William Blake

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Blake.

William Blake

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

William Blake par Thomas Phillips.

Naissance 28 novembre 1757
Londres, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Décès 12 août 1827 (à 69 ans)
Londres, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Activités Peintre, poète
Mouvement artistique Romantisme

William Blake (Londres, 28 novembre 175712 août 1827) est un peintre et un poète pré-romantique britannique.

Bien que considéré comme peintre — il a peint quelques tableaux à l'huile, préférant l'aquarelle, le dessin, la gravure, la lithographie —, il s'est surtout consacré à la poésie. Il est l'auteur d'une œuvre inspirée de visions bibliques à caractère prophétique. Son style halluciné est moderne et le distingue de ses pairs bien que ses thèmes soient classiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était fils d'un bonnetier et, dès l'enfance, montra d'étonnantes dispositions pour le dessin et la poésie. Conscients de la personnalité atypique et hypersensible de leur fils, ses parents l'envoient à dix ans dans une école de dessin, où il composera ses premiers poèmes. Devenu élève du graveur James Basire à quatorze ans, il fut chargé de dessiner les antiquités de l'abbaye de Westminster et des autres vieux édifices, milieux qui ne manquèrent pas d'exercer une vive influence sur son imagination mélancolique. En 1782, il épousa Catherine Boucher, une fille de maraîcher, à qui il apprit à lire et à écrire et qui devint sa proche assistante dans ses réalisations artistiques et fut son constant soutien.

Trop pauvre pour faire face aux frais d'impression de ses œuvres, il se fit son propre éditeur et imagina d'y appliquer son écriture mise en relief par la morsure sur des plaques de cuivre. Il publia ainsi ses Songs of Innocence, ornées de ses dessins (1789, pet. in-8), œuvre singulière, qui eut du succès, ce qui l'encouragea à donner successivement, sous la même forme: Books of prophecy (1791) ; Gates of paradise (1793) ; America, a prophecy (1793, in-fol.) ; Europe, a prophecy (1794, in-fol.) ; Songs of Experience (1794).

En même temps, il faisait figurer, dans plusieurs expositions de l'Académie royale, des peintures allégoriques, historiques et religieuses. Il publia The Marriage of Heaven and Hell (in-quarto), satire du Heaven and Hell de Swedenborg, en 1790. En 1797, il entreprit une édition illustrée par lui des Nuits de Young, qu'il laissa inachevée, puis il alla vivre à Felpham, auprès du poète William Hayley, faisant des dessins pour celui-ci, et peignant quelques portraits, et ne revint à Londres qu'au bout de trois ans. Ses quarante dessins gravés par Schiavonetti pour une édition du poème The Grave (1808, gr. in-quarto) de Blair furent très admirés, de même que sa grande estampe le Pèlerinage de Canterbury (1809).

Entre-temps, il continuait de composer, d'illustrer et d'imprimer des poèmes étranges, empreints d'un mysticisme obscur : Jerusalem: the emanation of the Giant Albion ; Milton, a poem avec And did those feet in ancient time (1804); Job (1826) ; etc. Le plus original est le dernier : c'est aussi celui dont les gravures sont les plus finies. Tous ces volumes sont aujourd'hui fort recherchés, surtout les exemplaires coloriés par l'artiste lui-même. Blake est devenu membre de la Royal Society le 14 mai 1807. Sa mort interrompt l’illustration de The divine comedy (1825-1827) de Dante.

Tombe de W. Blake, Bunhill Fields, Londres.

William Blake est enterré, en compagnie de sa femme, au cimetière Bunhill Fields de Londres.

Les « portes de la perception »[modifier | modifier le code]

« Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie. » (« If the doors of perception were cleansed everything would appear to man as it is, infinite. ») (Le Mariage du ciel et de l'enfer). Cette formule a inspiré le choix du nom de l'essai d'Aldous Huxley, Les Portes de la perception, ainsi que le nom du groupe de rock The Doors.

Hommages[modifier | modifier le code]

