Jean Vilar

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Jean Vilar

Naissance
Sète
Décès
Sète
Activité principale Directeur de théâtre, metteur en scène, comédien,
créateur et directeur du Festival d'Avignon de 1947 à 1971 et directeur du Théâtre national populaire de 1951 à 1963.
Style Théâtre, Cinéma, Littérature
Lieux d'activité Paris, Avignon
Années d'activité 1935-1971
Éditeurs Gallimard, Grasset, L'Arche, Cahiers Théâtre Louvain, Association Jean Vilar, L'Avant-scène théâtre
Maîtres Charles Dullin, Alain
Conjoint Andrée Schlegel-Vilar
Site internet http://www.maisonjeanvilar.org

Œuvres principales

Le Théâtre, service public - Gallimard, 1975.

Jean Vilar est un comédien de théâtre et de cinéma, un metteur en scène et un directeur de théâtre français, né le et mort le à Sète. Créateur du Festival d'Avignon en 1947 qu'il dirige jusqu'à sa mort en 1971, et directeur du Théâtre National Populaire (TNP) de 1951 à 1963.

Repères biographiques[modifier | modifier le code]

Plaque sur la maison natale de Jean Vilar à Sète.
  • 1912 : Jean Vilar naît à Sète le 25 mars, avec le prénom de Jean-Louis-Côme. Fils de très modestes boutiquiers, son père exige de lui une heure de violon quotidienne et lui fait découvrir les classiques au travers des éditions populaires de l’époque.
  • 1932 : Fuyant son univers provincial, après des études secondaires sans relief, il « monte » à Paris. Études de Lettres, pion au collège Sainte-Barbe. Assistant par hasard à une répétition de Richard III de Shakespeare par Charles Dullin, au Théâtre de l'Atelier, il trouve sa vocation. Second régisseur, il suit les cours de celui dont il restera l’élève.
  • 1937 : Service militaire à Hyères.
  • 1941 : D’abord chargé de mission à Jeune France, il rejoint La Roulotte, jeune troupe itinérante dirigée par André Clavé. Il effectue de nombreuses tournées en province et découvre le plaisir de jouer devant des publics populaires. Ayant intégré la compagnie en tant qu'auteur, il écrit La Farce des filles à marier et Dans le plus beau pays du monde.
  • 1942 : Il crée sa propre compagnie dite des Sept. Première mise en scène : La Danse de Mort de Strindberg.
  • 1947 : À l’initiative de René Char, la Semaine d'Art en Avignon (septembre) est liée à une grande exposition d’art contemporain. Trois créations dans trois lieux différents, cour d'honneur du palais des papes, verger d'Urbain V et théâtre municipal, réunissent un peu plus de 4 000 spectateurs. Cette « semaine » devient « festival » l'année suivante. Jean Vilar le dirigera jusqu'à sa mort en 1971.
  • 1952 : La première représentation du TNP à Chaillot, L'Avare (avril), inaugure une impressionnante série de créations : en 12 ans, le palais de Chaillot enregistrera 5 193 895 entrées (dont 486 000 la dernière année), soit en moyenne 2 336 spectateurs par représentation, et plus de 30 pays étrangers visités.
  • 1963 : Vilar ne demande pas le renouvellement du contrat qui le lie à l’État. Il poursuit l’aventure d’Avignon et signe des mises en scène lyriques (Venise, Milan) ou théâtrales (à l’Athénée avec Le Dossier Oppenheimer). Georges Wilson lui succède à la direction du TNP.
  • 1964 : Les premières Rencontres d'Avignon entre intellectuels, hommes politiques et artistes, contribuent à transformer le festival en laboratoire des politiques culturelles.
  • 1966 : Le festival ouvre de nouveaux lieux de représentation et s’élargit à d’autres disciplines, particulièrement la danse avec Maurice Béjart.
  • 1967 : Le cinéma fait son entrée dans la cour d’honneur d’Avignon avec l’avant-première de La Chinoise de Jean-Luc Godard. André Malraux missionne d’autre part Jean Vilar sur la réorganisation de l’Opéra.
  • 1968 : À la suite du discours du Général de Gaulle du 30 mai, Jean Vilar refuse de servir le gouvernement avec lequel il est en profond désaccord. En juillet, "les enragés de l’Odéon" descendus de Paris et le Living Theater de Julian Beck cherchent à ébranler le festival. Les insultes « Vilar, Béjart, Salazar ! » résonnent dans Avignon. Vilar résiste, mais restera très affecté par ces attaques (infarctus à l'automne).
  • 1969-71 : Vilar continue de diriger Avignon tout en poursuivant ses innombrables activités, et ses fréquents voyages (U.R.S.S. et Amérique du Sud). Il rédige Chronique romanesque, qui sortira en librairie un mois après son décès survenu le 28 mai 1971 dans sa maison de Sète, Midi le Juste. Il est inhumé au Cimetière Marin.
Tombe au cimetière marin.

