Anticléricalisme

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« L'action cléricale sur notre malheureuse planète », illustration du journal La Calotte (Asmodée, 1908).
Les Corbeaux, n°145, 5 janvier 1908.
En 2005, lors de la visite du Pape en Allemagne.

L'anticléricalisme est un système opposé aux tendances du clergé[1]. D'après Françoise Marcard[2], l'anticléricalisme s'oppose au cléricalisme, « sachant qu'il y a présomption de cléricalisme chaque fois que le fait religieux transgresse les frontières du terrain dit temporel ».

L'anticléricalisme insiste sur la nécessaire séparation du religieux et du profane. Il postule la liberté de conscience individuelle. Autour de ce noyau dur de convictions, l'anticléricalisme évolue en relation étroite avec le cléricalisme qu'il combat, et d'une façon plus large avec les religions[2].

Selon l'historien et politologue René Rémond : « L'anticléricalisme comporte un élément irréductible et qui est une défiance, peut-être une aversion insurmontable pour toute Église. Si peu clérical que le fait religieux puisse devenir, il gardera toujours de quoi irriter, inquiéter ou susciter l'anticléricalisme. Il y a donc lieu de considérer que l'anticléricalisme constitue un facteur durable du champ des idéologies »[3].

Origines de l'anticléricalisme[modifier | modifier le code]

L'Asino, Italie, 1907.
Almanach de La Traca, Espagne 1932.

Pour Jean-Marc Schiappa dans son Histoire de la libre-pensée (2011), le terme clérical utilisé depuis 1848 et contemporain à l'apparition de la Libre Pensée organisée, renvoie à la volonté de l'Église d'imposer sa volonté politique d'organiser la société, et donc l'État, par ou autour d'une ou plusieurs religions (qu'il y ait un clergé ou pas ne change rien à l'affaire). L'anticléricalisme, c'est l'inverse. C'est la volonté d'organiser la société séparément des religions. Voilà pourquoi l'anticléricalisme adhère aux grands principes qui définissent la conception de la laïcité. L'anticléricalisme est le moyen, la laïcité est le but[4].

L'épithète « anticlérical » apparait dans la langue politique dans les années 1850-1860. Le mot fait partie de la langue des journaux et des livres et se trouve utilisé lors de la campagne électorale de 1863[2].

Expression protéiforme[modifier | modifier le code]

Ce n'est pas une nouveauté absolue, l'attitude est beaucoup plus ancienne que le mot. L'anticléricalisme n'appartient en propre à aucune classe sociale.

Il y eut un anticléricalisme aristocratique fait de mépris pour le clerc et de défiance de l'homme d'épée envers l'homme d'étude.

Il y eut ensuite un anticléricalisme bourgeois dont le voltairianisme exprime assez fidèlement l'inspiration et qui a animé le mouvement de sécularisation des sociétés occidentales.

Il existe aussi de longue date un anticléricalisme paysan, entretenu par un sentiment tenace contre les droits ecclésiastiques (voir notamment la révolte des Bonnets rouges en 1675[5]).

Il y a enfin, et c'est dans les sociétés urbaines et industrielles contemporaines le plus important de tous, un anticléricalisme ouvrier. Ses origines sont antérieures à la révolution industrielle : de tout temps, certaines corporations ont été plus défiantes que d'autres à l'égard de l'Église[6].

« La nouveauté des années 1850-1875 concerne le contenu de l'idée ; l'anticléricalisme se fonde désormais sur une pensée qui ne croit guère possible de dissocier religion et cléricalisme, et qui estime que l'affranchissement des esprits exige l'effacement des religions. »[7]

À cette époque, les anticléricaux réagissent contre la montée de l'ultramontanisme, contre la souveraineté temporelle du pape sur Rome, contre les interventions épiscopales, contre les pressions au soutien de Pie IX, contre le syllabus.

Filiation avec le catholicisme[modifier | modifier le code]

Originaire d'Europe, et plus précisément de France, l'anticléricalisme s'oppose d'abord au catholicisme : d'une certaine manière il en procède par réaction et par filiation.

Les anticléricaux sont parfois qualifiés de « bouffeurs de curés » dans le jargon politique français ou belge. Parmi leurs slogans les plus célèbres, on peut citer « À bas la calotte ». Certaines de leurs pratiques peuvent tourner au défi symbolique comme le « Banquet du Vendredi saint » qu'ils organisent (et qui se déroule encore aujourd'hui) dans plusieurs villes de France en commémoration de celui qui se tint - à Paris, rue Mazet, chez Magny - le 10 avril 1868, pour soutenir des personnes à l'époque poursuivies par l'Église devant les tribunaux[8].

Thèmes principaux de l'anticléricalisme[modifier | modifier le code]

Selon Françoise Marcard[2], trois thèmes majeurs alimentent la réflexion anticléricale dans la France de la fin du XIXe siècle.

  • L'Église n'est pas une société comme les autres. « Elle constitue un monde séparé. L'anticléricalisme vulgaire ne manque pas de tourner en dérision chaque singularité comme la soutane, la tonsure ou le célibat. Plus le particularisme est accusé, plus l'anticléricalisme est prononcé : les ordres religieux suscitent davantage l'animosité que le clergé séculier car ils ne partagent pas la vie des paroissiens comme les prêtres. [...] La législation particulière des biens immobiliers de l'église est récusée du fait qu'ils sont inaliénables et échappent aux droits de mutation ».
  • L'Église constitue une menace. Contre l'État : « C'est le gallicanisme des légistes et parlementaires contre le pouvoir monarchique ou contre le peuple souverain ». Contre la Nation : « Le Saint-Siège réside en dehors des frontières du pays. Les Jésuites et d'autres Ordres dépendent de Supérieurs étrangers ». Contre l'individu et la famille : « Du fait de la direction et du contrôle des croyances et des conduites (rôle du confessionnal et influence sur la Jeunesse). On trouve également le thème de la captation des héritages dans une société essentiellement foncière ».
  • Les Clercs n'observent pas toujours les préceptes qu'ils énoncent[9]. « Sincérité ? Désintéressement ? Chasteté ? [...] les anticléricaux récusent l'invitation de l'Église à l'autorité, l'appel à la mortification, l'éloge du renoncement. Que les prêtres se marient ! ».

