Eugène Spuller

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Eugène Spuller
Eugène Spuller par Pierre Petit
Eugène Spuller par Pierre Petit
Fonctions
Député de la Seine
Député de la Côte-d'Or
Sénateur de la Côte-d'Or
(décès)
Sous-secrétaire à la présidence du Conseil
Gouvernement Léon Gambetta
Prédécesseur Edmond Turquet
Successeur aucun (fonction abolie)
Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes
Gouvernement Maurice Rouvier
Prédécesseur Marcellin Berthelot pour l'instruction publique et les Beaux-arts, René Goblet pour les cultes
Successeur Léopold Faye
Ministre des Affaires étrangères
Gouvernement Pierre Tirard
Prédécesseur René Goblet
Successeur Alexandre Ribot
Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes
Gouvernement Jean Casimir-Perier
Prédécesseur Raymond Poincaré
Successeur Georges Leygues pour l'instruction publique et les Beaux-Arts et Charles Dupuy pour les cultes
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Seurre, Côte-d'Or Drapeau de la France France
Date de décès (à 60 ans)
Lieu de décès Sombernon, Côte-d'Or Drapeau de la France France
Nationalité française
Parti politique Union républicaine
Diplômé de Faculté de droit de Dijon
Profession Avocat, écrivain, journaliste et homme politique
Députés de la Seine
Députés de la Côte-d'Or
Sénateurs de la Côte-d'Or
Ministres français de l'Éducation nationale
Ministres français des Affaires étrangères

Jacques-Eugène Spuller est un avocat, écrivain, journaliste et homme politique français, né le à Seurre (Côte-d'Or) et mort le à Sombernon (Côte-d'Or). Fidèle de Gambetta, il accompagne celui-ci lors de son échappée en ballon monté vers Tours le alors que Paris était encerclé par les troupes prussiennes.

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Eugène Spuller est le fils de André Spuller (1789-1851), un boucher à Saint-Seine-l'Abbaye puis à Seurre (Côte-d'Or). D'origine allemande, il est né à Forcheim (Bade-Wurtemberg). Sa mère est Marie Denizot (1799-1853), fille d'un propriétaire de Sombernon (Côte-d'Or). Il a une sœur, Rose-Pauline, et un frère, François-Auguste qui deviendra Préfet de la Haute-Marne au début de la Troisième République[1].

Le 9 juillet 1857, un jugement du tribunal civil de Beaune change le nom Spulerr en Spuller[1].

À l'âge de douze ans en 1847, il part continuer ses études au lycée à Dijon où il étudiera ensuite le Droit. En 1862, il s'établit à Paris, et y fut admis au barreau[2].

Carrière d'avocat[modifier | modifier le code]

Il plaida au procès des "54 conjurés". Il fit alors la connaissance Gambetta dont il deviendra par la suite un ami et un proche collaborateur. Tous deux défendaient les syndicalistes accusés de conspiration[3].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il aida Émile Ollivier pendant sa campagne électorale à Paris en 1863 mais quand en 1869, celui-ci se prépara à "rallier" l'Empire, Spuller soutint le candidat républicain. Il publia à cette époque une Petite histoire de l'Empire qui servit de propagande contre le régime en place et fut diffusée à travers la France ; elle servit également de base à d'autres publications similaires[2].

Lors de la guerre franco-prussienne, le 7 octobre 1870, pendant le siège de Paris, il s'échappe en ballon avec Gambetta, devenant son énergique lieutenant en province.

Parlementaire républicain[modifier | modifier le code]

Il fut élu enfin député de la Seine (3e circonscription de Paris) le 5 mars 1876, puis réélu en 1877 et en 1881. Enfin le 18 octobre 1885, il fut élu député de la Côte-d'Or (2e circonscription de Beaune), le restera jusqu'en 1892[4]. Il fut élu vice-président de la Chambre des députés le 22 mars 1890 puis réélu à ce même poste le 15 janvier 1891[5].

Il deviendra ensuite sénateur de ce département le 24 avril 1892 (réélu le 7 janvier 1894) jusqu'à son décès en 1896[6]. Après la mort de Jules Ferry, il présida brièvement l'Association nationale républicaine (1893).

Lors de la crise du 16 mai 1877, il rédige le Manifeste des 363 à l'encontre du président de la République, Mac-Mahon.

Ministre de la IIIe République[modifier | modifier le code]

La Statue de la Liberté[modifier | modifier le code]

Le 4 juillet 1884, Spuller et d'autres membres du gouvernement français ont officiellement présenté la Statue de la Liberté aux États-Unis.

Après la cérémonie, la statue a été démontée et placée dans 210 caisses de bois. Le paquebot qui la transportait est parti pour New-York le 21 mai 1885. Il représentera le Parlement français lors de l'inauguration de la statue à New-York en octobre 1886[3].

"L'esprit nouveau"[modifier | modifier le code]

Caricature publiée le 11 mars 1894 accusant Sadi Carnot, Casimir-Périer et Spuller de renier l'anticléricalisme du programme républicain de Gambetta.

