Bataclan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Wiktionnaire Pour une définition du mot « bataclan », voir l’article bataclan du Wiktionnaire.
Bataclan
Description de cette image, également commentée ci-après

Le Bataclan en .

Type Salle de concert
Lieu Paris
Coordonnées 48° 51′ 48″ Nord 2° 22′ 13″ Est / 48.86333, 2.37028
Architecte(s) Charles Duval
Inauguration
Capacité 1 500 personnes
Anciens noms Le Théâtre du Ba-Ta-Clan
Protection  Inscrit MH (1991)
Site web www.bataclan.fr

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bataclan

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Bataclan

Géolocalisation sur la carte : 11e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 11e arrondissement de Paris)
Bataclan

Le Bataclan, qui s'appelait à l'origine Ba-Ta-Clan[1], est une salle de spectacle parisienne édifiée par l'architecte Charles Duval en 1864 et située 50 boulevard Voltaire dans le 11e arrondissement.

Son premier nom faisait référence à Ba-ta-clan, une opérette d'Offenbach[2]. Avec l'abandon des traits d'union, son nom est revenu au mot original bataclan, évoquant un joyeux vacarme ou remue-ménage.

L'établissement fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [3].

Il a été le lieu d'un des attentats du revendiqué par l'État islamique[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Bataclan vers , avec son toit en forme de pagode chinoise.

L'établissement est construit boulevard du Prince-Eugène de 1863 à 1864. Le projet était à l'origine un grand café-concert d'architecture chinoise, avec le café et le théâtre au rez-de-chaussée, et un grand dancing au premier étage. On y représentait des vaudevilles de Scribe, Bayard, Mélesville ou Dumersan, et on y donnait également des concerts.

Le Bataclan est inauguré, le , est dirigé par André-Martin Pâris, dont la salle du Concert des arts dite Concert du Géant, au passage Vendôme a brûlé en 1863[5]. Pendant la guerre de 1870, les salles de billard sont utilisées comme « ambulances ». En 1881, le Français Bigot invente le bigophone pour le comique Bienfait, qui chante « Méli-Mélo » à Ba-Ta-Clan[6]. Cet instrument de musique connaîtra durant plus de cinquante ans une immense célébrité en France et en Belgique, et des centaines de sociétés bigophoniques naîtront et prospéreront. À Ba-Ta-Clan, la première revue est présentée en 1883, et l'opérette deux ans plus tard. Le chanteur Paulus rachète en 1892 l'établissement. Harry Fragson, Aristide Bruant ou même Buffalo Bill s'y produisent. En , repris par Max Dorfeuil, il accueille Dranem et Félix Mayol.

Au cours des années qui suivent, la salle connaît diverses fortunes, au gré des changements de propriétaire, avec une nouvelle vogue après , grâce à une restauration de la salle et une programmation consacrée aux revues montées en particulier par José de Bérys (Maurice Chevalier y connaît ses premiers succès). Grisée par ce succès, la troupe du Bataclan effectue en Amérique du Sud de grandes tournées qui s'avèrent financièrement catastrophiques.

En , la salle est revendue et transformée en salle de cinéma. Elle devient théâtre l'année suivante avec Henri Varna, puis de nouveau cinéma, parlant cette fois-ci, en [7]. L'année suivante, elle est la proie d'un incendie qui détruit notamment une partie des balcons. Le bâtiment original est partiellement détruit en pour être mis en conformité avec les nouvelles normes de sécurité. En , le cinéma ferme ses portes.

Le Bataclan retrouve sa vocation de salle de spectacle en grâce au metteur en scène André Engel[8]. Plutôt rock 'n' roll, il sera un haut-lieu post-punk comme décrit par Alain Pacadis[9],[10],[11]. Sa façade a retrouvé en les couleurs originales qu'elle avait perdues depuis bien longtemps, même si le toit en pagode n'existe plus.

David et Cathy Guetta y ont organisé leurs premières soirées dans les années 1990 (après l'époque disco)[12].

Dirigé depuis par Jules Frutos et Olivier Poubelle, le Bataclan se caractérise aujourd'hui par une activité éclectique laissant place aux spectacles, café-théâtre, discothèque, mais surtout aux concerts (et occasionnellement comme salle d'exposition). Il accueille sur scène ou comme spectateurs de grands noms de la musique, de la chanson et de la comédie, du Velvet Underground à Stromae, en passant pas Roxy Music, les Stray Cats, The Police, Prince ou The Cure, etc.

