École normale primaire

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En France, une école normale primaire était, jusqu'en 1990-1991, un établissement chargé de former les instituteurs (école normale de garçons) ou les institutrices (école normale de filles) de l'enseignement public. À l'étranger, la première fut créée en Autriche en 1770 et en France à Strasbourg en 1794 puis 1810 pour les hommes suivie en 1838 de la première école normale d'institutrices. Le Japon a suivi un temps le modèle français avec des écoles normales dès 1886[1].

Sommaire

Historique en France[modifier | modifier le code]

Sous le Ier Empire (1804-1814), l'article 108 du décret du 17 mars 1808 portant organisation de l'Université prévoyait la constitution de « classes normales » au sein de lycées ou de collèges « destinées à former des maîtres pour les écoles primaires ». Après la première de 1794 – éphémère[2] – fut ainsi créée en 1810 la deuxième « école normale » de Strasbourg grâce notamment au préfet Adrien de Lezay-Marnésia[3]. École normale de garçons qui ne fut d'abord qu'une annexe du lycée de garçons de Strasbourg avant d'être dotée d'une existence propre et indépendante à partir de 1820.

Jusqu'en 1879, les écoles normales de garçons et celles de filles vont dispenser une formation avant tout morale et religieuse[modifier | modifier le code]

Pendant la Restauration (1814-1830) puis la Monarchie de Juillet (1830-1848), le nombre des écoles normales de garçons atteint 13 en 1829 puis 47 en 1832[4] et 56 au 28 juin 1833 d'après le tableau[5] dressé par le ministre François Guizot le 24 juillet 1833 dans sa lettre circulaire aux préfets. Ledit tableau fait état de 35 « pensionnats » et de 21 « externats » pour ces 56 écoles normales primaires en activité, de 15 écoles normales primaires projetées et de 18 départements sans projet sur un total de 86 départements.

Le 2 janvier 1833, le ministre de l'instruction publique François Guizot présente son projet de loi concernant l'instruction primaire devant la Chambre des députés. Dans son discours introductif[6], celui-ci déclare notamment :

« [...] Désormais, tout citoyen âgé de 18 ans accomplis pourra fonder, entretenir, diriger tout établissement quelconque d'instruction primaire, soit du degré inférieur, soit du degré supérieur, normal ou autre, dans toute espèce de commune urbaine ou rurale, sans autres conditions qu'un certificat de bonne vie et mœurs, et un brevet de capacité obtenu après examen. [...] Nous ne redoutons pas la liberté de l'enseignement, nous la provoquons au contraire. »

Mais ensuite, déplorant le fait que des milliers de communes rurales soient encore dépourvues d'écoles primaires et que, dans les autres, une grande partie des enfants ne soient pas scolarisés, le ministre poursuit :

« [...] De là, l'institution nécessaire des écoles publiques, c'est-à-dire d'écoles entretenues en tout ou en partie par les communes, par les départements ou par l'État, pour le service régulier de l'instruction du peuple. »
François Guizot - ministre de l'Instruction publique de 1832 à 1837

Et après avoir défini ce qu'est un bon maître d'école[7] et avoir déploré le fait que très souvent ils ne le soient pas, le ministre poursuit :

« [...] Mais il faut tâcher d'en former de bons; et pour cela, messieurs, des écoles normales primaires sont indispensables. [...] Aussi nous vous proposons d'établir une école normale primaire par département. »

Ainsi, François Guizot veut obliger chaque département à créer une école normale primaire pour former les maîtres compétents dont la France a besoin selon lui. Ce projet, rapidement discuté et amendé, est voté par les deux chambres du parlement.

La loi Guizot[8] « sur l'instruction primaire » est promulguée le par Louis-Philippe Ier - roi des Français. Contrairement au souhait de François Guizot, la nouvelle loi ne s'applique pas aux filles dont l'instruction continue donc à relever de la réglementation précédente quelque peu restrictive. Certains des articles de cette nouvelle loi concernent les écoles normales primaires et les instituteurs, la loi obligeant chaque département à avoir une école normale de garçons[9] :

Article 11. - Tout département sera tenu d'entretenir une école normale primaire, soit par lui-même, soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins[10].
Les conseils généraux délibéreront sur les moyens d'assurer l'entretien des écoles normales primaires. Ils délibéreront également sur la réunion de plusieurs départements pour l'entretien d'une école normale. Cette réunion devra être autorisée par ordonnance royale[11].
Article 12. - Il sera fourni à tout instituteur communal, 1) un local convenablement disposé, tant pour lui servir d'habitation, que pour recevoir les élèves; 2) un traitement fixe, qui ne pourra être moindre de 200 francs pour une école primaire élémentaire, et de 400 francs pour une école primaire supérieure.
Article 25. - Il y aura dans chaque département une ou plusieurs commissions d'instruction primaire chargées d'examiner tous les aspirants aux brevets de capacité, soit pour l'instruction primaire élémentaire, soit pour l'instruction primaire supérieure, et qui délivreront lesdits brevets, sous l'autorité du ministre. Ces commissions sont également chargées de faire les examens d'entrée et de sortie des élèves de l'école normale primaire [...].

Cette loi aux 25 articles concernant l'instruction primaire des seuls garçons fait l'objet, le 24 juillet 1833, d'une très longue circulaire[12] du ministre aux préfets. Dans celle-ci, le ministre leur précise les modalités d'application de la loi et, notamment, celles concernant les écoles normales primaires :

Les dépenses « doivent être acquittées, soit avec les pensions des élèves, soit avec le produit des bourses fondées par l'État, le département ou les communes. »
« [...] Le conseil général aura donc à fixer le taux de la pension de chaque élève et à créer un certain nombre de bourses ou de portions de bourses en faveur des aspirants qui n'auraient pas le moyen de payer, soit en totalité, soit en partie, leur pension. [...] De mon côté (dit le ministre), je suis dans l'intention d'affecter une partie du crédit qui m'est ouvert [...] soit à concourir aux dépenses fixes, soit à créer des bourses dans chaque école normale. Je vous engage à inviter les conseils municipaux des villes riches à fonder de semblables bourses, et ceux des communes rurales à payer tout ou partie de la pension de l'élève qu'ils voudraient avoir pour instituteur. Il y a lieu d'espérer que les personnes et les associations charitables créeront aussi des bourses dans ces établissements. »
En 1865, une école normale de garçons avec son aumônier et ses autres enseignants assis et, debout, les aspirants instituteurs (élèves-maîtres) en uniforme

Les aspirants instituteurs (ou élèves-maîtres) doivent donc financer par eux-mêmes tout ou partie de leurs courtes études en école normale à moins de bénéficier, pour tout ou partie, d'une bourse communale, départementale ou d'État. Courtes études à l'issue desquelles ils doivent obtenir un brevet de capacité pour avoir le droit d'enseigner.

En effet, la réglementation de 1833 institue les « brevets de capacité »[13] exigés pour enseigner dans l'enseignement privé comme dans l'enseignement public. Ces brevets de capacité seront fixés au nombre de deux : un brevet « élémentaire » (BE) suivi d'un brevet « supérieur » (BS). Et c'est ainsi que tout individu de plus de 18 ans voulant exercer la fonction d'instituteur et diriger tout établissement d'instruction primaire devra alors non seulement être pourvu du certificat de moralité mais être aussi titulaire, selon le degré de l'école, d'un brevet de capacité (BE ou BS) obtenu après examen organisé dans chaque département par les commissions désignées.