Et René Rémond précise que pour les anticléricaux : « Chacun est libre de se conduire comme il le veut. La morale des prêtres n'est ni plus ni moins détestable que celle du pouvoir, des autorités sociales ou militaires. »[10]

Pour le libre-penseur libertaire André Lorulot : « L'Église, pour quiconque ne s'embarrasse pas de théologie, c'est, avant tout, le groupement des prêtres d'un culte donné, avec sa hiérarchie et ses chefs. Combattre l'Église, ce n'est pas, à proprement parler, combattre tous ceux qui se réclament des idées de cette Église, c'est surtout combattre ses dirigeants et ses profiteurs, c'est combattre les castes sacerdotales. »[11]

Typologie de l'anticléricalisme[modifier | modifier le code]

L'anticléricalisme n'est pas l'apanage d'une seule famille politique[2]. On peut distinguer 5 familles :

  1. L'anticléricalisme libéral, rationaliste, tolérant et généralement déiste.
  2. L'anticléricalisme de tradition gallicane et d'inspiration janséniste.
  3. L'anticléricalisme du radicalisme qui souhaite la séparation entre les Églises et l'État.
  4. L'anticléricalisme socialiste ou communiste, athée, pour qui la religion est une idéologie illusoire.
  5. L'anticléricalisme antireligieux des anarchistes et libertaires[12].

Au sein des divers mouvements se réclamant de l'anticléricalisme par doctrine ou par tradition (Libres-penseurs, l'ensemble du mouvement libertaire, les communistes), les positions apparemment unanimes face au cléricalisme masquent souvent des divergences de position : ainsi les républicains français sont divisés, ce qui explique le maintien du Concordat plus de vingt ans après la naissance de l'école laïque, grâce aux anticléricaux concordataires désireux de maintenir un contrôle sur l'Église[2] (Rapport de Paul Bert de 1883 sur le maintien du budget des Cultes). Alors que d'autres souhaitent une Église nationale libérée de Rome et sous la tutelle de l'État. Ne reste finalement qu'une minorité de partisans de la séparation, divisée elle-même entre certains soucieux de distinguer temporel et spirituel et d'autres se revendiquant d'un athéisme plus combattif, œuvrant pour la disparition des Églises.

L'anticléricalisme anarchiste[modifier | modifier le code]

Graffiti, Paris, 2012.

Affirmant n'avoir Ni Dieu ni maître, l'anticléricalisme anarchiste et libertaire, fait profession d'athéisme et affirme que toute religion est une illusion fallacieuse dont il faut libérer l'humanité. De plus, sa critique a une allure originale : elle dissout la spécificité du fait religieux et englobe l'Église dans le procès d'ensemble intenté à tous les appareils et à toutes les sociétés[13]

Selon Domenico Tarizzo dans L'anarchie : histoire des mouvements libertaires dans le monde, « Une veine "sauvage" du mouvement socialiste et anarchiste est l'anticléricalisme, conçu comme la guerre au Mal, aux Puissances ténébreuses du passé, dont le Vatican est le centre à la fois fastueux et occulte d'où s'exerce la domination sur les consciences »[14].

Si « antimilitarisme et anticléricalisme ne sont pas des éléments constitutifs exclusifs du seul mouvement anarchiste [...] ils forment un des axes fondamentaux de cette doctrine en lutte contre les forces essentielles du pouvoir que sont "le sabre et le goupillon" »[15].

Selon Alec Mellor dans son Histoire de l'anticléricalisme français : « L'anticléricalisme anarchiste atteindra son point extrême avec Bakounine qui, dans La Question révolutionnaire, publié dans son édition française en 1895, fera de la destruction du christianisme l'un des fondements de son système. »[16]

De 1896 à 1897, Virginia Bolten publie en Argentine La Voz de la Mujer (La Voix de la Femme), premier journal féministe révolutionnaire. En épigraphe : « Ni dios, ni patron, ni marido » (« Ni dieu, ni patron, ni mari »)[17],[18].

Géographie de l'anticléricalisme[modifier | modifier le code]

Selon l'historien et politologue René Rémond : « En dehors de la France, où il ne saurait y avoir de doute, l'Italie assurément, l'Espagne et le Portugal, la Belgique, la plupart des pays d'Amérique latine, espagnole et portugaise [sont des pays où l'anticléricalisme a trouvé un milieu d'élection]. Ailleurs, il est moins apparent, ou bien il ne présente plus ce caractère massif qui en fait une réalité sociologique incontestable. Cette énumération dessine un ensemble relativement homogène dont on perçoit aisément les traits communs : ce sont, pour la plupart, des pays de civilisation latine et méditerranéenne. Mais là n'est sans doute pas le caractère déterminant qui motive leur présence dans cette liste. Le facteur décisif est que tous ces pays sont de tradition catholique : le catholicisme romain y a été majoritaire, quand il n'y détenait pas un monopole. Une question surgit aussitôt. N'y a-t-il donc d'anticléricalisme qu'anticatholique ? En d'autres termes, s'il est vrai que l'anticléricalisme puise sa raison d'être dans le cléricalisme, le seul cléricalisme serait-il catholique ? La réponse de l'expérience paraît bien être positive. Les pays de tradition réformée, en particulier les pays anglo-saxons, ne paraissent pas connaître le phénomène : le mot ne figure dans leur vocabulaire que comme un emprunt étranger. »[19]

En France[modifier | modifier le code]

En France, et notamment depuis la Révolution française, l'anticléricalisme a toujours été présent dans le but d'empêcher le clergé catholique de retrouver son influence sur la population.

