Liberté de la presse

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La liberté de la presse, caricature de Johann Michael Voltz, 1819.

La liberté de la presse est l'un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques qui repose sur la liberté d'opinion et la liberté d'expression.

Ainsi, l'article 11 de la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen de 1789 dispose : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » L'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme aussi dispose la protection de la liberté de la presse.

Histoire de la liberté de la presse[modifier | modifier le code]

En Grande-Bretagne, le Licensing Act de 1662 qui restreint la liberté de la presse n'est pas renouvelée lors de la Glorieuse Révolution britannique en 1695[1].

En France, le roi Louis XVI se montre favorable à la liberté de la presse lors de la Séance royale du 23 juin 1789 des états-généraux[2]. L'article 11 de la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 a pour conséquence la parution de centaines de journaux pendant les trois premières années de la Révolution française (500 périodiques en France dont 330 à Paris). La presse libre ou subventionnée s'autocensure sous la Terreur et disparaît lors du coup d'État du 18 fructidor an V en 1797[3].

Sous le Consulat et le Premier Empire, cette liberté est étouffée. Ainsi en 1811, quatre journaux surveillés paraissent à Paris tandis qu'en province, un seul journal est autorisé par département. Elle connaît une fluctuation sous la Restauration (charte constitutionnelle du 4 juin 1814, lois de Serre de 1819) et est rétablie lors des Trois Glorieuses. Sous la monarchie de Juillet, le Ministre de l'Intérieur Adolphe Thiers prépare les lois promulguées en septembre 1835 et qui censurent la presse pour limiter la propagande républicaine. La Loi sur la presse du 9 septembre 1835, considérée par les historiens comme une atteinte importante à la Liberté de la presse, vise à empêcher les discussions sur le roi, la dynastie, la monarchie constitutionnelle. Sont désormais passibles de très lourdes peines l'adhésion publique à toute autre forme de gouvernement, et le cautionnement exigé des gérants de journaux et écrits périodiques est fixé à un niveau très élevé.

Caricature relative à la loi sur la presse de 1850 par Cham (1819-1879), publiée par le journal satirique Le Charivari (3 avril 1850)

Sous la Deuxième République, les lois du , du et du réduisent la liberté de la presse. La presse reste sous étroite surveillance sous le Second Empire.

Ainsi, jusqu'à l'avènement de la Troisième République, tous les régimes, même quand ils proclament la liberté d'expression, cherchent à mettre la presse en tutelle par des dispositions d'ordre fiscal, financier, administratif, législatif ou judiciaire. Les gouvernements successifs oscillent entre indulgence et sévérité, soumettant la presse à un régime préventif (autorisation préalable, déclaration obligatoire, droit de timbre, dépôt d'un cautionnement, censure) ou répressif.

La Troisième République consacre la liberté de la presse avec la loi du 29 juillet 1881 qui connaît son âge d'or à cette période. Le régime de Vichy dénature cette loi[4].

Grands principes du droit de la presse[modifier | modifier le code]

International[modifier | modifier le code]

La liberté de la presse est considérée par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) comme une composante de la liberté d'expression (article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme).

La protection des sources d'information des journalistes, sans exceptions ni restrictions, est considérée comme « l'une des pierres angulaires de la liberté de la presse »[5]. Souvent confondue avec le secret professionnel, elle s'en distingue pourtant fondamentalement et n'est pas assurée de manière uniforme dans tous les pays industrialisés.

Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, la Constitution fédérale prévoit que « la liberté de la presse, de la radio et de la télévision, ainsi que des autres formes de diffusion de productions et d’informations ressortissant aux télécommunications publiques est garantie. La censure est interdite. Le secret de rédaction est garanti » (article 17)[6].

Nature des atteintes à la liberté de la presse[modifier | modifier le code]

Les atteintes à la liberté de la presse se manifestent :

  • d'autre part, l'entrave au métier de journaliste, notamment :
    • l'assassinat de journalistes,
    • l'emprisonnement de journalistes,
    • l'enlèvement de journalistes,
    • l'agression de journalistes,
    • les menaces de journalistes.

