Victor Duruy

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Victor Duruy
Image illustrative de l'article Victor Duruy
Fonctions
Ministre français de l'Instruction publique et des Cultes
18631869
Prédécesseur Gustave Rouland
Successeur Jules Simon
Biographie
Nom de naissance Victor Jean Duruy
Date de naissance 11 septembre 1811
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès 25 novembre 1894 (à 83 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité française
Diplômé de École normale supérieure
Profession Historien

Victor Jean Duruy, né le 11 septembre 1811 à Paris, mort le 25 novembre 1894 à Paris, est un homme politique et historien français, ministre de l'Instruction publique de 1863 à 1869 sous le Second Empire.

Ses études[modifier | modifier le code]

Né dans une famille d’ouvriers depuis sept générations, Victor Duruy est destiné à suivre l’exemple de son père comme contremaître dans la manufacture des Gobelins. C’est ainsi qu’il travailla d'abord à l'atelier des apprentis. Un ami de son père remarquant son application au travail, il suit des études classiques au collège Rollin, grâce à une bourse d’études. En 1830, il est admis à l'École normale supérieure[1] et en 1833, il est reçu à l'agrégation d'histoire et géographie[2].

Sa vie sous la Restauration[modifier | modifier le code]

Sa carrière avant l'empire[modifier | modifier le code]

Il est nommé professeur au collège de Reims[3], à l’âge de vingt-deux ans, puis au lycée Henri-IV à Paris. Auteur sous la monarchie de Juillet de nombreux manuels scolaires d’histoire destiné aux classes élémentaires, il a notamment dirigé la collection de l'histoire universelle. Enseigner à Paris était pour lui un grand honneur, augmenté du fait qu’il avait pour élèves deux des fils de Louis-Philippe, le duc d'Aumale et le duc de Montpensier. Il sera nommé, en 1851, inspecteur de l’Académie de Paris, etre docteur ès lettres et professeur à l'école normale en 1853. La publication de nombreux ouvrages sur l’Antiquité font de lui un spécialiste de renommée internationale sur cette période.

Ses orientations politiques[modifier | modifier le code]

D'opinion libérale, il éprouva plus d'appréhension que d'enthousiasme lorsque vint la révolution de 1848. Il n'en vota pas moins le 10 décembre 1848 en faveur du général Cavaignac, puis par la négative aux plébiscites qui suivirent le coup d'État de décembre 1851.

Sa vie sous le Second Empire[modifier | modifier le code]

Son appel au gouvernement[modifier | modifier le code]

Napoléon III le sollicite pour l’aider dans la rédaction de son ouvrage Histoire de Jules César. L’empereur le remerciera en le nommant inspecteur général en 1861, puis professeur à l'École polytechnique. Sa popularité va grandissant auprès de Napoléon III, ce dernier fait de lui le 23 juin 1863, le ministre de l'Instruction publique. Poste qu’il accepte après avoir d'abord refusé le portefeuille de ministre des cultes. Il occupe cette fonction pendant sept années jusqu’au 17 juillet 1869.

Son passage au ministère[modifier | modifier le code]

Ses idées libérales et son attachement au Second Empire ne se reposant que sur la personne de Napoléon III, l’isole des autres ministres. Il entreprend pourtant une profonde réforme de l’éducation. Huit jours après sa prise de fonctions, il rétablit l'enseignement de la philosophie, il s’attache à améliorer le sort des instituteurs, en revalorisant leur traitement notamment. D’autre part, le contenu des programmes du secondaire est élargi. Le 30 janvier 1865 il rend obligatoire l'enseignement de la musique pour tous les élèves des écoles normales primaires. Avec la loi du 10 avril 1867, il contribue à développer l'enseignement primaire. Celle-ci oblige les communes de plus de 500 habitants à créer une école de filles. Il encourage la gratuité de l’éducation en incitant les communes pauvres à la décréter, avec garanties de subventions de l'État. À l'octroi de bourses s’ajoute bientôt la création de la Caisse des écoles, destinée à l'aide aux élèves issus de familles nécessiteuses. Le 30 octobre 1867, il publie une circulaire dans laquelle figure le projet de cours d'enseignement secondaire à destination des jeunes filles. Ces cours, organisés par les municipalités avaient pour objet de fournir aux jeunes filles de bonne famille une instruction différente de celle prodiguée dans les pensionnats (religieux ou laïques) et étaient pris en charge par les professeurs des différents collèges et lycées pour garçons. Les programmes suivaient celui de l'enseignement spécial (qui exclut les langues) et abordait notamment les sciences sous leur aspect pratique et expérimental. Puis il s’attaque au domaine universitaire avec le décret du 31 juillet 1868, qui fonde l'École pratique des hautes études « afin de développer la recherche et de former des savants ». Avec les bouleversements économiques et techniques que connaît à cette époque la France du Second Empire, il crée un enseignement secondaire « spécial », destiné à dispenser « une instruction appropriée aux besoins des industriels, des agriculteurs et des négociants ». Il faisait partie du conseil général des Landes.

