Étienne Dujardin-Beaumetz

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Étienne Dujardin-Beaumetz
Étienne Beaumetz
Dujardin Beaumetz, Henri.jpg
Naissance
Décès
(à 60 ans)
La Bezole
Nom de naissance
Henri Charles Étienne Dujardin-Beaumetz
Nationalité
Activité
Lieu de travail
Conjoint
Marie Petiet (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata

Henri Charles Étienne Dujardin-Beaumetz[1], connu aussi en tant qu'artiste-peintre sous le pseudonyme Étienne Beaumetz[2],[3] est un artiste-peintre et un homme politique français né le 29 septembre 1852 à Passy[1] et mort le 27 septembre 1913 à La Bezole (Aude)[4],[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Étienne est le fils de Thadée Urbain Hippolyte Dujardin-Beaumetz, médecin, maire adjoint du 10e arrondissement de Paris en 1848, puis préfet du Puy-de-Dôme, et de Clémence Lepère[6].

Il participe en tant que volontaire à la guerre de 1870 ce qui influence sa carrière de peintre, il se consacre à la peinture de sujets militaires. Il sera ainsi amicalement surnommé le capitaine des pompiers de Montretout.

Il est formé à l'École des Beaux-Arts par Louis Roux et le peintre Alexandre Cabanel[3],[7], puis Émile Bin[8], il est installé près de Montmartre.

Il participe à l'amélioration de la condition des artistes par la création de la société libre des artistes français et par la revue l'Art Libre dont il est cofondateur avec Numa Coste, Émile Zola, Paul Alexis et Marius Roux[9].

Il épouse la peintre Marie-Louise Petiet, artiste Limouxine, le 4 février 1886 à Paris dans le 16e arrondissement[6], puis s'installe dans l'Aude. Il est l'oncle du peintre Rose Dujardin-Beaumetz[10],[11].

Son portrait a été réalisé par Adolphe Déchenaud en 1906, il est conservé au Musée d'Orsay[12].

Le peintre[modifier | modifier le code]

Salut à la victoire

Il expose dès 1875.

  • 1875 - En reconnaissance à Ville-Evrard, siège de Paris, 1870
  • 1876 - Les Mobiles évacuant le plateau d'Avron pendant le bombardement
  • 1877 - L'Infanterie de soutien
  • 1877 - En Retraite
  • 1879 - L'attaque d'un château
  • 1880 - Les voilà ! 1870[13] qui lui vaut une médaille
  • 1881 - Le Bataillon Des Gravilliers Pour La Frontiere[14]
  • 1882 - Le général Lapasset brûlant son drapeau, Musée Petiet de Limoux[15]
  • 1883 - Les libérateurs
  • 1884 - La garnison quittant Belfort
  • 1884 - A Champigny
  • 1885 - A la baïonnette
  • 1885 - La dernière faction
  • 1887 - Ils ne l'auront pas
  • 1888 - Salut à la victoire (Bataille de Coulmiers)

Il reçoit une mention à l'Exposition universelle de 1889, date à laquelle il abandonne la peinture pour la politique[16].

L'homme politique[modifier | modifier le code]

Dès 1891 Henri Dujardin-Beaumetz s’interroge sur le rôle que l’État doit jouer en matière d’art, il pense qu’ « il y a, depuis bien longtemps, dans notre pays, un malentendu sur le rôle que l’État doit jouer en matière d’art : les uns pensent que l’État doit diriger le mouvement artistique du pays ; les autres estiment qu’il n’y a qu’à le suivre en l’encourageant. La tradition en vertu de laquelle l’État croit devoir diriger l’art date de Colbert. Les défenseurs de l’art officiel ont pensé que, de même que l’État était avec raison, pour l’instruction publique, l’éducateur de la nation, il lui appartenait de diriger les tendances artistiques du pays dans ce qu’il croyait être le beau et le vrai. L’art officiel n’a jamais développé ses élus qu’en écrasant leurs adversaires, et pour qu’il eût le droit d’agir ainsi il eût fallu que ses représentants eussent la certitude qu’ils étaient en possession de la formule définitive. »[17]

Radical et franc-maçon notoire, affilié à la loge La clémente Amitié[18], le 3 juillet 1905, Henri Dujardin-Beaumetz a voté pour la Loi de séparation des Églises et de l'État[19], étant un farouche anti-clérical depuis le début de sa carrière politique[20].

Il est photographié en octobre 1910 lors de la Rentrée des Chambres (photo de press, Agence Rol)[21].