En , Can Dündar éditorialiste du quotidien Cumhuriyet et lauréat du Prix Reporters sans frontières[7] est emprisonné dans les geôles turques pour des révélations sur des livraisons d’armes aux rebelles syriens[8]. Fin Can Dündar rédige le texte intitulé À l’Humanité[9] dans lequel il expose les principales raisons d'atteinte à la liberté de la presse dans le monde.

Situation dans le monde[modifier | modifier le code]

Classement mondial selon Reporters sans frontières[modifier | modifier le code]

« Presse libre, peuple libre », pancarte au Musée de la presse du Minnesota

Chaque année, l'ONG Reporters sans frontières établit une liste des pays du point de vue de leur liberté de la presse. Le classement mondial de la liberté de la presse est fondé sur les réponses aux enquêtes envoyées aux journalistes membres d'organisations partenaires de RSF, aussi bien qu'aux spécialistes de la question : les chercheurs, les juristes et les activistes des droits de l'homme. L'enquête porte sur des attaques directes faites aux journalistes et aux mass-média aussi bien que d'autres sources indirectes de pression contre la presse libre, comme la pression sur les journalistes par des lobbies. RSF note que le classement se préoccupe seulement de la liberté de presse et ne mesure pas la qualité du journalisme ni l'autocensure.

Le classement de RSF varie chaque année, en 2010 il établit les pays où la presse est la plus libre comme étant la Suède, la Finlande, les Pays-Bas et la Norvège, et range l'Iran, le Turkménistan, la Corée du Nord, et l'Érythrée aux dernières places. Les États-Unis et la France gravitent autour de la 40e place en 2014[10].

D'après le classement mondial de la liberté de la presse de RSF de 2014, l'Asie orientale, le Moyen-Orient et le nord-ouest de l'Afrique seraient les pires régions du monde pour la liberté de la presse et d'après le rapport, le facteur aggravant est la présence d'un conflit, comme l'attestent la chute de l'Égypte, de la Syrie, du Mali et de la République centrafricaine. Par ailleurs, les violences internes et les actes terroristes minent certains pays comme le Mexique, l'Irak, l'Iran, la Somalie, la République démocratique du Congo ou le Nigeria[10].

La recrudescence des violences pousse l'Assemblée générale des Nations unies à adopter en la première résolution sur la sécurité des journalistes et sur la création de la Journée internationale contre l'impunité des crimes contre les journalistes (célébrée le )[11].

« prédateurs de liberté de la presse »[modifier | modifier le code]

L'association établit également une liste des « prédateurs de liberté de la presse », qu'elle met au point chaque année[12]. En 2006 ce sont cinq nouveaux noms qui augmentent la liste, cette année : le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, les groupes armés tamouls du Sri Lanka, le chef des paramilitaires colombiens Diego Fernando Murillo Bejarano, et le chef de guérilla colombien Raul Reyes.

Classement 2021[modifier | modifier le code]