  • Dès avant la Révolution, on se moque des moines, des prêtres, des frères et des sœurs dans la littérature française, souvent par grivoiserie. François Rabelais fait dire à Gargantua que les moines « molestent tout leur voisinage à force de trinqueballer leurs cloches ». Voltaire, le déiste, affirme plus sérieusement dans son Dictionnaire philosophique que Jésus avait exclu l'autorité civile des prêtres.
  • Pendant la révolution, Stanislas-Marie Maillard, héros de la Bastille, conduit le massacre de 3 évêques, 120 prêtres, 50 religieux et quelques laïcs (Voir les Massacres de Septembre à la Prison de l'Abbaye, à la Prison des Carmes). La plupart des grands écrivains français nés après ces événements (Michelet, Hugo, etc.) ont uni leur anticléricalisme avec une grande confiance en la République.
  • Lors de la Seconde Restauration, le « triomphe culturel et politique de l'Église, cette association intime entre les tenants de l'Ancien Régime et le catholicisme sont lourds de conséquences. L'Église est identifiée aux forces de réaction. Le cléricalisme devient son visage. Et, par là même, l'anticléricalisme s'affirme comme le nécessaire comportement politique et intellectuel des adversaires (libéraux ou républicains) de l'Ancien Régime »[20].
  • Sous la monarchie de Juillet, en réaction aux excès du « parti prêtre » sous la Restauration, des poussées anticléricales sont observées. Durant la révolution de 1830, les insurgés mettent à sac l'archevêché de Paris, la cathédrale Notre-Dame et plusieurs maisons de congrégations religieuses. L'archevêque de Paris, Mgr de Quélen – il est vrai très lié à Charles X – doit s'enfuir de Paris et se cacher quelque temps. En province, l'on s'en prend aux prêtres et aux croix de mission : « les processions, rapporte le duc de Broglie dans ses Souvenirs, sont poursuivies à coups de pierres, les croix de mission culbutées et traînées dans la boue, il ne fait pas trop bon à un évêque de sortir de sa cathédrale ». Des pamphlets circulent à l'encontre du clergé catholique, tandis que les théâtres de Paris donnent des pièces violemment anticléricales, qui mettent en scène des prêtres malhonnêtes, vicieux ou criminels. Le ministre de l'Intérieur, François Guizot, lui-même protestant nîmois, mande aux préfets de réprimer ces abus : « La liberté des cultes doit être entière et sa première condition, c'est qu'aucun culte ne soit insulté ». Mais avec le ministère Laffitte, le laissez-faire devient le mot d'ordre d'un gouvernement qui veut avant tout ne pas se couper de sa base révolutionnaire.
  • Les 14 et 15 février 1831, à la suite d’un service funèbre organisé par les légitimistes à Saint-Germain-l'Auxerrois pour l’anniversaire de l’assassinat du duc de Berry des émeutes éclatent à Paris. L’église est envahie et mise à sac par les républicains. Le lendemain, l’émeute saccage l’archevêché et de nombreuses églises à Paris et en province[21].

La Troisième République[modifier | modifier le code]

La Petite Lune : « À la foire aux pains d'épices. Un amateur distingué ». Jules Ferry croque un prêtre en pain d'épice.

L'anticléricalisme est très actif sous la Troisième République.

  • Le 29 mars 1880, le ministre de l'Instruction publique Jules Ferry prend deux décrets par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l'enseignement dans les trois mois[22].
  • En 1895, la loi dite « d'abonnement » (complétée par la loi de 1901) vise à séculariser les Congrégations religieuses.
  • Le 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l'État[23].
  • L'anticléricalisme est le cheval de bataille des radicaux et du Grand Orient de France principale obédience de la franc-maçonnerie française.
  • Au lendemain du début de la Grande Guerre, le 2 août 1914, le gouvernement français fera passer un télégramme aux préfets demandant à ce que les congrégations catholiques soient de nouveaux tolérées[24]. Toutes les mises à l'écart du catholicisme sont révoquées : « Une ouverture appréciable est faite vers le monde catholique, qui n'est plus au ban de la République »[25]. Ce revirement paradoxal et « rarement signalé » atteindra son paroxysme en 1921 avec les célébrations nationales de Jeanne d'Arc, un an après sa canonisation[24].

Victor Hugo et la loi Falloux de 1850[modifier | modifier le code]

Wikisource
Le discours de Victor Hugo sur le projet de loi est disponible sur Wikisource

Le 15 janvier 1850 à l'Assemblée nationale, tout en confirmant son attachement à la liberté religieuse, Victor Hugo fustige la Loi Falloux (sur la liberté d'enseignement laissant une ample place à l'enseignement confessionnel) et toute interférence entre Église et sphère publique :

« Cessez de mêler l'Église à vos affaires, à vos stratégies, à vos combinaisons, à vos doctrines, à vos ambitions. Ne l'appelez pas votre mère pour en faire votre servante. Surtout ne l'identifiez pas avec vous ; voyez le mal que vous lui faites. M. l'évêque de Langres vous l'a signalé. Voyez comme elle dépérit depuis qu'elle vous a ! Vous vous faites si peu aimer que vous finiriez par la faire haïr. En vérité, je vous le dis, elle se passera fort bien de vous ; laissez-la en repos ; dès que vous n'y serez plus, on y viendra. Laissez-la cette vénérable Église, cette vénérable mère, dans sa solitude, dans son abnégation, dans son humilité, tout cela compose sa grandeur, sa solitude lui attirera la foule ; c'est son abnégation qui est sa puissance ; c'est son humilité qui est sa majesté.
Vous parlez de l'enseignement religieux ? L'enseignement religieux véritable, l'enseignement religieux suprême, celui devant lequel il faut se prosterner, celui qu'il ne faut pas troubler, le voici… C'est la sœur de charité au chevet du mourant; c'est le frère de la Merci rachetant l'esclave ; c'est Vincent de Paul ramassant l'enfant trouvé ; c'est l’évêque de Marseille au milieu des pestiférés ; c'est l'archevêque de Paris affrontant avec un sourire sublime le faubourg Saint-Antoine révolté, levant son crucifix au-dessus de la guerre civile et s'inquiétant peu de recevoir la mort, pourvu qu'il apporte la paix. Voilà le véritable enseignement religieux ».

Léon Gambetta : « Le cléricalisme ? Voilà l’ennemi ! »[modifier | modifier le code]

Le 4 mai 1877, Léon Gambetta qui veut rompre avec le régime de Mac Mahon du « sabre et du goupillon », lance dans un discours à la Chambre son célèbre « Le cléricalisme, voilà l'ennemi ! »[26] :

« L’Église est arrivée à supprimer dans tous les séminaires, même à Saint-Sulpice, l’enseignement des libertés gallicanes et à proscrire comme une hérésie tout ce qui rappelait la vieille Église de France, les libertés traditionnelles de cette Église qui avait été constituée sous le double empire de la protection nationale et de la dignité même de l’Église.
On a demandé à enseigner, d’abord les petits, les humbles, puis on s’est élevé, on est passé à l’enseignement secondaire, et aujourd’hui nous voici à l’enseignement supérieur, à la collation de grades par les universités catholiques au détriment de l’État. On pense à l’effrayante multiplication dont les ordres religieux, les congrégations de toute sorte, hommes et femmes, offrent le spectacle depuis le dernier recensement.
Nous en sommes arrivés à nous demander si l’État n’est pas maintenant dans l’Église, à l’encontre de la vérité des principes qui veut que l’Église soit dans l’État.
Quant à moi, je suis partisan du système qui rattache l’Église à l’État. Oui ! j’en suis partisan, parce que je tiens compte de l’état moral et social de mon pays, mais je veux, entendez-le, je ne veux défendre le Concordat et rester fidèle à cette politique que tout autant que le Concordat sera interprété comme un contrat bilatéral qui vous oblige et vous tient, comme il m’oblige et comme il me tient !
Je ne fais que traduire les sentiments intimes du peuple de France en disant ce qu’en disait un jour mon ami Peyrat : le cléricalisme ? Voilà l’ennemi ! »[27].

