sa force militaire brute avec l'apport de près de 400 chars largement supérieurs aux 1 400 Panzer I et II.

La France et le Royaume-Uni sont discrédités sur le plan international. L'Union soviétique peut voir dans ces accords le risque d'un front commun occidental contre elle. Cette situation internationale nouvelle mènera aux négociations conduisant au pacte germano-soviétique d'août 1939.

En Allemagne, du fait de ses succès en politique extérieure sans guerre, le prestige d'Hitler devient immense et fait taire les derniers opposants, notamment dans l'armée, qui avaient critiqué Hitler comme un aventurier dont la politique conduirait à des catastrophes. Ainsi les Accords de Munich font avorter un premier projet de coup d'État militaire contre Hitler.

L'expulsion des Sudètes par la Tchécoslovaquie d'après le conflit mondial (1945-1947)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décrets Beneš.

Souvent associée aux décrets Beneš, l'expulsion et la « relocalisation » des Allemands des Sudètes est une décision de la conférence de Potsdam en 1945, laquelle ordonne le transfert de quelque 11 millions d'Allemands de Tchécoslovaquie, Pologne et Hongrie.

La Tchécoslovaquie expulse donc, entre 1945 et 1947, trois millions de ses ressortissants allemands, tous soupçonnés d'avoir soutenu le régime nazi ou le parti allemand pro-nazi de Konrad Henlein, à l'exception des combattants antinazis et des personnes rendues indispensables de par leurs qualifications, soit 250 000 personnes et près de 10 % du total.

Les biens de ces Allemands sont confisqués par les décrets Beneš, et ces citoyens déchus de leur nationalité tchécoslovaque.

Un accord entre l'Allemagne[Qui ?] et la Tchécoslovaquie est signé le , qui reconnaît la nullité juridique des accords de Munich, sans toutefois en préciser les effets[6].

La question des restitutions[modifier | modifier le code]

Ces décrets ont eu, longtemps après guerre, une influence sur les relations entre la Tchécoslovaquie, devenue ensuite République tchèque et ses voisins autrichien et allemand qui, bien que leurs gouvernements respectifs considèrent la question close, sont restés soumis aux pressions des associations de déplacés (notamment en Bavière), lesquelles revendiquent la révocation de ces décrets. Le vieillissement et la disparition progressive des personnes ainsi expulsées, ainsi que l'entrée de la République tchèque dans l'Union européenne tendent à rendre progressivement ces revendications obsolètes.

Les problèmes juridiques soulevés par les décrets Beneš ont été à nouveau l'objet de débat, en République tchèque comme en Allemagne, lors de l'entrée du pays dans l'Union européenne en 2004. Le gouvernement tchèque négocie une exemption aux principes européens de libre marché et interdit pour une période supplémentaire de dix ans l'achat de biens fonciers par des citoyens européens. L'une des raisons mises en avant est la crainte que les exilés sudètes puissent revenir en masse et profiter des prix fonciers dévalorisés pour racheter les biens familiaux dans les régions fragilisées.

Le texte des accords de Munich[modifier | modifier le code]

Édouard Daladier signe l'accord de Munich

Accord conclu à Munich pour le règlement du conflit germano-tchécoslovaque.

(Le 29 septembre 1938, entre l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie.)

Les quatre puissances : Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, tenant compte de l'arrangement déjà réalisé en principe pour la cession à l'Allemagne des territoires des Allemands des Sudètes, sont convenues des dispositions et conditions suivantes réglementant ladite cession, et des mesures qu'elle comporte. Chacune d'elles, par cet accord, s'engage à accomplir les démarches nécessaires pour en assurer l'exécution :

1. L'évacuation commencera le 1er octobre.

2. Le Royaume-Uni, la France et l'Italie conviennent que l'évacuation du territoire en question devra être achevée le 10 octobre, sans qu'aucune des installations existantes ait été détruite. Le gouvernement tchécoslovaque aura la responsabilité d'effectuer cette évacuation sans qu'il en résulte aucun dommage aux dites installations.

3. Les conditions de cette évacuation seront déterminées dans le détail par une commission internationale, composée de représentants de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de la France, de l'Italie et de la Tchécoslovaquie.

4. L'occupation progressive par les troupes du Reich des territoires à prédominance allemande commencera le 1er octobre. Les quatre zones indiquées sur la carte ci-jointe seront occupées par les troupes allemandes dans l'ordre suivant :

  • la zone 1, les 1er et 2 octobre ;
  • la zone 2, les 2 et 3 octobre ;
  • la zone 3, les 3, 4 et 5 octobre ;
  • la zone 4, les 6 et 7 octobre.

Les autres territoires à prépondérance allemande seront déterminés par la commission internationale et occupés par les troupes allemandes d'ici au 10 octobre.

5. La commission internationale mentionnée au paragraphe 3 déterminera les territoires où doit être effectué un plébiscite.

Ces territoires seront occupés par des contingents internationaux jusqu'à l'achèvement du plébiscite. Cette commission fixera également les conditions dans lesquelles le plébiscite doit être institué, en prenant pour base les conditions du plébiscite de la Sarre. Elle fixera, en outre, pour l'ouverture du plébiscite, une date qui ne pourra être postérieure à la fin du mois de novembre.

