Charles-Valentin Alkan

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Charles-Valentin Alkan

alt=Description de l'image Charles-Henri-Valentin Morhange dit Alkan.jpg.
Nom de naissance Charles-Valentin Morhange
Naissance 30 novembre 1813
Paris, Drapeau de la France France
Décès 29 mars 1888 (à 74 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale compositeur, pianiste

Charles-Valentin Alkan, né Charles-Valentin Morhange[1], le 30 novembre 1813 à Paris, mort dans la même ville le 29 mars 1888, est un pianiste et compositeur français. Se rattachant à la tradition de grande virtuosité de l'époque romantique, initiée par Paganini au violon, puis au piano par Frédéric Chopin et Franz Liszt, il est considéré comme le plus important représentant français de l'école de piano romantique[2].

Vie[modifier | modifier le code]

Né de parents juifs, au sein d'une fratrie (cinq frères et une sœur) de musiciens qui adoptèrent tous le nom de Alkan — prénom du père, Alkan Morhange, qui tenait une école élémentaire réputée pour son enseignement musical — Charles-Valentin est d'abord un enfant prodige entrant à 6 ans au Conservatoire de Paris. Il étudie l'harmonie, l'orgue et le piano avec des professeurs tels que Joseph Zimmermann, qui fut aussi le professeur de Georges Bizet, César Franck, Charles Gounod, et Ambroise Thomas. Il obtient le premier prix pour le piano en 1824, pour l'harmonie en 1827, pour l'orgue en 1834. Il est à 17 ans un virtuose réputé, rivalisant avec Franz Liszt ou Sigismund Thalberg.

Surnommé « le Berlioz du piano » par Hans von Bülow, il a cependant été peu présent au concert : dès l'âge de 20 ans, il se retire de la vie publique, manifestant une forte misanthropie, et se consacre à la composition. Pour gagner sa vie, il donne des leçons : il devient un pédagogue réputé vers lequel les élèves de Chopin se tournèrent à la mort de celui-ci. Il donne tous les ans Six petits concerts, salle Erard, où il présente en intermède quelques-unes de ses œuvres, au milieu d'un répertoire très classique.

En 1844, Charles-Valentin Alkan reprend les concerts. Il espère succéder à Joseph Zimmermann au Conservatoire de Paris, mais c'est Marmontel qui obtient le poste. Il quitte de nouveau la vie publique après 1848 et y revient en 1855 avec la publication de ses Douze Études dans tous les tons mineurs, op. 39.

Il meurt à 74 ans, selon la légende écrasé par sa bibliothèque alors qu'il saisissait le Talmud. Officiellement, il s'agit d'un « accident domestique ».

Ses compositions ont été longtemps méconnues et restent encore peu enregistrées. Elles sont pourtant particulièrement originales et personnelles[réf. nécessaire] mais d'une extrême difficulté d'exécution.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Comme Frédéric Chopin, Alkan a écrit presque exclusivement pour le piano. Ses œuvres les plus importantes sont la Grande Sonate pour piano « Les Quatre Âges de la vie », op. 33, et ses Études, comparables en difficulté et en complexité aux Études d'exécution transcendante de Liszt. Si les Études dans tous les tons majeurs, op. 35, ressemblent encore aux publications de son temps, les Études dans tous les tons mineurs, op. 39, constituent une somme pianistique de 300 pages, sans équivalent à l'époque[2]. Le recueil est dominé par une Symphonie et un Concerto. Le fait de donner de tels titres à des œuvres pour piano solo traduit bien l'ambition d'Alkan qui est de conférer une dimension symphonique au piano[2].

Multipliant les difficultés techniques, Alkan y affectionne, en particulier, les groupes d'octaves et d'accords obligeant l'interprète à des extensions et des déplacements très rapides, les gammes et les arpèges qui fusent, les notes répétées et les batteries donnant parfois l'impression d'un mouvement perpétuel, comme dans Le Chemin de fer, op. 27, évocation virtuose de la fuite en avant d'un train ; enfin, une riche texture polyphonique et polyrythmique[2]. En dehors des grandes pièces de concert, longues et éprouvantes, Alkan sait faire preuve d'un talent de miniaturiste, comme dans ses 48 Esquisses op. 63 de 1861 ou l'abrupt Scherzo diabolico (de l'op. 39) qui fait résonner le rire de Méphistophélès[3].