Création d'un cours normal pour institutrices en 1833. C'est le 2 juin 1833 que David Lévi Alvarès, en société avec M. Lourmand, ouvrit à l'Hôtel de Ville de Paris, un cours normal. Cinq cents institutrices vinrent tous les dimanches dans la salle Saint-Jean, à cette réunion de famille.

C'est en 1838 qu'est créée la première école normale de filles en France. Cette création a été favorisée par l'esprit de l'ordonnance royale du 23 juin 1836 étendant aux écoles de filles[14] une partie des articles de la loi du 28 juin 1833 à l'exclusion, notamment, de ses articles 11 et 12 concernant la création d'une école normale (de filles) dans chaque département. Dix ans après, en 1848, on compte pourtant déjà huit écoles normales d'institutrices ainsi qu'une trentaine de « Cours normaux » assurant à moindre coût pour les départements une petite formation pour celles se destinant à devenir institutrices d'écoles publiques. En 1863, pour les 85 départements français, on ne recense que 11 écoles normales de filles seulement pour 53 Cours normaux pour filles.

Sous la IIe République (1848-1852) et le Second Empire (1852-1870), les autorités se méfient des écoles normales soupçonnées de favoriser les idées démocratiques voire socialistes. Dès le 18 juin 1849, Alfred de Falloux ministre de l'Instruction publique, présentant son projet de loi[15] favorable à la liberté de l'enseignement à l'Assemblée constituante, déclare notamment :

« [...] À voir tous les gouvernements qui se succèdent porter la main sur l'enseignement public, il semble que tous se soient flattés d'improviser une société à leur image. La liberté d'enseignement, consacrée enfin par notre Constitution, doit mettre un terme à ces illusions et à ces tentatives. [...] La famille, pas plus que l'individu, ne doit se mettre en révolte contre l'État, mais l'État ne peut pas, ne doit pas se substituer arbitrairement à la famille. »
« [...] Quelle est la valeur morale des écoles normales primaires? Les instituteurs ne sont pas tous élevés dans les écoles normales. Toutefois, sur dix-sept cents places, environ, vacantes chaque année, ces écoles ne fournissent pas moins de sept cent cinquante à huit cents sujets, et ces sujets, qui devraient servir de modèle, servent en ce moment de point de mire aux critiques les plus sévères[16]. Des voix sérieuses, impartiales, politiques, se sont élevées pour demander la suppression absolue des écoles normales primaires. [...] l'institution a été attaquée en elle-même comme essentiellement vicieuse »
« [...] Ces objections sont graves. Cependant nous avons cru que l'épreuve pouvait être continuée moyennant le contrepoids du stage fortement organisé: qu'en tout cas, ce stage devait avoir produit ses recrues avant qu'on se privât des ressources de l'école normale. Surtout nous avons voulu laisser les Conseils généraux juges des besoins ou des périls de chaque département; nous avons éveillé leur vigilance et armé leur sévérité. »
« [...] On s'étonnera peut-être qu'aucun article du projet ne soit relatif à l'enseignement des filles [...] L'instruction est demeurée trop isolée de l'éducation, l'éducation est demeurée trop isolée de la religion. [...] C'est le but que nous avons tâché d'atteindre... en confiant au curé ou au pasteur la surveillance morale de l'école primaire »
Victor Hugo - député de 1848 jusqu'au coup d'État du 2 décembre 1851 qu'il refuse en s'exilant à Jersey jusqu'en 1870

Lors des débats à l'Assemblée, Victor Hugo — maintenant républicain — se déclare résolument hostile à ce projet qu'il juge par trop clérical et réactionnaire. Discuté et amendé, le projet d'Alfred Falloux est cependant voté. Et la loi[17] dite Falloux relative à l'enseignement primaire est promulguée le 15 mars 1850 par Louis-Napoléon Bonaparte Président de la république. Loi dont l'article 35 ne concerne que les seules écoles normales de garçons dont l'existence est remise en cause par ses 1er et 2e alinéas :

Article 35 - Tout département est tenu de pourvoir au recrutement des instituteurs communaux, en entretenant des élèves-maîtres, soit dans les établissements d'instruction primaire désignés par le Conseil académique, soit aussi dans l'école normale établie à cet effet par le département.
Les écoles normales peuvent être supprimées par le Conseil général du département; elles peuvent l'être également par le Ministre en Conseil supérieur, sur le rapport du Conseil académique, sauf, dans les deux cas, le droit acquis aux boursiers en jouissance de leur bourse.

S'il oblige les départements à assurer le recrutement d'élèves-maîtres, pour leur formation l'article 35 de la loi Falloux du 15 mars 1850 leur laisse le choix entre l'école normale ou de simples écoles primaires réservées à cet effet. De plus, il stipule explicitement que les écoles normales de garçons pourront être supprimées par le conseil général voire par le ministre de l'Instruction publique. De ce fait, bien que l'enseignement religieux soit dispensé dans ces écoles normales par un aumônier y résidant et aux pouvoirs étendus, le nombre des écoles normales d'instituteurs ne progressera pas voire régressera.

À partir de 1879, les écoles normales de garçons et, à égalité, celles de filles sont généralisées, sécularisées et laïcisées[modifier | modifier le code]

Sous la IIIe République (1870-1940), la victoire des républicains aux élections sénatoriales de 1879 permet l'arrivée de Jules Ferry au ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts puis à la présidence du Conseil. Sont alors votées, de 1879 à 1882, les lois scolaires instituant notamment l'enseignement primaire élémentaire obligatoire, gratuit et laïque pour tous les garçons et toutes les filles de France âgés de 6 ans révolus à 13 ans (puis 14 ans en 1936), étant entendu que ceux réussissant au certificat d'études primaires (CEP) à partir de l'âge de 11 ans étaient alors libérés de leurs obligations scolaires.

La proposition de loi[18] portant sur l'établissement des écoles normales primaires est présentée à la Chambre par le député Paul Bert lors de la séance du 14 janvier 1878. Dans son discours introductif, Paul Bert déclare :

« Messieurs, l'article 11 de la loi du 28 juin 1833 ordonne que « tout département sera tenu d'entretenir une école normale primaire, soit par lui-même, soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins. » Mais cette prescription ne s'applique qu'aux écoles normales d'instituteurs, et l'ordonnance royale du 23 juin 1836, qui étend à l'enseignement des filles la plupart des dispositions de la loi de 1833, passe sous silence les écoles normales d'institutrices. »
« Il en résulte que, tandis qu'aujourd'hui 79 écoles normales d'instituteurs sont fondées, et la plupart depuis longtemps, il n'existe que 17 écoles normales d'institutrices dont 9 n'ont été créées que depuis la guerre (de 1870-71 - ndlr). »
« Aucune raison sérieuse ne pourrait être mise en avant pour justifier cette inégalité. Les temps ne sont plus où l'on semblait systématiquement négliger tout ce qui a rapport à l'éducation des filles; l'opinion publique a fini par comprendre qu'elle était aussi au moins importante à considérer que celle des garçons. Le mot célèbre de M. Jules Simon : « Quand on instruit une femme, on ne crée pas seulement une femme instruite, mais une institutrice », résume tout ce qui a été si justement développé à ce propos. »
« Je viens en conséquence, vous demander d'appliquer aux écoles normales d'institutrices les dispositions de la loi de 1833, relatives aux écoles normales d'instituteurs. Mais il faut faire observer ici que la loi du 15 mars 1850, dont le projet primitif proposait « la destruction des écoles normales », a, par son article 41, rendu facultative la conservation des écoles déjà fondées; ajoutons que deux de ces dernières seulement (Lot et Lot-et-Garonne) disparurent en vertu de la nouvelle législation. »
« Je pense qu'il est utile de reprendre la formule impérative de la loi de 1833. [...] »

Longuement discutée et amendée, la proposition de loi de Paul Bert sera finalement votée l'année suivante par la Chambre des députés et le Sénat.

