Emprunt national français

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Affiche de propagande pour le 3e emprunt de la Défense Nationale

Plusieurs emprunts nationaux eurent lieu à travers l'histoire économique de la France. Ces emprunts nationaux ont lieu en temps de guerre lorsque les finances publiques sont mises à mal, ainsi qu'en temps de paix lorsqu'il faut lancer certains projets.

Pour inciter la population à accepter ces emprunts, les gouvernements ont fait œuvre de propagande, notamment à travers des affiches[1].

Emprunts nationaux[modifier | modifier le code]

Emprunt du 9 août 1789[modifier | modifier le code]

Un emprunt national de trente millions est décrété par l’Assemblée constituante de 1789. Le roi Louis XVI en confie la gestion à l’administrateur du trésor royal, Joseph Duruey, qui reçoit la somme comptant[2]. Ce dernier est condamné à mort pour conspiration, le 28 ventôse an II (), par le tribunal révolutionnaire de Paris[3].

Emprunt de 1825[modifier | modifier le code]

Œuvre du Duc de Richelieu, cet emprunt est en France le premier du genre[4].

Emprunt de la Défense nationale[modifier | modifier le code]

Attestation emprunt de la défense nationale.
Emprunt national 1918.

Quatre emprunts, en novembre 1915, octobre 1916, novembre 1917 et octobre 1918 sont émis durant la Première Guerre mondiale pour financer une guerre qui dure plus longtemps que prévu[1]. Le dernier emprunt sera émis en 1918 pour une mobilisation financière et des esprits. Cet emprunt a permis de récolter 55 milliards de francs par le biais de multiples affiches de propagandes[5].

Emprunt de la Libération[modifier | modifier le code]

Émis en par Aimé Lepercq et repris par René Pleven à la suite du décès de Lepercq[6], cet emprunt lève 164,4 milliards de francs. Il vise à résoudre les gros problèmes économiques que connaît le pays[7] qui est alors sous gouvernement provisoire, alors que la Seconde Guerre mondiale n'est pas terminée.

Emprunt de la Caisse nationale d'équipement de l'électricité et du gaz (dit « CNE 3 % »)[modifier | modifier le code]

Émis en 1946 pour indemniser les actionnaires des entreprises de gaz et d'électricité à la suite de la création de EDF-GDF[8].

Emprunt Pinay[modifier | modifier le code]

Émis en 1952 par le président du Conseil Antoine Pinay, il est indexé sur l'or et son taux d'intérêt est de 3,5 %, contre traditionnellement 7 à 8 % à l'époque . Les intérêts sont cependant exonérés d'impôts et de diverses taxes comme sur les droits de succession[9],[10]. Cet emprunt qui est clôturé en juillet est souscrit à hauteur de 428 milliards et rapporte 195 milliards en « argent frais »[11].

Emprunt Giscard[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Emprunt Giscard.

Émis en 1973.

Emprunt Barre[modifier | modifier le code]

Émis en 1977.

Emprunt Balladur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Emprunt Balladur.

C'est un emprunt national de 40 milliards de francs lancé le par Édouard Balladur, qui venait d'être nommé Premier ministre français deux mois plus tôt.

Il avait pour objectif selon la formule de L'Express de « mobiliser l'épargne des Français les plus aisés pour financer l'accès au travail des jeunes et la relance des travaux publics et du bâtiment »[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Alexandre Sumpf, « Les emprunts nationaux de 1916 et 1917 », sur L'Histoire par l'image, Réunion des musées nationaux (consulté le 23 juin 2009)
  2. Assemblée nationale constituante (1789-1791), Bulletins des correspondances réunies du clergé et de la sénéchaussée de Rennes, Extrait du procès-verbal de l’Assemblée nationale, du 9 août 1798, [lire en ligne], p. 393 ; Déclaration du roi concernant l’emprunt de 30 millions, suivie de la quittance de l’administrateur du trésor royal, Joseph Duruey, [lire en ligne], p. 404 ;
  3. Louis Prudhomme, Dictionnaire des individus envoyés à la mort : judiciairement, révolutionnairement et contre-révolutionnairement, pendant la révolution, particulièrement sous le règne de la convention nationale, t. 1er, Paris, (lire en ligne), « Duruey (Joseph) », p. 341 ;
  4. Myriam Berber, « L'emprunt Sarkozy fait débat », Radio France internationale, (consulté le 25 juin 2009)
  5. Les emprunts nationaux pendant la guerre de 1914-1918.
  6. « René Pleven », Ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, (consulté le 25 juin 2009)
  7. « Gouvernement provisoire de la Quatrième République » (consulté le 25 juin 2009)
  8. David Le Bris, « La leçon d'histoire de l'emprunt EDF », La Tribune, (consulté le 25 juin 2009)
  9. « Fiche d'Antoine Pinay », sur economie.gouv.fr (consulté le 5 novembre 2012).
  10. « Pinay lance "son" emprunt », sur live2times.com (consulté le 5 novembre 2012).
  11. [1].
  12. Armelle Thoraval et Georges Valance, « Emprunt: Le joker de Balladur », L'Express, (consulté le 22 juin 2009)