Marcel Sembat

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Marcel Sembat
Marcel Sembat par Pierre Petit.
Marcel Sembat par Pierre Petit.
Fonctions
Député 1893-1922
Gouvernement IIIe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 59 ans)
Résidence Seine

Marcel Sembat né le à Bonnières-sur-Seine et mort le à Chamonix, est un homme politique socialiste et ministre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et jeunesse[modifier | modifier le code]

Élève au Collège Stanislas, il fut un élève brillant et obtint en 1878 le premier prix de version latine au Concours général. Il se destina à une carrière de droit en devenant avocat. Docteur en droit, avocat auprès de la cour d'appel de Paris, Marcel Sembat fut également journaliste, chroniqueur judiciaire à La République française, le journal de Léon Gambetta.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Cofondateur de La Revue de l'évolution, il adhéra au Comité révolutionnaire central (parti socialiste de tendance blanquiste), qui devint en 1897 le Parti socialiste révolutionnaire, dont il fut un des dirigeants, puis le Parti socialiste de France en 1902 et la SFIO en 1905. Directeur de La Petite République, le journal socialiste animé par Jean Jaurès, il collabora à La Revue socialiste, à La Lanterne, à L'Humanité, journal dans lequel il tint une rubrique de politique étrangère.

Devenu député socialiste de Paris, il est l'une des figures les plus illustres de la SFIO. Ministre des Travaux publics en 1914 dans le gouvernement d'union nationale,

En 1893, il fut élu député socialiste indépendant de la Seine, dans la première circonscription du XVIIIe arrondissement de Paris. Il fut constamment réélu jusqu'à son décès. En 1905 il vote la loi de séparation des Églises et de l'État. Après la chute du gouvernement Émile Combes, il défend la transparence des documents administratifs, critiquant le caractère limité de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 concernant la communication des notes des fonctionnaires.

Auteur d'un pamphlet pacifiste, Faites un roi sinon la paix, il fut néanmoins appelé au gouvernement comme ministre des Travaux publics, dans le gouvernement Viviani, dit gouvernement d'union sacrée, le . Il fut maintenu dans ses fonctions dans le cabinet Briand jusqu'au . Son cabinet était dirigé par Léon Blum et comptait également le poète Gustave Kahn. Au congrès de Tours en , il vota contre l'adhésion à la IIIe Internationale. Il mourut brusquement à Chamonix en 1922 d'une hémorragie cérébrale.

Chaque année, pendant l’entre-deux-guerres, était organisé un « pèlerinage » de militants socialistes sur la tombe de Marcel Sembat à Bonnières-sur-Seine. Mais la Seconde Guerre mondiale mit fin à cette tradition et Marcel Sembat tomba peu à peu dans l’oubli[1].

Il fut membre de la Ligue des droits de l'homme (LDH).

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marcel Sembat avait épousé Georgette Agutte, peintre fauve et sculpteur (qui légua au musée de Grenoble une importante collection de peintures de Matisse, Derain, Rouault, Signac, Vlaminck et Van Dongen). Il fut l'ami des peintres Marquet, Signac et Odilon Redon. Les archives privées du couple sont conservées d'une part par l'Office universitaire de recherche socialiste (OURS), d'autre part par les Archives nationales[2], qui leur ont consacré en 2008 une exposition intitulée Entre Jaurès et Matisse : Marcel Sembat et Georgette Agutte à la croisée des avant-gardes[3].

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Franc-maçon, initié le 12 juillet 1891 dans la loge « La Fidelité » de la Grande Loge de France à Lille, dont il démissionnera en 1909, en février 1898 il rejoint le Grand Orient de France et il fonde à Montmartre la loge « La Raison », il fut ensuite vice-président du conseil de l'ordre du GODF[4].

Hommage[modifier | modifier le code]

Une station de la ligne 9 du métro parisien à Boulogne-Billancourt porte son nom, de même qu'une station de la ligne 4 du tramway de Lyon. Deux lycées portent son nom, à Sotteville-lès-Rouen et à Vénissieux (Rhône), des écoles primaires (Bourges, Saint-Denis), une clinique dans la commune de Boulogne-Billancourt non loin de la place du même nom ou sont les accès à la station de métro eponyme, ainsi que divers lieux comme une salle des fêtes à Chalon-sur-Saône.

Une rue Marcel et Georgette Sembat existe à Champigny-sur-Marne et un boulevard Agutte-Sembat a Grenoble. Des rues Marcel Sembat existent dans de nombreuses communes françaises. (Paris, Villeneuve-Saint-Georges, Saint Nazaire, Saint-Étienne, Aulnay-sous-Bois, Alfortville, Issy-les-moulineaux, Le Kremlin-Bicêtre, Vélizy-Villacoublay, L'Haÿ-les-Roses, Montrouge Montreuil, Saint-Ouen, Villetaneuse, Nantes, Vénissieux, Port-la-Nouvelle, Narbonne, Bordeaux, Bègles, Bondy, Le Petit-Quevilly...).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Leur Bilan, quatre ans de pouvoir Clemenceau-Briand, Paris, Librairie du Parti socialiste S.F.I.O., 1910
  • Faites un roi, sinon faites la paix, E. Figuière et Cie : Paris, 1911
  • Henri Matisse, trente reproductions de peintures et dessins, précédées d'une étude critique par Marcel Sembat, de notices biographiques et documentaires, Paris : Éditions de la Nouvelle revue française, 1920
  • La Victoire en déroute, préface de Léon Blum, Paris : Éditions du Progrès civique, 1925
  • Les Cahiers noirs : journal 1905-1922, d'après les manuscrits originaux conservés à l'Office universitaire de recherche socialiste, texte établi, présenté et annoté par Christian Phéline, postface de Denis Lefebvre, V. Hamy, impr., Paris : 2007

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Lefebvre, Marcel Sembat : socialiste et franc-maçon, Paris : Éditions Bruno Leprince, 1995, 186 p.
  • Denis Lefebvre, Marcel Sembat. Le socialisme maçonnique d'avant 1914, Éditions maçonniques de France, 2001
  • Marcel Sembat. Textes choisis édition établie par Denis Lefebvre, Éditions maçonniques de France, 2003
  • Matisse-Sembat : correspondance - une amitié artistique et politique 1904-1922", édition établie par Christian Phéline et Marc Barety, La Bibliothèque des Arts, Lausanne, 2004
  • Marcel Sembat et Georgette Agutte à la croisée des avant-gardes, Archives nationales, Éditions Somogy, Paris, 2008
  • « Marcel Sembat », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Denis Lefebvre, Marcel Sembat, Franc-maçonnerie, art et socialisme à la Belle Epoque, Dervy, 2017, 330 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Chancerel, (Re-)Découvrir Marcel Sembat, nonfiction.fr, 17 octobre 2007.
  2. Description du fonds conservé aux Archives nationales sous la cote 637AP
  3. Cf. Bibliographie.
  4. Daniel Ligou, Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, (ISBN 2130486398), p. 1129.

Liens externes[modifier | modifier le code]