6. La fixation finale des frontières sera établie par la commission internationale. Cette commission aura compétence pour recommander aux quatre puissances : Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie, dans certains cas exceptionnels, des modifications de portée restreinte à la détermination, strictement ethnologique, des zones transférables sans plébiscite.

7. Il existera un droit d'option permettant d'être inclus dans les territoires transférés ou d'en être exclu.

Cette option s'exercera dans un délai de six mois à partir de la date du présent accord. Une commission germano-tchécoslovaque fixera le détail de cette option, examinera les moyens de faciliter les échanges de populations et réglera les questions de principe que soulèveront lesdits échanges.

8. Le gouvernement tchécoslovaque libérera, dans un délai de quatre semaines à partir de la conclusion du présent accord, tous les Allemands des Sudètes des formations militaires ou de police auxquelles ils appartiennent, dans la mesure où ils désireront cette libération.

Dans le même délai, le gouvernement tchécoslovaque libérera les prisonniers allemands des Sudètes qui accomplissent des peines pour délits politiques.

Munich, le 29 septembre 1938.

Le chancelier du Reich,
Adolf Hitler.

Le premier ministre du Royaume-Uni,
Neville Chamberlain.

Le président du Conseil français,
Édouard Daladier.

Le chef du gouvernement italien,
Benito Mussolini.

Annexes de l'accord[modifier | modifier le code]

Annexe première

Le gouvernement de Sa Majesté dans le Royaume-Uni et le gouvernement français ont conclu l'accord ci-dessus, étant entendu qu'ils maintiennent l'offre contenue dans le paragraphe 6 des propositions franco-britanniques du 19 septembre 1938, concernant une garantie internationale des nouvelles frontières de l'État tchécoslovaque contre toute agression non provoquée.

Quand la question des minorités polonaise et hongroise en Tchécoslovaquie aura été réglée, l'Allemagne et l'Italie, pour leur part, donneront également une garantie à la Tchécoslovaquie.

Annexe II

Les chefs des gouvernements des quatre puissances déclarent que le problème des minorités polonaise et hongroise en Tchécoslovaquie, s'il n'est pas réglé dans les trois mois par un accord entre les gouvernements intéressés, fera l'objet d'une autre réunion des chefs des gouvernements des quatre puissances aujourd'hui assemblés.

Annexe III

Toutes les questions qui pourront naître du transfert du territoire sudète seront considérées comme du ressort de la commission internationale.

Annexe IV

Les quatre chefs des gouvernements ici réunis sont d'accord pour que la commission internationale prévue à l'accord en date de ce jour soit composée du secrétaire d'État à l'Office des affaires étrangères, des trois ambassadeurs accrédités à Berlin, et d'un membre à nommer par le gouvernement tchécoslovaque.

(Sous réserve de traduction conforme).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'Union soviétique entre effectivement en Pologne le pour annexer l'autre moitié du pays.
  2. Ces chars LT-38 tchécoslovaques sont rebaptisés Panzerkampfwagen 38(t) par les Allemands.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Littéralement, cela signifie le « rattachement », mais peut aussi vouloir dire « l'annexion ».
  2. Jean Lacouture, Léon Blum, éditions du Seuil, 1977
  3. Il n'existe à notre connaissance aucun témoignage historique fiable confirmant la réplique « les cons ! » adressée à Alexis Léger qui le suivait, que Jean-Paul Sartre lui met entre les lèvres dans le deuxième tome Le Sursis de son roman Les Chemins de la liberté, Gallimard (1945-1949) : citation reprise en quatrième de couverture de l'édition "Folio", 1976. Pierre Mendès France prétend avoir entendu cette réplique dans la bouche de Daladier, un jour où il était allé le voir et l'avait interrogé sur son sentiment (Entretiens avec Jean Lacouture , AUDIO 1980-1981, Novembre 2006, éditeur : Frémeaux et associés).
  4. (en)« They had to choose between war and dishonor. They chose dishonor; they will have war. » Hyde, Harlow A. (1988). Scraps of paper: the disarmament treaties between the world wars. pgae 307: Media Publishing & Marketing, U.S.. p. 456. ISBN 978-0-939644-46-9.
  5. František Čapka: Dějiny zemí koruny české v datech, ISBN 80-7277-000-4, str. 683
  6. Nguyen Quoc Dinh, Droit international public, LGDJ, 1999, p. 209

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Torsten Hartleb, La France antimunichoise. Genèse, phénoménologie et fonction décisionnelle d'un complexe historique en 1947/48, Éditions Carsten Drecoll, Fribourg (Allemagne), 2007, ISBN 978-3-939380-01-6
  • Pierre Miquel, Le piège de Munich, Éditions Denoël, 1998. ISBN 978-2-207-24786-0
  • Jean-Paul Sartre, Le Sursis, 2e tome des Chemins de la liberté, 1945.
  • Geneviève Valette et Jacques Bouillon, Munich 1938, collection kiosque, Armand Colin, 1964. (Étude de l'attitude de l'opinion devant ces accords).
  • Michel Winock, Nora Benkorich, "La Trahison de Munich: Emmanuel Mounier et la grande débâcle des intellectuels", CNRS éditions, 2008, ISBN 978-2-271-06709-8.