Compositions[modifier | modifier le code]

  • 1826, Variations sur un thème de Steibelt op. 1 (le concerto «Orage»)
  • 1829, Les omnibus, variations pour le piano forte op. 2, dédié aux Dames Blanches, Schlessinger, Paris
  • 1830, Il était un p'tit homme, rondoletto op. 3
  • 1832, Premier concerto da [di] camera en la mineur, op. 10. Nouvelle édition revue par F. M. Delaborde et I. Philipp, Gérard Billaudot, Paris [fonds Costallat]
  • 1832, Deuxième concerto da camera en ut dièse mineur op. 10. Nouvelle édition revue par F. M. Delaborde et I. Philipp, Gérard Billaudot, Paris [fonds Costallat]
  • 1833, Rondo brillant pour piano et quatuor de cordes op. 4
  • 1833, Rondeau chromatique pour le piano forte, op. 12 no 1 ; composé et dédié à la Société des Enfants d'Apollon et exécuté à leur concert annuel, par CH. V. Alkan, professeur honoraire de l'École Royale de Paris et membre de la société des enfants d'Apollon. R. Cocks & C°, London
  • 1834, Variations sur La tremenda ultrice spada de «I Capuleti èi Montecchi de Bellini» op 16 no 5
  • 1834, Variations pour le piano sur Ah ! segnata é la mia morte de «Anna Bolena» de Donizetti op. 16 no 4, dédié à Madame H. G. Le Loder, par C. V. Alkan. R. Rock & C°, London (introduction tirée de la ritournelle, thème, trois variations et final)
  • 1834, Variations quasi fantaisie composés sur une barcarolle napolitaine, dédiées à Miss Mary Windsor op. 16 no 6. R. Rock & C°; London
  • 1837, Trois études de bravoure op. 16 (Scherzi) également connus sous le nom de Caprices. (1 - mouvement de valse (trio ; stretto) 2- moderato quasi menuetto 3 - prestissimo). Nouvelle édition revue par F. M. Delaborde et I. Philipp, Gérard Billaudot, Paris (fonds Costallat)
  • 1837, Souvenirs : Trois morceaux dans le genre pathétique op. 15 (1 - Aime moi ; 2 - Le Vent ; 3 - Morte). Imprimerie Mergault, Paris
  • 1837, Trois Andantes romantiques op. 13
  • 1837, Trois improvisations (dans le style brillant) op. 12
  • 1838, Les mois, op. 74
  • 1838, Six morceaux caractéristiques op. 16 (publiés plus tard sous le numéro d'opus 8)
  • 1838 / 1840, Trois grandes études op. 76. no 1 - Fantaisie en la bémol majeur, Largamente, Gravemente, Vivamente ; no 2 - Introduction, variations et Finale, pour la main droite seulement, Colla mano diritta solamente ; no 3 - Étude pour les deux mains (I Philipp, 12 études de virtuosité no 3).
  • 1840, Jean qui pleure et Jean qui rit, deux fugues sans numéro d'opus. Imprimerie Mergault, Paris.
  • 1840, Grand duo concertant en fa dièse mineur pour violon et piano op. 21
  • 1841, Trio en sol mineur pour violon, violoncelle et piano op. 30
  • 1844, Nocturne op. 22
  • 1844, Saltarelle op. 23
  • 1844, Gigue et Air de ballet dans le style ancien op. 24 no 1. Nouvelle édition revue par F. M. Delaborde et I. Philipp, Gérard Billaudot, Paris (fonds Costallat)
  • 1844, Alleluia op. 25. Musica Obscura Éditions
  • 1844 / 1846, Marche funèbre pour le piano op. 26, dédiée à Madame la Maréchale, Duchesse de Montebello. Milan, F. Lucca
  • 1844, Marche triomphale pour piano op. 27, dédiée à la duchesse de Montebello. Berlin, Schlessinger
  • 1844, Le chemin de fer, étude op. 27. Nouvelle édition revue par F. M. Delaborde et I. Philipp, Éditions M. R. Braun, Paris (fonds Costallat-Billaudot)
  • 1844, Le preux, étude de concert op. 17, dédicacé à Madame Adèle Janvier. Milan, F. Lucca
  • 1834, Désir, Fantaisie sur « Don Juan » en la bémol majeur sans numéro d'opus. Gérard Billaudot, Paris.
  • Douze Études pour les pieds seulement pour orgue ou pédalier sans numéro d'opus
  • 1846, 25 Préludes, piano ou orgue opus 31
  • 1846, Bourrée d'Auvergne, étude op. 29
  • 1847, Douze études dans tous les tons majeurs opus 35
  • 1847, Grande sonate, op. 33 Les quatre âges de la vie
  • 1847, Scherzo focoso op. 34
  • 1847, Etz chajjim hi pour chœur mixte a cappella (pour 2 sopranos, ténor et basse) sans numéro d'opus
  • 1849, Deuxième recueil d'impromptus - Trois airs à cinq temps et un à sept temps opus 32/2
  • 1849, 4 Impromptus opus 32/1
  • 1850, 12 études pour les pieds seulement sans numéro d'opus
  • 1856, Salut, cendre du pauvre ! op. 45
  • 1856, Minuetto alla Tedesca op. 46
  • 1857, Sonate de concert en mi majeur pour violoncelle et piano op. 47
  • 1857, Trois marches (quasi da cavalleria) op. 37
  • 1857, Trois petites fantaisies op. 41
  • 1857, Réconciliation, petit caprice op. 42
  • 1857, Douze études dans tous les tons mineurs op. 39
  • 1857, Halelouyoh pour chœur mixte et piano ou orgue en sol mineur (pour soprano, contralto, ténor, basse et piano ou orgue) sans numéro d'opus
  • 1857, Trois marches pour piano en duo op. 37
  • 1857, Deuxième recueil de chants op. 38
  • 1857, Bombardo-Carillon en Sib sans numéro d'opus
  • 1859, Capriccio alla soltadesca op. 50
  • 1859, Le tambour bat aux champs, esquisse opus 50 bis
  • 1859, Super flumina Babylonis, paraphrase du psaume 137 op. 52
  • 1859, Quasi-caccia, caprice op. 53
  • 1859, Bénédictus - pour pédalier ou piano trois mains op. 54
  • 1859, Une fusée, introduction et impromptu op. 55
  • 1859, Deuxième nocturne op; 57
  • 1859- Troisième nocturne op. 57
  • 1859, Trois menuets op. 51
  • 1859, Petits préludes sur les huit gammes du plain-chant pour orgue sans numéro d'opus
  • 1860, Le grillon, quatrième nocturne op. 60 bis, Costallat, Paris
  • 1860, Ma chère liberté et ma chère servitude : Deux petites pièces op. 60
  • 1861, Esquisses (Motifs) op. 63
  • 1861, Sonatine en la mineur op. 61
  • 1867, 11 pièces dans le style religieux et une transcription du Messie d'Händel, orgue, harmonium, piano op. 71
  • 1869, Finale (Saltarelle du concerto pour violoncelle arrangée pour piano à 4 mains) [grande sonate] op. 47
  • 1869, Impromptu sur le choral de Luther Un fort rempart est notre Dieu pour piano à pédales ou à trois mains op. 69 (à M. François Benoist)
  • 1869, 13 prières pour orgue, pédalier, piano trois mains op. 64
  • 1869, Troisième recueil de chants op. 65
  • 1872, Toccatina op. 75
  • 1872, Trente chants (Cinquième suite) Six chants op. 70 ; dans Œuvres choisies de Ch. V. Alkan, nouvelle édition revue par E. M. Delaborde et I. Philipp, Costallat, Paris
  • 1879, Trente chants (Quatrième suite), Six chants op. 67 ; dans Œuvres choisies de Ch. V. Alkan, nouvelle édition revue par E. M. Delaborde et I. Philipp, Gérard Billaudot, Paris [Neige et lave ; Chanson de la bonne vieille ; Bravement ; Doucement ; Appassionato ; Barcarolle]
  • 1883, Rondo d'après Rossini (largo, Le Barbier de Séville) op. 5 (perdu)