Depuis, plusieurs dizaines de bâtiments et de lieux publics portent son nom dont le Théâtre Jean-Vilar de Suresnes, berceau du TNP, dans les Hauts-de-Seine, le Théâtre Jean-Vilar de Montpellier, le Théâtre de la mer à Sète, l'espace Jean Vilar d'Ifs dans le Calvados[1] et de nombreux établissements scolaires à travers toute la France.

À Avignon, la Maison Jean-Vilar rassemble ses archives personnelles, les maquettes et les costumes des spectacles qu’il a créés à Avignon à partir de 1947 et au Théâtre national populaire (1951-1963). Cette collection est complétée par un fonds exceptionnel (livres, revues, vidéos, affiches, presse, photos, programmes…), dédié à l’histoire du Festival d’Avignon depuis 1947 jusqu’à aujourd’hui, et plus largement aux arts du spectacle. Outre des études et des monographies, l’Association Jean Vilar publie la revue les Cahiers Jean Vilar qui inscrit la pensée du créateur du Festival d’Avignon dans une perspective résolument contemporaine en analysant la place du théâtre dans la société, et l'enjeu des politiques culturelles.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Théâtre Jean Vilar à Montpellier.

Comédien[modifier | modifier le code]

Maison Jean Vilar à Avignon.

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Années 1940
Années 1950
Années 1960

Indications bibliographiques[modifier | modifier le code]

