Dénatalité

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Il y a dénatalité lorsque le taux de natalité est trop bas de sorte que la population vieillit et ne se renouvelle pas.

Histoire[modifier | modifier le code]

En l'an -18, la loi Juliae sur le mariage et l'adultère est adoptée à Rome[1]. Auguste tente de lutter contre la dénatalité développée par la pratique du célibat et la multiplication des unions sans enfants surtout dans les ordres privilégiés[2],[3].

Causes[modifier | modifier le code]

Les causes de la dénatalité sont encore mal comprises .

Explications traditionnelles[modifier | modifier le code]

Plusieurs hypothèses sont étudiées pour l'époque contemporaine, diverses causes pouvant se succéder en surajoutant leurs effets aux précédentes ou en étant atténuées par des politiques ou contextes natalistes.

À partir de la seconde partie du XVIIIe siècle, une certaine stabilité politique, des guerres et conflits moins nombreux ont permis de meilleures récoltes et une diminution des famines et de la pauvreté. Des améliorations techniques agricoles et zootechniques (sélection suivant les "lois de la génétique", invention du bocage) ont à nouveau accru le rendement des récoltes qui s'était souvent effondré au Moyen Âge. Les crises de subsistance se font donc plus rares, alors que de nouveaux continents s'ouvrent à l'exploration et à la colonisation européenne ; autant d'éléments qui pourraient expliquent la forte croissance démographique du XVIIIe siècle, augmentation impliquant une pression accrue sur les ressources locales (forêt notamment), qui se traduira par l'exploitation de ressources éloignées avec le début des grandes périodes coloniales.

Les guerres ont été de courtes périodes de dénatalité, suivies dans certains pays d'un baby-boom encouragé par les États.

Les progrès de l'hygiène et des technique d'accompagnement de la grossesse et de l'accouchement, combinés à la généralisation des moyens de maîtrise de la reproduction semblent avoir pour conséquences une diminution de la natalité chez les riches et son augmentation chez les pauvres, avec quelques exceptions liées à des principes moraux ou religieux interdisant par exemple le contrôle des naissances.

Causes environnementales[modifier | modifier le code]

Courbe démographique 1992-2003 pour la Biélorussie (source FAO, 2005) Population en milliers d'habitants. Après l'accident, il a fallu 17 ans pour une première naissance officielle à Tchernobyl

Certains toxiques (métaux lourds, pesticides, etc.) répandus dans l'Environnement par les activités humaines sont des facteurs avérés de délétion de la spermatogenèse ou portent atteinte aux ovules ou au bon déroulement de la fécondation ou de la grossesse (on les dit "reprotoxiques". Le nombre de couples ayant des difficultés à faire des enfants est en augmentation régulière).

Causes psycho-sociales[modifier | modifier le code]

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Plus récemment, notamment dans les zones de dépression économique et/ou les zones touchées par les retombées de la catastrophe de Tchernobyl, y compris dans des pays catholiques, on a observé une très forte baisse de la natalité, en particulier dans des pays tels que l'Estonie ou la Biélorussie. La déchristianisation de la société est parfois évoquée, ainsi qu'un comportement individuel plus malthusien face au spectre de la surpopulation, auquel certains intellectuels[Lesquels ?] (généralement issus des milieux catholiques) opposent celui du crash démographique. La fragilisation de la famille dans une économie mondialisée est également un facteur avancé par certains[Qui ?].

Les avancées de l'échographie, ont permis, de manière légale ou non, une sélection des garçons qui sont plus appréciés dans certains pays (Chine, Inde), le nombre de femmes étant moins élevé que celui des hommes pourrait avoir des conséquences en matière de démographie. En Chine ceci s'ajoute à une politique nataliste (un enfant par couple) mise en place par le parti communiste pour éviter une situation de surpopulation.

Sous-Conclusion[modifier | modifier le code]

La dénatalité semble donc avoir des causes complexes et multiples; conséquences à la fois de progrès de l'agriculture, de la médecine, de l'éducation, des rapports sociaux, de la protection sociale, et d'évènement tels que des guerres ou accidents (Tchernobyl) ainsi que des évolutions du sentiment de confiance en l'avenir des populations.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La dénatalité est un phénomène démographique observé dans plusieurs nations occidentales et dans certains pays d'Asie, notamment le Japon (cf. vieillissement du Japon).

En 2005, la moyenne européenne se situe aux alentours de 1,4 enfants par mère en âge de procréer. La Russie connait également ce phénomène démographique.

Allemagne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de l'Allemagne.

On prévoit qu'en 2035, l'Allemagne sera le pays dont la population sera la plus âgée. Une femme sur quatre n'a pas enfants, et, pour les diplômées universitaires, c'est une sur deux. Selon le journal Der Spiegel (2005), « l'élite de la République ne se reproduit plus »[4].

L'État allemand prend en compte plusieurs facteurs pour une politique familiale. D'un côté, les politiques familiales ont été associées à l' époque nazie. D'un autre côté, les garderies étaient associées à l'endoctrinement de l'État communiste de RDA[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, Histoire des empereurs et des autres princes qui ont régné durant les six premiers siècles de l’Église, vol. 1, Paris, Charles Robustel,‎ 1700 (présentation en ligne)
  2. Joseph-Louis-Elzéar Ortolan, Histoire de la législation romaine depuis son origine jusqu'à la législation moderne, 1855.
  3. Extrait de l'article « Lex » du Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines de Daremberg et Saglio (1877) consultable en ligne.
  4. a et b Élections allemandes 2005, L'Allemagne aux cheveux blancs, par Christian Rioux, du journal le Devoir, , p. A1.

Articles connexes[modifier | modifier le code]