Ossip Zadkine

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Ossip Zadkine
Ossip Zadkine.png

Ossip Zadkine en 1962.

Naissance
Décès
(à 77 ans)
Paris, France
Nationalité
Activités
Formation
Mouvement
Influencé par
Œuvres réputées

Ossip Zadkine, né le à Vitebsk (dans l'Empire russe, aujourd'hui en Biélorussie) et mort le à Paris, est un sculpteur français d'origine russe, établi en France en 1910.

Il est considéré comme l'un des plus grands maîtres de la sculpture cubiste. La production artistique de Zadkine s'échelonne sur un demi-siècle et comprend plus de quatre cents sculptures, des milliers de dessins, aquarelles et gouaches, des gravures, des illustrations de livres et des cartons de tapisserie[1].

Biographie[2][modifier | modifier le code]

En 1907, son père l'envoie étudier l'anglais à Sunderland, dans le nord de l'Angleterre. Il prend des cours de sculpture sur bois dans l'école d'art locale. De 1907 à 1909, il s'installe à Londres, et visite le British Museum où il étudie la sculpture classique. Il étudie au Regent Street Polytechnicum. Il retourne à Smolensk, où il réalise sa première sculpture.

Il étudie à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1909 et 1910. Il travaille à La Ruche, dans le 15e arrondissement. En 1911, il expose ses statues et dessins au Salon d'automne et au Salon des indépendants.

En 1912 et 1913, il étudie la sculpture romane. Il rencontre Brancusi, Apollinaire, Lipchitz, Picasso, Bourdelle, Survage et Delaunay. Matisse visite également son atelier.

Il expose à la Freie Sezession à Berlin, à la De Onafhankelijken d'Amsterdam, à l'Allied Artists Association à Londres en 1914 et 1915. Le collectionneur Paul Rodocanachi lui permet d'avoir un atelier rue Rousselet à Paris. Il se lie d'amitié avec Modigliani.

Il participe au sein de la Légion étrangère à la Première Guerre mondiale en 1916 et 1917, ce qui lui inspire de nombreuses aquarelles sur la guerre. Démobilisé en 1917, il se déclare détruit physiquement et moralement par la guerre. Après un séjour à l'hôpital d'Épernay, il part à Bruniquel. En 1918 et 1919, il réalise vingt eaux-fortes.

En 1920, il épouse Valentine Prax (1897-1981)[3],[4].

Maurice Raynal écrit la première monographie de l'œuvre de Zadkine, publié par un éditeur italien, Valori Plastici, en 1921. De 1923 à 1925, Zadkine voyage en Italie et expose à la galerie Takenodai de Tokyo. Le musée de Grenoble achète en 1922 la statue en bois doré Le Fauve. Invité par Eileen Gray, il expose également dans sa galerie, Jean Désert, en 1925, aux côtés de Chana Orloff et Seizo Sougawara. La galerie Barbazanges à Paris expose une rétrospective de ses œuvres en 1926. À Bruxelles, il réalise une fresque pour la salle du cinéma Métropole, construit sur le plan de l'architecte Adrien Blomme, œuvre qui sera sauvée en 1994 lors de la transformation du cinéma en magasin.

En 1928, Zadkine s'installe au 100 bis rue d'Assas à Paris, dans une maison blanche qui deviendra le musée Zadkine à la mort de sa femme. Une rétrospective lui est alors consacrée à Londres. En 1934, lors de leur premier voyage dans le Lot, Zadkine et sa femme achètent une maison aux Arques, un petit village du Quercy, qui deviendra le lieu de créations de nombreuses sculptures.

Zadkine séjourne aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. À partir de 1944, il donne des cours à la Arts Students League. Il revient en France en septembre 1945, « malade, triste et sans argent ».

Entre 1948 et 1950, il fait l'objet de nombreuses expositions et rétrospectives : au Stedelijk Museum à Amsterdam, au musée national d'Art moderne de Paris et au musée Boijmans Van Beuningen à Rotterdam, où il présente la première esquisse de La Ville détruite (De verwoeste stad), un monument haut de six mètres consacré à la guerre, qui sera installé définitivement le 15 mai 1953 à Rotterdam.