Son départ du ministère[modifier | modifier le code]

Avec les élections législatives des 23 et 24 mai 1869 et la victoire du Tiers Parti, Napoléon III demande à Émile Ollivier de constituer un nouveau cabinet qui tiendrait compte de la majorité parlementaire. Victor Duruy abandonne ses fonctions ministérielles et siège au « Sénat impérial » jusqu'à la fin de l'Empire. Après cela il se consacre à ses premières amours, l’histoire antique, avec la rédaction de l’Histoire des Grecs qu’il achève de publier en 1873. Puis il publie l’Histoire des Romains en 1889. Ces derniers travaux lui permettent d’entrer à l'Institut, au titre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1873, de l'Académie des sciences morales et politiques en 1879. En 1876, il participe à la création de la Revue historique aux côtés de Gabriel Monod. Il est ensuite élu à l'Académie française en 1884.

La fin de sa vie[modifier | modifier le code]

La Troisième République achève ainsi son œuvre. En 1865, les républicains forment le projet d’une instruction primaire conçue comme un grand service public, gratuit et obligatoire. En 1880, il revient d’ailleurs aux affaires. Jules Ferry fait appel à lui au moment de l’élaboration de sa réforme du Conseil supérieur de l’instruction publique. Duruy apporte également son aide au nouveau ministre dans l’élaboration de la loi du 21 décembre 1880 relative à l’enseignement secondaire des jeunes filles. Il est également à l’origine de la loi du 28 juillet 1882 créant le baccalauréat de l'enseignement secondaire spécial. La durée de ces études est portée à cinq ans et ouvre les portes des facultés de sciences et de médecine.

Les papiers personnels de Victor Duruy sont conservés aux Archives nationales sous la cote 114AP[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Victor Duruy
  • Pandectes pharmaceutiques (1837)
  • Cahiers de géographie historique (4 volumes, 1839-1841)
  • Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ (1840)
  • Histoire des Romains et des peuples soumis à leur domination (7 volumes, 1843-1874)
  • Histoire sainte d'après la Bible (1845)
  • Atlas de géographie historique universelle (1848)
  • Histoire romaine depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'invasion des barbares (1847)
  • Chronologie de 'atlas historique de France (1849)
  • Abrégé de l'histoire de France 1850
  • L'Univers pittoresque : Italie ancienne (2 volumes, 1850-1855)
  • Histoire grecque (1851)
  • Abrégé des histoires ancienne, du Moyen Âge et moderne (3 volumes, 1852)
  • De Tiberio imperatore. État du monde romain, vers le temps de la fondation de l'empire (1853)
  • Histoire de France (2 volumes, 1854)
  • Résumé d'histoire de France. Abrégé des histoires ancienne, grecque et romaine (3 volumes, 1857)
  • Histoire de France du Ve siècle à 1815 (3 volumes, 1857)
  • Le Gouvernement de l'Algérie (1859)
  • Les Papes princes italiens (1860)
  • Histoire de la Grèce ancienne : Histoire du moyen âge. Histoire des temps modernes (2 volumes, 1861)
  • Causeries de voyage : de Paris à Vienne (1864)
  • Introduction générale à l'histoire de France (1865)
  • L'Administration de l'instruction publique en France de 1863 à 1869. Circulaires et instructions relatives à l'instruction publique (1870)
  • Abrégé d'histoire universelle (1873)
  • Histoire de l'Europe et particulièrement de la France, de 395 à 1789 (3 volumes, 1875)
  • Histoire des Grecs (3 volumes, 1887-1889)
  • Histoire de France (1892)
Victor Duruy par Pierson

Iconographie[modifier | modifier le code]

Engagé volontaire comme garde national dans les combats de 1870, avec le peintre Henri Regnault, ce dernier le dessine en uniforme avec les annotations suivantes : 21e Bataillon / 6e Cie /. Dessin conservé à Paris, musée Carnavalet.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Geslot, Victor Duruy. Historien et ministre (1811-1894), Presses Universitaires du Septentrion.
  1. annuaire de l'école
  2. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation (consulté le 19 juin 2014).
  3. Annuaire de la guerre, Association amicale des anciens élèves du lycée de Reims, impr. Matot-Braine (Reims), 1920 disponible sur Gallica
  4. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/pog/consultationPogN3.action?nopId=c614y143j2n-nfzjbngmflct&pogId=FRAN_POG_06&search=

Sources[modifier | modifier le code]

  • La femme chrétienne et française : dernière réponse à M. Duruy et à ses défenseurs, Félix Dupanloup, ed. C. Douniol, 1868
  • Notice biographique de l'Académie Française
  • www.19e.org
  • Buisson (Ferdinand), Dictionnaire de pédagogie, Paris, Hachette, 1911.
  • Tulard (Jean, sous la direction), Dictionnaire du second Empire, Paris, Fayard, 1995.

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