Auguste Isaac (député du Rhône)

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Auguste Isaac
Illustration.
Auguste Isaac, ministre du Commerce (1920)
Fonctions
Député 1919-1924
Gouvernement IIIe République
Groupe politique ERD
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 88 ans)
Résidence Rhône

Auguste Paul Isaac, né le à Roubaix et mort le à Lyon, était président de la Chambre de commerce de Lyon, homme d’affaires et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille bourgeoise de Calais, Auguste Isaac arrive à Lyon en 1859 où son père, Louis Isaac, prend la direction de la maison de Lyon de l’entreprise de tulles et dentelles Dognin & Cie fondée en 1805 par Jean-Claude Dognin et auquel l'oncle de Louis, Augustin, est associé depuis 1891. Après avoir obtenu son baccalauréat au lycée Impérial (actuel lycée Ampère) et après un séjour de huit mois en Angleterre, Auguste devient dès 1869 salarié de Dognin & Cie. Par son mariage à Paris en 1873 avec Amélie Dognin, petite-fille de Jean-Claude, il devient doublement héritier de l'entreprise. Il en devient dirigeant associé et gravit un à un les échelons des instances économiques du département du Rhône[1]. Ayant cédé toutes ses parts dans l'entreprise Dognin & Cie à ses trois fils aînés et à un gendre (il a 11 enfants) dès 1911, il devient plus disponible pour s'investir dans des fonctions extérieures. Il est membre des conseils d’administration de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) ou de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez et siège dans différentes instances nationales (Conseil supérieur du travail, Conseil supérieur des colonies, etc.). Il devient l’un des porte parole du libre-échangisme et le représentant des intérêts du patronat face aux projets sociaux des gouvernements. Après la première guerre mondiale, fort d’une stature nationale dans le monde économique, il se rapproche de la Fédération républicaine du Rhône. Catholique libéral, rallié à la République non sans réticence[2], Auguste Isaac s’oppose tant à la droite intransigeante qu’il accuse de mener un combat d’arrière-garde – notamment en matière économique – qu’aux hommes et partis du catholicisme social (tel la Ligue de la jeune République ou le Parti démocrate populaire) faisant, selon lui, le jeu du socialisme. « Homme nouveau » dans le champ politique[3], il est choisi comme tête de la liste de l’Union des Comités Républicains par Pierre Lenail, principal animateur de l’Action libérale populaire dans le Rhône, sur les conseils du cardinal Louis-Joseph Maurin pour les élections législatives du 16 novembre 1919.

Élu[4], il acquiert rapidement une place importante à la Chambre. Principal porte-voix du courant de défense de la famille et du natalisme[5], Isaac devient ministre du Commerce et de l’industrie (1920-1921). Lors de l’agitation sociale qui secoue le pays en 1920 à partir de la grève générale lancé par la Confédération générale du travail des chemins de fer le 25 février et animés par les comités syndicalistes révolutionnaires de Gaston Monmousseau jusqu’à celles des mines du Nord-Pas-de-Calais, il se distingue en prônant ouvertement la répression du mouvement social avec André Maginot contre l’avis du ministre de l’Intérieur, Théodore Steeg[6]. Dans cette optique, il organise dans le Rhône l’Union Civique qui mobilise des élèves des grandes écoles pour remplacer les cheminots grévistes et militant pour poursuivre la CGT en justice afin de la dissoudre et de faire licencier l’ensemble des grévistes[7].

Devenant président de la Fédération républicaine en 1921 afin d'absorber les clientèles et les membres d’une Action libérale populaire déclinante, Auguste Isaac accentue le caractère d’une association de notables du parti en supprimant le congrès de 1922 qu’il remplace par des assemblées générales et en privilégiant les rencontres informelles entre élites politique et économique sur le comité directeur[8]. Battu aux législatives de 1924, Isaac n’arrive pas à positionner la Fédération républicaine face à la Ligue républicaine nationale fondée par Alexandre Millerand face au Cartel des gauches. Contesté en interne et lassé de sa fonction[9], la démission du secrétaire général, Maurice Holay lui donne l’occasion en juin 1925 de céder la place de président à Louis Marin qui engagera la Fédération Républicaine à raidir ses positions et à lui donner une assise militante. Dès lors, Auguste Isaac se retire définitivement de la vie politique pour se consacrer à ses diverses fonctions dans les milieux d’affaires.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Mandat électif[modifier | modifier le code]