Il donne des cours jusqu'en 1958 à l'Académie de la Grande Chaumière à Paris. Entre 1955 et 1960, il réalise des sculptures consacrées à Vincent van Gogh.

Monument aux frères Van Gogh (1964), Zundert.

Il expose au Canada, aux États-Unis et au Japon. Zadkine se consacre alors plus particulièrement à l'art graphique. Dans son atelier du village des Arques, dans le Lot, il sculpte de nombreuses œuvres dont une Pièta en 1957.

Auvers-sur-Oise accueille sa Statue de Vincent Van Gogh en 1961. En 1962, la galerie Lacloche à Paris expose pour la première fois les Tapestries avec Elie Grekoff. En 1963, Zadkine commence la troisième version de La Demeure à la demande de la banque des Pays-Bas. Zundert, ville de naissance de Vincent Van Gogh, accueille son Monument aux frères Van Gogh.

En 1965 et 1966, sont édités Le Monde secret de Zadkine, livre comportant des photographies de D. Buchanan et vingt cinq poèmes de Zadkine, et La Forêt humaine, qui contient dix huit lithographies. Une grande rétrospective lui est consacrée au Kunsthaus de Zurich.

Zadkine meurt le à Paris. Il est enterré dans la même ville au cimetière du Montparnasse, dans la huitième division.

Les musées Zadkine[modifier | modifier le code]

En France, deux musées sont consacrés à Zadkine. Le premier est situé aux Arques dans le Lot où l'artiste vécu à partir de 1934. C'est là que seront créées des sculptures qui compteront parmi les plus importantes de son œuvre[réf. nécessaire]. Parmi les œuvres présentées aux Arques : le projet de Monument pour une ville bombardée; de grands bois tels qu'Orphée, Diane, la Piéta et le Grand Christ, créés dans ce village; des bronzes : Formes féminines, Trio musical, Arlequin hurlant… sont des œuvres originales que le musée Zadkine de Paris a déposé à celui du Lot, apportant ainsi une dimension supplémentaire à cette réalisation.

Le second musée se trouve au 100 bis rue d'Assas à Paris, dans la maison que Zadkine occupait, et qui, selon ses vœux, a été légué à la ville et transformée en musée Zadkine par son épouse Valentine Prax. Dans ce musée se trouve la majeure partie des sculptures de l'artiste, du cubisme à l'abstraction.

Article détaillé : Musée Zadkine.

Galerie[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Robert Ganzo, Lespugue, Édition Marcel Sautier, 1966. Petit in-folio de 67 pages, 6 gravures originales de Zadkine. Tirage limité à 200 exemplaires sur grand papier d'Auvergne, signé par Zadkine et Ganzo
  • Les Travaux d'Hercule, Paris, Christophe Czwiklitzer, in-8, relié en imitation cuir noir avec décors à froid sur le premier plat, édition du Bibliophile limité à 150 exemplaires dont 134 avec 3 lithographies originales en couleurs, signées et numérotées par Ossip Zadkine.

Citation[modifier | modifier le code]

« Le langage de la sculpture est un néant prétentieux s'il n'est pas composé de mots d'amour et de poésie »[réf. nécessaire]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Cogniat, Zadkine, 60 planches, Paris, Éditions Hautefeuille « Caractères », 1958.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zadkine, Chefs-d'œuvre de l'art no 142, Grands sculpteurs, introduction de T. Spiteris, Hachette, 1969.
  2. En grande partie traduit depuis Ossip Zadkine research center
  3. http://www.paris.fr/loisirs/musee-zadkine/biographies/valentine-prax-1897-1981/rub_6522_stand_15924_port_14782
  4. Jacques Bouzerand, « Ossip Zadkine vu des très près », article publié par le critique d'art sur son blog Mon œil sur l'art, 27/01/2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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