Louis-Lucien Klotz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Louis-Lucien Klotz
Illustration.
Fonctions
Ministre des Finances
Président du Conseil Georges Clemenceau
Gouvernement Clemenceau II
Ministre de l'Intérieur
Président du Conseil Louis Barthou
Gouvernement Barthou
Ministre des Finances
Président du Conseil Joseph Caillaux
Raymond Poincaré
Aristide Briand
Président du Conseil Aristide Briand
Gouvernement Briand II
Député français
Groupe politique RRRS
Sénateur
Groupe politique GD
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris 9e
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Paris
Parti politique RRRS
Résidence Somme

Louis-Lucien Klotz, né le à Paris où il est mort le , est un journaliste et homme politique français radical-socialiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts d'un journaliste[modifier | modifier le code]

Louis-Lucien Klotz est issu d'une famille juive alsacienne. Il est le fils d'Eugène Klotz et de Louise Hayem installés à Paris et le neveu de Victor Klotz (1836-1906), riche négociant en soieries. Louis-Lucien Klotz devient, après des études de droit, avocat à la cour d'appel de Paris. Il épouse Gabrielle Schwarz.

En 1888, pour populariser l'alliance franco-russe, il fonde un journal illustré La Vie franco-russe.

Il s'oppose à Maurice Barrès à propos du boulangisme.

Journaliste au Voltaire en 1892, il en devient le rédacteur en chef en 1895, puis le directeur politique.

En 1893, il se présente sans succès aux élections législatives à Paris. En 1895, il fonde Le Français quotidien, journal patriotique qui absorbe ensuite le Voltaire.

Des responsabilités locales[modifier | modifier le code]

Louis-Lucien Klotz a été un élu du département de la Somme :

Il est le chef de file des radicaux-socialistes de la Somme après 1918.

Des responsabilités nationales[modifier | modifier le code]

Les débuts de Klotz en politique ne sont pas couronnés de succès. Après son échec parisien de 1893, il tente sa chance, en 1895, dans la circonscription de Montdidier dans la Somme, lors d'une élection législative partielle, sous l'étiquette « radicale ». Il a contre lui le fait d'être nouveau venu, parisien et juif, dans le contexte difficile de l'affaire Dreyfus. Au cours d'une campagne où l'antisémitisme n'est pas absent, un dissident radical, paysan du cru, se présente contre lui et est élu au second tour. Malgré son échec, Louis-Lucien Klotz persévère et s'implante dans la Somme grâce à ses relations et son entregent.

En 1898, il est très largement élu au 1er tour, député de la Somme (dans la même circonscription de Montdidier), sous la bannière « radicale-socialiste ». Il a fait campagne pour l'impôt sur le revenu et la retraite des vieux travailleurs. Il est ensuite constamment réélu au 1er tour : en 1902, 1906, 1910 et 1914. Le scrutin de liste ayant été rétabli en 1919, il est élu à la tête de la liste de « concentration républicaine » faisant alliance avec le député Lucien Lecointe exclu de la SFIO, et réélu une dernière fois en 1924, tout en étant hostile au cartel des gauches.

Au palais Bourbon, il est un des députés les plus actifs. Membre, et bientôt président de la commission des douanes, puis rapporteur général du budget, il est fréquemment appelé à intervenir, principalement en matière financière mais aussi dans le domaine social. Il demande en 1899, une stricte réglementation du travail des femmes et des enfants ; en 1900, la création de chambres d'agriculture dans les départements, la progressivité du droit de succession, la réforme du régime des hypothèques ; en 1901, l'adoption du scrutin de liste ; en 1904, le rachat des réseaux de chemins de fer de l'Ouest et du Midi. Il vote les lois de 1901 et de 1904 sur les congrégations religieuses. Il est aussi rapporteur du budget.

De 1925 à 1928, il est sénateur de la Somme. Au palais du Luxembourg où il s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique, il consacre l'essentiel de son activité à un important rapport sur l'organisation générale de la nation en temps de guerre, qu'il présente en séance le . Au palais Bourbon comme au Sénat, il ne cesse de réclamer le paiement, par l'Allemagne, des réparations fixées par le traité de Versailles.

Il occupe des postes ministériels de premier plan :

  • ministre des Finances du au dans le gouvernement Aristide Briand (2) ;
  • ministre des Finances du au dans les gouvernements de Joseph Caillaux, Raymond Poincaré et les troisième et quatrième gouvernements d'Aristide Briand ; mis à part une interruption de trois mois en 1911, il est ministre des Finances pendant deux ans et demi ; son action principale est d'œuvrer pour l'institution de l'impôt sur le revenu, qui ne se réalise qu'en 1914 ; il a en outre à son actif le vote, en 1910, d'un nouveau tarif douanier, en réponse aux mesures protectionnistes prises par les États-Unis, et l'adoption des budgets de 1910 et 1911 ;
  • ministre de l'Intérieur du au dans le gouvernement Louis Barthou, au moment des manifestations contre la loi des Trois ans ;
  • mobilisé en , il sert comme chef d'escadron d'artillerie au gouvernement militaire de Paris, puis dirige le service de la censure au Deuxième Bureau ; revenu au palais Bourbon en , il y préside les commissions du budget et des dommages de guerre ;
  • ministre des Finances du au dans le gouvernement Georges Clemenceau (2), il est notamment chargé de négocier les « réparations » dues par l'Allemagne fixées par le traité de Versailles ; il est l'auteur de la formule fameuse : « L'Allemagne paiera ! ».

Une fin de carrière peu glorieuse[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de spéculations boursières hasardeuses, il est condamné pour chèques sans provision et escroquerie à deux ans de prison[1]. Il avait dû démissionner de son siège de sénateur le et meurt moins d'un an après sa condamnation, le . Dans ce naufrage, il entraîne sa famille, qui voit saisir l'hôtel du 9, rue de Tilsitt (actuelle ambassade de Belgique en France) qui avait appartenu à son oncle.

Publication[modifier | modifier le code]

  • De la guerre à la paix, 1924 (livre de souvenirs).

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Louis-Lucien Klotz », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Renaud Quillet, La gauche dans la Somme : 1848-1924, Amiens, Encrage, coll. « Hier » (no 31), , 319 p. (ISBN 978-2-911-57673-7, OCLC 320951553).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Clemenceau disait de lui : « J’ai mis rue de Rivoli le seul Juif qui ne connaît rien aux finances » (cité par Pierre Birnbaum, in Les Fous de la République: Histoire politique des Juifs d'État, de Gambetta à Vichy.)