Alors qu'il était Ministre de l'instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, il prononça le 3 mars 1894 à la Chambre un important discours sur l'« esprit nouveau » qui animait le gouvernement opportuniste à l'égard des catholiques ralliés, rompant ainsi avec l'anticléricalisme issu du programme de Belleville. Il considérait que la politique religieuse devait être marquée par davantage de tolérance. Lui qui avait jusqu'alors soutenu la laïcité et lutté contre la suprématie de l'Église sur l'État, il exprima dans ce discours «la nécessité d'envisager les relations de l’Église et de l’État dans un esprit nouveau»[5]. Cette prise de position lui fut reprochée comme une infidélité à son passé politique. Après la chute du gouvernement Jean Casimir-Perier le 22 mai 1894, il ne jouera plus aucun rôle de premier ordre[7].

Carrière de journaliste[modifier | modifier le code]

Il contribua à de nombreux journaux dont L'Europe (journal français à Francfort) pour lequel il était correspondant en 1866, Le Nain jaune, le Journal de Paris, et L'Encyclopédie générale.

En 1868, il collabora avec Gambetta à la création de la Revue politique dont il a été l'un des principaux rédacteurs avec Paul-Armand Challemel-Lacour, Léon Gambetta, Jules Ferry, Henri Brisson, etc. Cette même année, il fonda avec son frère, qui allait devenir préfet, un journal hebdomadaire qui s'adressait aux habitants des campagnes, le Journal de Langres[2].

Il a été longtemps le rédacteur en chef du la République française, revue qu'il fonda aussi avec Gambetta en novembre 1871. Il publia par ailleurs de nombreux articles dans d'autres journaux républicains[5].

Carrière d'écrivain[modifier | modifier le code]

Parallèlement à son activité politique, Eugène Spuller était aussi écrivain. Parmi ses écrits, on retrouve : Petite Histoire du second Empire (1870), Conférences populaires (deux volumes, 1879-1892), Ignace de Loyola et la compagnie de Jésus (1876), J. Michelet, sa vie et ses œuvres (1876), Au Ministère de l'instruction publique (2 volumes, 1885-1895), Figures disparues. Portraits contemporains, littéraires et politiques (deux volumes, 1886-1891), Histoire parlementaire de la Seconde République suivie d'une petite Histoire du Second Empire (1891), Lamennais : étude d'Histoire politique et religieuse (1892), L'évolution politique et sociale de l'église (1893), Royer-Collard (1895), et Hommes et choses de la Révolution (1896)[8].

Décès[modifier | modifier le code]

Eugène Spuller est décédé à Sombernon (Côte-d'Or) le 23 juillet 1896 à la suite d'une longue et douloureuse maladie[5]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 65)[9] à Paris. Sa tombe est surmontée d'une statue du sculpteur bourguignon, Paul Gasq, qui représente l’Éducation nationale[10]. Lors de l'inauguration de la statue le 12 juin 1901, Louis Liard parla de Spuller en ces termes[7] :

« En entrant au ministère de l'instruction publique, il avait pu porter sur lui-même ce témoignage : « Je n'y entre pas comme un étranger qui pénètre pour la première fois dans un atelier où l'on travaille à un ouvrage qui lui est inconnu ». En le quittant, il put dire avec autant de vérité : « J'ai pris ma fonction au sens propre du mot ; j'ai tenu à être le premier instituteur de la nation. »

Hommages[modifier | modifier le code]

Rue Eugène Spuller à Paris
  • Une rue de Paris porte son nom.
  • Un boulevard porte son nom à Dijon: le boulevard Eugène Spuller.
  • Une statue d'Eugène Spuller par Paul Gasq se trouve dans la mairie de Sombernon, le village où il est décédé en 1896[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Vincent Wright, Les Préfets de Gambetta, Presse de l'Université de Paris-Sorbonne, (ISBN 9782840505044, lire en ligne), Spuller François-Auguste
  2. a, b et c « Biographie d'Eugène Spuller par A.Robert et G.Cougny », sur http://www.assemblee-nationale.fr/ (consulté le 17 octobre 2015)
  3. a et b Nicolas Rouillard, « Spuller, ce célèbre inconnu », Le Bien Public,‎ (lire en ligne)
  4. « Page d'Eugène Spuller sur le site de l'Assemblée nationale », sur http://www.assemblee-nationale.fr/ (consulté le 17 octobre 2015)
  5. a, b, c, d et e « Biographie d'Eugène Spuller par J.Jolly », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 17 octobre 2015)
  6. « Page d'Eugène Spuller sur le site du Sénat », sur http://www.senat.fr/ (consulté le 17 octobre 2015)
  7. a et b Maurice Pellisson, « Spuller », sur http://www.inrp.fr/ (consulté le 17 octobre 2015)
  8. a et b (sv) Nordisk familjebok, Stockholm, (lire en ligne), Spuller, Eugène
  9. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 730
  10. « OBITUARY RECORD. », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  11. « Monument à Eugène Spuller – Sombernon », sur http://e-monumen.net/ (consulté le 17 octobre 2015)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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