Émile Combes et la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905[modifier | modifier le code]

Wikisource
Le texte de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État est disponible sur Wikisource
Émile Combes carricaturé dans la presse catholique en 1902 (Achille Lemot).

L'anticléricalisme dont fait preuve Émile Combes est relativement paradoxal pour un homme issu d'un milieu religieux et destiné à la prêtrise. C'est pourtant avec intransigeance qu'il applique les lois de 1901 et 1904 sur le droit des associations et la liberté d'enseignement des congrégations religieuses : plus de 2 500 établissements d'enseignement privés sont alors fermés. Les catholiques résistent, et l'on doit employer la force. Toutes les congrégations de femmes sont dissoutes, seules cinq congrégations d'hommes restent. Combes considère que la lutte contre l'Église fortifie et glorifie la République.

Il finit par s'engager dans un conflit avec le Vatican au sujet de l'interprétation du Concordat de 1801. Combes profite de la succession de Léon XIII, qui voit arriver un pape intransigeant, Pie X. Aussitôt, l'ambassade de France auprès du Vatican est retirée. Le 30 juillet 1904, il y a rupture diplomatique avec le Saint-Siège.

Combes n'est pas véritablement opposé au Concordat, est même farouchement opposé à une séparation de l'Église et de l'État, ce qui peut sembler paradoxal. En vérité, il a besoin de cet instrument de pression qui lie l'Église à l'État. S'en séparer, c'est prendre le risque d'un renouveau de l'Église. Preuve en est qu'il conserve un contact permanent, bien que ténu, entre l'État et l'Église. De même, en 1902, il repousse 8 propositions pour les ranger dans une commission le 11 mars 1903 pour examiner ces propositions et rédiger un projet de loi.

Attaqué par les catholiques, puis progressivement par les socialistes, l'affaire des Fiches va causer sa ruine. Il s'agit d'une opération de fichage des opinions politiques et religieuses des officiers. La révélation de ce procédé, dans la droite ligne du Combisme, dénoncé à la tribune, fait tomber la majorité ministérielle à quatre voix, le 28 octobre 1904. On reproche à Combes un système de délation s'étendant à toutes les administrations. Paul Doumer reproche à Combes d'être « un républicain récent attaché aux procédés bonapartistes ». Sans attendre d'être mis en minorité, Combes et son ministère se retirent le 18 janvier 1905.

Symbole de la politique anticléricale et prologue à la séparation de l'Église et de l'État, l'expression « combisme » s'impose. Pourtant, Émile Combes, souvent tenu pour unique responsable de la crise sociale, politique et religieuse en germe, ne fait que traduire en actes le programme du bloc des gauches (radicaux et socialistes). Mais le front républicain se divise sur cette question. La séparation des Églises et de l'État en 1905 y mettra un terme.

Le « petit père Combes » était ainsi nommé à cause de son passage au séminaire, et était aussi ministre des Cultes.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • Prévert et le Groupe Octobre font de la dénonciation de l'Église un des axes de leurs interventions de rue dans les années 1930.
  • Actuellement, l'influence du clergé en France est plus faible comparée à celle de la plupart des autres pays du monde[28]. À la mort de Jean-Paul II, l'association Act Up-Paris s'est réjouie, le déclarant « responsable de la mort d'un million d'hommes » et adressant « un vœu désespéré à son successeur ». Aujourd'hui, l'anticléricalisme continue de s'exprimer par le biais de la presse satirique, comme Charlie Hebdo[29], Siné Mensuel ou Le Canard enchaîné.

Belgique[modifier | modifier le code]

Revue de la Fédération des Étudiants Libéraux de l'Université de Liège, 1921.

Au XIXe siècle, des gouvernements de tendance libérale menèrent une politique délibérément anticléricale, en particulier le dernier cabinet de Frère-Orban, qui déclencha la première guerre scolaire. En mai 1904, Didier Dubucq lance sa revue férocement satirique Les Corbeaux.

En mai 1994 et en 1995[30], une campagne retentissante est organisée par la Liaison pour l'autonomie des personnes, contre la visite du pape Jean-Paul II en Belgique[31]. À cette occasion est coéditée par le journal Alternative libertaire avec l'Association pour l'Art et l'Expression Libre de Toulouse[32], Act Up Bruxelles, le Cercle du Libre Examen de l'Université libre de Bruxelles et la revue Tels Quels, la fameuse affiche Contre le SIDA : la capote, pas la calotte[33]. Le journal publie également un numéro spécial (diffusé dans toutes les librairies du pays) en collaboration avec les revues Golias Magazine Belgique et Toudi (José Fontaine).

Entre 1999 et 2007, les gouvernements menés par Guy Verhofstadt excluaient les partis chrétiens (CVP flamand et PSC francophone) après une présence continue dans les coalitions au pouvoir depuis 1958. Un des buts clairement affichés était de permettre des avancées dans divers domaines touchant à l'éthique et que ces deux partis bloquaient. Parmi les cibles recherchées, on peut citer la dépénalisation partielle et l'encadrement de l'euthanasie en 2002 et le mariage homosexuel en 2003.

Espagne[modifier | modifier le code]

Comme en France, en Espagne, l'anticléricalisme se développe pendant le Siècle des Lumières. Si certains historiens, à la fin du XIXe siècle, pointent l'absence de telles critiques ou leur caractère marginal pour expliquer l'échec de la Réforme en Espagne, force est de constater, au contraire, l'existence d'un profond mouvement hostile dans différentes couches de la société. Tant au sein du peuple que chez les lettrés humanistes et spirituels, l'homme d'Église faisait l'objet de satires, de critiques souvent mordantes, volontiers facétieuses, moqué comme il l'était pour vices, excès, ignorance ou immoralité, dès la première moitié du XVIe siècle. Goya est un célèbre peintre espagnol anticlérical.

Pendant la Semaine tragique de Espagne des nombreuses églises, couvents et écoles religieuses sont incendiées ; on assiste même à la profanation de sépultures.