La loi[19] dite Paul Bert est promulguée le par le Président de la république Jules Grévy. Cette loi en sept articles oblige à nouveau les départements à disposer d'une école normale primaire de garçons et, ce qui est nouveau, d'une école normale primaire de filles pour les élèves-institutrices[20].

Article 1er. - Tout département devra être pourvu d'une école normale d'instituteurs et d'une école normale d'institutrices, suffisantes pour assurer le recrutement de ses instituteurs communaux et de ses institutrices communales.

Ces établissements devront être installés dans le laps de quatre ans, à partir de la promulgation de la présente loi. Un décret du président de la République pourra, sur l'avis conforme du Conseil supérieur de l'Instruction publique, autoriser deux départements à s'unir pour fonder et entretenir en commun, soit l'une ou l'autre de leurs écoles normales, soit toutes les deux. [...]

Article 2. - L'installation première et l'entretien annuel des écoles normales primaires sont des dépenses obligatoires pour les départements.

La nouvelle réglementation redéfinit les écoles normales primaires : l'enseignement religieux va y être supprimé et remplacé par un enseignement moral et civique républicain qui légitimera le surnom de hussards noirs donné par la suite aux instituteurs notamment après le vote en 1905 de la Loi de séparation des Églises et de l'État.


En réalité, les écoles normales primaires ne vont recruter sur concours qu'une partie seulement des futurs instituteurs et institutrices. Les candidats doivent alors posséder normalement le Certificat d'études primaires (CEP) voire, par la suite, le Brevet d'enseignement primaire élémentaire[21] (Brevet élémentaire dit BE). Très majoritairement, ces candidats provenaient des classes des cours complémentaires ou de celles des écoles primaires supérieures (EPS) du cursus dit « populaire »[22]. Les autres provenant des classes des collèges et lycées du cursus dit « bourgeois ». Jusqu'en 1940, les admis au concours étaient astreints à trois années de formation à l'issue desquelles ils devaient réussir au « Brevet de capacité pour l'enseignement primaire »(instituteurs-brevet supérieur)[23] correspondant au Brevet supérieur (BEPS) et leur donnant le droit d'être nommés instituteurs stagiaires pour obtenir leur « Certificat d'aptitude pédagogique (CAP) » et donc leur titularisation.

Ainsi, la majorité des enseignants du « primaire », recrutés en dehors du cadre des écoles normales primaires et donc sans formation professionnelle initiale, devaient posséder au moins le Brevet élémentaire (BE). Ils avaient alors le statut précaire de « remplaçants » (auxiliaires révocables à tout moment) et ils devaient enseigner pendant plusieurs années avant de pouvoir éventuellement obtenir leur « certificat d'aptitude pédagogique (CAP) » et donc leur titularisation. De plus, jusqu'en 1924, le Brevet supérieur (BS) - diplôme « clef de voûte » du cursus primaire dit « populaire » - est également le diplôme terminal du cursus secondaire dit « bourgeois » des collèges et lycées de jeunes filles. En effet, jusqu'en 1924 le baccalauréat n'était préparé que dans les lycées et collèges de plein exercice de garçons, publics et privés. Les jeunes filles se présentant au baccalauréat comme candidates libres étaient alors l'exception et seules celles qui arrivaient à l'obtenir étaient admises à l'université.

Les réformes avortées du Front populaire en 1936-1937 et du Conseil national de la Résistance à la Libération[modifier | modifier le code]

Avec le Front populaire (1936-1937), le grand projet éducatif[24] visant à démocratiser l'enseignement - présenté par Jean Zay le ministre de l'Education nationale et des Beaux-Arts du gouvernement Léon Blum - fut torpillé en 1937 par la majorité conservatrice du Sénat. Sur le plan de la formation des enseignants, il prévoyait que les instituteurs seraient pourvus du baccalauréat préparé en trois ans dans les lycées par des normaliens et des normaliennes demeurant par ailleurs internes dans les écoles normales leur assurant ensuite deux véritables années de formation professionnelle modernisée.

Sous le Régime de Vichy (1940-1944), le Brevet supérieur et les écoles normales ayant été supprimés par décret du , une petite partie des futurs instituteurs et institutrices furent recrutés sur concours parmi les élèves aptes à poursuivre leurs études à partir de la seconde des collèges et lycées du cursus dit « bourgeois ». Ils furent alors astreints à plus de trois années de formation : les trois premières années en lycée, sanctionnées par l'obtention du baccalauréat, étaient suivies d'un stage dans un des « instituts pédagogiques » (33 pour les garçons et 33 pour les filles). Stage que Jean Zay, l'ancien ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front populaire, qualifia de « dérisoire » dans son journal de prison[25]. Mais, dans la clandestinité, le Conseil national de la Résistance (CNR) adopta le 15 mars 1944 son programme de gouvernement prévoyant une grande réforme démocratique du système scolaire et de l'enseignement.

A la Libération (1944-1945), la commission désignée le 8 novembre 1944 par le ministre René Capitant du GPRF présidé par Charles de Gaulle devait élaborer une grande réforme démocratique de l'enseignement. Ses propositions, adoptées à l'unanimité, sont connues sous le nom de plan Langevin-Wallon. Le recrutement des futurs maîtres du premier degré (élèves de 3 à 18 ans) devait se faire après le baccalauréat et ledit plan prévoyait donc « un système particulier de bourses pour que le recrutement des maîtres puisse rester populaire [...] Et ce n'est qu'après l'obtention du baccalauréat de leur choix que les futurs maîtres de matières communes ou de spécialités devaient faire leurs deux années préuniversitaires dans les écoles normales. Ils devaient alors y recevoir une double formation : pratique au contact des écoliers des écoles annexes et théorique spécialisée les préparant à celui des universités[26]. » Les deux années d'école normale étant suivies pour tous par deux années de licence à l'université. Mais adopté trop tardivement et remis seulement le 19 juin 1947 (après la fin du « tripartisme » MRP-SFIO-PCF et dans le nouveau contexte de guerre froide planétaire), ce plan moderniste ne fut pas mis en œuvre par les gouvernements dits de « Troisième force »sous la IVe République et on en resta alors au clivage antérieur entre cursus primaire dit « populaire » et cursus secondaire dit « bourgeois ».