Rang

2021

Rang

2017

Pays[13] Situation
1 1 Drapeau de la Norvège Norvège Très bonne
2 3 Drapeau de la Finlande Finlande
3 2 Drapeau de la Suède Suède
4 4 Drapeau du Danemark Danemark
5 6 Drapeau du Costa Rica Costa Rica
6 5 Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
7 8 Drapeau de la Jamaïque Jamaïque
8 13 Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
9 18 Drapeau du Portugal Portugal
10 7 Drapeau de la Suisse Suisse
11 9 Drapeau de la Belgique Belgique
12 14 Drapeau de l'Irlande Irlande
13 16 Drapeau de l'Allemagne Allemagne Bonne
14 22 Drapeau du Canada Canada
15 12 Drapeau de l'Estonie Estonie
16 10 Drapeau de l'Islande Islande
17 11 Drapeau de l'Autriche Autriche
18 25 Drapeau de l'Uruguay Uruguay
19 20 Drapeau du Suriname Suriname
20 15 Drapeau du Luxembourg Luxembourg
21 21 Drapeau des Samoa Samoa
22 28 Drapeau de la Lettonie Lettonie
23 32 Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein
24 24 Drapeau de la Namibie Namibie
25 19 Drapeau de l'Australie Australie
26 30 Drapeau de Chypre Chypre (République de / pays reconnu par l'ONU)
27 27 Drapeau du Cap-Vert Cap-Vert
28 36 Drapeau de la Lituanie Lituanie
29 29 Drapeau de l'Espagne Espagne
30 26 Drapeau du Ghana Ghana
31 34 Drapeau de Trinité-et-Tobago Trinité-et-Tobago
32 31 Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud
33 40 Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
34 39 Drapeau de la France France
35 17 Drapeau de la Slovaquie Slovaquie
36 37 Drapeau de la Slovénie Slovénie
37 42 Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso
38 48 Drapeau du Botswana Botswana
39 35 Drapeau d'Andorre Andorre
40 23 Drapeau de la Tchéquie République tchèque
41 52 Drapeau de l'Italie Italie
42 63 Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
43 45 Drapeau de Taïwan Taïwan (non reconnu par l'ONU)
44 43 Drapeau des États-Unis États-Unis
45 OECO
46 49 Drapeau des Tonga Tonga
47 51 Drapeau de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Papouasie-Nouvelle-Guinée
48 46 Drapeau de la Roumanie Roumanie
49 58 Drapeau du Sénégal Sénégal Problèmes sensibles
50 59 Drapeau de la République dominicaine République dominicaine
51 60 Drapeau du Guyana Guyana
52 86 Drapeau des Seychelles Seychelles
53 41 Drapeau du Belize Belize
54 33 Drapeau du Chili Chili
55 67 Drapeau des Fidji Fidji
56 74 Drapeau de la Croatie Croatie
57 57 Drapeau de Madagascar Madagascar
58 65 Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine
59 61 Drapeau du Niger Niger
60 64 Drapeau de la Géorgie Géorgie
61 56 Drapeau de Maurice Maurice
62 70 Drapeau du Malawi Malawi
63 79 Drapeau de l'Arménie Arménie
64 54 Drapeau de la Pologne Pologne
65 84 Drapeau du BhoutanBhoutan
66 81 Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
67 72 Drapeau du Japon Japon
68 69 Drapeau de la Mongolie Mongolie
69 50 Drapeau de l'Argentine Argentine
70 88 Drapeau de la Grèce Grèce
71 98 Drapeau du Timor oriental Timor-Oriental
72 117 Drapeau des Maldives Maldives
73 97 Drapeau de la Tunisie Tunisie
74 86 Drapeau du Togo Togo
75 84 Drapeau de Sierra Leone Sierra Leone
76 75 Flag of the Turkish Republic of Northern Cyprus.svg République turque de Chypre du Nord (non reconnu par l'ONU)
77 96 Drapeau du Panama Panama
78 82 Drapeau du Kosovo Kosovo
79 89 Drapeau du Kirghizistan Kirghizistan
80 73 Drapeau de Hong Kong Hong Kong (province chinoise)
81 47 Drapeau de Malte Malte
82 62 Drapeau du Salvador Salvador
83 76 Drapeau de l'Albanie Albanie
84 44 Drapeau des Comores Comores
85 143 Drapeau de la Gambie Gambie
86 91 Drapeau d’Israël Israël
87 53 Drapeau d'Haïti Haïti
88 68 Drapeau du Lesotho Lesotho
89 80 Drapeau de la Moldavie Moldavie
90 111 Drapeau de la Macédoine du Nord Macédoine du Nord
91 90 Drapeau du Pérou Pérou
