Le Temps (1861-1942)

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À la une, le voyage du capitaine Binger au Soudan français (mars 1890)

Le Temps est un quotidien français, aujourd'hui disparu, publié à Paris du 25 avril 1861 au 29 novembre 1942[1].

Il ne doit pas être confondu avec le quotidien Le Temps publié de 1829 à 1842.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le journal fut fondé au 10 rue du Faubourg Montmartre (jusqu'en décembre 1884 puis au 5 boulevard des Italiens) par Auguste Nefftzer, journaliste français qui le dirigea pendant 10 ans, avant de céder la place à Adrien Hébrard. S'inspirant à l'origine de la philosophie libérale à forte tendance protestante de son fondateur, le journal connut des débuts difficiles et dut être soutenu financièrement par des industriels alsaciens, amis de Nefftzer. Mais, journal sérieux et très bien fait, le Temps vit son tirage croître, passant d'à peine 3 000 exemplaires en 1861 à 11 000 exemplaires en 1869, et à 22 000 exemplaires en 1880, devenant le journal le plus important de la Troisième République et s'imposant comme le journal de référence destiné aux élites[2].

À partir de 1870, le journal pratique l'anonymat de la rédaction politique, ce qui lui permettra longtemps de marquer son indépendance et de faire autorité face à ses grands concurrents, Le Figaro et le Journal des débats. L'édition de Paris est suspendue du 7 au 19 mai 1871, par la Commune, mais la publication de l'édition de Saint-Germain, mise en place en prévision, continue. C'est l'un des deux quotidiens français à l'époque les plus tournés vers l'actualité internationale, avec le quotidien monarchiste modéré Le Soleil[3]. L'information est jugée de qualité, sérieuse et objective, principalement à ses débuts, avant d'être classée plutôt au centre gauche lorsque Nefftzer le cède à Hébrard en 1873 puis républicain conservateur. Il atteint 30 000 exemplaires en 1914[2].

Pendant l'entre-deux-guerres, les fils d'Adrien Hébrard se succèdent à la direction du journal : Émile jusqu'en 1925, Adrien jusqu'en 1929, année où il cède toutes ses parts à l'homme politique Louis Mill. Au décès de ce dernier, le public apprend dans une lettre découverte dans un de ses coffres qu'il est le prête-nom d'un « consortium » regroupant des organisations patronales, le Comité des forges, le Comité des Houillères, l'Union des industries métallurgiques et minières et la Confédération générale du patronat français[4]. Dès lors, la gauche et l'extrême droite identifient le journal au Comité des Forges bien que ces organisations ne soient pas représentées en tant que telles dans le quotidien mais « par des particuliers ou par quelques sociétés agissant à titre individuel »[5]. Il devient par la suite le quotidien officieux du Quai d'Orsay : son approbation, par anticipation, de l'abandon de la Tchécoslovaquie à Munich en 1938 provoque la démission de son représentant à Prague, Hubert Beuve-Méry.

Le 28 novembre 1942, en réponse à l'invasion allemande de la zone Sud, les deux codirecteurs, Jacques Chastenet et Émile Mireaux, sabordent le journal.

La rédaction du Temps était située 5 rue des Italiens à Paris (photo prise en 2015).

Après guerre, le journal étant accusé de collaboration, ses locaux situés 5 rue des Italiens sont réquisitionnés et son matériel est saisi ; Le Monde, qui commence à paraître en 1944, sera le bénéficiaire de cette confiscation : la typographie et le format resteront longtemps hérités du Temps.

Hubert Beuve-Méry fera de son nouveau quotidien un journal de référence, jouissant d'une grande notoriété à l'étranger.

Journalistes y ayant travaillé[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Eveno: Histoire du journal Le Monde : 1944-2004. Bibliothèque Albin Michel Histoire.2004.
  2. a et b Patrick Eveno, Le journal Le Monde : une histoire d'indépendance, Odile Jacob,‎ 2001 (lire en ligne), p. 23
  3. "Des petits journaux au grandes agences", par Michaël Palmer, page 124
  4. Christophe Charle, Le Siècle de la presse (1830-1939), Éditions La Martinière,‎ 2004, p. 221
  5. Jean-Noël Jeanneney, François de Wendel en République : l'argent et le pouvoir, 1914-1940, Librairie Académique Perrin,‎ 2004, p. 461
  6. Anatole France, La Vie littéraire [4 séries], Paris, Calmann-Lévy,‎ 1888-1895

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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