Les écoles normales primaires supprimées par le Régime de Vichy sont rétablies en 1945[modifier | modifier le code]

Certificat d'admission à la première partie du Baccalauréat Moderne prime (M') à la fin de la 2ème année (classe de 1ère M')
Certificat de fin d'études normales (CFEN) exigé pour être nommé instituteur stagiaire

À partir de 1945, à la Libération, les écoles normales sont donc rétablies mais avec un recrutement s'adressant prioritairement aux élèves de troisième des cours complémentaires du cursus dit « populaire » dont les plus importants disposent d'une classe de « troisième spéciale » véritable classe préparatoire au concours d'entrée très sélectif des écoles normales primaires de garçons d'une part et de filles d'autre part. Les Élèves-maîtres et Élèves-maîtresses admis à ce difficile concours sont maintenant astreints à suivre une formation en quatre ans incluant la préparation du baccalauréat dans les écoles normales. Leurs deux premières années d'internat correspondant maintenant aux classes de seconde M' et première M' avec la préparation en 2e année des deux sessions de février et de juin de la première partie du baccalauréat « série Moderne prime (M') » avec une seule langue vivante étrangère, aucune langue ancienne (latin ou grec) mais avec une épreuve de sciences naturelles. Leur troisième année correspondant à la classe de terminale avec la préparation de la session de juin de la deuxième partie du baccalauréat « Sciences expérimentales » (dit Science-ex). La quatrième année étant une année de formation à la fois théorique et professionnelle avec des stages dans des classes d'écoles primaires et notamment celles de l'école annexe. Quatrième année sanctionnée par un examen - le fameux « certificat de fin d'études normales » (CFEN) - auquel les normaliens de 4e année devaient être admis pour prétendre être nommés sur un poste comme instituteurs stagiaires. Et à la fin de leur 1er trimestre d'enseignant, après une inspection dans leur classe, ils et elles devaient alors être admis au « certificat d'aptitude pédagogique » (CAP) pour enfin devenir instituteurs et institutrices titulaires de leur poste et donc fonctionnaires de catégorie B de la Fonction publique. À défaut, ils et elles devenaient instituteurs « remplaçants » exactement comme ceux et celles qui n'avaient pas obtenu leur CFEN à l'issue de leur quatrième année d'école normale primaire et donc aussi comme ceux et celles recrutés sur diplômes et également non titulaires jusqu'à l'obtention de leur CAP.

Les possibilités de promotion interne des élèves-maîtres et des élèves-maîtresses notamment à partir de 1945[modifier | modifier le code]

Selon l'étude[16] d'André Payan-Passeron, sous la IIIe République déjà, les Élèves-maîtres (garçons et filles) méritants pouvaient accéder par concours à une quatrième année d'école normale primaire c'est-à-dire à des classes spéciales par exemple celle de l'école normale de garçons de Versailles. Ces classes les préparaient au concours d'entrée de l'école normale supérieure de Saint-Cloud (créée en 1882) pour les garçons et de Fontenay-aux-Roses (créée en 1880) pour les filles. Par là, ils accédaient aux fonctions de professeur puis de directeur d'école normale primaire ou alors d'inspecteur primaire.

Sous les IVe et Ve Républiques, ceux et celles d'entre eux ayant les meilleurs résultats scolaires en 2e année peuvent alors obtenir une bourse pour effectuer leur 3ème année dans une des deux classes régionales mixtes du chef-lieu d'Académie. Soit celle préparant au baccalauréat mathématiques élémentaires (dit « bac math-élem ») à l'école normale de garçons pour les forts en maths-physique et chimie, soit celle préparant au baccalauréat philosophie (dit « bac philo ») à l'école normale de filles pour les plus doués dans les matières littéraires. À l'issue de cette classe, compte tenu de leur classement et sous réserve d'avoir obtenu le baccalauréat, ils et elles pouvaient - sur avis du conseil des professeurs et décision de l'Inspecteur d'Académie - soit intégrer une classe préparatoire au concours d'entrée à l'école normale supérieure de Saint-Cloud (pour les garçons) ou de Fontenay-aux-Roses (pour les filles), soit être nommés stagiaires dans un Centre régional de formation en deux ans des professeurs de collège, soit réintégrer leur école normale primaire d'origine.

Par ailleurs, à l'issue de leur 3ème voire de leur 4ème année d'école normale, certains et certaines d'entre eux - parmi les plus méritants - pouvaient à leur tour obtenir une bourse pour être nommés aussi stagiaires dans un de ces centres régionaux de formation en deux ans des professeurs d'enseignement général (PEGc) de collège rattaché à une école normale du chef-lieu d'Académie. Dans ces centres de formation, ils étaient rémunérés comme fonctionnaires stagiaires et assuraient par eux-mêmes leur logement tout en bénéficiant de leur statut d'étudiant pour ce qui est des restaurants universitaires du CROUS à tarif réduit. Ils étaient astreints à des cours de formation théorique tant de pédagogie que dans les matières qu'ils allaient enseigner : français et histoire-géographie, français et langue vivante étrangère, mathématiques et sciences... Ils étaient aussi astreints, une fois par trimestre, à un stage d'un mois d'abord dans une des classes du primaire (du CP au CM2) puis dans des classes de collège (de la 6e à la 3e). Compte tenu de ces contraintes, ils ne pouvaient que partiellement suivre les cours de la faculté dans laquelle ils avaient le droit de s'inscrire: faculté des lettres et sciences humaines pour les littéraires et faculté des sciences pour les scientifiques à l'exclusion des facultés de droit et de médecine. Ils bénéficaient alors d'une double formation tant professionnelle qu'universitaire avec la possibilité de présenter le certificat universitaire sanctionnant la première année de faculté et donc de pouvoir être admis, éventuellement, aux Instituts préparatoires à l'enseignement du second degré (IPES) où ils étaient rémunérés comme professeurs stagiaires pendant 3 ans pour préparer leur licence (dite d'enseignement) et le concours du CAPES (Certificat d'aptitude pédagogique à l'enseignement secondaire) voire pendant 4 ans pour préparer un DES (diplôme d'études supérieures) et le concours de l'agrégation et devenir ainsi professeurs certifiés ou agrégés dans les collèges ou les lycées. Ceux qui n'avaient pas la chance d'être admis aux IPES (compte tenu du très faible nombre de places mises au concours), à l'issue de leurs deux années en centre de formation devaient réussir aux épreuves écrites et orales du « Certificat de fin d'études normales » pour les collèges (CFEN - CEG) pour pouvoir prétendre être nommés sur un poste de professeur de collège dans leur département d'origine. À défaut, ils y étaient nommés, comme d'ailleurs les normaliens n'ayant pas obtenu leur CFEN, instituteurs remplaçants c'est-à-dire non titulaires d'un poste et donc révocables à tout moment. Ce qui fut la situation initiale de la majorité des instituteurs et institutrices qui, recrutés sur diplômes (BE ou BS puis baccalauréat) sans passer par une école normale primaire, devaient ainsi attendre de nombreuses années avant d'obtenir leur certificat d'aptitude pédagogique (CAP) et d'être ainsi titularisés pour devenir eux aussi fonctionnaires de catégorie B titulaires de leur poste.

Une autre voie s'ouvrait aussi, à l'issue de leur quatrième année d'école normale, pour les Élèves-maîtres et Élèves-maîtresses qui étaient doués sur le plan sportif. Celle du concours d'entrée dans les instituts régionaux d'éducation physique et sportive (IREPS) qui formaient en trois ans les professeurs d'éducation physique et sportive (EPS) et permettaient à certains d'entre eux de réussir au concours d'entrée de l'école normale supérieure d'éducation physique et sportive (ENSEPS) à Paris.