92 71 Drapeau de la Hongrie Hongrie
93 66 Drapeau de la Serbie Serbie
94 55 Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
95 77 Drapeau de la Guinée-Bissau Guinée-Bissau
96 105 Drapeau de l'Équateur Équateur
97 94 Drapeau du Libéria Liberia
98 102 Drapeau de l'Ukraine Ukraine
99 116 Drapeau du Mali Mali
100 110 Drapeau du Paraguay Paraguay
101 150 Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie
102 95 Drapeau du Kenya Kenya
103 125 Drapeau de l'Angola Angola
104 106 Drapeau du Monténégro Monténégro
105 104 Drapeau du Koweït Koweït
106 100 Drapeau du Népal Népal
107 99 Drapeau du Liban Liban
108 93 Drapeau du Mozambique Mozambique Difficile
109 101 Drapeau de la Guinée Guinée
110 107 Drapeau de la Bolivie Bolivie
111 103 Drapeau du Brésil Brésil
112 109 Drapeau de la Bulgarie Bulgarie
113 124 Drapeau de l'Indonésie Indonésie
114 78 Drapeau du Bénin Bénin
115 114 Drapeau de la Zambie Zambie
116 118 Drapeau du Guatemala Guatemala
117 108 Drapeau du Gabon Gabon
118 115 Drapeau de la république du Congo Congo-Brazzaville
119 144 Drapeau de la Malaisie Malaisie
120 122 Drapeau du Nigeria Nigeria
121 92 Drapeau du Nicaragua Nicaragua
122 120 Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
123 121 Drapeau du Tchad Tchad
124 83 Drapeau de la Tanzanie Tanzanie
125 112 Drapeau de l'Ouganda Ouganda
126 113 Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine
127 141 Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka
128 123 Drapeau du Qatar Qatar
129 138 Drapeau de la Jordanie Jordanie
130 128 Drapeau du Zimbabwe Zimbabwe
131 119 Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
132 135 Drapeau de la Palestine Palestine
133 126 Drapeau d'Oman Oman
134 129 Drapeau de la Colombie Colombie
135 130 Drapeau du Cameroun Cameroun
136 133 Drapeau du Maroc Maroc / Drapeau du Sahara occidental Sahara occidental
137 142 Drapeau de la Thaïlande Thaïlande
138 127 Drapeau des Philippines Philippines
139 145 Drapeau du Soudan du Sud Soudan du Sud
140 131 Drapeau de la Birmanie Birmanie
141 152 Drapeau de l'Eswatini Eswatini (ex-Swaziland)
142 136 Drapeau de l'Inde Inde
143 147 Drapeau du Mexique Mexique
144 132 Drapeau du Cambodge Cambodge
145 139 Drapeau du Pakistan Pakistan
146 134 Drapeau de l'Algérie Algérie
147 160 Drapeau du Burundi Burundi
148 137 Drapeau du Venezuela Vénézuela
149 154 Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo
150 148 Drapeau de la Russie Russie
151 140 Drapeau du Honduras Honduras
152 146 Drapeau du Bangladesh Bangladesh
153 155 Drapeau de la Turquie Turquie
154 156 Drapeau du Brunei Brunei
155 157 Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan
156 159 Drapeau du Rwanda Rwanda
157 169 Drapeau de l'Ouzbékistan Ouzbékistan
158 153 Drapeau de la Biélorussie Biélorussie
159 174 Drapeau du Soudan Soudan
160 151 Drapeau de Singapour Singapour Très grave
161 167 Drapeau de la Somalie Somalie
162 149 Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan
163 158 Drapeau de l'Irak Irak
164 171 Drapeau de la Guinée équatoriale Guinée équatoriale
165 163 Drapeau de la Libye Libye
166 161 Drapeau de l'Égypte Égypte
167 162 Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan
168 164 Drapeau de Bahreïn Bahreïn
169 166 Drapeau du Yémen Yémen
170 168 Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
171 173 Drapeau de Cuba Cuba
172 170 Drapeau du Laos Laos
173 177 Drapeau de la Syrie Syrie
174 165 Drapeau de l'Iran Iran
175 175 Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam
176 172 Drapeau de Djibouti Djibouti
177 176 Drapeau de la République populaire de Chine Chine
178 178 Drapeau du Turkménistan Turkménistan
179 180 Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord
180 179 Drapeau de l'Érythrée Érythrée
Rang

