Seine-et-Oise

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Seine-et-Oise

1790 – 1968

Description de cette image, également commentée ci-après
La Première République française (1801) incluant les départements de la Seine et de Seine-et-Oise
Informations générales
Statut Département français
Chef-lieu Versailles
Histoire et événements
Création
Loi prévoyant la suppression du département
Suppression effective

Entités précédentes :

La Seine-et-Oise (prononcé [sɛ.ne waz]) est un ancien département français créé en 1790 et dissous en 1968, qui était identifié par le code « 78 », ensuite attribué aux Yvelines.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Seine-et-Oise fut l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie de la province d'Île-de-France.

Son chef-lieu était Versailles, et il eut pour sous-préfectures Corbeil (devenu Corbeil-Essonnes, remplacée en 1966 par celle d'Évry [réf. nécessaire]), Étampes (jusqu'en 1926), Mantes (devenu Mantes-la-Jolie) (sauf entre 1926 et 1943), Pontoise, Rambouillet (à partir de 1812), et, après 1962, Montmorency, Palaiseau, Le Raincy et Saint-Germain-en-Laye. Deux autres arrondissements s'ajoutèrent en 1966, Argenteuil et Étampes, pour préparer les nouveaux départements. Ainsi, au moment de sa suppression, le département comptait 11 arrondissements, 68 cantons et 688 communes (il y a aujourd'hui 686 communes dans ses limites).

Sa population s'élevait à 2 298 931 habitants en 1962 (dernier recensement avant sa suppression), et dépasserait aujourd'hui 4,5 millions d'habitants. Sa superficie était de 5 658,94 km² (565 894 ha)[1].

Il était entouré par les départements de l'Oise au nord, de Seine-et-Marne à l'est, du Loiret au sud, d'Eure-et-Loir et de l'Eure à l'ouest. De plus, le département de la Seine, qui comprenait Paris et sa proche banlieue, était entièrement enclavé en Seine-et-Oise.

Il a été supprimé le 1er janvier 1968 (tout comme le département de la Seine qu'il entourait totalement), en application de la loi du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne, et a constitué les départements de l'Essonne, du Val-d'Oise et des Yvelines. Quelques-unes de ses communes ont également formé des parties des Hauts-de-Seine (9 communes[2]), de la Seine-Saint-Denis (16 communes[3]) et du Val-de-Marne (18 communes[4]). La réorganisation de la région parisienne en 1964 aboutit à démembrer le Grand Paris pour 3 raisons principales [5]

  • Imposer le district de la région de Paris (institué en 1961, le district regroupe Paris et la Seine, la Seine-et-Oise et la Seine-et-Marne) en démembrant le département de la Seine pour éviter l'émergence d'un contre-pouvoir trop important dans la Ve République naissante,
  • Rétablir une solidarité à l'échelle régionale et en particulier une solidarité à l'égard du territoire qui a été le plus délaissé dans l'histoire urbaine, sociale et politique du XIXe et du XXe siècle, le département de Seine-et-Oise. La Seine-et-Oise était en effet le parent pauvre des politiques d'équipement, de désenclavement et d'administration. Le département de Seine-et-Oise n'avait pas bénéficié de la manne financière de la Ville de Paris (qui était un territoire plus riche), comme avait pu en bénéficier le département de la Seine[5]
  • Cantonner l'influence du Parti communiste français à un seul territoire, la Seine-Saint-Denis et éviter que le PCF, à la faveur d'une alliance avec le PS de l'époque, la SFIO, ne reprenne les rênes du Grand Paris, donc du département de la Seine[5].

Langue[modifier | modifier le code]

D'après Abel Hugo, vers 1835, le langage des habitants de Seine-et-Oise ne différait de celui des Parisiens que dans les campagnes, où le peuple avait naturellement un vocabulaire varié et des locutions qui tenaient à son état, au genre de ses occupations agricoles et industrielles, inconnues à celui de la capitale[6].

Par suite de l'ancien séjour de la cour à Versailles, les habitants de cette ville et des environs avaient un langage plus riche, plus figuré et plus nuancé d'expressions recherchées que ceux des autres arrondissements du département[6].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Seine-et-Oise

Les armes de Seine-et-Oise se blasonnent ainsi :

d’azur semé de fleurs de lys d’or aux deux bandes ondées d’argent brochant sur le tout.

Ce blason a été créé en 1943 sous l'égide de la commission départementale d'héraldique. Le fond d'azur semé de fleurs de lys d'or reprend les armes de France ancienne qui sont aussi celles de l'Île-de-France, les deux bandes ondées d'argent symbolisent les deux principaux cours d'eau qui irriguent le département, la Seine et l'Oise.

Il a été repris par le nouveau département des Yvelines lors de sa création en 1968[7].

Histoire des divisions administratives[modifier | modifier le code]