Le rôle effectif des écoles normales primaires dans la formation de membres des élites enseignantes[modifier | modifier le code]

Compte tenu de ces possibilités de promotion dans le secondaire pour certains et du fait pour les autres de pouvoir devenir directeur ou directrice d'école primaire comme du fait pour quelques-uns de réussir par la suite une carrière dans le secteur privé, les écoles normales primaires constituaient donc un puissant « ascenseur social » pour ceux des normaliens et normaliennes qui étaient d'origine populaire. De ce fait, on comprend d'autant mieux que la majorité des instituteurs et institutrices en fonction ne soient pas passés par les écoles normales primaires recrutant sur concours mais aient été recrutés directement par les inspecteurs d'académie résidant dans chaque chef-lieu de département comme instituteurs remplaçants sur la base de leurs diplômes. Ainsi se précise le rôle social effectif qu'ont joué les écoles normales primaires depuis leur création, à savoir la formation de membres des élites enseignantes tant de pédagogues voire d'innovateurs en pédagogie comme Célestin Freinet que de personnels administratifs notamment de direction et d'inspection.

Avec la loi d'orientation de 1989, les écoles normales primaires sont remplacées en 1990-1991 par les IUFM[modifier | modifier le code]

À partir de 1969, le concours de recrutement des écoles normales primaires est reporté après le baccalauréat avec une formation professionnelle portée de un à deux ans comme le prévoyait pour partie le plan Langevin-Wallon[27] de 1947.

Depuis 1990-1991, ces écoles normales primaires sont remplacées par les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) à la suite de la loi Jospin en date du .

L'exemple de l'école normale d'Avignon (Vaucluse)[modifier | modifier le code]

De 1832 à 1886, le département du Vaucluse n'entretient qu'une école normale primaire de garçons à Avignon[modifier | modifier le code]

Le 29 octobre 1832[28], le conseil général du Vaucluse ouvre une école normale d'instituteurs devançant ainsi d'un an l'obligation stipulée par la loi Guizot. De la rue Dorée, l'école normale passe en 1839 à l'ancien collège Saint-Martial et aura alors comme élève-maître Jean-Henri Fabre qui deviendra un entomologiste célèbre. En 1879, on installe l'École normale de garçons à l'Hôtel de Laborde rue Violette avant qu'elle n'occupe, de 1893 à 1960, le bâtiment de 1886 édifié initialement pour les Élèves-maîtresses.

En 1886, c'est au tour des filles d'avoir aussi leur école normale primaire à Avignon[modifier | modifier le code]

À la suite du vote de la loi Paul Bert du 6 août 1879 et conçue par l'architecte départemental Louis Valentin, une école normale de filles est construite intramuros sur un terrain situé alors rue de l'Hôpital (devenue rue Louis-Pasteur). Le nombre des élèves-maîtresses passera de 20 en 1886 à 28 seulement en 1891 pour un grand bâtiment à deux ailes qui accueillera jusqu'à quatre fois plus d'internes garçons en 1958. Élèves-maîtresses à règle de vie quasi-monacale car enfermées dans ce bâtiment aux cours protégées de l'extérieur par un imposant mur d'enceinte infranchissable - la « clôture  » - avec sa porte de service contrôlée jour et nuit par la conciergerie.

Élèves-maîtresses des deux départements en 1901 à Digne

Mais en 1893, les départements du Vaucluse et des Basses-Alpes décident la fusion de leurs écoles normales[modifier | modifier le code]

Par souci d'économie, les filles des deux départements sont alors regroupées à l'école normale de Digne (Basses-Alpes) où elles resteront de 1893 à 1960. Les garçons des deux départements, eux, sont alors regroupés à Avignon dans les bâtiments de l'école édifiée en 1886 pour les filles. Et les élèves-maîtres y connaissent à leur tour les mêmes règles de vie quasi-monacales de 1893 à 1960. En 1914, l'école Normale de garçons d'Avignon est placée sous le patronage du plus illustre de ses élèves, l'entomologiste Jean-Henri Fabre (1823-1915) dont la statue ornera la cour d'honneur.

Durant la Seconde Guerre mondiale[29], après avoir été utilisés notamment par la gendarmerie française, les bâtiments de l'école sont occupés par les forces armées allemandes présentes à Avignon du 11 novembre 1942 à sa libération le 25 août 1944 par la 1re division française libre (DFL) du général Brosset et la 3e division US (de la 7e armée américaine du général Patch) débarquées en Provence les 15 et 16 août. Les sous-sols de l'école vont alors être utilisés comme geôles par les occupants nazis. Geôles qui, en 1960, étaient encore intactes avec leur banc en bois fixé au mur, leurs crochets scellés et leur humidité.

De sa résurrection[30] en 1945-1946 à son transfert extramuros en 1960[modifier | modifier le code]

L'école normale de garçons d'Avignon prend la forme au milieu de 1945 d'une école « croupion » avec un personnel restreint chargé de faire l'état des lieux. A la rentrée de 1946, la nouvelle équipe, au complet, était composée du nouveau directeur (ayant le grade d'inspecteur départemental et venant dans l'ordre hiérarchique juste après l'inspecteur d'académie en résidence à Avignon) et de quatre professeurs diplômés eux de l'école normale supérieure de l'enseignement primaire de Saint-Cloud (fondée en 1882) pour l'histoire-géographie, les sciences naturelles, les mathématiques et le français. Un professeur licencié d'anglais et un professeur de gymnastique capitaine de l'équipe de France de handball. Les autres disciplines - les langues autres que l'anglais, la musique, le chant choral et le dessin - étaient enseignées par des « vacataires » payés à l'heure et venant des lycées Mistral et Aubanel. Les cours de travaux manuels étaient alors assurés par deux des professeurs diplômés de l'ENS de Saint-Cloud. Viendra s'ajouter à eux, par la suite, un professeur d'agriculture. L'emploi du temps hebdomadaire des élèves dépassa alors les quarante heures de cours et de travaux dirigés auxquelles s'ajoutaient les heures de devoirs sur table et d'études obligatoires du matin (avant 7h30) et du soir (jusqu'à 21h) et cela du lundi au samedi en début d'après midi incluse. Voire le dimanche pour la majorité des élèves ne pouvant se rendre dans leurs familles le week-end et obligés alors de rester à l'école normale. Le jeudi après-midi était consacré aux entraînements et compétitions sportives départementales au sein des équipes de l'école normale ou d'autres équipes dans les disciplines de l'athlétisme, du basket-ball, du handball, du volley-ball, du football et du rugby. Le dimanche matin étant réservé à la préparation militaire élémentaire (PME) puis supérieure (PMS) comprenant des cours théoriques d'initiation et des exercices sur le terrain avec les militaires de la gendarmerie. À cela s'ajoutait la même règle de vie quasi-monacale imposée aux Élèves-maîtres à l'intérieur de cette « clôture » dont l'ouverture, par la porte de service blindée, était toujours commandée par les concierges préposés au contrôle draconien des seules entrées et sorties autorisées. Toutes ces contraintes expliquent le dessin satirique du recto de la carte de la promotion 1958-62 car les élèves-maîtres 1ère année étaient alors appelés « canards » dans le jargon des normaliens.