2021

Rang

2017

Pays Situation

Mexique[modifier | modifier le code]

Au Mexique, 36 journalistes ont été assassinés entre 2011 et 2016 et 496 agressés dans la seule année 2016. Le pays est selon RSF le troisième plus dangereux au monde pour les journalistes après l'Afghanistan et la Syrie[14].

Honduras[modifier | modifier le code]

Entre 2008 et 2017, 62 journalistes, photographes cadreurs et propriétaires de médias alternatifs, critiquant généralement les autorités au pouvoir, ont été assassinés[15].

Russie[modifier | modifier le code]

Avec les assassinats d'Anna Politkovskaïa et d'Anatoli Voronined de l'agence de presse Itar-Tass en , l'indépendance des médias russes est mise en doute lorsque l'on sait que les deux principales chaînes de télévision publique (ORT et RTR) sont contrôlées par le gouvernement. Selon Marie Mendras, au moins la moitié des journaux télévisés de ces chaînes est dédiée aux faits et gestes du président Poutine[16]. Depuis 2003-2004, Moscou a resserré son emprise sur les chaînes de télévision privées telles que NTV. Après la prise d'otages de Beslan en 2004, les Izvestia avaient publié plusieurs photographies de la tragédie et le rédacteur en chef avait été renvoyé immédiatement.

En , le journaliste Ivan Golounov est arrêté pour trafic de drogue, dans ce que de nombreux journalistes dénoncent comme un coup monté[17]. Il est finalement libéré après avoir reçu un soutien sans précédent de la société civile et de nombreux journalistes russes[18], et toutes les charges à son encontre sont levées. Cet évènement est exceptionnel par sa résonance médiatique dans le pays, y compris auprès de médias pro-gouvernementaux[19]. Cependant, plusieurs journalistes et défenseurs de la liberté de la presse en Russie restent emprisonnés, dans des affaires n'ayant pas eu le même écho dans la société civile[20].

Seuls l'internet, les radios et la presse moscovites (Novaïa Gazeta, Kommersant, Radio Echo de Moscou ou Radio Liberté) échappent aujourd'hui à la mainmise du pouvoir. Cependant, seulement 20 à 30 % de la population russe a accès au web[16].

Biélorussie[modifier | modifier le code]

Dzmitry Zavadski est probablement mort assassiné en 2000.

Union européenne[modifier | modifier le code]

En , un débat a animé le parlement concernant la liberté d'information. Ce débat a été conclu par la Commissaire Reding qui a indiqué qu'une législation européenne sur le pluralisme des médias était subordonnée à sa nécessité pour résoudre des problèmes liés au marché intérieur[21].

France[modifier | modifier le code]

Situation générale[modifier | modifier le code]

Évolution de la liberté de la presse en Europe, 2002-2010, Reporters sans frontières[22].

La jurisprudence de la Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 retient parmi les termes juridiques le principe de bonne foi journalistique, à condition de réunir quatre critères, dont la qualité de l'enquête et l'absence d'animosité personnelle. Elle condamne systématiquement le directeur de publication lorsque la faiblesse de l'enquête, et donc des moyens accordés aux journalistes, est la cause de la diffamation. Les journalistes ne sont pas contrôlés par une instance propre à leur profession, qui pourrait édicter des règles et leur infliger des sanctions, en cas de faute. Le code du travail, avec la loi Cressard leur accorde cependant des droits protecteurs tandis qu'une partie de la déontologie est reprise dans la convention collective nationale de travail des journalistes, les syndicats de journalistes réclamant l'annexion de la charte de Munich dans sa version entière.

Le journaliste choisit librement d'accepter le code moral qui fixe les droits mais surtout les devoirs, appelée aussi charte de Munich, et qui s'inscrit dans les contraintes d'une très relative indépendance des rédactions. Le directeur de publication a en effet tout pouvoir pour modifier les articles. La Charte de Munich, rédigée en 1971, qui fixe à la profession dix devoirs fondamentaux et cinq droits, a été signée par les principaux syndicats de journalistes français.

La liberté des médias français est apparue aux yeux de certains observateurs réduite depuis l'accession au pouvoir présidentiel de Nicolas Sarkozy (en ). La Télévision suisse romande a diffusé en un documentaire traitant du pouvoir de Nicolas Sarkozy sur les médias français, usant de la peur et de sanctions pour les contrôler[23].