Aux Victoires de la musique 2005, la Tournée des grands espaces (Bataclan, Olympia et Zénith) d'Alain Bashung obtient une nomination dans la catégorie « Spectacle musical, tournée ou concert de l'année ».

C'est en novembre 2014 que les Specials choisissent cette salle pour le grand retour du ska après une longue absence[13].

En mai 2015, le théâtre accueille le spectacle Qui est Malcolm X ?, mettant en scène les rappeurs musulmans Médine, Kery James, Disiz et Faada Freddy, à l'occasion de la publication de l'autobiographie du défenseur des droits afro-américains Malcolm X[14].

En , Lagardère Unlimited Live Entertainment, une filiale du groupe Lagardère SCA[12], rachète 70 % de l'entreprise Bataclan à ses propriétaires.

Le jeudi 12 novembre 2015, veille des attentats, le musicien français St Germain présente son nouvel opus, un mélange de musique électronique et de voix africaines, dont celle de la chanteuse Nahawa Doumbia, grande vedette au Mali, pays meurtri par le fanatisme islamiste[14].

Enregistrements effectués au Bataclan[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Album en concert au Bataclan.

Filmés[modifier | modifier le code]

Attentats terroristes du 13 novembre 2015[modifier | modifier le code]

Détail d'un ticket d'entrée au Bataclan pour le concert des Eagles of Death Metal le 13 novembre 2015.
Camions de police devant la salle du Bataclan, le lendemain des attentats.

Le , à la suite de plusieurs attentats dans le même périmètre parisien, trois hommes armés de fusils d'assaut et de ceintures explosives pénètrent inopinément dans le bâtiment pendant un concert des Eagles of Death Metal et tirent dans la foule massée aux balcons et dans la fosse, faisant 90 morts et plusieurs centaines de blessés[18].

Revendications[modifier | modifier le code]

Les témoins de l'attaque rapportent que les assaillants durant leurs exactions ont, parmi diverses incohérences[19],[20],[21], évoqué l'action militaire de la France en Irak et en Syrie pour tenter de justifier leurs assassinats[22].

Par la suite dans son communiqué de revendication, l'État islamique évoque explicitement le Bataclan, « où étaient rassemblés des centaines d'idolâtres dans une fête de perversité[22],[23] ». Car les extrémistes salafistes ne tolèrent ni la danse, ni la pratique d'instruments de musique[23].

Par ailleurs, le Bataclan est considéré comme une attraction phare, symbolique d'un quartier parisien « à la fois bourgeois, progressiste et cosmopolite » caractérisé par « une hétérogénéité sociale et ethnique qui a disparu de bon nombre d'autres arrondissements. »[24] Le groupe Eagles of Death Metal, qui s'y produisait le jour des attentats, avait attiré « un public d’ados et de jeunes adultes venus en toute décontraction applaudir un groupe rock à succès qui joue à fond d’une dérision maligne à l’égard des codes machos et bas de plafond de la sous-culture redneck »[24], avec humour, à l'image de la contre-culture californienne et pacifique dont il est issu[25].

Après le drame[modifier | modifier le code]

Le groupe de rock irlandais U2 avait été programmé pour deux concerts à Paris dans les jours suivants l'attaque. Le gouvernement français a annulé le concert et les membres du groupe sont allés au Bataclan le lendemain de l'attaque, laissant des bouquets de fleurs à la mémoire des victimes. Le chanteur Bono y a fait une brève allocution[n 1].

Le lundi 16 novembre, la direction du Bataclan a publié une déclaration, « Aucun mot ne peut exprimer l'ampleur de notre chagrin. Nos pensées vont aux victimes, aux blessés et à leurs proches. Vous êtes nombreux à vouloir vous recueillir au Bataclan, malheureusement les autorités ont encore besoin de travailler sur place. Nous vous tiendrons informés dès qu’il sera possible de vous recueillir devant la salle. Nous vous remercions pour votre soutien, ce qui nous touche profondément. »[27]

Josh Homme, l'un des fondateurs du groupe américain interrompu sur scène le 13 (absent du Bataclan lors des attaques de Paris), par ailleurs leader de Queens of the Stone Age, a aussitôt organisé avec sa Fondation une collecte de fonds à destination des familles des membres décédés de son staff[28].