Dans les années 1930, « sur l'anticléricalisme traditionnel s'est greffé un anticléricalisme révolutionnaire en grande partie dû à l'influence du mouvement anarchiste, particulièrement désireux de s'attaquer aux manifestations culturelles et éducatives de la société oppressive, dans lesquelles le clergé était dominant »[34].

Pendant la guerre d'Espagne, les forces républicaines (principalement les anarchistes) ont manifesté un anticléricalisme marqué. Les républicains ont tué des prêtres catholiques ainsi que de nombreuses religieuses. De nombreuses églises y furent également pillées ou même brulées. Cependant, dans un souci de protection du patrimoine, des commissions furent créées pour tenter de préserver les œuvres artistiques et architecturales, dont faisaient partie nombre de biens de l'Église.

Presse[modifier | modifier le code]

Don Quijote, hebdomadaire satirique est publié à Madrid de 1892 à 1902[35].

Italie[modifier | modifier le code]

Caricature antimilitariste et anticléricale signée Rata Langa, (Gabriele Galantara), Der Wahrer Jacob, no 346, 1899.
La une de L'Assiette au beurre, Gabriele Galantara, no 242, 18 novembre 1905.

L'anticléricalisme en Italie est fortement lié avec l'absolutisme dont ont fait preuve les États pontificaux jusqu'en 1870. De nombreux hommes politiques italiens, qui ont joué un rôle dans l'unification de l'Italie, et donc dans l'annexion des États pontificaux par le Royaume d'Italie, à l'image de Cavour, étaient connus comme hostiles au pouvoir temporel de l'Église catholique.

L'hostilité entre le Saint-Siège et le Royaume d'Italie atteint son paroxysme lors du pontificat de Pie XI sous le régime fasciste de Benito Mussolini, et la signature des accords du Latran n'a rien fait pour la diminuer.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'anticléricalisme en Italie était incarné par le parti socialiste et surtout par le parti communiste, en opposition au parti chrétien-démocrate, fervent soutien du Vatican.

La révision des accords du Latran par le premier ministre italien Bettino Craxi durant les années 1980, retira à la religion catholique le statut de religion d'État, mais conserva à l'Église catholique un certain nombre de privilèges, notamment comme la loi « otto per mille »[réf. nécessaire] ou l'enseignement de la religion à l'école.

L'Église Catholique a récemment pris des positions plus fermes vis-à-vis de la politique italienne, en particulier au travers des interventions du cardinal Camillo Ruini, qui fait souvent entendre sa voix sur divers sujets, commentant le débat politique et rappelant la ligne officielle de l'Église. Cet « interventionnisme » est par ailleurs croissant depuis l'élection du pape Benoît XVI.[réf. nécessaire] L'anticléricalisme, n'entre cependant pas dans les positions officielles de la plupart des partis politiques italiens (à l'exception des radicaux italiens, qui s'identifient comme « laïques »), ceux-ci considérant comme un handicap électoral de s'opposer publiquement à l'Église: depuis que les démocrates chrétiens ne forment plus un parti uni, le vote « catholique » oscille entre gauche et droite, et est généralement décisif pour la victoire à une élection.

Presse[modifier | modifier le code]

L'Asino, hebdomadaire satirique engagé à gauche fondé par le dessinateur Gabriele Galantara et le journaliste Podrecca est lancé en 1892 à Rome. Il est proche des positions du Parti socialiste italien. Par les dessins de Galantara, le journal se veut anticapitaliste, antimilitariste et anticlérical, tirant avant 1914 entre 30000 et 70000 exemplaires. Galantara impressionne à l'étranger : il publie dans la presse satirique allemande, mais également française (L'Assiette au Beurre, Les Corbeaux)[36].

Pologne[modifier | modifier le code]

Comme dans tous les pays sous régime communiste, la politique en vigueur vis-à-vis de la religion durant la période soviétique était l'anticléricalisme dur. Cette politique ne trouva pas d'écho dans la population, l'Église Catholique devenant ainsi l'un des principaux centres d'opposition au régime communiste. Ironiquement, c'est ce qui a précipité la chute du communisme en Pologne, le pouvoir de l'Église sur la vie politique s'accroissant avec le temps. Certains prêtres (Henryk Jankowski (pl), Tadeusz Rydzyk) gagnèrent beaucoup d'influence sur la vie politique, même si leur vision n'était pas forcément celle de l'Église, mais plutôt celle de certains partis (Ligue des familles polonaises) ou d'une certaine radio (Radio Maryja). Ceci a donné lieu à la mise en place d'une opposition basée sur une philosophie anticléricale (qui reprend le terme péjoratif de moherowe berety (pl) (Bérets de Mohair) pour désigner les auditrices ultra-catholiques de radio Maryja).

Portugal[modifier | modifier le code]

Comme l'Espagne, le Portugal a connu des vagues d'anticléricalisme. Au XVIIIe siècle, la Compagnie de Jésus fut chassée. En 1834 sous Dom Pedro : les monastères, couvents, ainsi que de nombreuses écoles primaires furent fermées. En 1910, la chute de la monarchie par la révolution républicaine initia une nouvelle vague d'anticléricalisme. De nombreux biens de l'Église furent spoliés par l'État, et il fut interdit à l'Église de posséder des biens. Le port de signes religieux et l'instruction religieuse furent abolis, ainsi que les serments et les impôts religieux. Des artistes portugais comme Gil Vicente ou Eça de Queirós furent notoirement anticléricaux.

Canada[modifier | modifier le code]

Le Québec connaît des poussées d'anticléricalisme depuis le début des années 1960. La Révolution tranquille se caractérise essentiellement par une ouverture au socialisme et un refus du modèle social de l'Église et du clergé. Quelques écrivains québécois issus de l'Institut canadien avaient exprimé de l'anticléricalisme à la fin du XIXe siècle (Arthur Buies, Louis-Antoine Dessaulles).

Le Devoir, qui est devenu le journal de la gauche québécoise, publie régulièrement des textes d'opinions écrits par des professeurs de philosophie anticléricaux.

Brésil[modifier | modifier le code]

Au début du XX siècle, animé par des libertaires (dont Edgard Leuenroth), l'anticléricalisme brésilien « présente d'emblée un caractère bouleversant parce qu'il vient ouvrir une fêlure, sans précédent et sans suite, dans la tradition catholique dominante dans le pays ». Le mouvement s'exprime au travers du journal La Lanterna et s'organise autour de trois objectifs : lutte contre les prêtres pour montrer que leur vie n'est pas conforme aux doctrines qu'ils professent, lutte contre l'influence politique de l'Église et dénonciation de son pouvoir économique[37].

