Ligue républicaine nationale

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Dessin humoristique de Gassier sur la « Ligue Millerand » (1924).

La Ligue républicaine nationale (LRN) est un mouvement politique français créé en novembre 1924 par Alexandre Millerand, ancien président de la République.

Historique[modifier | modifier le code]

Le lancement de la Ligue républicaine nationale fait suite aux élections législatives de , à l'issue desquelles l'a emporté le cartel des gauches, qui a ensuite contraint à la démission le président de la République, Alexandre Millerand, l'accusant d'interférer dans le débat politique. Le centre et la droite se retrouvent alors sans chef de file, l'ancien président du Conseil Raymond Poincaré s'étant mis en retrait de la vie politique. Dès lors sollicité par plusieurs formation, Millerand accepte de fédérer les opposants au cartel[1].

Les statuts sont déposés en [1]. Un manifeste, rédigé par André François-Poncet et approuvé par le comité directeur, est publié le suivant[2]. Un banquet de lancement est organisé le à la salle Luna Park[3]. La LRN connaît dans les mois qui suivent une phase d'expansion, multipliant les ralliements[1].

Mais des difficultés apparaissent à partir de 1925. Millerand doit faire face à des divisions idéologiques, avec un PRDS davantage laïque et proche du patronat que lui, ainsi qu’à la volonté du nouveau président de la Fédération républicaine, Louis Marin, d’asseoir l'autorité de son parti sur la LRN ou encore à la concurrence d’autres formations (Centre de propagande des républicains nationaux, Jeunesses patriotes, Fédération nationale catholique, Le Faisceau). Mais Millerand continue de privilégier la question sociale et institutionnelle à l’apaisement religieux, ce qui conduit au départ de nombreux adhérents. En outre, le fonctionnement interne de la ligue, chapeauté par le secrétaire général Emmanuel Brousse, est inadapté et la situation financière se dégrade en raison d’une mauvaise gestion et de l’importance des coûts consacrés à la propagande (tracts, affiches, réunions)[1].

L’effondrement à l’été 1926 du cartel des gauches et le nouveau gouvernement Poincaré marginalisent la ligue, qui faisait de la fin de l’alliance entre socialistes, républicains-socialistes et radicaux son principal combat. Le , après avoir échoué à être réélu aux élections sénatoriales, Alexandre Millerand démissionne de la présidence de la LRN. André Maginot est élu le à la présidence du comité directeur tandis qu’Henri de Kérillis et Paul Reynaud apparaissent comme les autres principales figures de la ligue. Alors que la nouvelle direction décide d’écarter les partisans de Millerand, la ligue ne survit pas au départ de son fondateur et cesse rapidement toute activité[1].

Composition[modifier | modifier le code]

La LRN est conçue comme une coalition rassemblant les droites républicaines et parlementaires face au cartel des gauches au pouvoir. Elle rassemble les deux principales formations de centre droit et de droite, le Parti républicain démocratique et social (PRDS) et la Fédération républicaine, qui revendiquent cependant leur autonomie, notamment au niveau local. D'autres plus petites formations en sont membres, comme le Parti démocrate populaire et Démocratie nouvelle. Au début de l’année 1925, la LRN obtient le ralliement de deux autres ligues, la Ligue civique et de la Ligue démocratique d'action morale et sociale[1].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Dans ses statuts, la ligue affiche l’objectif de « défendre et propager par la presse, la réunion ou l’association, les principes d'une politique nationale qui, dans la République et par la République, se propose d’assurer à la France la paix à l’intérieur comme à l’extérieur »[1].

Elle s'oppose à la politique du cartel des gauches, sorti victorieux des élections législatives de 1924, dénonçant la remise en cause de l'action du Bloc national, en particulier la fin de l'occupation de la Ruhr, la politique de désarmement, l'amnistie des déserteurs, une politique complaisante avec l'URSS. À l'inverse, elle prône l'application des dispositions du traité de Versailles incombant à l’Allemagne, appelle à ne pas céder sur la question des réparations de guerre et souhaite une action raisonnable de la Société des Nations. En matière économique, résolument anticommuniste, la LRN défend l'équilibre budgétaire et des réformes sociales mais sans tolérance envers les meneurs de grèves et révolutionnaires[1].

La LRN apparaît divisée sur plusieurs sujets. C’est notamment le cas concernant la révision des lois constitutionnelles de 1875, une thématique chère à Millerand mais qui rencontre des oppositions au sein du PRDS. Cette formation est également sceptique sur les propositions sociales et pour l’« apaisement » en matière religieuse que porte l’ancien chef de l’État. À l'inverse, la frange la plus à droite lui reproche de ne pas être assez conciliant avec l’Église[1].

Organisation[modifier | modifier le code]

La LRN est présidée par Alexandre Millerand, président de la République de 1920 à 1924.

Pour l'assister, celui-ci nomme un comité directeur, composé comme suit[2] :

En , l'imprimeur Charles Burgard rejoint le comité directeur. En novembre suivant, Paul Reynaud remplace Antony Ratier après sa démission pour raisons de santé[1].

La ligue comprend également un comité de propagande de 32 membres — comprenant notamment Jacques Bardoux, Philippe Barrès — et des organismes départementaux[1].

Siège[modifier | modifier le code]

La LRN a son siège au 47, avenue d'Iéna, dans le 16e arrondissement de Paris. Son journal, L'Avenir, se trouve au 1, rue des Italiens (9e arrondissement)[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k et l Jean-Louis Rizzo, Alexandre Millerand : socialiste discuté, ministre contesté et président déchu (1859-1943), Paris, L'Harmattan, coll. « Chemins de la mémoire », , 574 p. (ISBN 978-2343008592), p. 476-497.
  2. a et b « La Ligue républicaine nationale », Journal des débats politiques et littéraires,‎ , p. 1-2 (lire en ligne, consulté le 30 août 2019).
  3. Armand Villette, « À Luna Park : banquet de la Ligue nationale républicaine », Le Gaulois, no 17240,‎ , p. 1-2 (lire en ligne, consulté le 30 août 2019).