À partir de 1959-60, élèves-maîtres et élèves-maîtresses du Vaucluse disposent d'une nouvelle école normale primaire moderne[modifier | modifier le code]

À partir de la rentrée 1959, la fusion décidée en 1893 ayant été annulée, les normaliens des Basses-Alpes (04) furent regroupés avec les normaliennes de ce département dans ce qui devint l'école normale mixte de Digne-les-Bains. Quant aux normaliennes du Vaucluse rapatriées à Avignon, elles occupèrent d'abord l'ancien lycée Mistral désaffecté avant d'intégrer une nouvelle école normale sans « clôture » et moderne située extramuros route de Tarascon. École normale édifiée dans l'enceinte de la Cité scolaire abritant, outre un gymnase et des terrains de sport, un réfectoire commun et un grand lycée technique. Les garçons les y rejoignirent en janvier 1960 dans ce qui était en fait une école normale bicéphale avec son école normale de garçons et son école normale de filles ayant chacune leur direction. Les normaliens et les normaliennes coexistèrent alors séparément tant dans leurs bâtiments d'internat respectifs que dans celui de l'externat dont les garçons occupaient le premier étage et les filles le second. Quant au bâtiment intramuros de la vieille école normale de 1886 ainsi libéré en 1960, il devint une annexe de la Faculté des sciences de Marseille.

Rapidement sera instaurée une direction unique à cette école normale jusqu'alors bicéphale. Et la mixité de l'externat interviendra après le grand mouvement social de mai 1968.

Les possibilités de promotion interne alors offertes aux élèves-maîtres et élèves-maîtresses d'Avignon[modifier | modifier le code]

Ont été retenus les élèves-maîtres et élèves-maîtresses de la promotion 1958-62 relevant du département du Vaucluse et alors en 2e année dans la nouvelle école normale située extramuros. À la rentrée 1960, trois élèves-maîtres et deux élèves-maîtresses de 2e année - admis à la première partie du baccalauréat M' - bénéficient d'une bourse d'internat pour les deux classes régionales mixtes des écoles normales d'Aix-en-Provence chef-lieu d'académie.

Classe régionale philo-lettres de l'académie d'Aix-Marseille en 1960

Un garçon et une fille accèdent ainsi à la terminale « philo-lettres » de l'école normale de filles. Ils y prépareront avec succès la deuxième partie du baccalauréat philosophie obtenue en juin 1961. Le garçon sera admis au centre régional de formation en deux ans des professeurs d'enseignement général de collège dans la section « lettres-histoire et géographie » à Montpellier mais il n'y réussira pas au concours des IPES bien que reçu au certificat d'études littéraires générales modernes (CELGM.). Titulaire l'année suivante du CFEN-CEG et d'un certificat de licence, il poursuivra, tout en travaillant, ses études universitaires jusqu'à Bac+4 (DES de géographie) puis ses recherches sur « L'évolution économique et humaine des Pays du Buëch » comme doctorant en 3e cycle. Et la fille, admise en classe préparatoire aux écoles normales supérieures au lycée Victor Duruy à Paris, préférera finalement celle du lycée Cézanne à Aix-en-Provence ce qui lui permettra de réussir au CELGM et au concours de l'IPES d'Aix-en-Provence où elle sera rémunérée durant quatre ans pour obtenir Bac+4 (DES de lettres modernes) et réussir au concours du CAPES avant de réussir l'année suivante à celui de l'agrégation de lettres modernes.

Quant aux trois autres, deux garçons et une fille, ils accèdent eux à la terminale « mathématiques » de l'école normale de garçons. Ils y prépareront avec succès la deuxième partie du baccalauréat mathématiques élémentaires. Et les trois seront admis au centre régional de formation des professeurs d'enseignement général (maths-sciences) de collège d'Aix-en-Provence tout en préparant MPC ou SPCN à la faculté des sciences de Marseille. La fille est alors reçue à MPC et au concours d'entrée des IPES et deviendra par la suite professeur agrégée de mathématiques. Un des garçons, admis lui aussi à MPC et aux IPES, deviendra par la suite professeur certifié de mathématiques. L'autre garçon ne réussira pas aux IPES mais par la suite, licencié en mathématiques, sera reçu à l'école nationale du cadastre de Toulouse formant les inspecteurs des impôts chargés des services du cadastre.

Et, en 1961, un des élèves-maîtres de 3e année est admis à l'Institut régional d'éducation physique et sportive (IREPS) de Toulouse formant les professeurs d'EPS.

Les origines sociales, les études post-bac et le devenir des 34 normaliens de la promo 1958-62 sous la Ve République[modifier | modifier le code]

L'étude[31] réalisée par André Payan-Passeron porte sur la promo 1958-62 des 34 élèves-maîtres présents à Avignon à la rentrée 1958. Promo qui comprenait alors vingt-huit garçons relevant du département du Vaucluse (84), cinq de celui des Basses Alpes (04) et un de la Nièvre (58). De plus, ces 34 garçons, alors âgés en moyenne de seize ans révolus, provenaient de dix-huit départements de métropole et les professions exercées alors par leurs parents déjà âgés étaient représentatives de celles exercées en fin de carrière professionnelle par les Français en 1958.

À leur arrivée à la rentrée 1958, huit d'entre eux (23,5 %) sont fils d'exploitants agricoles, cinq le sont d'artisans et commerçants (14,7 %), trois de cadres et professions intellectuelles supérieures (8,8 %), sept de professions intermédiaires (20,6 %), quatre d'employés (11,8 %) et sept d'ouvriers (20,6 %). Compte tenu que la profession d'instituteur à laquelle ils se destinent a priori est alors classée dans la catégorie « cadres moyens » (devenue « professions intermédiaires »), les trente-quatre qui font leur entrée comme élèves-maîtres à l'école normale d'Avignon connaissent alors — par rapport à leur père — une mobilité descendante pour cinq d'entre eux (14,7 %), un maintien relatif dans la hiérarchie « sociétale » pour dix-huit d'entre eux (52,9 %) et une mobilité ascendante pour les onze autres (32,4 %).

Cinq d'entre eux seront exclus de l'école normale. En 1960, le seul à avoir échoué à la première partie du baccalauréat. Puis, en 1961, trois des quatre à avoir échoué au baccalauréat sciences expérimentales. Et ensuite un cinquième pour avoir mis enceinte une normalienne exclue elle aussi. Un seul sera donc admis à redoubler sa terminale et sortira de l'école en juin 1963. En juin 1962 donc, aux quatre « promus » en Centre régional de formation des professeurs de collège s'ajoutent les vingt quatre qui terminent leur quatrième année et dont vingt et un sont nommés instituteurs stagiaires sur un poste car trois d'entre eux, n'ayant pas obtenu leur CFEN, sont cependant nommés instituteurs remplaçants. Instituteurs remplaçants comme trois des cinq exclus, les deux autres s'orientant dans le secteur privé après avoir effectué leur service militaire.

Les devenirs de ces cinq exclus, de ce redoublant et des trois n'ayant pas obtenu leur CFEN sont naturellement pris en compte mais le décès de Guy Fillon qui trouve la mort dans un accident d'automitrailleuse en effectuant son service militaire réduit à trente trois le nombre des anciens normaliens maintenant étudiés.