Au cinéma et à la télévision
  • Le film Dead Man de Jim Jarmusch lui rend hommage de plusieurs façons, notamment en prenant pour héros un homonyme contemporain de William Blake, campé par Johnny Depp (I am William Blake, don't you know my poetry ?), mais aussi en faisant rencontrer celui-ci avec un indien solitaire admirateur du poète, joué par Gary Farmer.
  • Le film Dragon Rouge de Brett Ratner (tiré de l'œuvre de Thomas Harris) fait également de nombreuses références à ses œuvres (dont la plus spectaculaire est le tatouage sur le dos de Francis Dolarhyde).
  • Le film Le Corps de mon ennemi de Henri Verneuil lui rend hommage en le citant juste avant le générique de fin : « au matin je vis avec joie mon ennemi gisant sous l'arbre ».
  • Le film Lara Croft: Tomb Raider fait d'un de ses vers (« Je voudrais voir le monde dans un grain de sable ») la clef qui permet à l'héroïne de trouver et reconstituer le Triangle de Lumière.
  • Le tueur en série John le Rouge, dans la série américaine The Mentalist, cite un extrait du poème Tigre dans le dernier épisode de la deuxième saison, après avoir sauvé la vie du héros Patrick Jane. Les deux premiers mots (Tyger, Tyger) de ce poème sont, par la suite, régulièrement cités au sein de la série (car constituant le mot de passe d'une organisation secrète). Autres hommages à William Blake dans The Mentalist : le directeur du California Bureau of Investigations (CBI) Gale Bertram cite, pour sa part, un extrait du poème A Cradle song dans le seizième épisode de la troisième saison ; le personnage de Brett Partridge est nommé ainsi en référence au tableau de Blake intitulé A Brace of Partridge ; le septième épisode de la sixième saison s'intitule The Great Red Dragon en allusion au tableau éponyme de Blake, et révèle par ailleurs que l'organisation dirigée par John le Rouge porte le nom de Blake Association, en hommage à l'artiste ; enfin, Patrick Jane, dans le premier épisode de la troisième saison, lit un poème de Wiliam Blake : The Divine Image (Songs of innocency and of experience).
  • William Blake est cité dans le film Seven de David Fincher.
  • Dans le film The Heart of Me, de Thaddeus O’Sullivan, Helena Bonham Carter récite une strophe de Broken Love de William Blake ; et Paul Bettany, son partenaire dans le film, fait graver sur sa bague de fiançailles les deux derniers vers du poème :

And Throughout all eternity
I forgive you
You forgive me

(William Blake, Broken Love)

  • Dans la série Revenge, Emily Thorne cite « if the doors of perception were cleansed everything would appear to man as it is, infinite » dans l'épisode 14 de la première saison.
  • Dans le film The Doors d'Oliver Stone, Jim Morrison explique à Ray Manzarek qu'il a choisi The Doors comme nom pour le groupe en rapport avec la citation de William Blake : « si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme telle qu'elle est, infinie ».
  • Dans le film Studio 54, Steve Rubell, interprété par Mike Myers, cite la fameuse phrase de Blake (dont il déclare qu'il est "son poète préféré") : "La route de l'excès mène au palais de la sagesse", au cours d'une interview télévisée.
Dans la musique
  • L'album Themes From William Blake's The Marriage of Heaven and Hell du groupe norvégien Ulver est une transposition musicale de l'œuvre Le Mariage du Ciel et de l'Enfer.
  • L'album The Westbrook Blake - Bright as fire de Mike Westbrook (CD Impetus Records 1991)
  • L'album Zvezda MIX du projet Musical Gestalt Orchestra comporte des poèmes de William Blake.
  • L'album The Chemical Wedding' de Bruce Dickinson lui rend également hommage.
  • Mort Shuman cite deux vers (traduits) du poète dans la chanson Blake : « Les pierres de la loi font les murs des prisons / Les bordels sont bâtis des briques de la religion ». Cette citation sera à l'origine de la censure de cette chanson sur les radios françaises.
  • Pascal Dusapin compose en 1985 une pièce pour soprano et clarinette, To God, sur la séquence poétique If you have formed a circle to go into it yourself and see how you would.
  • Les poèmes The Lamb et The Tyger ont été mis en musique par John Tavener (compositions pour chœur a capella)
  • Dans son album Elemental, Loreena McKennitt joue de la harpe sur le poème Prologue intended foe a dramatic piece of King Edward the Fourth
  • Le groupe Andy Blake & The Dead Men chante différents textes de William Blake. La référence au film Dead Man de Jim Jarmusch est évidente.
  • Cinq morceaux, sur les quinze de l'album Mothers & Tygers d'Emily Loizeau, contiennent des extraits du recueil Songs of Experience de William Blake.
  • L'album d'Étienne Daho Les Chansons de l'innocence retrouvée fait référence au recueil les chants de l'innocence et de l'expérience[1]
En littérature
  • Un projet de livre réseau a été lancé par if:book, éditeur anglais, pour encourager la création autour de l'œuvre de William Blake, que ce soit dans la lecture, l'écriture ou le numérique[2].
  • William Blake est un personnage du roman L'Innocence (titre original : Burning bright) de Tracy Chevalier. Le roman offre une vision réaliste du poète et de sa vie à Lambeth[3],[4].
  • Le comic book From Hell d'Alan Moore et Eddie Campbell, rend un grand hommage à cet homme illuminé par les propos de Sir William Gull, médecin franc-maçon très réputé, lors d'une redécouverte de Londres et ses quartiers.
  • Dans le livre La Nuit qui ne finit pas (Endless Night), d'Agatha Christie, le personnage d'Ellie fredonne un poème de William Blake en grattant sa guitare. Ce poème est également présent à la première page du roman. Le narrateur, Michaël Rogers, croit d'ailleurs qu'il s'agit d'une chanson.
  • Dans le manga Arago, le personnage Seth cite souvent des vers de William Blake.
  • Dans le best-of Marvel, Wolverine: Les origines, de Paul Jenkins, Joe Quesada, Bill Jemas et Andy Kubert, le poème Le tigre de William Blake est cité en faisant référence à Logan.
  • Dans la saga des Hommes-Dieux de Philipe José Farmer, les Seigneurs portent des noms issus de la mythologie de William Blake.
  • John Zorn s'est inspiré de l'œuvre de William Blake, entre autres pour At the Gates of Paradise et pour A Vision in Blakelight, dans lequel Jack Huston lit un extrait de Jerusalem.
  • Dans le troisième tome de la saga À la Croisée des mondes, le Miroir d'Ambre, onze citations de William Blake figurent en début de chapitres.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Œuvre de William Blake.

