Aumônier

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L'aumônier est un personnage ecclésiastique, chargé, d'une part, de distribuer l'aumône aux pauvres, et d'autre part, d'assurer les services liturgiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Retraite de l'aumônier ou Le Bréviaire (1886), par Jules-Alexis Muenier.

L'existence de la fonction de l'aumônier, qui distribue l'aumône aux pauvres, remonte au moins au VIe siècle, selon un décret du pape saint Grégoire Ier, qui interdit aux diacres de chanter le solo dans les offices, car ces chanteurs avaient oublié à distribuer l'aumône en faveur de leur exécution musicale.

De surcroît, le pape saint Benoît II († 685), issu de la schola cantorum, se distinguait de sa patience et de ses aumônes en faveur des pauvres[1]. Donc, on peut considérer que cette double fonction était essentielle pour les religieux.

Puis, en 1155, le terme aumône apparut dans la langue française tandis que le premier emploi du mot aumônier fut tenu en 1174. Dorénavant, ce teme ou chapelain signifiait un prêtre qui, attaché à une personne de haut rang, étant chargé de distribuer ses aumônes aux pauvres et de célébrer le culte dans sa chapelle particulière[2].

De nos jours[Depuis quand ?] un aumônier est le clerc ou le laïc de n'importe quelle religion mandaté pour apporter un soutien matériel ou spirituel à des groupes particuliers en des lieux précis (couvent, école, armée, prison, hôpital), ou à des associations d'inspiration religieuse.

En France[modifier | modifier le code]

Si la République française est laïque et ne finance plus les cultes depuis la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l'État, l'article 2 de cette loi prévoit que l'État prenne à sa charge « les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons ». Les principales religions en France peuvent donc prévoir des aumôneries animées par des ministres du culte afin de permettre aux usagers de ces établissements publics d'exercer librement leur culte.

Plus particulièrement dans les lieux de privation de liberté, le droit français dispose que « Chaque personne détenue doit pouvoir satisfaire aux exigences de sa vie religieuse, morale ou spirituelle » et qu'à cette fin elle doit pouvoir « recevoir la visite d'un ministre du culte et d'assister aux offices religieux et aux réunions cultuelles organisées par les personnes agréées à cet effet[3] ». La présence d'aumôniers est donc nécessaire pour apporter une assistance spirituelle aux détenus qui en font la demande, mais également pour organiser des offices collectifs. Sept confessions disposent ainsi d'aumôneries agréées au niveau national, c'est-à-dire musulmanes, catholiques, israélites, orthodoxes, protestantes, bouddhistes et témoins de Jéhovah[4].

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En Suisse[modifier | modifier le code]

Au sein de l'armée suisse, les aumôniers militaires ont le grade de capitaine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1114/Saint-Benoit-II.html
  2. http://www.cnrtl.fr/definition/aumonier : définition n° 2 (subst.)
  3. Article R 57-9-3 du Code de procédure pénale.
  4. « Pratiques et organisation du culte en détention », Ministère de la Justice, 16 janvier 2015.

Voir également[modifier | modifier le code]