Johann Heinrich Füssli

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Johann Heinrich Füssli

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Johann Heinrich Füssli par James Northcote (1778)

Naissance 7 février 1741
Zurich
Décès 16 avril 1825 (à 84 ans)
Putney Hill, Londres
Nationalité Drapeau de la Suisse
Activités Peintre - écrivain
Mouvement artistique Romantisme

Œuvres réputées

Le Cauchemar 1781
Le peintre discutant avec Johann Jakob Bodmer (1778-1781)

Johann Heinrich Füssli ou Henry Fuseli, (7 février 1741 à Zurich16 avril 1825 (à 84 ans) à Putney Hill)est un peintre et écrivain d'art britannique d'origine suisse. Il montre très tôt dans sa carrière, un attrait particulier pour les sujets fantastiques, nouveaux à l'époque. Dès la cinquantaine, il a vécu en Angleterre où il a réalisé des illustrations d'œuvres de Shakespeare, de Dante, ainsi que de l'épopée germanique des Nibelungen. Il a été reconnu par les Surréalistes comme un de leurs précurseurs.

Filiation[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Johann Heinrich Füssli, nait, deuxième de dix-huit enfants, dans une famille zurichoise Suisse. Son père, Johann Caspar Füssli, peintre de portraits et de paysages destine son fils à la prêtrise, et l'envoie à l'université Caroline de Zürich, où il reçoit une excellente éducation classique. Un de ses camarades de classe, Johann Kaspar Lavater, poète et physiognomoniste, devient l'un de ses plus proches amis.

Après être entré dans les ordres en 1761, Füssli est forcé de quitter la Suisse pour avoir aidé Lavater à dénoncer un magistrat dont la puissante famille cherchait à se venger. Il traverse l'Allemagne et, en 1765, visite pour la première fois l'Angleterre, où il vit quelque temps grâce à l'écriture. Joshua Reynolds à qui il montre ses dessins, lui conseille de se consacrer entièrement à la peinture. Dans les années 1770, il fait un pèlerinage artistique en Italie où il est reste jusqu'en 1778, changeant son nom de "Füssli" en "Fuseli", sonnant plus italien.

Au début de l'année 1779, il revient en Grande-Bretagne, en passant par Zürich. Il obtient alors une commande du conseiller municipal Boydell, qui organise à cette période "sa galerie de Shakespeare". Füssli peint un certain nombre d'œuvres pour Boydell, certaines sont gravées et publiées dans l'édition anglaise de la physiognomonie de Lavater. Parallèlement, il aide le poète William Cowper à une traduction d'Homère.

Cavalier attaqué par un serpent géant, vers 1800

En 1788, il épouse Sophia Rawlins, l'une de ses modèles. Peu après, il devient membre associé de la Royal Academy. La féministe Mary Wollstonecraft, dont il avait peint le portrait, projette de faire avec lui un voyage à Paris qui ne se fera jamais après l'intervention de son épouse Sophia. Deux ans plus tard, il est promu académicien le 10 février 1790[1].

En 1799, Füssli expose une série de 47 peintures inspirés des oeuvres du poète John Milton, et il ouvre une « galerie Milton » sur le modèle de la « galerie de Shakespeare » de Boydell, mais l'exposition est un échec commercial et la galerie ferme en 1800.

En 1799 Füssli est nommé professeur de peinture à la Royal Academy dont il démissionne, quatre ans plus tard, lors de sa nomination au poste de conservateur à l'Académie. En 1810, il reprend son poste de professeur qu'il conserve jusqu'à sa mort. Le sculpteur italien Antonio Canova, lors d'une visite en Angleterre, s'intéresse aux travaux de Füssli, et de retour à Rome en 1817, le fait élire membre de l'Académie Saint-Luc.

Après une vie confortable et sans problèmes de santé, Füssli meurt à Putney, un quartier de la banlieue de Londres, à l'âge avancé de 84 ans. Il est enterré dans la crypte de Cathédrale Saint-Paul de Londres.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le Cauchemar (1781)

Présentation[modifier | modifier le code]

Peintre inventif et romantique, Füssli, comme son contemporain William Blake croit nécessaire une certaine exagération dans la peinture d'histoire qui lui vient des œuvres de Michel-Ange et des statues de marbre de Monte Cavallo, qu'il admire lors de son séjour à Rome. Il aime représenter dans sa peinture des actions violentes dont une illustration saisissante est son Hamlet et le spectre de son père. Füssli a rarement tiré ses personnages de la vie réelle, basant son art sur l'étude de l'antiquité et de Michel-Ange. Il n'a jamais représenté de paysages et n'a peint que deux portraits.

Il excelle aussi dans l'art de représenter ses personnages en mouvement.

Entre Scylla et Charybde
Peinture romantique de Füssli représentant Ulysse faisant face au choix des monstres.

Füssli a peint plus de deux cent tableaux, mais en a peu exposé. Sa première peinture est Joseph interprétant les rêves du boulanger et du maître d'hôtel du pharaon, et la première à avoir attiré l'attention , le Cauchemar, exposée en 1782, existe en trois versions. Il a également peint, de manière à peu près identique, La Sorcière.

Il a réalisé environ huit cent croquis ou dessins, d'une facture originale. Dans ses dessins et ses peintures, il exagère délibérément les proportions des éléments et représente ses personnages dans des attitudes contorsionnées.


Dans son travail d'écriture, Füssli écrit en français, en italien, anglais et tout en privilégiant l'allemand pour exprimer ses pensées. Ses écrits contiennent des passages faisant partie des meilleures critiques d'art que la littérature anglaise ait connues[réf. nécessaire]. Son principal ouvrage est une série de douze conférences à la Royal Academy, débutée en 1801.

Silence (1799-1801)

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

  • L'Artiste ému par la grandeur des ruines antiques, sanguine, Kunsthaus, Zurich
  • L'artiste ému tout court, Zürich
  • L'artiste ému par le tout

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carolyn Keay, Henry Fuseli, Londres, Academy Editions, 1974.
  • Franziska Lentzsch, Füssli : Le Suisse sauvage, Zurich, Scheidegger & Spiess, 2005.
  • Martin Myrone, Cauchemars gothiques : Füssli, Blake et l'imagination romantique, Londres, Tate Publishing, 2006.
  • Nicolas Powell, Füssli : Le Cauchemar, Londres, Allen Lane, 1973.
  • Nancy Pressly, Le cercle de Füssli à Rome : L'art romantique précoce des années 1770, New Haven, Yale Center for British Art, 1979.
  • P. A. Tomory, La vie et l'œuvre d'Henry Füssli, New York, Praeger, 1972.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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