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • Chansons et mythes, choix de poèmes traduits de l'anglais et présentés par Pierre Boutang, éd. bilingue, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1989.
  • "Œuvres, t.1", présentation et traduction de Pierre Leyris, éd. bilingue, Éditions Aubier/Flammarion, Paris, 1974 ; nouvelle édition 2009. [Esquisses poétiques (extraits) ; Une île de la Lune ; Chants d'innocence et d'expérience]
  • "Œuvres, t.2", présentation et traduction de Pierre Leyris, éd. bilingue, Éditions Aubier/Flammarion, Paris, 1977 ; nouvelle édition 2009. [Poèmes tirés de divers manuscrits ; L'Évangile éternel ; Les Portes du Paradis ; Annotations aux "Aphorismes sur l'Homme" de Lavater]
  • "Œuvres, t.3", traduction de Pierre Leyris, présentation de Jacques Blondel et Pierre Leyris, éd. bilingue, Éditions Aubier/Flammarion, Paris, 1980 ; nouvelle édition 2009. [Deux traités sur la religion ; Tiriel ; Le Livre de Thel ; La Révolution française ; Le Mariage du Ciel et de l'Enfer suivi de Un chant de liberté ; Visions des filles d'Albion ; L'Amérique ; Le Premier Livre d'Urizen ; L'Europe ; Le Chant de Los ; Le Livre d'Ahania ; Le Livre de Los]
  • "Œuvres, t.4", présentation et traduction de Jacques Blondel sous la direction de Pierre Leyris, éd. bilingue, Éditions Aubier/Flammarion, Paris, 1983. [Vala ou Les Quatre Vivants]
  • "Milton" suivi de "Une vision du Jugement dernier", édition (bilingue pour la poésie) établie et traduite par Pierre Leyris, préface de Kathleen Raine, 66 p. d'illustrations N&B, éd. José Corti, coll. Domaine Romantique, Paris, 1999.
  • "Écrits prophétiques des dernières années" suivi de "Lettres", traduit et préfacé par Pierre Leyris (éd. bilingue pour la poésie), 24 p. d'illustrations N&B, éditions José Corti, coll. Domaine Romantique, Paris, 2000.

Livres enluminés[modifier | modifier le code]

  • Vers 1788 : All Religions Are One
    • There Is No Natural Religion
  • 1789 : Songs of Innocence (Les Chants d'Innocence, trad.d'Alain Suied, Arfuyen, 1992)
    • The Book of Thel (Le Livre de Thel)
  • 17901794 : The Marriage of Heaven and Hell (Le mariage du Ciel et de l'Enfer, Arfuyen, 1996)
  • 1793 : Visions of the Daughters of Albion
    • America: a Prophecy
  • 1794 : Europe: a Prophecy
    • The First Book of Urizen (Le premier Livre d'Urizen)
    • Songs of Experience (Les Chants d'Expérience, trad. d'Alain Suied, Arfuyen, 1993.)
  • 1795 : The Book of Los
    • The Song of Los
    • The Book of Ahania
  • Vers 18041811 : Milton: a Poem
  • 18041820 : Jerusalem: The Emanation of The Giant Albion

Non-enluminés[modifier | modifier le code]

  • Never seek to tell thy love
  • Tiriel (1789)

Illustrés par Blake[modifier | modifier le code]

Œuvres graphiques[modifier | modifier le code]

  • Paris, musée du Louvre, département des arts graphiques[5] La Mort de l'homme fort et méchant.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Mandel, « Étienne Daho "L'envie de revenir à l'essentiel" », Journal du dimanche, 17 novembre 2013.
  2. http://www.actualitte.com/actualite/6022-creation-livre-reseau-William-Blake.htm
  3. http://www.tchevalier.com/burningbright/index.html
  4. L'Innocence de Tracy Chevalier
  5. Offert par l'association Les Amis du Louvre, qui ont acquis cette aquarelle pour l'équivalent de 1 246 425 Euros, source bulletin des Amis du Louvre de septembre 2007, page 3.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Boutang, William Blake: manichéen et visionnaire, Paris, La Différence, 1990
  • Armand Himy, William Blake, peintre et poète, Paris, Fayard, 2008, (ISBN 978-2-213-63463-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]