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1891 - Rapport : Création d'un régiment d'infanterie subdivisionnaire, Paris, Motteroz[22]
  • 1891 - Rapport : Organisation des régiments régionaux d'infanterie, Paris, Motteroz[23]
  • 1892 - Proposition de loi concernant la liberté des théâtres, présentée par MM. Gustave Isambert et Dujardin-Beaumetz, Paris, Motteroz[24]
  • vers 1899 - Proposition de loi ayant pour objet le transfert au Panthéon des restes de Rude, David d'Angers, Ingres, Delacroix et Berlioz présentée par M. Dujardin-Beaumetz, Paris, Motteroz[25]
  • 1905 - Discours et articles de journaux prononcés et publiés à l'occasion des obsèques de M. Antonin Proust (1832-1905) par Jules Claretie, Disleau et H.-C.-E. Dujardin-Beaumetz, Niort impr de T. Mercier[26]
  • 1907 - Congrès des sociétés savantes à Montpellier. Discours prononcé à la séance générale du congrès, le 6 avril 1907, par M. Dujardin-Beaumetz, Imprimerie nationale[27]
  • 1913 - Entretiens avec Rodin[28], imprimer après décès par son frère François DB.
  • 1913 - Discours de 1905 à 1911, Paris, P. Dupont[29],[30]

imprimer après décès par son frère François DB.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Dans le Mercure de France du 1er juin 1917, Eugène Montfort évoque l'anecdote suivante, racontée à lui par Octave Mirbeau à propos d'Eugène Dujardin-Beaumetz : — « Vous connaissez son histoire ?… C’était un pauvre peintre qui faisait des chasseurs à pied… qu’il ne vendait pas… Un jour, il peint des chasseurs à pied à l’assaut de n’importe quoi… Il y avait un général… La veuve du général voit la toile au Salon, trouve le général d’une ressemblance extraordinaire, achète le tableau, veut voir le peintre… Au bout de quinze jours, elle l’épouse. Elle meurt. Elle avait douze millions, qu’elle lui laisse… Là-dessus, Dujardin-Beaumetz va dans son pays, jette de l’argent partout, et, aux élections suivantes, il est élu… »

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mairie de Paris, Fichiers alphabétiques de l’état civil reconstitué (XVIe siècle-1859) V3E/N 801
  2. (fr) (notice BnF no FRBNF12445031)
  3. a et b (fr) « Sénat - Ancien sénateur de la IIIe République », sur www.senat.fr
  4. (fr) « Le Cornet - 1913 - Nécrologie », sur gallica.bnf.fr
  5. (fr) « Le Monde artiste - 1913 - Nécrologie », sur gallica.bnf.fr
  6. a et b Mairie de Paris, Registres d'actes d'état civil (1860-1902), acte de mariage, 16e arr., 04/02/1886, registre V4E 7292, acte no 53, Note : sur cet acte la mère d'Étienne est notée Clémence Lepère ou Le Père
  7. (en) « Union List of Artist Names », sur www.getty.edu
  8. Paul Milliet, Une Famille de républicains fouriéristes, les Milliet, t. II, 2e édition, Paris, 1916, p. 251.
  9. (fr) « INHA Dictionnaire critique des historiens de l’art », sur www.inha.fr
  10. « Notice Étienne », sur http://www.musee-orsay.fr
  11. (fr) « Notice Rose », sur www.musee-orsay.fr
  12. (fr) « Adolphe Déchenaud - Etienne Dujardin-Beaumetz en 1906 », sur http://www.musee-orsay.fr
  13. (fr) Notice no ARCG0445, base Archim, ministère français de la Culture
  14. (fr) « Le Bataillon Des Gravilliers Pour La Frontiere », sur www.artrenewal.org
  15. (en) « General Lapasset (1817-75) burning his flags, 26th October 1870, 1882 (oil on canvas) », sur www.bridgemanart.com
  16. (fr) « Henri, Charles, Etienne DUJARDIN-BEAUMETZ », sur www.assemblee-nationale.fr
  17. Annales de la Chambre des Députés, Débats parlementaires, séance du 12 novembre 1891, discussion du budget des Beaux-Arts, p. 309, cité in Myriam Chimènes, op. cit., p. 485-486.
  18. Arnaud de l'Estoile, Pierre Plantard, Pardès éd., coll. "Qui suis-je", Grez-sur-Loing, 2014, p. 80.
  19. (fr) « Loi de 1905 arrow Biographies des parlementaires », sur www.laicite-laligue.org
  20. Voir son affiche électorale de 1889 aux archives départementales de l'Aude, dossier 3MD203-204.
  21. (fr) « Rentrée des Chambres, octobre 1910, Mr Dujardin-Baumetz : photographie de presse / Agence Rol », sur gallica.bnf.fr
  22. (fr) (notice BnF no FRBNF30371161)
  23. (fr) (notice BnF no FRBNF30371162)
  24. (fr) (notice BnF no FRBNF30371163)
  25. (fr) (notice BnF no FRBNF30371166)
  26. (fr) (notice BnF no FRBNF30371159)
  27. (fr) (notice BnF no FRBNF30371160)
  28. (fr) (notice BnF no FRBNF32054689)
  29. (fr) « Le Palais Garnier dans la société parisienne: 1875-1914 Par Frédérique Patureau (p. 25) », sur books.google.fr
  30. (fr) (notice BnF no FRBNF32054690)
  31. « Portrait de Dujardin-Beaumetz », notice no 000PE018212, base Joconde, ministère français de la Culture

Sources biographiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]