Un projet de réforme de cette charte, d'origine gouvernementale et mené par un groupe de dix sages, a suscité des réactions nombreuses sur Internet à l'automne 2009[24]. Depuis le en France, la liberté de la presse est reconnue et étendue aux « blogueurs » par la jurisprudence à la suite du procès Antoine Bardet, alias « Fansolo ». Après sa défaite en première instance contre Serge Grouard, maire UMP d'Orléans, confirmée en appel, la Cour de cassation lui donne raison au regard de la loi du relative à la liberté de la presse. Cette décision est une reconnaissance à l'ensemble des blogueurs la protection de ladite loi généralement réservée aux seuls médias traditionnels[25].

Les inquiétudes pour la liberté de la presse en France sont reflétées par le classement annuel établi par l'association Reporters sans frontières[22]. Celle-ci a classé la France 38e en 2011[26], 45e dans son classement 2016[27], contre 35e en 2008[28] et 31e en 2007. Le mauvais classement de la France s'explique notamment par les différentes lois présentées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme par le gouvernement Valls et par le manque d'indépendance des médias, ceux-ci étant caractérisés par « une très forte relation entre les puissances industrielles et les propriétaires des médias, qui sont souvent les mêmes »[27]. Outre la concentration des médias aux mains d'acteurs financiers, la position de la France s'explique également par les « exactions » subies par les professionnels du secteur tel l'attentat contre Charlie Hebdo survenu en [29].

Le projet de loi relative au renseignement est étudié dès pour prévenir la menace terroriste à la suite des attentats de janvier 2015. Entrée en vigueur le , cette loi est qualifiée par ses détracteurs de liberticide, et a été déférée par 200 journalistes de la presse judiciaire à la Commission européenne des droits de l'homme.

En , l'historien de la presse Alexis Lévrier indique qu'« il est objectivement plus difficile d’exercer le métier de journaliste depuis l’élection d’Emmanuel Macron ». Les atteintes à la liberté de la presse se sont notamment manifestées avec la perquisition des locaux du journal Mediapart et la convocation de plusieurs journalistes accusés d'avoir divulgué des informations ayant trait aux ventes d'armes françaises à l'Arabie saoudite[30].

Du 17 au , l'Assemblée nationale examine la proposition de loi relative à la sécurité globale, soutenue par le gouvernement. D'après Greenpeace, si une telle loi entrait en vigueur en l’état, elle constituerait une grave atteinte au droit à l’information, au respect de la vie privée, et à la liberté de réunion pacifique, trois conditions pourtant essentielles au droit à la liberté d’expression[31]. Dans une tribune[32], nombre de journalistes et médias rappellent que « la possibilité de filmer et diffuser des images des forces de l’ordre est essentielle à l’État de droit », et que la liberté de la presse est un contre-pouvoir essentiel de la démocratie. Selon Amnesty International, cette proposition de loi conduirait la France à ne pas être en conformité avec ses engagements internationaux en matière de droits humains[33].

Budgets publicitaires du secteur public[modifier | modifier le code]

Une sorte d'omerta entourerait la question cruciale des budgets publicitaires du secteur public car il n'existe aucune étude, aucun chiffrage, ni aucune prise de parole des responsables et commentateurs sur ce sujet alors que les rédacteurs de cet Article ont soulevé clairement l'importance « des pressions financières sur la rédaction » parmi les causes principales des atteintes à la liberté de la presse. De façon officieuse cet investissement a été évalué par Marc Chernet, expert-comptable, à 2,36 milliards d'euros en 2013 en se fondant sur la liste des budgets des 100 premiers annonceurs publiée par le site de l'hebdomadaire Stratégies.

Alertes de Reporters sans frontières[modifier | modifier le code]

Le Système B, un documentaire français, créée par l'ONG Reporters sans frontières et diffusé en , fut très médiatisé car il a appelé « l'État, le CSA, l'Autorité de la concurrence et le législateur à intervenir » et dénoncé des « pratiques représentent un véritable danger pour la liberté de la presse, mais aussi pour la démocratie »[34]. Le Système B a alerté contre la censure répétée d'enquêtes dans différents médias du groupe industriel et de services de Vincent Bolloré[35],[36],[37],[38],[34],[39],[40],[41], mais visant aussi d'autres médias, par un usage massif des poursuites judiciaires, afin de décourager au maximum les enquêtes sur « ses activités africaines », qui « représentent un tiers du chiffre d'affaires » du groupe Bolloré.