Textes de Jean Vilar
  • De la tradition théâtrale, éd. de l’Arche, 1955, rééd. Gallimard 1963 (Idées-Littérature no 33), rééd. L’Arche, 1999.
  • Chronique romanesque, éd. Grasset, 1971.
  • Jean Vilar, mot pour mot, textes réunis et présentés par Jacques Téphany et Melly Touzoul, éd. Stock, 1972.
  • Le Théâtre, service public et autres textes, présentation et notes d’Armand Delcamp, éd. Gallimard, 1975 (coll. Pratique du théâtre), nouvelle édition, 1986.
  • Mémento (du 29 novembre 1952 au 1er septembre 1955), présentation et notes d’Armand Delcampe, éd. Gallimard, 1981 (coll. Pratique du théâtre).
  • Du Tableau de service au théâtre : notes de service de Jean Vilar à sa troupe. Cahiers Théâtre Louvain, no 53, 1985, rééd. 1994.
  • J’imagine mal la victoire sans toi… Lettres, notes et propos (1951-1959) de Jean Vilar et Gérard Philipe, Texte établi par Roland Monod, Association Jean Vilar, Avignon, 2004.(ISBN 2-907028-14-6)
  • Vilar ou La Ligne droite, correspondance inédite de Jean Vilar avec son épouse, texte établi par Jacques Téphany, Cahiers Jean Vilar no 112 et no 113, Association Jean Vilar, Avignon, 2012.
  • Dans le plus beau pays du monde, comédie en 3 actes de Jean Vilar (1941), L’avant-scène théâtre no 1323-1324, mai 2012. Texte établi par Rodolphe Fouano.
Sur Jean Vilar, le TNP, le Festival d’Avignon
  • Jean Vilar, de Catherine Valogne, les Presses Littéraires de France, Paris, 1954.
  • Avignon, 20 Ans de festival, Souvenirs et documents, Dedalus éditeur, 1967.
  • Le Festival d’Avignon (1947-1968), de Catherine Arlaud ; thèse de doctorat, imp. Rullière-Libeccio, Avignon, 1969.
  • Avignon, le royaume du théâtre, d'Antoine de Baecque, Découvertes Gallimard, 1996.
  • Histoire du festival d’Avignon, d'Antoine de Baecque, en collaboration avec Emmanuelle Loyer, Gallimard, 2007.
  • Jean Vilar, de Jean-Claude Bardot Armand Colin Éditeur, 1991.
  • Gérard Philipe, de Gérard Bonal Éditions de Seuil, 1994, nouvelle éd. en 2009.
  • Cahiers de l'herne Jean Vilar, témoignages et textes rares réunis sous la direction de Jacques Téphany, Éditions de L’Herne, 1995.(ISBN 2-85197-072-0)
  • Cahiers Jean Vilar, analyses, études, inédits (plusieurs numéros consacrés à la mémoire de Jean Vilar et à l’actualité de sa pensée), Association Jean Vilar, Avignon, depuis 2004.(ISSN 0294-3417)
  • Le T.N.P. de Vilar. Une expérience de démocratisation de la culture, de Laurent Fleury, aux Presses Universitaires de Rennes, « Res Publica », 2006.
  • Jean Vilar par lui-même, Association Jean Vilar, Avignon, 1991, rééd. 2003.(ISBN 2-907028-13-8)
  • Jean Vilar, théâtre et utopie, articles de Sonia Debeauvais, Armand Delcampe, Bernard Dort, Claude Roy, Louvain-la-Neuve, Cahiers Théâtre Louvain no 56-57, 1986.
  • Le festival d'Avignon, une école du spectacle, livret accompagné d’un DVD, CRDP de l’Académie d’Aix-Marseille, 2006.
  • Le TNP de Jean Vilar, de Guy Leclerc, Union générale d’éditions, 1971 (10-18).
  • Le théâtre citoyen de Jean Vilar, une utopie d’après-guerre, d'Emmanuelle Loyer, Presses universitaires de France, 1997.
  • Avignon en festivals ou les utopies nécessaires, de Paul Puaux Hachette, 1983.
  • Paul Puaux, l'Homme des fidèles, album élaboré par Melly Puaux et Yolaine Goustiaux, Association Jean Vilar, Avignon, 1999.(ISBN 2-907028-09-X)
  • Complicités avec Jean Vilar et Antoine Vitez, de Jack Ralite, préface de Maurice Béjart, Ed. Tirésias, 1996.
  • Reconnaissance à Jean Vilar, témoignages, Avignon, Association Jean Vilar, 2001.
  • Jean Vilar, de Claude Roy, Seghers, 1968 (coll. Théâtre de tous les temps), réédition augmentée, Calmann-Lévy, 1987.
  • Gérard Philipe, de Claude Roy. Souvenirs et témoignages. En collaboration avec Anne Philipe, NRF, 1969.
  • Le TNP et nous, de Marie-Thérèse Serrière Librairie José Corti, 1959.
  • Jean Vilar, qui êtes-vous ?, d'Alfred Simon, La Manufacture, 1987, réédition sous le titre : Jean Vilar, éd. La Renaissance du livre, 2001.
  • Volponi (Edmond), Alors, camarade Vilar… P.S.P., Avignon, 1987.
  • Wehle (Philippa), Le Théâtre populaire selon Jean Vilar, Ed. Barthélémy et Actes-Sud, Avignon, 1981.
  • Georges Wilson, travail de troupe, (1950-2000), Association Jean Vilar, Avignon, 2001.
  • La naissance des politiques culturelles et les rencontres d'Avignon, sous la présidence de Jean Vilar (1964-1970), présenté par Philippe Poirrier, Comité d'histoire du ministère de la Culture et des institutions culturelles, La Documentation française, 2012 (rééd.).
Sur l'aventure du théâtre populaire
  • Bataillon (Michel), Un défi en province, Planchon, 2 vol. Marval.
  • Copeau (Jacques), Le Théâtre populaire, Paris, Presses universitaires de France, 1941.
  • Denizot (Marion), Théâtre populaire et représentations du peuple, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010.
  • Dort (Bernard), Théâtre réel. Essais de critique, Seuil, 1971.
  • Faivre-Zellner (Catherine), Firmin Gémier : héraut du théâtre populaire, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2006.
  • Gémier (Firmin), Théâtre populaire. Acte I, Catherine Faivre-Zellner (dir.), Lausanne, L’Âge d’Homme, 2006.
  • Les Vosges. Au pays de Maurice Pottecher, par Pierre Chan, Anne Hauttecœur, Pierre Pelot, Pierre Voltz, Casterman, 1995.
  • Loyer (Emmanuelle), Familles de scènes en liberté, Avignon, Association Jean Vilar, 1998.
  • Maurice Pottecher, l'aventure du théâtre populaire, parcours proposé par Catherine Foki et Marie-José Pottecher-Onderet, Metz, Eitions Serpenoise, 1990.
  • Ory (Pascal), Théâtre citoyen. Du Théâtre du Peuple au Théâtre du Soleil, Association Jean Vilar, Avignon, 1995.
  • Pottecher (Maurice), Le Théâtre du peuple de Bussang (Vosges). Son origine, son développement, son but exposés par son fondateur, Paris, Librairie P.-V. Stock, 1913.
  • Pottecher (Maurice), Renaissance et destinée du théâtre populaire, Paris, Ollendorff, 1899.
  • Rolland (Romain), Le Théâtre du peuple, 1903, rééd. sous la dir. De Chantal Meyer-Plantureux, Bruxelles, Éditions Complexe, 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Hommage[modifier | modifier le code]

En 1975, Armand Delcampe fonde l’Atelier-Théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve en sa mémoire. Le logo du « Jean Vilar » est décliné sur l’alphabet Chaillot de Marcel Jacno, comme celui du TNP.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Le travail de Jean Vilar et la totalité des 300 000 manifestations programmées au Festival d'Avignon depuis ses débuts en 1947 sont accessibles à la Maison Jean-Vilar, située à Avignon au 8, rue Mons, Montée Paul Puaux (bibliothèque, vidéothèque, expositions, base de données...)