Ils sont majoritairement dix-neuf à avoir entrepris des études supérieures soit 57,6 % des trente trois dont trois des cinq exclus. À savoir quatre des sept fils d'agriculteurs, deux des cinq fils d'artisans et commerçants, deux des trois fils de cadres et professions intellectuelles supérieures, cinq des sept fils de professions intermédiaires, deux des quatre fils d'employés et quatre des sept fils d'ouvriers. Au total, ils ont effectué 98 années d'études supérieures et huit années de recherches doctorales mais la plupart tout en assumant un emploi salarié. Le rendement de leurs difficiles études — avec tous les sacrifices que cela leur a demandé — a donc été relatif mais cependant méritoire si l'on sait qu'en France à cette époque 10 % seulement des étudiants travaillant en même temps comme surveillants arrivaient à obtenir leur licence (Bac+3).

Dans la mesure où huit d'entre eux, après obtention de leurs premiers diplômes, ont repris par la suite des études dans d'autres directions, seul le diplôme post-bac le plus élevé a été comptabilisé pour chacun d'eux à l'exclusion du CFEN noté supra. Ces 98 années d'études supérieures se ventilent donc ainsi. Plus de la moitié d'entre eux — dix — ont entrepris des études scientifiques avec un succès relatif pour neuf d'entre eux. Deux ont obtenu MPC (Bac+1), trois MPC ou SPCN avec des certificats (Bac+2), deux ont obtenu Bac+3 avec une licence de chimie et une licence de mathématiques, deux Bac+4 avec un DES scientifique et un diplôme équivalent d'ingénieur. Ils sont presque un tiers — six — à avoir entrepris des études littéraires ou de sciences humaines. Deux ont obtenu Bac+3 avec une licence de géographie et une licence d'histoire. Deux ont obtenu Bac+4 avec une maîtrise de lettres modernes et une maîtrise d'études cinématographiques. Et deux ont obtenu Bac+5 avec un DESS de psychologie et un DEA en sciences sociales. Deux ont poursuivi des études supérieures d'éducation physique et sportive jusqu'à Bac+3 et Bac+5. Et enfin, déjà diplômé du Centre des hautes études d'assurances (CHEA), le dernier a obtenu un DES d'économie au CNAM (Bac+4). Dix huit sur dix neuf sont donc sortis diplômés — à différents niveaux — à la fin de leurs études post-bac. Deux à Bac+1, trois à Bac+2, cinq à Bac+3, cinq à Bac+4 et trois à Bac+5. Et ces diplômes acquis ont bien sûr influé sur leurs carrières professionnelles.

Les réussites aux concours régionaux et nationaux sont au nombre de sept pour ces dix-neuf normaliens. Une quinzaine d'entre eux, notamment à l'issue de leur première année de faculté, ont présenté le concours d'entrée des Instituts préparatoires aux enseignements du second degré (IPES). Concours d'autant plus sélectif que le nombre de bourses attribué par discipline était très faible en proportion des candidats. Candidats alors sélectionnés selon leurs résultats au certificat universitaire de fin de 1ère année des facultés de sciences et de lettres et sciences humaines. Compte tenu des charges de travail professionnel de la plupart des quinze en question, trois seulement purent accéder à ces IPES. Par ailleurs, deux autres ont présenté et réussi celui des Instituts régionaux d'éducation physique et sportive (IREPS). Un d'eux étant même ensuite reçu à l'école normale supérieure d'éducation physique et sportive (ENSEPS) de Paris. Ils sont donc cinq à avoir pu effectuer sans contrainte leurs études post-bac en étant rémunérés par l'État. À ces cinq reçus s'en ajoutent deux autres. Celui qui, licencié en mathématiques, va réussir au concours de recrutement de l'école nationale du cadastre de Toulouse dont il sortira inspecteur des impôts. Ils sont donc six à avoir pu effectuer sans contrainte financière tout ou partie de leurs études post-bac en étant rémunérés par l'État. Et celui qui a été reçu au concours national de recrutement des professeurs d'enseignement général des collèges d'enseignement technique.

En fin de carrière, à la fin des années 1990 et au début des années 2000, mis à part l'un d'entre eux poursuivant sa profession d'antiquaire, au moment de prendre leur retraite entre 55 et 61 ans, les trente deux autres exerçaient les professions suivantes. Douze seulement relevaient encore du primaire et donc du corps des professeurs des écoles : quatre instituteurs, sept directeurs d'écoles primaires et un détaché comme technicien à l'inspection académique. Quinze relevaient maintenant du secondaire de par leurs fonctions ou leurs qualifications. Sept d'entre eux étant professeurs d'enseignement général (PEGc) de collège dont un principal adjoint et un autre détaché à la mission culturelle d'un rectorat comme coordinateur et formateur en cinéma. Un autre étant principal de collège d'enseignement secondaire (CES). Six étant professeurs certifiés (titulaires du CAPES), l'un en sciences économiques et sociales, un autre en histoire-géographie, deux en mathématiques, un autre en EPS et le sixième étant professeur-chercheur en biochimie du lait en Savoie à l'école nationale des industries laitières dépendant du ministère de l'agriculture. Le quinzième étant professeur agrégé d'EPS en lycée. On dénombrait aussi un psychologue scolaire officiant dans les écoles primaires mais qui, diplômé d'État, exerçait également au titre de psychologue libéral ayant son cabinet. Un autre était devenu inspecteur des impôts chef d'un service du cadastre du ministère de l'économie et des finances. Et les quatre derniers, enfin, ayant fait tout ou partie de leur carrière dans le secteur privé. L'un étant alors un cadre bancaire de la BNP. Un autre, directeur d'une des entreprises industrielles du groupe Saint-Gobain. Un troisième, directeur général de la zone Océan Indien et Pacifique du groupe d'assurances Groupama. À ces trente-deux retraités s'ajoutant celui qui, étant devenu antiquaire ayant pignon sur rue, poursuivait alors son activité professionnelle.

Le rôle effectif des écoles normales primaires dans la formation de membres des élites enseignantes. L'un d'entre eux étant décédé en faisant son service militaire, sur les trente trois autres élèves-maîtres de cette promo 1958-62, seulement un tiers d'entre eux enseignaient encore dans le primaire au moment de prendre leur retraite. En revanche, ils étaient quinze soit presque la moitié (45,5 %) à officier dans l'enseignement secondaire. Et, par ailleurs, cinq avaient choisi la rupture dont quatre pour le secteur privé. Cependant, au total, ils étaient encore 29 soit 87,9 % à être fonctionnaires de l'État dont 27 dépendant du ministère de l'Éducation nationale. On peut donc ainsi mieux mesurer le rôle effectif des écoles normales primaires dans le recrutement par concours puis la promotion de membres des élites enseignantes. Et cela d'autant plus que les cinq exclus sont devenus respectivement professeur de collège, directeur d'école primaire, professeur agrégé d'EPS, cadre bancaire de la BNP et directeur général de la zone Océan Indien et Pacifique du groupe d'assurances Groupama.

159 ans après sa création, l'institution « école normale primaire » d'Avignon cesse d'exister en 1991[modifier | modifier le code]

C'est en 1991 que cette institution vieille de 159 ans à Avignon cesse d'exister. Ses bâtiments de la route de Tarascon furent alors occupés par l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) d'Avignon créé à la suite de la loi Jospin de 1989. IUFM (désormais Espé) recrutant alors après la licence pour former un corps unique d'enseignants de la maternelle à l'Université comme le prévoyait le Plan Langevin-Wallon de juin 1947, quarante-deux ans plus tôt.