Afrique[modifier | modifier le code]

Bénin[modifier | modifier le code]

Le Bénin est le pays d'Afrique qui assurerait le mieux la liberté de la presse. Depuis quelques années déjà[Quand ?], de plus en plus de journaux, radios ou encore chaînes de télévision se créent, dans l'un des plus pauvres pays du monde. Dans la capitale économique et plus grande ville du pays, (Cotonou), avec son million d'habitants, à peu près quarante journaux quotidiens sont publiés chaque jour, peut-être le record dans le monde (bien que comble de tout, il y ait 50 % d'analphabètes). Les huit millions d'habitants du pays peuvent suivre la chaîne de télévision nationale ORTB, ainsi que le contenu de plus de 70 radios et quatre télévisions privées.

Cependant, la plupart des journalistes ont un emploi provisoire (pendant la dictature, deux tiers des journalistes avaient une aide de l'état). Seulement à peu près cinq sont rentables. Ils reçoivent un tout petit budget de l'État et très peu d'aides.

Mais depuis 2007, la liberté de presse régresse. La chaîne nationale ORTB est contrôlée par le chef de l'État Boni Yayi, dont les déplacements sont constamment mis en avant[réf. nécessaire].

Burundi[modifier | modifier le code]

Depuis la fin de la guerre civile, la presse se développe rapidement. La liberté de presse, clairement limitée pendant la phase de transition[42], est ensuite assez largement respectée[43]. Néanmoins, un certain risque existe encore à aborder des sujets tels que l'existence de groupes armés rebelles[44] ou certaines affaires de corruption[43].

Mali[modifier | modifier le code]

Le Mali vit une crise de la presse due aux coûts de l'analphabétisme. Dans la métropole, Bamako (deux millions d'habitants), les plus grands quotidiens ont un tirage de seulement 1 malta romain[précision nécessaire]. Aussi, la radio est la plus importante source d'informations.

Les journalistes reçoivent parfois, à la place d'un salaire régulier, un pourboire de la maison où ils sont employés.

Aussi, les quelques journalistes régulièrement payés ne se risquent pas à aborder les thèmes des problèmes sociaux, comme la crise des écoles et l'augmentation rapide des prix.

Chine[modifier | modifier le code]

Xi Jinping remet en place dans les médias, les écoles et les universités chinois, un contrôle idéologique[45]. La « liberté de la presse » est un des « sept périls » mis en avant par le Parti communiste chinois dans le document numéro 9[46],[47].

