Jules Basdevant

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Jules Basdevant
Jules Basdevant.JPG
Remise de la cravate de commandeur de la Légion d'honneur à Jules Basdevant par le général de Gaulle en 1964, photographie anonyme.
Fonction
Président
Société de législation comparée
Biographie
Naissance
Décès
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AnostVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Enfants
André Basdevant
Marie-Louise Basdevant (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
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Distinction

Jules Basdevant, né le à Anost (Saône-et-Loire) et mort le dans cette même ville, est un juriste et professeur français de droit international.

Biographie[modifier | modifier le code]

Agrégé des facultés de droit en 1906, Jules Basdevant fut professeur de droit international à l'université de Paris, à l'Institut d'études politiques de Paris. De 1903 à 1907, il enseigna aussi à l'université de Rennes. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut officier de réserve dans l'infanterie, puis il participa en 1918-1919 à la Commission de préparation de la Société des Nations[1]. Dans les années 1920, il est revenu à l'enseignement du droit, à l'Institut des hautes études internationales de l'université de Paris.

Il fut jurisconsulte du ministère des Affaires étrangères du au . En raison de ses propos lors de ses cours à l'université, critiques vis-à-vis de l'Allemagne nazie et du droit national-socialiste, il fut mis en difficulté par le recteur Gilbert Gidel[2]. Refusant de justifier les atterrissages d'avions allemands en Syrie comme étant conformes aux conventions d'armistice, il préfère quitter les Affaires étrangères. Sa lettre de démission du , adressée au maréchal Pétain[3], est interprétée comme un acte de résistance envers le régime de Vichy : il est mis à la retraite et interdit d'enseigner[1].

Il fut élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1944, puis il fut le seul juriste français nommé à la Commission pour l’étude d’une Organisation des Nations unies en 1944[1]. De 1946 à 1964, il fut juge à la Cour internationale de justice, qu'il présida de 1949 à 1953. Il a été promu commandeur de la Légion d'honneur par le général de Gaulle à l'Élysée en 1964. Il est membre fondateur de l'académie du Morvan en 1967 à Château-Chinon.

Jules Basdevant meurt à Anost le .

Une avenue à Autun (Saône-et-Loire) porte son nom.

Famille[modifier | modifier le code]

Jules Basdevant épouse Renée Mallarmé le 5 août 1905[4]. Celle-ci est d'origine protestante et alsacienne, et les enfants du couple seront élevés dans la foi protestante[5]. Leurs sept enfants connaissent des destinées parfois brillantes : l'aînée Suzanne, née en 1906, sera professeur agrégé de droit, spécialiste du droit international public et première femme à accéder à l'Académie des Sciences morales et politiques ; André, né en 1909, juriste et avocat, sera l'un des pionniers du scoutisme en France ; Jean, né en 1912, diplomate et l'un des pères de l'Institut du monde arabe ; Pierre, né en 1914, diplomate également ; Marie-Louise, née en 1920, conseillère des Affaires étrangères[6]. Les deux plus jeunes fils sont décédés pendant la seconde Guerre mondiale : Maurice, jeune médecin, pendant la campagne de France, et François, le cadet, fusillé à 17 ans pour fait de Résistance[5].

Jules Basdevant est le grand-père de Jean-Louis Basdevant, physicien, professeur de physique quantique à l'École polytechnique ; de Marianne Bastid-Bruguière, enseignante et sinologue ; de Geneviève Bastid Burdeau (professeur de droit international à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne)[7] ; et de France Agid-Basdevant (mariée Javoy puis Agid), biologiste, chercheuse et directrice scientifique.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Des rapports de l'Église et de l'État dans la législation du mariage du Concile de Trente au Code civil, thèse de doctorat, 1900
  • La Révolution française et le droit de guerre continentale, 1901
  • Étude sur quelques pratiques du droit des gens à la fin du XVIe siècle et au commencement du XVIIe siècle, d'après les “Annales” et “Histoires” de Grotius, 1903
  • L'Action coercitive anglo-germano-italienne contre le Venezuela (1902-193), 1904
  • Le Conflit franco-vénézuélien, 1906
  • La Conférence de Rio-de-Janeiro de 1906 et l'Union internationale des Républiques américaines, 1908
  • Conflits de nationalités dans les arbitrages vénézuéliens de 1903-1905, 1909
  • La Réquisition des navires allemands en Portugal, 1916
  • Pour la défense du droit international. Les Déportations du Nord de la France et de la Belgique en vue du travail forcé et le droit international, 1917
  • Traités et conventions en vigueur entre la France et les puissances étrangères pour le ministère des Affaires étrangères, 1918-1919
  • Jurisprudence italienne en matière de prises maritimes, suivi de textes intéressant le droit international maritime, 1921
  • Jurisprudence britannique en matière de prises maritimes, 1922
  • La Guerre de 1914-1918, 1927
  • avec Gaston Jèze et Nicolas Politis, Les Traité de Paix ont-ils limité la compétence législative de certains États, 1929
  • Trois témoignages, 1942
  • Cours de droit international public, 1945
  • Notice sur la vie et les travaux d'Alexandre Millerand, Institut de France, Académie des sciences morales et politiques, 1955
  • Dictionnaire de la terminologie du droit international, 1960

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Jules Basdevant », sur www.sfdi.org.
  2. S. Falconieri, « Le “droit de la race”. Apprendre l’antisémitisme à la faculté de droit de Paris (1940-1944) », in Clio, no 7, § 16-17, mars 2014 (en ligne).
  3. « Lettre de démission de Basdevant » [PDF], sur www.sfdi.org.
  4. « Pierre de Laubier's family tree », sur le site Geneanet (consulté le 29 mai 2018)
  5. a et b André Encrevé, Basdevant, Jean, in Dictionnaire biographique du protestantisme français, vol. 1, Paris, Les Éditions de Paris Max Chaleil,
  6. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. https://www.whoswho.fr/decede/biographie-marie-louise-basdevant_6225, sur le site du Who's Who en France (consulté le 29 mai 2018)
  7. « BASTID | SFDI », sur www.sfdi.org (consulté le 22 octobre 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Pinto, « Témoignage », in Le Monde, 21 juin 1991, [à l'occasion du cinquantenaire de la lettre de démission des Affaires étrangères de Jules Basdevant]

Liens externes[modifier | modifier le code]