Mexique[modifier | modifier le code]

Un groupe de Cristeros.

Au Mexique, à la suite de la révolution de 1860, le président Benito Juárez, soutenu par les États-Unis, fait passer un décret nationalisant les biens ecclésiastiques, séparant l'Église de l'État, et supprimant les ordres religieux. Il est le symbole de l'anticléricalisme mexicain.

À la suite de la révolution de 1910, la nouvelle constitution mexicaine de 1917 comporte des articles qui vont encore plus loin :

  • l'article 3 impose la sécularisation de l'éducation, et interdit toute intervention de l'Église à l'école primaire ;
  • l'article 5 rend hors-la-loi les ordres monastiques ;
  • l'article 24 interdit toute célébration publique du culte en dehors des églises ;
  • l'article 27 impose des restrictions au droit de propriété des organisations religieuses ;
  • l'article 130 interdit aux prêtres de porter leurs habits religieux, ils perdent le droit de vote et se voient privés de tout commentaire sur les affaires publiques dans les organes de presse.

Guerre des Cristeros : 1926-1929[modifier | modifier le code]

En décembre 1924, le président Plutarco Elías Calles prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu'ils obéissent à un souverain étranger, le pape. Il expulse tous les ecclésiastiques étrangers et interdit aux prêtres toute critique du gouvernement en vertu de l'article 130 de la Constitution de 1917, jusque-là resté inappliqué. Il interdit les congrégations enseignantes et ferme pas moins de 20000 églises.

Les paysans se soulèvent au cri de « ¡ Viva Cristo Rey ! » (Vive le Christ-Roi !), c'est la Guerre des Cristeros de 1926 à 1929, la plus importante rébellion qu'ait connu le pays.

Le 22 juin 1929, un accord est finalement conclut entre les autorités et le pape Pie XI. Le président mexicain s'engage à ne plus tenter d'appliquer les articles antireligieux de la Constitution[38].

Russie[modifier | modifier le code]

Des ouvriers se débarrassent de Jésus, Bezbojnik, 1929.

En Russie, plusieurs milliers de prêtres furent tués par balles ou par travaux forcés pendant le gouvernement de Staline. L'anticléricalisme a été mis entre parenthèses durant la Seconde Guerre mondiale afin de s'assurer du soutien de l'ensemble de la population. Il a cependant repris à la fin de la guerre.

Au Viêt Nam et en Chine[modifier | modifier le code]

Au Viêt Nam, comme en Chine, on considère les prêtres comme un opium pour le peuple et les autorités s'en méfient.

Œuvres anticléricales[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Illustration d'une publication anticléricale de Léo Taxil.

Presse[modifier | modifier le code]

La Calotte (Marseille), n°28, 20 février 1898.

Musicales[modifier | modifier le code]

Léo Ferré en 1991, lors d'un concert de soutien à Radio libertaire.

Humour[modifier | modifier le code]

Affiches et dessins[modifier | modifier le code]

Affiche satirique, Alternative libertaire, Bruxelles, 1985.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Faguet, L'anticléricalisme, 1906, lire en ligne.
  • John Grand-Carteret, Contre Rome, la bataille anticléricale en Europe : 282 images françaises, italiennes, allemandes, autrichiennes, hollandaises, belges, suisses, portugaises, anglaises, américaines, etc., appréciations d'hommes marquants de la France et de l'étranger sur la séparation de l'Église et de l'État, Paris, Louis Michaud, 1906.
  • René Rémond, L'Anticléricalisme en France de 1815 à nos jours, Paris, Fayard, 1976, lire en ligne.
  • Guillaume Doizy et Jean-Bernard Lalaux, A bas la calotte : La caricature anticléricale et la Séparation des Églises et de l'État, Éditions Alternatives, Paris, septembre 2005. 155 pages. 23x28 cm. (ISBN 2-86227-459-3). (270 caricatures anticléricales de la Belle Époque)
  • J. A. De Seixas, Mémoire et oubli : Anarchisme et syndicalisme révolutionnaire au Brésil : mythe et histoire, Maison des sciences de l'homme, 1992, page 221.
  • Alec Mellor, Histoire de l'anticléricalisme français, Henry Veyrier Éditions, 1990, (ISBN 2851991469).
  • Jean Baubérot, Jean Marie Mayeur, Anticléricalisme et irréligion, in L'Histoire religieuse de la France, 19e-20e siècle : problèmes et méthodes, Paris, Éditions Beauchesne, 1975, lire en ligne.
  • Giovanni Stiffoni, La remise en question de l’anticléricalisme anarchiste, in Camillo Berneri (1897-1937) Mythes, racines et réalités d’un intellectuel anarchiste, Thèse de Doctorat en Études méditerranéennes sous la direction de Sandro Landi, Université Bordeaux-Montaigne, 2012, page 443.
  • Marc Prévotel, Cléricalisme moderne et mouvement ouvrier, Paris, Les Éditions libertaires - Fédération nationale de la Libre Pensée, 2008, (ISBN 2914980655).
  • Jacques Gadille, L'anticléricalisme à son apogée, in Jean-Marie Mayeur, André Vauchez, (s/d), Libéralisme, industrialisation, expansion européenne (1830-1914), Histoire du christianisme tome 11, Mame, 1995, page 463 et suivantes.
  • Marc Crapez, L'athéisme dans l'impasse sous la troisième République, in La gauche réactionnaire. Mythes de la plèbe et de la race dans le sillage des Lumières, préface de Pierre-André Taguieff, Berg International, 1997, pages 129 et suivantes.
  • Marie Issad, La chanson anticléricale au lendemain de la Commune jusqu'à l'affaire Dreyfus (1870-1894), Mémoire de maîtrise en histoire, Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, 1996, (OCLC 690537708).
  • Guillaume Doizy, Les Corbeaux contre la calotte. La lutte anticléricale par l’image à la Belle Époque, éditions Libertaires, 2007, (ISBN 978-2914980470).
  • Jacqueline Lalouette, La République anticléricale : XIXe-XXe siècles, Seuil, 2002, (ISBN 2020526379).