Plaque Michelin à Milly-la-Forêt (Essonne)
La création des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, de l'Essonne, des Yvelines, du Val-d'Oise à partir de la Seine et de Seine-et-Oise en 1968
  • 1790 (décret du 26 février prenant effet le 4 mars) : création du département de Seine-et-Oise avec 9 districts : Corbeil, Dourdan, Étampes, Gonesse, Mantes, Montfort, Pontoise, Saint-Germain et Versailles, divisés en 59 cantons
  • 1795 : disparition des districts
  • 1800 (17 février, loi du 28 pluviôse an VIII) : création des arrondissements : Corbeil, Étampes, Mantes, Pontoise et Versailles, divisés en 36 cantons
  • 1812 : création de l'arrondissement de Rambouillet
  • Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes prussiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).
  • 1882 : création du canton du Raincy
  • 1919 : création du canton de Villeneuve-Saint-Georges
  • 1920 : création du canton de Chennevières-sur-Marne
  • 1922 : création du canton d'Aulnay-sous-Bois
  • 1924 : création du canton de Maisons-Laffitte
  • 1926 (décret du 10 septembre) : suppression des arrondissements d'Étampes et Mantes
  • 1931 : création du canton de Taverny
  • 1943 (loi du 26 novembre) : restauration de l'arrondissement de Mantes
  • 1962 (décret n° 62-1294 du 7 novembre 1962 publié au journal officiel le 8 novembre 1962[8]) : création des arrondissements de Montmorency, Palaiseau, Le Raincy et Saint-Germain-en-Laye
  • 1964 (décret du 28 janvier[9]) : le nombre de cantons passe de 41 à 67
  • 1964 (loi du 10 juillet) : la suppression du département est programmée
  • 1965 (décret du 25 février) : les chefs-lieux des nouveaux départements sont désignés
  • 1966 (décret du 2 juin) : la création de l'arrondissement d'Argenteuil, la restauration de l'arrondissement d'Étampes, le transfert du chef-lieu de l'arrondissement de Corbeil à Évry, la création du canton de Saint-Arnoult-en-Yvelines et quelques transferts de cantons entre arrondissements font coïncider les limites des arrondissements et des cantons avec les limites des futurs départements
  • 1967 (décret du 20 juillet) : création des cantons des nouveaux départements
  • 1967 (décret du 19 septembre) : l'entrée en vigueur complète de la loi du 10 juillet 1964 est fixée au 1er janvier 1968
  • 1968 (1er janvier) : dissolution du département de Seine-et-Oise (entrée en fonction des conseils généraux des nouveaux départements, élus en 1967)

Arrondissements et cantons[modifier | modifier le code]

Les arrondissements de Seine-et-Oise étaient composés des cantons suivants :

de 1966 à 1967, le rattachement à cet arrondissement des cantons de Boissy-Saint-Léger, Chennevières-sur-Marne, Villeneuve-le-Roi et Villeneuve-Saint-Georges (qui devaient rejoindre le département du Val-de-Marne) est effectué à titre provisoire.
Ancien panneau « Seine-et-Oise » se trouvant rue des Gaulois à Juvisy-sur-Orge (Essonne)
Ancien panneau « Seine-et-Oise » se trouvant à Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis)
de 1966 à 1967, le rattachement à cet arrondissement du canton de Rueil-Malmaison (qui devait rejoindre le département des Hauts-de-Seine) est effectué à titre provisoire.
de 1966 à 1967, le rattachement à cet arrondissement des cantons de Meudon, Saint-Cloud et Sèvres (qui devaient rejoindre le département des Hauts-de-Seine) est effectué à titre provisoire.

Économie[modifier | modifier le code]

Le Val-d'Oise et les Yvelines partagent la Chambre de Commerce et d'Industrie de Versailles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1963, p. 476 »
  2. Chaville, Garches, Marnes-la-Coquette, Meudon, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Sèvres, Vaucresson et Ville-d'Avray - Source paubc.info
  3. Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, Clichy-sous-Bois, Coubron, Gagny, Gournay-sur-Marne, Livry-Gargan, Montfermeil, Neuilly-Plaisance, Neuilly-sur-Marne, Noisy-le-Grand, Le Raincy, Sevran, Tremblay-en-France, Vaujours, Villepinte - Source Atlas de l’architecture et du patrimoine de la Seine-Saint-Denis
  4. Ablon-sur-Seine, Boissy-Saint-Léger, Chennevières-sur-Marne, La Queue-en-Brie, Le Plessis-Trévise, Limeil-Brévannes, Mandres-les-Roses, Marolles-en-Brie, Noiseau, Ormesson-sur-Marne, Périgny, Santeny, Sucy-en-Brie, Valenton, Villecresnes, Villeneuve-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges et Villiers-sur-Marne - Source archives départementales du Val-de-Marne
  5. a, b et c Exposés par le chercheur CNRS Emmanuel Bellanger dans le Film documentaire en ligne, réalisé à l'occasion de la parution du livre "Val-de-Marne : Anthologie 1964 - 2014" paru aux Éditions de l'Atelier en 2014.
  6. a et b Abel Hugo, France pittoresque ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France, t. 3, Paris, Delloye,
  7. Les armoiries des Yvelines, Connaître les Yvelines, 1er semestre 1992, conseil général des Yvelines, p. 4.
  8. « Texte du décret n° 62-1294 du 7 novembre 1962 portant sur la modification des circonscriptions territoriales des arrondissements de Versailles, Pontoise, Corbeil-Essonnes et Rambouillet, et création des arrondissements de Saint-Germain-en-Laye, Montmorency, Palaiseau et Le Rancy du département de Seine-et-Oise », Légifrance (consulté le 25 novembre 2012)
  9. « Texte du décret 28 janvier 1964 publié le 30 janvier 1964 au Journal Officiel portant sur la modification de limites territoriales de cantons et créations de nouveaux cantons », Légifrance (consulté le 25 novembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • V.A. Malte-Brun, L'ancien département de Seine-et-Oise - Histoire, géographie, statistique, administration, Paris, Éditions du Bastion (réédition de l'ouvrage de 1883), , 253 p.
  • Paul Joanne, Géographie de Seine-et-Oise, Paris, Hachette, , 71 p.
  • J. Hippolyte Daniel, Biographie des hommes remarquables de Seine-et-Oise: depuis le commencement de la monarchie jusqu'à ce jour. Précédée d'un Aperçu historique, et suivie d'écrits relatifs à ce département, Paris & Versailles : Angé, 1837, 280 p. [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]