Gaspare Spontini

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Gaspare Spontini

Description de l'image  Franz Krüger Gaspare Spontini.jpg.
Nom de naissance Gaspare Luigi Pacifico Spontini
Naissance 14 novembre 1774
Maiolati États pontificaux
Décès 14 janvier 1851 (à 76 ans)
Maiolati États pontificaux
Activité principale Compositeur

Œuvres principales

Gaspare Luigi Pacifico Spontini, comte de San Andrea (1844), est un compositeur italien né à Maiolati près d'Ancône le 14 novembre 1774[1] et mort dans la même ville le 14 janvier 1851[1] alors au sein des États pontificaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gaspare Spontini était issu d'une famille très modeste, qui souhaitait qu'il embrassât l'état ecclésiastique. Mais le jeune homme voulait devenir musicien et alla parfaire sa formation à Naples, au Conservatorio della Pietà dei Turchini. L'irrégularité de ses résultats et son caractère difficile et perturbateur lui valurent d'humiliants échecs qui le contraignirent à s'enfuir sans avoir pu terminer son éducation. Ses débuts, dans l'opéra bouffe ou seria, s'en ressentirent, mais ils témoignent d'une personnalité propre et d'une volonté de prendre ses distances par rapport à la tradition de la vieille école napolitaine.

En 1803, Spontini décida de s'installer à Paris[1], attiré par la gloire de Napoléon Ier et l'esthétique nouvelle que le régime cherchait à promouvoir. On était alors à la recherche de compositeurs capables de réaliser une synthèse entre l'esthétique révolutionnaire et républicaine, avec notamment ses références antiques et ses grandes masses orchestrales, et le style français traditionnel. En outre, cette synthèse devait être non seulement nationale mais européenne, à l'échelle de l'Empire français.

Spontini comprit qu'une place était à prendre et, dès son arrivée à Paris, il s'efforça d'assimiler le style français. Après quelques timides essais de remanier ses ouvrages italiens, il donna rapidement trois opéras-comiques au Théâtre Feydeau : La Petite maison (1804), Milton (1804) et Julie ou le Pot de fleurs (1805). Parallèlement, il se fit des relations : le président du Sénat, Lacépède, le facteur de pianos Érard, le critique musical François-Joseph Fétis, Madame de Staël, Juliette Récamier, mais surtout l'impératrice Joséphine.

Grâce à ces protections, il put faire donner en 1806 une cantate à la gloire de Napoléon Ier, L'eccelsa gara ainsi que le vaudeville Tout le monde a tort, composé pour la fête de l'Empereur et qui fut joué par ses sœurs et ses courtisans. Auparavant, en 1805, Spontini avait été nommé Compositeur particulier de la chambre de S.M. l'Impératrice.

Depuis quelque temps, Spontini travaillait à un livret que lui avait proposé Étienne de Jouy sur un sujet romain, qui avait été repoussé auparavant par Méhul et par Boieldieu. Lorsque La Vestale fut donnée à l'Opéra le 15 décembre 1807 l'ouvrage parut incarner de manière presque miraculeuse l'esprit de l'Empire et fit aussitôt sensation. L'Institut de France le déclara meilleur ouvrage lyrique de la décennie. Le succès se renouvela avec Fernando Cortez le 28 novembre 1809.

Spontini et sa femme

Spontini fut nommé chef d'orchestre pour l'opéra italien à l'Odéon en 1810 et dirigea plusieurs exécutions importantes d'œuvres de compositeurs variées. Le 3 août 1811, il épousa Marie-Catherine Céleste Érard, fille du célèbre facteur de pianos Jean-Baptiste Érard. Le couple put s'installer au château de la Muette, propriété de celui-ci. Ils n'eurent pas d'enfant, mais le mariage fut parfaitement heureux.

Spontini fut fait chevalier de la Légion d'honneur le 29 mai 1818. Le 15 décembre 1819, il fit donner son opéra Olympie, souvent considéré comme son meilleur ouvrage, qui ne rencontra d'abord pas le succès. Après l'avoir considérablement revu, il le fit jouer une nouvelle fois le 28 février 1826 et, cette fois, le public fut conquis.

Après ce premier échec, Spontini quitta Paris pour Berlin en 1820 où il fut nommé Kapellmeister en chef, avec un salaire annuel de 4 000 thalers et la possibilité de donner un concert par an à son profit. Il mit en musique Lalla Rookh de Thomas Moore, donné au Palais royal le 27 janvier 1821. Puis il donna son opéra Agnes von Hohenstaufen (1829). En 1829, il fut fait docteur honoris causa de l'Université de Halle et, en 1834, il dirigea les représentations de La Vestale à Hambourg. Il retourna dans sa ville natale en 1835, voyagea en Angleterre en 1838 et retourna à Paris où il fut élu à l'Académie des beaux-arts la même année. En 1837, il y fit donner une version révisée d'Agnes von Hohenstaufen.

En 1842, il quitta définitivement l'Allemagne et alla s'établir à Rome, où le Pape le fit comte de San Andrea en 1844. Cette année-là, il voyagea à Paris et à Dresde, puis se retira dans sa ville natale en 1850. À sa mort, il légua sa fortune à des institutions charitables. S'il était d'un caractère difficile, il s'était toujours montré généreux, de son vivant, pour les musiciens nécessiteux.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Li puntigli delle donne, opéra-bouffe, Rome, 1796
  • Il finto pittore, opéra-bouffe, Rome, 1797
  • Teseo riconosciuto, opéra, Florence, 1798
  • L’eroismo ridicolo, opéra-bouffe, Naples, 1798
  • La finta filosofa, opéra-bouffe, Naples, Teatro Nuovo, été 1799
  • I quadri parlanti, opéra-bouffe, Palerme, 1800
  • Gli Elisi delusi, opéra-bouffe, Palerme, 1800
  • La fuga in Maschera, opéra-bouffe, 1800 (partition perdue pendant deux siècles, retrouvée en 2007 et achetée par la commune Maiolati Spontini)
  • Gli amanti in cimento, opéra-bouffe, Rome, Teatro Valle, 3 novembre 1801
  • Le metamorfosi di Pasquale, opéra-bouffe, Venise, 1802
  • La Petite maison, opéra-comique, Paris, Théâtre Feydeau, 1804
  • Milton, opéra-comique, Paris, Théâtre Feydeau, 27 novembre 1804
  • Julie ou le Pot de fleurs, opéra-comique, Paris, Théâtre Feydeau, 12 mars 1805
  • La Vestale, tragédie lyrique en 3 actes, livret d’Étienne de Jouy, Opéra de Paris, 15 décembre 1807
  • Fernando Cortez ou la conquête du Mexique, opéra en 3 actes, livret d’Étienne de Jouy et Joseph-Alphonse Esménard, Opéra de Paris, 28 novembre 1809
  • Pélage ou le Roi de la Paix, opéra, Opéra de Paris, 23 août 1814
  • Les Deux rivaux, opéra, 1816
  • Olympie, opéra, Opéra de Paris, 22 décembre 1819
  • Lalla Rookh, 27 janvier 1821
  • Nurmahl oder Das Rosenfest von Kaschmir, opéra, Opéra de Berlin, 27 mai 1822
  • Alcidor, opéra en 3 actes, livret de Guillaume M. Théaulon de Lambert, traduit en allemand par C. A. Herklots, Berlin, Opéra royal, 23 mai 1825
  • Agnes von Hohenstaufen, opéra en 3 actes, livret d'Ernst Raupach, Berlin, Opéra royal, 28 mai 1829

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 1058