Articles[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Honoré, Le vocabulaire de l'anticléricalisme en France de l'Affaire à la Séparation (1898-1905), Mots, octobre 1982, p. 69-84, lire en ligne.
  • Bernard Plongeron, Alec Mellor. Histoire de l'anticléricalisme français, Revue d'histoire de l'Église de France, no 151, 1967. p. 347-350, lire en ligne.
  • Guy Bourgeois, Pour un anticléricalisme révolutionnaire, Noir et Rouge, no 3, automne 1956, lire en ligne.
  • Jacqueline Lalouette, L'anticléricalisme, in L'histoire religieuse en France et en Espagne, Collection de la Casa de Velázquez, no 87, 2004, (ISBN 9788495555625).
  • Saaïdia Oissila, L'anticléricalisme article d'exportation ? Le cas de l’Algérie avant la première guerre mondiale, Vingtième Siècle. Revue d'histoire 3/2005, p. 101-112, lire en ligne.
  • Jean-Pierre Viallet, L’anticléricalisme en Italie (1867-1915) : historiographie et problématiques de recherche, Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines, 122-1, 2010, 137-159, lire en ligne.
  • Jean-Guillaume Lanuque, Cléricalisme moderne et mouvement ouvrier, Dissidences, Bibliothèque de comptes rendus, novembre 2011, lire en ligne.
  • Jean-Marc Schiappa, René Rémond et l'anticléricalisme, en 1976 in Une histoire de la libre-pensée, L'Harmattan, 2011, p. 37-42.
  • Jean Bruhat, Anticléricalisme et monde ouvrier en France avant 1914, esquisse d'une problématique, Le Mouvement social, no 1, 1975, page 79 et suivantes.
  • Isabelle Saint Martin, La caricature anticléricale sous la IIIe République, Archives de sciences sociales des religions, 134|2006, lire en ligne.
  • Peut-on être anticlérical sans être antireligieux ?, Atheisme.org, 24 août 2010, lire en ligne.
  • Jean-Marc Goglin, Être anticlérical au XIXe siècle, 19e.org, 21 mars 2011, lire en ligne.
  • Marc Fourny, André Larané, La France et l’Église. Des origines à 1871 : mariage de raison, Hérodote, 25 mars 2014, lire en ligne.
  • Guillaume Doizy, La caricature anticléricale sous la Commune de Paris (1871), Gavroche, revue d'histoire populaire, no 152, octobre 2007, p. 2-11.
  • Guillaume Doizy, La caricature politique de l'école au début de la IIIe République, enjeux d'une propagande, colloque Art-Image(s)-Histoire. L’école : représentation(s), mémoire, ESPE d'Auvergne, 4-5 mars 2006, lire en ligne.
  • Guillaume Doizy, De la caricature anticléricale à la farce biblique, Archives de sciences sociales des religions, 134|2006, lire en ligne.
  • Guillaume Doizy, Le dessinateur Lavrate (1829-1888) et la religion comique, Gavroche, revue d'histoire populaire, no 146, avril-mai-juin 2006, p. 10-19.

Audio-visuel[modifier | modifier le code]

  • Armand Isnard, Georges Brassens : « L'anticlérical modéré » et « Les images de sa vie », 104 minutes, 2002.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Anticléricalisme.
Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Anticlérical.

Anticléricaux notoires[modifier | modifier le code]