Fonction gouvernementale[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (avec Paul Rougier) L’économie politique à Lyon, Lyon, Guillaumin, 1891.
  • Le musée historique des tissus de la chambre de commerce de Lyon, Lyon, Administration du bulletin des soies, 1913.
  • (avec Ennemond Morel) Les droits de la France dans le Levant, à l’issue de la guerre 1914-1915, Lyon, Rey, 1915.
  • La natalité française, Agen, imprimerie nouvelle, 1923.
  • « La terreur du surpeuplement », dans Revue politique et parlementaire, 1928.
  • Auguste Isaac. Journal d’un notable lyonnais 1906-1933 (textes annotés et choisis par Hervé Joly), Lyon, éditions BGA – Permezel, 596p, 2002.

Notice biographique[modifier | modifier le code]

  • « Auguste Isaac (député du Rhône) », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Régis Ladous, « Auguste Isaac et le catholicisme social », dans Colloque Rerum Novarum : 1891-1991, cent ans de catholicisme social à Lyon et dans la région, 1991.
  • Hervé Joly (dir.), Patronat, bourgeoisie, catholicisme et libéralisme : autour du journal d’Auguste Isaac, Lyon, LARHRA, 230p, 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est président de la Société d’économie mixte et de l’économie sociale en 1885 ; membre de la Chambre de commerce de Lyon en 1891 puis vice-président (1895) et président (1899-1911) à la suite d’Édouard Aynard ; président de la Chambre syndicale de la fabrique lyonnaise en 1887.
  2. Il avait été candidat en 1885 aux élections législatives à Lyon sur une liste monarchiste.
  3. Selon l’expression de : Laurent Bonnevay, Les mœurs politiques dans le département du Rhône au début du XXe siècle. 1898-1945, exemplaire dactylographié, non publié, 1950-1955. Extrait p.114.
  4. Il obtient d’ailleurs le meilleur score de la liste de l’Union des Comités Républicains (59 645 suffrages soit 39,96 % des suffrages). La liste de l’UCR qui regroupe la Fédération républicaine, l’Alliance démocratique, l’Action libérale populaire et les Radicaux indépendants obtient en moyenne 37,57 % des voix (7 élus), celle de la SFIO 24,94 % (3 élus), celle du Parti républicain, radical et radical-socialiste 24,63 % (2 élus), la liste des combattants 8,31 % et celle dîtes de Jean-Victor Augagneur 4,55 %.
  5. S’opposant à la théorie malthusienne, il voit dans une politique familiale en faveur de la natalité un moyen de renforcer l’armée française. À ce sujet : Virginie de Zuca, « Auguste Isaac parmi les familiaux et les natalistes de l’entre-deux-guerres », p.215-231, dans Hervé Joly (dir.), Patronat, bourgeoisie, catholicisme et libéralisme : autour du journal d’Auguste Isaac, Lyon, LARHRA, 2004.
  6. Jean-François Sirinelli, Histoire des droites en France, tome 1, Politique, p.299-300, Paris, Gallimard, 1992.
  7. Maurice MoisonnierAndré Boulmier, « La bourgeoisie lyonnaise à l’origine de l’Union Civique de 1920 ? », Cahiers d’histoire de l’Institut de recherche marxiste, n°4, 1981.
  8. Jean Vavasseur-Desperriers, Culture, structures, stratégie d’une organisation de la droite parlementaire entre les deux guerres : la Fédération Républicaine de 1919 à 1940, Université Lille 3, thèse pour le doctorat d’Etat sous la direction d’Yves-Marie Hilaire, 914p, 1999.
  9. Dans son Journal, de nombreuses remarques de sa part le démontre : « Je m’en repens (de la présidence de la Fédération républicaine). Cela me promet peu de plaisir. C’est un parti sans consistance. Je suis entouré de gens qui perdent confiance dans leur réélection » à la date du 20 avril 1922 ; « Je ne pourrai me débarrasser de cette présidence qu’en faisant le malade » à la date du 12 juillet 1924 (Auguste Isaac. Journal d’un notable lyonnais 1906-1933, extrait p.364 et 384).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]