En 2014, un « examen idéologique » est instauré par le Parti communiste afin de « contrôler » l'ensemble des journalistes[48]. Ces derniers doivent connaître des règles essentielles, par exemple « il est absolument interdit à des articles publiés de faire état de commentaires contredisant la ligne du parti communiste chinois ». Ou encore « la relation entre le parti et les médias est celle du dirigeant et du dirigé »[49].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édouard Tillet, La constitution anglaise. Un modèle politique et institutionnel dans la France des Lumières, Presses universitaires d'Aix-Marseille, , p. 112
  2. Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin, 2005, p. 670
  3. Pierre Feuerstein, Un journal des journaux. Histoire, grandeur et servitudes d'un journal de province, Éditions Créer, , p. 10
  4. Bernard Durand, Jean-Pierre Le Crom, Alessandro Somma, Le droit sous Vichy, Vittorio Klostermann, , p. 224
  5. CEDH, Financial Times LTD et autres c. Royaume-Uni (Cour EDH, 4e Sect. 15 décembre 2009, Req. no 821/03)
  6. Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst.) du (état le ), RS 101, art. 17.
  7. « Turquie. Can Dündar, lauréat du prix RSF pour la liberté de presse, a été écroué », sur courrierinternational.com,
  8. Marie Jégo, « En Turquie, 2 journalistes poursuivis pour des révélations sur des livraisons d’armes aux rebelles syriens », sur lemonde.fr,
  9. « Depuis sa prison, le message de Can Dündar à l’Humanité », sur humanite.fr,
  10. a et b Classement RSF 2014
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  16. a et b Une Russie imprégnée de violence - Entretien avec Marie Mendras, Le Monde, 14 octobre 2006. Marie Mendras est chercheuse au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), professeur de politique russe à l'institut d’études politiques de Paris.
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  20. « Après la libération d’Ivan Golounov, RSF appelle à la mobilisation pour les autres journalistes emprisonnés en Russie », sur rsf.fr (reporters sans frontières),
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  22. a et b « Classement mondial 2010 »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) - RSF
  23. Reportage sur le contrôle des médias français par Nicolas Sarkozy, au moyen de la peur : « Sarkozy, vampire des médias », enquête de Sarah Perrig et Alexandre Bochatay, reportage disponible en ligne dans l'émission d'investigation Temps présent
  24. Donnez votre avis sur le projet de charte des journalistes - Rue89, 31 octobre 2009
  25. La Cour de cassation étend le droit de la presse aux blogs, nouvelobs.com, 8 octobre 2011
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  28. Classement mondial 2008 « Copie archivée » (version du 26 juillet 2013 sur l'Internet Archive) - RSF
  29. Classement RSF : la liberté de la presse française bafouée par les "intérêts" de ses patrons, marianne.net, 21 avril 2016
  30. « C’est plus difficile d’être journaliste depuis l’élection de Macron », sur 20minutes.fr, (consulté en )
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  33. « Pourquoi la proposition de loi « Sécurité globale » est dangereuse pour nos libertés », sur Amnesty France (consulté le )
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  35. "RSF dénonce les «méthodes brutales» de Vincent Bolloré dans les médias" dans Le Figaro le 14 octobre 2021 [2]
  36. "Reporters sans frontières dénonce les méthodes de Vincent Bolloré contre l’information" par Aude Dassonville, dans Le Monde le 14 octobre 2021 [3]
  37. "Vidéo. Vincent Bolloré : un documentaire de Reporters sans frontières dénonce ses « méthodes brutales »", par l'Agence France-Presse reprise le 14/10/2021 par le quotidien régional Sud Ouest [4]
  38. "Europe 1 ne digère pas la patte Bollo" le 22 juin 2021 dans Libération [5]
  39. "Le Système B." : un documentaire de Reporters sans frontières dénonce les méthodes de Vincent Bolloré" par Maxime Tellier, le 14/10/2021 sur France Culture [6]
  40. “Le Système B”, un docu choc sur la méthode Bolloré contre la liberté d’informer" par Richard Sénéjoux le 14/10/21 dans Télérama [7]
  41. "Concentration des médias : une commission et des propositions sur la table" par Aude Carasco, le 24/11/2021 dans La Croix
  42. Les civils dans la guerre au Burundi : Victimes au quotidien, vol. 15, Human Rights Watch, (lire en ligne), « 20 (A) ». Notons au passage que c'est à Albert Mbonerane, militant pour les droits de l'homme avant la guerre civile mais aussi ministre de la Communication du gouvernement de transition, que revient la tâche de limiter la liberté de presse.
  43. a et b Jean-François Pollet, « Être journaliste au Sud », Imagine, no 96,‎ , p. 34-37 (résumé).
  44. « Burundi: le journaliste Hassan Ruvakuki est libre », (consulté le ).
  45. Guy Sorman, « Chine : l’inquiétante dictature nihiliste », sur contrepoints.org,
  46. (en) Chris Buckley, « China Warns Officials Against ‘Dangerous’ Western Values », sur nytimes.com,
  47. (en) « Document 9: A ChinaFile Translation How Much Is a Hardline Party Directive Shaping China’s Current Political Climate? », 11 août 2013.
  48. Dorian Malovic, Examen idéologique pour les journalistes chinois 29 avril 2014
  49. Patrick Saint-Paul, « Les journalistes chinois contraints de passer un examen d'idéologie », sur lefigaro.fr,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]