Léon Pousthomis - Mort de Ferrer par Montéhus.
  • David Lazzaretti est un paysan, charretier et ermite italien. Devenu athée et anarchiste, il revient vers la religion catholique, prône l'égalité sociale, et fonde une « commune agricole subversive ». Les autorités religieuses, confrontées à un prophète issu du peuple, hésitent puis finissent par porter l'affaire devant le Saint-Office. La congrégation condamne l'ensemble de ses écrits en juillet 1878. Il est tué par les carabiniers le 18 août 1878[56].
  • En 1909 à Barcelone, Francisco Ferrer, libre-penseur, franc-maçon et pédagogue libertaire espagnol, fondateur de l'École moderne, est accusé par le clergé catholique, d'être l'un des instigateurs de la semaine tragique. Condamné à mort par un tribunal militaire à l'issue d'une parodie de procès, il est fusillé le 13 octobre. Son exécution provoque un important mouvement international de protestation[58].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Augé, Petit Larousse illustré, 1905, lire en ligne.
  2. a, b, c, d, e et f Françoise Marcard, La France de 1870 à 1918 : L'ancrage de la République, Paris, Armand Colin, 1996, extraits en ligne.
  3. René Rémond, Situation présente et à venir, Encyclopædia Universalis, lire en ligne.
  4. Jean-Marc Schiappa, René Rémond et l'anticléricalisme, en 1976 in Une histoire de la libre-pensée, L'Harmattan, 2011, page 39.
  5. 18 avril 1675 - La révolte des Bonnets rouges, Hérodote, 28 novembre 2013, lire en ligne.
  6. René Rémond, Sociologie de l'anticléricalisme, Encyclopædia Universalis, lire en ligne.
  7. René Rémond, Histoire de l'anticléricalisme, Encyclopædia Universalis, lire en ligne.
  8. 6 avril - Banquet du vendredi dit "saint" (contre les interdits religieux) à Lens!, Fédération nationale de la Libre Pensée, lire en ligne.
  9. « Beaucoup, parmi les « libres penseurs » qui ne s'abandonnaient pas à un anticléricalisme myope, s'étonnaient de l'inadéquation flagrante entre la conduite des catholiques et la doctrine chrétienne à laquelle, au moins implicitement, ils se référaient. » - Pierre Pierrard, Les chrétiens et l'affaire Dreyfus, Éditions de l'Atelier, 1998, page 213.
  10. René Rémond, L'anticléricalisme en France, de 1815 à nos jours, Éditions Complexe, 1985, page 30.
  11. André Lorulot, Église, Encyclopédie anarchiste, 1925-1934, lire en ligne.
  12. René Rémond, L'anticléricalisme libre penseur et libertaire, in L'Anticléricalisme en France de 1815 à nos jours, Paris, Fayard, 1976, lire en ligne.
  13. John Bartier, André Miroir, Laïcité et classes sociales, 1789-1945 : en hommage à John Bartier, Espace de libertés, 1992, page 20.
  14. Domenico Tarizzo, L'anarchie : histoire des mouvements libertaires dans le monde, Seghers, 1978, page 70.
  15. Guy Rousseau, Actualités fin de siècle, in Rencontre autour de Charles-Louis Philippe, Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Clermont-Ferrand, septembre 1991, page 59.
  16. Alec Mellor, Histoire de l'anticléricalisme français, Henry Veyrier Éditions, 1990, page 332.
  17. Joël Delhom, La voix solitaire de la femme anarchiste argentine à la fin du XIXe siècle, colloque international Les représentations des relations amoureuses et des sexualités dans les Amériques, HCTI, Université de Bretagne-Sud, avril 2011, texte intégral.
  18. Libcom, No God, no boss, no husband : The world’s first anarcha-feminist group, texte intégral en anglais, Ni dieu, ni maître, ni mari : La Voz de la Mujer - Argentine 1896-97, texte intégral en français, 3 janvier 2012.
  19. René Rémond, Géographie de l'anticléricalisme, Encyclopædia Universalis, lire en ligne.
  20. Max Gallo, Histoire du monde, de la Révolution française à nos jours en 212 épisodes : Les clés de l'histoire contemporaine, Fayard,‎ 2001 (ISBN 9782213642161, présentation en ligne)
  21. Roger Limouzin-Lamothe, La dévastation de Notre-Dame et de l'archevêché de Paris en février 1831, Revue d'histoire de l'Église de France, tome 50, no 147, 1964. p. 125-134.
  22. 29 mars 1880 - Jules Ferry expulse les religieux de l'enseignement, Hérodote, lire en ligne.
  23. 9 décembre 1905 - Séparation des Églises et de l'État, Hérodote, 1er avril 2011, lire en ligne.
  24. a et b Jean-Jacques Becker, Stéphane Audoin-Rouzeau, La France, la Nation, la Guerre : 1850-1920, Paris : SEDES, 2012, p. 272
  25. Jean-Marie Mayeur, La vie politique…, cité dans « Jean-Jacques Becker, Stéphane Audoin-Rouzeau, La France, la Nation, la Guerre : 1850-1920, Paris : SEDES, 2012, p. 272 »
  26. Formule inspirée de celle de Alphonse Peyrat : « Ce qui est redoutable, c'est le parti clérical. Voilà l'ennemi ! », Discours lors d'une réunion générale des électeurs sénatoriaux de la Seine, janvier 1876, in L'anticléricalisme, Jacqueline Lalouette, dans L'histoire religieuse en France et en Espagne : colloque international (Casa de Velásquez, 2-5 avril 2001), Casa de Velázquez, 2004, page 334.
  27. Léon Gambetta, « Le cléricalisme voilà l’ennemi », discours à la Chambre des députés, 4 mai 1877, texte intégral sur le site de la Fédération nationale de la Libre Pensée.
  28. Enquête Pew Research Center du 17/09/2008 : http://pewglobal.org/reports/pdf/262.pdf, pages 15, 18 et 23
  29. « l’anticléricalisme anarchiste et sympa », Claude Soula, Être à la hauteur, L'Obs, 23 janvier 2015, lire en ligne.
  30. « Une Pentecôte bruxelloise à la fois papale et... athée », Le Soir,‎ 29 mars 1995 (lire en ligne)
  31. « La Liaison pour l'autonomie des personnes lance le débat », Le Soir,‎ 22 février 1994 (lire en ligne)
  32. Association pour l'Art et l'Expression Libre Toulouse CIRA Lausanne)
  33. Contre le SIDA : la capote, pas la calotte : voir en ligne ou sur le site du Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne), voir en ligne
  34. Aline Angoustures, L'Espagne, Éditions Le Cavalier Bleu, 2004, page 63.
  35. (es) Bibliotheca National de Espana, Don Quijote (Madrid. 1892), lire en ligne.
  36. Presse satirique illustrée italienne : L'Asino, Caricatures et caricature, 2 mars 2011, en ligne.
  37. J. A. De Seixas, Mémoire et oubli : Anarchisme et syndicalisme révolutionnaire au Brésil : mythe et histoire, Maison des sciences de l'homme, 1992, page 221.
  38. 22 juin 1929 - Le Vatican «s'arrange» avec le Mexique, Hérodote, 20 mai 2014, lire en ligne.
  39. Guillaume Doizy , La Calotte de Marseille, une revue anticléricale et libre penseuse satirique, Caricatures et caricature, 15 août 2011, lire en ligne.
  40. Jean-Luc Jarnier, Le Fouet, un hebdo anticlérical du dessinateur Pépin, Caricatures et caricature, 10 décembre 2011, lire en ligne.
  41. Guillaume Doizy, L'image, le rire et la libre pensée militante, exemple de la revue franco-belge Les Corbeaux (1905-1909), Gavroche, revue d'histoire populaire, no 140, mars-avril 2005, p. 8-13.
  42. La Calotte sur le site Caricatures et caricature.
  43. Bertrand Dicale, Jean Yanne : à rebrousse poil, First, 2012, lire en ligne.
  44. Sophie Girault, Léo Ferré ni Dieu ni maître, City Édition, 2013, lire en ligne.
  45. « chanson anticléricale (antipape, même) », Jean-Éric Perrin, Léo Ferré poète et rebelle, Alphée, 2008, page 71.
  46. Jean Garrigues, La France de la Ve République : 1958-2008, Armand Colin, 2008, page 106.
  47. Jean-Dominique Brierre, Jean Ferrat, une vie, Paris, L'Archipel, 2010, page 78.
  48. Ludger Derenthal, Jürgen Pech, Max Ernst, Casterman, 1992, (ISBN 978-2203451100), "film+anticlérical" page 141.
  49. Jacqueline F. Quesnel-Ferry, Sartre/Nizan : Nitre et Sarzan ou le miroir déformant, LittéRéalité, vol. 4, no 2, 1992, p. 39-53.
  50. Olivier Todd, Un fils rebelle, Paris, Grasset, 1981, page 41.
  51. Thomas Schreiber, Le christianisme en Europe orientale, Spes, 1961, page 173.
  52. Nicolas L., Le curé de ses dames, SciFi-Universe, 5 juin 2008, lire en ligne.
  53. ALM, Mostra de Venise : Le brulôt anticlérical, Aujourd'hui le Maroc, 10 septembre 2002, lire en ligne.
  54. Olivier Clairouin, Jacques Mandelbaum, Noémie Luciani, « Au nom du Fils » : simple comédie noire ou « film anticlérical pur et dur » ?, Le Monde, 6 mai 2014, lire en ligne.
  55. Ludovic Lalanne, Dictionnaire historique de la France, 1872, page 191.
  56. Domenico Tarizzo, L'anarchie : histoire des mouvements libertaires dans le monde, Seghers, 1978, page 61.
  57. Jean Maitron, Ravachol et les anarchistes, Gallimard, 1992, page 74.
  58. Jacqueline Lalouette, La République anticléricale : XIXe-XXe siècles, Seuil, 2002, page 202.