Simultanément, The Guardian publiait : « Le Bataclan - un lieu dont l'histoire a toujours été celle de joie : Le lieu au centre de la tragédie de vendredi est l'un des plus grands monuments de musique de Paris, bien-aimé des artistes autant que des mélomanes. »[27].

Depuis on ne compte plus les hommages rendus à travers le monde aux victimes des attentats parisiens[29], et au Bataclan en particulier, dans les milieux artistiques, ou sportifs (à la suite de la tragique agression avortée au Stade de France, opérée simultanément) (voir Hommages aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 en France). Parfois en grandes pompes[30],[31],[32], ou en toute simplicité (cf. les bougies allumées par des anonymes dans les jours qui ont suivi, lors de rassemblements impromptus (en dépit du couvre-feu à Paris), et diverses manifestations artistiques, etc. Dont par exemple le mini-récital de Madonna improvisé Place de la République le soir de son concert à Bercy, un mois après le drame[33].

Menaces[modifier | modifier le code]

En , et , le Bataclan aurait fait l'objet de menaces de groupe antisionistes[34],[35],[n 2], en raison de conférences ou galas organisés par des organisations juives comme le Migdal en soutien à la Police aux frontières israélienne (Magav), notamment pendant une offensive de l'armée israélienne dans la Bande de Gaza[n 3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bono à propos de l'attaque terroriste à Paris : « Cela aurait pu être moi ou vous lors d'un show : Ceci est le premier coup direct sur la musique que nous ayons dans cette soi-disant Guerre Contre le Terrorisme », dit le chanteur de U2. « C'est très bouleversant. Ce sont nos gens. » ('« This could be me or you at a Show': "This is the first direct hit on music that we've had in this so-called War on Terror » U2 singer says. « It's very upsetting. »)[26]
  2. Notamment par le djihadiste Fabien Clain, identifié comme celui qui a revendiqué les Attentats du 13 novembre 2015 en France dans une vidéo au nom de Daech. Converti à l’islam radical entre 1999 et 2000, Fabien Clain alias Omar est connu pour avoir des liens avec des islamistes de la bande de Gaza plus particulièrement avec l’armée islamique[36]. Il devient l’un des organisateurs de la filière d'Artigat de recrutement et d'acheminement de volontaires au « djihad » en Irak. En 2009, il avait menacé le Bataclan « en raison du sionisme supposé de ses propriétaires »[37].
  3. Selon le Figaro, Khaled Moustafa, considéré par les Égyptiens comme le chef d'Al-Qaïda en Palestine, aurait avoué en 2011 qu'il « avait un projet d'attentat en France contre le Bataclan » car, selon son amie franco-albanaise Dodi Hoxha, « les propriétaires [du Bataclan] sont des juifs »[38].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cela se vérifie, par exemple, dans l'article de Géo I. Snell, Le Concert du Géant, paru dans L'Art lyrique et le music-hall. Journal indépendant des cafés-concerts, concerts et théâtres, 23 octobre 1898, page 6.
  2. François Caradec et Alain Weill, Le café-concert (1848-1914), Fayard,‎ , 412 p. (ISBN 978-2-213-63124-0).
  3. « Notice no PA00086554 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. « Attentats à Paris : "le début de la tempête", menace Daesh dans son communiqué de revendication », sur RTL
  5. http://www.nautesdeparis.fr/du-ba-ta-clan-au-bataclan/
  6. Information donnée par le Bulletin Orphéonique, rubrique du journal Le Petit Parisien, 24 février 1931, p. 8, 7e colonne.
  7. André Sallée et Philippe Chauveau, Music-Hall et café-concert, Paris, Bordas, coll. « Spectacles »,‎ (ISBN 2-04-015378-0).
  8. Les lieux de spectacle à Paris, abris et édifices, exposition au Pavillon de l'Arsenal, juin-octobre 1998.
  9. Nightclubbing : Articles 1973-1986, Denoël, rééd. 2005
  10. http://www.ticketac.com/salles/paris-bataclan.htm
  11. Selon les témoignages des barmans présents.
  12. a et b Lagardère rachète Le Bataclan à Paris, Les Échos, 23 septembre 2015.