Transcriptions[modifier | modifier le code]

  • Bach : BWV1
  • Beethoven : Concerto en Ut mineur Op. 37 — Chant d'Alliance — Cavatine du 13e Quatuor à cordes, Op. 130
  • Donizetti : Elixir d'amour
  • Gretry : Janissaires
  • Gluck : Iphigénie en Tauride Chœur des scythes — Armide Jamais dans ces beaux lieux
  • Handel : Réveille le son clair de la trompette
  • Haydn : andante de la 36e Symphonie — menuet du Quatuor Op. 76 — Quatuor à corde en ré majeur Op. 64 no 5 Finale
  • Marcello : psaume 18
  • Meyerbeer : Le Prophète (piano 4 mains)
  • Mozart : motet « Ne cinis et pulvis superbe » — Andante du 8e Quatuor — Concerto en ré mineur K. 466 no 20 — Menuet de la Symphonie en mi♭ majeur — Menuet de la Symphonie en sol mineur
  • Weber : Scherzo du trio op. 63
  • Rigaudons des petits violons et hautbois de Louis XIV

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Notice BnF no FRBNF13890675c
  2. a, b, c et d Notice de François Luguenot, 1992, CD - 724, Music & Arts.
  3. Notice de Frédéric Catello, 1995, CD Naxos 8.553434.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]