C'est aujourd'hui le site avignonnais de l'École supérieure du professorat et de l'éducation rattachée à l'université d'Aix-Marseille.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Payan-Passeron, Quelle École et quels enseignants ? : Métamorphoses françaises sur trois générations, Paris, L'Harmattan, (ISBN 2-296-00604-3, lire en ligne)
  • Christian Bouyer, La grande aventure des écoles normales d'instituteurs, éditions Le Cherche Midi, Paris, 2003, 253 p., (ISBN 2-74910-124-7). Analyse historique très complète jusqu'aux débuts de la IVe République.
  • Alain Vincent, Des hussards de la République aux professeurs des écoles - L'ÉCOLE NORMALE, éditions Alan Sutton, Joué-lès-Tours, 2001, 128 p., (ISBN 2-84253-571-5). Une découverte de l'univers des écoles normales de garçons et de filles en France.
  • Béatrice Compagnon et Anne Thévenin, Histoire des instituteurs et des professeurs de 1880 à nos jours, éditions Perrin, Collection Terre d'histoire, Paris, 2001, 361 p., (ISBN 2-262-01383-7). L'analyse privilégie les enseignants et non les écoles normales primaires.
  • Claude Builles et René Grosso, En Vaucluse, notre école au bon vieux temps, Éditions Horvath.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.jica.go.jp/english/publications/reports/study/topical/educational/pdf/educational_02.pdf
  2. Christian Bouyer, pages 23 et 43 in La grande aventure des Écoles normales d'instituteurs, éditions Le Cherche Midi, Paris, 2003, 253 p., (ISBN 2-74910-124-7)
  3. A. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 66.
  4. A. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 79.
  5. Tableau dans la circulaire du ministre François Guizot aux préfets en date du 24 juillet 1833 et tel qu'il est présenté page 180 du Code de l'instruction primaire de 394 pages édité par la Librairie normale de P. Dupont à Paris en 1834
  6. [1] Discours introductif à son projet de loi reproduit à partir de la page 3 dans le 2e tome de 493 pages de l' Histoire parlementaire de France par François Guizot publié par Michel Lévy Frères à Paris en 1863
  7. [2] Définition d'un bon maître d'école par François Guizot.
  8. [3] Loi sur l'instruction primaire du 28 juin 1833 reproduite dans le Code de l'instruction primaire de 394 pages édité par la Librairie normale de P. Dupont à Paris en 1834
  9. A. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 73.
  10. [4] Article 11 et suivants de la loi du 28 juin 1833
  11. (Loi sur l’instruction primaire. À Paris, le 28 juin 1833), Bulletin des Lois 1833. 1re partie (lois). Bull. 105, p. 251, texte n° 236.
  12. [5] Circulaire du 24 juillet 1833 page 116 et suivantes du Code de l'instruction primaire de 394 pages édité par la Librairie normale de P. Dupont à Paris en 1834
  13. [6] Réglementation des brevets de capacité
  14. [7] Titre VI de l'ordonnance royale du 23 juin 1836 analysé dans l'Essai d'histoire critique de l'instruction primaire en France de 1789 jusqu'à nos jours de 378 pages d'Eugène Gréard édité par la Librairie Hachette à Paris en 1901
  15. [8] Exposé introductif à son projet de loi reproduit dans le tome III de 900 pages de La législation de l'instruction primaire en France de 1789 jusqu'à nos jours d'Eugène Gréard publié par typographie Delalain Frères à Paris en 1893
  16. [9] Critiques développées en bas de la page 167 dans le tome III de 900 pages de La législation de l'instruction primaire en France depuis 1789 jusqu'à nos jours d'Eugène Gréard édité par Typographie Delalain Frères à Paris en 1893
  17. [10] Loi du 15 mars 1850 sur l'enseignement primaire
  18. [11] Proposition de loi reproduite en bas de la page 759 et suivantes du tome IV de 914 pages de la « Législation de l'instruction primaire en France depuis 1789 jusqu'à nos jours » par M. Gréard édité par la Librairie de MM. Delalain Frères - imprimeurs de l'Université - à Paris en 1899
  19. [12] Loi du 9 août 1879 en 7 articles reproduite page 72 et suivantes du tome V de 899 pages de la « Législation de l'instruction primaire en France depuis 1789 jusqu'à nos jours » par M. Gréard édité par la Librairie de MM. Delalain Frères à Paris en 1899
  20. [13] Article 1 alinéa 1 de la loi du 9 août 1879 relative à l'établissement des écoles normales primaires d'instituteurs et d'institutrices et publiée au J.O. du 10 août 1879; Bulletin des lois 1879, Bull. 466, p. 266, texte n° 8326.
  21. [14] Diplôme du Brevet élémentaire redéfini par le décret du 4 janvier et l'arrêté du 5 janvier 1881 puis repris notamment par la loi du 30 octobre 1886
  22. Page 18 et suivantes in Quelle école et quels enseignants ? d'André Payan-Passeron.
  23. [15] Diplôme du Brevet supérieur organisé d'abord par le décret du 4 janvier et l'arrêté du 5 janvier 1881 puis repris notamment par la loi du 30 octobre 1886.
  24. Page21 à 26 in Quelle École et quels enseignants ? d'André Payan-Passeron
  25. Jean Zay, Souvenirs et solitude, Éditions de l'Aube, 2004
  26. pages 46 à 58 in « Quelle école et quels enseignants ? » d'André Payan-Passeron
  27. A. Prost, « Genèse des IUFM », dans Id., Regards historiques sur l'éducation en France (XIXe-XXe siècles), p. 141-144.
  28. Claude Builles et René Grosso, En Vaucluse, notre école au bon vieux temps, Éditions Horvath
  29. D'après les professeurs Jacques Sauzeau et François Keller pages 196 et 197 in Quelle école et quels enseignants ? d'André Payan-Passeron.
  30. Jacques Sauzeau, pages 197 et 198 in Quelle école et quels enseignants ? d'André Payan-Passeron
  31. André Payan-Passeron, « Quelle école pour quels enseignants ? », Éditions L'Harmattan, 2006, 266 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • [17] François Guizot, Histoire parlementaire de France de 1819 à 1848, tome II, Michel Lévy Frères, Paris, 1863, 493 p.
  • [18] Code de l'instruction primaire depuis 1789, 2e édition, Librairie normale de P. Dupont, Paris, 1834, 394 p.
  • [19] Eugène Gréard, Essai d'histoire critique de l'instruction primaire en France de 1789 jusqu'à nos jours, Librairie Hachette, Paris, 1901, 378 p.
  • [20] M. Gréard, La législation de l'instruction primaire en France depuis 1789 jusqu'à nos jours, tome III de 1848 à 1863, Typographie Delalain Frères, Paris, 900 p.
  • [21] M. Gréard, La législation de l'instruction primaire en France depuis 1789 jusqu'à nos jours, tome IV de 1863 à 1879, Typographie Delalain Frères, Paris, 918 p.
  • [22] Lois et programmes de l'enseignement primaire et maternel dont la loi Falloux du 15 mars 1850
  • [23] Bulletin des lois de la République française XIIe série, tome XIXe, 2e semestre 1879, Imprimerie nationale, Paris, 1880, 1290 p.