  13. a et b = Documentaire autour du concert du 30 novembre 2014 au Bataclan, Arte HD
  14. a et b http://www.lemondiale.com/attaques-a-paris/article/2015/11/15/le-bataclan-un-haut-lieu-de-la-culture-cible-de-longue-date-par-les-islamistes_4810424_4809495.html
  15. https://www.youtube.com/watch?v=47TyWI2LMuA
  16. Les Grands Concerts Telerama DVD chanson française
  17. http://www.aufeminin.com/news-people/jamel-debbouze-et-stromae-s712887.html
  18. « Attentats de Paris : l’assaut du Bataclan, raconté heure par heure », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 8 janvier 2016)
  19. http://www.tsa-algerie.com/20151117/un-otage-rescape-raconte-ses-discussions-surrealistes-avec-les-kamikazes/
  20. « Les assaillants se retranchent derrière une porte, dans un couloir, avec une quinzaine d'otages. Parmi eux, Sébastien, (qui a sauvé un peu plus tôt une femme enceinte), est forcé de brûler un billet de 50 euros ou de faire le guet. Stéphane trouve les tueurs "assez désorganisés". Un négociateur de la police discute par téléphone avec eux [via le N° de portable qu'ils avaient donné], en vain. » (http://www.france24.com/fr/20151119-le-charnier-bataclan-trois-heures-poudre-sang)
  21. « Les kamikazes comprennent qu'ils sont piégés. "Ils ont réalisé trop tard que la vie était importante, ils ont voulu se sauver mais trop tard" » ; « Que la police recule". C'est la "seule vraie demande qu'ils ont formulée au travers des 4 ou 5 appels aux policiers, c'est que les policiers ne s'approchent pas ». (http://www.bfmtv.com/societe/au-bataclan-sebastien-a-discute-avec-les-kamikazesbr-930735.html)
  22. a et b Les derniers instants du concert au Bataclan, La Tribune, 15 novembre 2015
  23. a et b http://www.slate.fr/story/109975/daech-attaque-culture-bataclan Pour Daech, attaquer la culture et le Bataclan n'a rien d'anodin, Slate.fr, 14 novembre 2015
  24. a et b Génération Bataclan: la jeunesse trinque, Libération, 15 novembre 2015
  25. http://www.vanityfair.fr/culture/musique/articles/attentats-eagles-of-death-metal-le-groupe-de-rock-sur-scene-en-plein-attentat-au-bataclan/29747
  26. Andy Greene (14 novembre 2015) - Rolling Stone. Récupérée 18 novembre 2015.
  27. a et b Trad. Allen, Jeremy . The Guardian. 16 novembre 2015.
  28. http://www.lefigaro.fr/musique/2015/11/20/03006-20151120ARTFIG00278-attentats-eagles-of-death-metal-leve-des-fonds-pour-son-equipe.php#xtor=AL-201
  29. http://www.insideedition.com/headlines/13003-madonna-breaks-down-in-tears-during-show-as-she-leads-tributes-to-paris-victims
  30. http://www.telegraph.co.uk/sport/football/teams/england/11997104/La-Marseillaise-lyrics-to-be-shown-on-Wembley-screens-for-England-fans-as-FA-plans-tributes-to-Paris-terror-victims.html (tout le stade de Wembley)
  31. http://www.dailymotion.com/video/x3du9rk (Metropolitan - NYC))
  32. http://www.dailymotion.com/video/x2en7oi_l-assemblee-nationale-entonne-la-marseillaise-en-hommage-aux-victimes-des-attentats_news (Assemblée Nationale)
  33. http://www.dacodec.fr/madonna-republique-hommage/
  34. « Le Bataclan, une cible régulièrement visée », sur le site de l'hebdomadaire Le Point,‎ (consulté le 14 novembre 2015).
  35. Gaël Lombart, « Attentats à Paris : les salles de concerts étaient menacées », sur le site du quotidien Le Parisien,‎ (consulté le 14 novembre 2015).
  36. Agence, « Dossier secret défense sur Merah : la thèse de l’indic refait surface », sur le site du quotidien La Dépêche du Midi,‎ (consulté le 18 novembre 2015).
  37. Soren Seelow et Nathalie Guibert, « Fabien Clain, la « voix » du massacre de Paris, avait déjà menacé le Bataclan en 2009 », sur le site du quotidien Le Monde,‎ (consulté le 18 novembre 2015).
  38. « Al-Qaida à Gaza voulait frapper la France », sur Le Figaro du 22 février 2011 (consulté le 14 novembre 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Nightclubbing : Articles 1973-1986, Alain Pacadis, Denoël.

Articles connexes[modifier | modifier le code]