Élections législatives françaises de 1902

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Élections législatives françaises de 1902
et
Corps électoral et résultats
Inscrits 11 058 702
Votants 8 412 727
76,07 %  +0,9
Émile Combes.jpg Socialistes indépendants – Émile Combes
50,47 %
 +39,9
Députés élus 338  +281
Jules Meline.jpg Droite parlementaire – Jules Méline
48,82 %
 +6,3
Députés élus 251  −3
Exposition universelle de 1900 - portraits des commissaires généraux-Pierre Jean François Arago.jpg Ralliés (Royalistes, Bonapartistes, Opportunistes) – Pierre Jean François Arago
7,30 %
 −22,1
Députés élus 43  −61
Armes de la République française
Carte
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant Élu
Waldeck-Rousseau
Républicains modérés
Émile Combes
Socialistes indépendants
Législature élue
Huitième de la IIIe Rép.

Les élections législatives de 1902 ont eu lieu les et . Elles se sont déroulées au scrutin uninominal à deux tours par arrondissements (loi du 13 février 1889), comme les précédentes élections.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le scrutin de 1902 est un des plus bipolarisés de toute la Troisième République. Il voit s'affronter deux camps dont la ligne de partage s'est décidée après le reclassement de 1899, juste après le coup de canne du baron Cristiani sur la tête du président de la République à Auteuil, le 5 juin. En effet, cette goutte d'eau fit déborder le vase des menées nationalistes qui agitaient la France depuis la montée en force des défenseurs de Dreyfus. Lors du vote de confiance au ministère formé le 22 juin au nom de la défense républicaine par le républicain modéré Pierre Waldeck-Rousseau, les républicains de gouvernement (ex-opportunistes s'étant eux-mêmes rebaptisés progressistes, arrivés premiers aux élections de 1893 avec 254 députés sur 585, première force de la majorité gouvernementale de l'époque), éclatent entre ministériels et antiministériels. Pendant trois ans, le gouvernement Waldeck-Rousseau mène la bataille contre les ligues nationalistes, met au pas l'armée et lance des représailles contre l'Église, jugée trop étroitement mêlée à l'antidreyfusisme. Sa politique anticléricale, notamment la loi sur les associations de 1901, va fixer cette ligne de partage passant désormais au sein du camp républicain pour plusieurs années.

Pour les élections de 1902, la gauche (première utilisation moderne du mot) se constitue en Bloc des gauches, allant des socialistes acceptant de soutenir un gouvernement de défense républicaine aux ex-progressistes restés avec Waldeck et rebaptisés provisoirement «républicains» (les futurs républicains de gauche), en passant par les républicains socialistes ou socialistes indépendants, les radicaux socialistes et la plupart des radicaux. Le camp antiministériel commencera chez les rares radicaux hostiles au gouvernement (dont Paul Doumer et quelques radicaux du Massif central) et ira jusqu'aux nationalistes, en passant par les progressistes (anciens progressistes passés dans l'opposition et ayant conservé l'appellation), les ex-ralliés (en principe regroupés dans l'Action libérale constituée en parti en 1901, comme les radicaux), les monarchistes et les conservateurs sans épithète.

Résultats[modifier | modifier le code]

La division des républicains de gouvernement et le passage à l'opposition des progressistes ne permet pas au camp antiministériel (on ne dit pas encore droite car à l'époque les progressistes restent intransigeants sur les principes et ne considèrent les monarchistes et même les ralliés que comme des alliés de circonstance) de l'emporter, même s'il progresse très fortement, essentiellement par les gains nationalistes. En revanche, cette division nouvelle fait des radicaux la principale force de la gauche nouvellement définie. Gauche qui perd de nombreux sièges mais qui sauve de justesse sa majorité. Le Bloc des gauches voit ainsi une forte progression des radicaux, les vrais vainqueurs de ce scrutin, et qui constituent dès lors l'axe de la gauche. Prenant acte de la victoire radicale et parce que ne désirant pas à un tête-à-tête avec eux, le modéré Waldeck-Rousseau laisse la place au radical Émile Combes à la présidence du Conseil. Le gouvernement Émile Combes s'illustrera par son anticléricalisme qui le conduira à faire voter la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905.

Il faut noter que les socialistes se retirent du Bloc des gauches en 1904, à la suite du congrès de l'Internationale socialiste d'Amsterdam.

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
11 058 702 8 412 727 23,93 %
Composition de la chambre
Partis / Tendances Sièges  %
Socialistes indépendants 338 50,47
  Droite parlementaire 251 48,82
  Ralliés 43 7,30
Total 589 100,0
Abstention: 23,93 %; Majorité absolue: 295 sièges

VIIIe législature[modifier | modifier le code]

Durée de la législature : - .

Président de la République : Émile Loubet (jusqu'au ), Armand Fallières ensuite.

Président de la Chambre des députés :

Gouvernements durant la VIIIe législature :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Roi et Président
  • Jean-Marie Mayeur, La vie politique sous la Troisième République, éditions du Seuil
  • Frédéric Salmon, Atlas électoral de la France de 1848 à 2001, éditions du Seuil