Étienne de Jouy

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Étienne de Jouy

alt=Description de l'image Etienne de Jouy Moralen.png.
Nom de naissance Joseph Étienne
Activités Dramaturge, librettiste
Naissance 19 octobre 1764
Versailles
Décès 4 septembre 1846 (à 81 ans)
Saint-Germain-en-Laye

Œuvres principales

Joseph Étienne, dit Étienne de Jouy[1] né à Versailles le 19 octobre 1764[2] et mort à Saint-Germain-en-Laye le 4 septembre 1846, est un dramaturge et librettiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève au collège d'Orléans à Versailles, Étienne de Jouy montra une nature si ardente qu'à l'âge de 16 ans, on l'embarqua pour l'Amérique du Sud pour aller prendre du service sous les ordres du gouverneur de la Guyane. Il revint presque aussitôt en France pour achever ses études et se rengagea deux ans plus tard. Il fut envoyé comme sous-lieutenant d'artillerie aux Indes orientales (1787), où il eut diverses aventures, dont il devait plus tard s'inspirer au théâtre.

Lorsque la Révolution éclata, il retourna en France (1790). On pense qu'il contribua à la rédaction du journal Le Paquebot (1791) avant de partir avec le grade de capitaine pour l'armée du Nord. Il servit avec distinction et fut nommé adjudant-général après la prise de Furnes. Il appela néanmoins le soupçon sur lui en refusant de porter un toast à Marat et fut arrêté et condamné à mort. Il parvint à s'évader, se réfugia en Suisse et rentra en France au 9 Thermidor[réf. nécessaire].

Il reprit le service sous les ordres du général Menou et commanda la place de Lille, mais il fut accusé d'intelligence avec l'envoyé britannique, James Harris, 1er comte de Malmesbury, qui avait été dépêché en France pour négocier un traité de paix. Il fut incarcéré quelque temps et, las de cette suspicion permanente, quitta le service en prétextant ses nombreuses blessures (1797)[réf. nécessaire].

Étienne de Jouy est avant tout connu comme librettiste de plusieurs des principaux opéras du début du XIXe siècle : il a donné les livrets de Guillaume Tell de Rossini, de La Vestale de Spontini (1807). La Vestale eut près de cent représentations et fut considérée comme l'un des meilleurs opéras français. De Jouy produisit d'autres opéras, mais aucun n'eut autant de succès[réf. nécessaire].

Il fut également journaliste, critique et chansonnier et fit partie de la Société du Caveau et du « Déjeuner de la Fourchette »[réf. nécessaire]. Il publia avec succès dans la Gazette de France des satires de la vie parisienne, réunies sous le titre L'Ermite de la Chaussée d'Antin, ou observations sur les mœurs et les usages français au commencement du XIXe siècle (1812-1814, 5 vol.) L'Ermite de la Chaussée d'Antin fut suivi de plusieurs séries similaires : Guillaume le franc-parleur (1814-1815), L'Ermite de la Guyane (1815-1817), puis L'Ermite en province (1817-1827)[réf. nécessaire].

Il fut élu à l'Académie française le 11 janvier 1815 en remplacement d'Évariste Parny mais ne put prononcer son discours de réception en raison des événements. Un article de la Biographie nouvelle des contemporains, dont il était l'un des fondateurs, lui valut encore un mois de prison ; l'Académie lui manifesta sa sympathie lorsqu'il fut libéré, ce qui mécontenta le gouvernement. À l'Académie, il fut du parti des classiques et vota contre Victor Hugo[3]

En 1821, sa tragédie Sylla triompha, en partie grâce au génie de Talma, qui s'était inspiré de Napoléon Ier pour camper le rôle-titre : elle eut quatre-vingts représentations de suite. Sous la Restauration, de Jouy fut un défenseur constant de la liberté et, si son œuvre fut sans doute surestimée par ses contemporains, ce fut probablement en partie par respect pour l'auteur lui-même[réf. nécessaire]. Après la Révolution de 1830, il remplit jusqu'au 9 août les fonctions de maire de Paris puis fut nommé bibliothécaire du Louvre. Il mourut au château de Saint-Germain-en-Laye, où il disposait d'un appartement.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Étienne était son nom de famille et Jouy un pseudonyme. En fait, ses ouvrages parus de son vivant sont signés tantôt Étienne Jouy, tantôt É. Jouy, tantôt M. Jouy et parfois M. de Jouy, mais jamais Étienne de Jouy. C’est cependant sous ce nom-là qu’il est aujourd’hui le plus cité.
  2. Étienne de Jouy n'est pas né à Jouy-en-Josas en 1769, comme il l'a laissé dire, mais à Versailles en 1764, comme l'atteste son acte de naissance. AD78, Paroisse Saint Louis de Versailles, vue 66/85 "le 19 octobre 1764, Joseph né de ce même jour fils de Pierre Etienne marchand de toile et de Magdeleine Lautour..."
  3. Site de l'Académie française

Œuvres[modifier | modifier le code]

Etienne de Jouy.jpg
  • Comment faire ?, vaudeville en un acte, 1799
  • La Galerie des femmes, nouvelles, 1799, 2 vol.
  • La Vestale, tragédie lyrique en 3 actes, musique de Gaspare Spontini, Opéra de Paris, 15 décembre 1807
  • L'Avide héritier, comédie en 5 actes, 1807
  • Le Mariage de M. Beaufils ou les Réputations d'emprunt, comédie en un acte, 1807
  • La Marchande de modes, parodie de La Vestale, 1808
  • L'Homme aux convenances, comédie en un acte en vers, 1808
  • Fernand Cortez, opéra en 3 actes, en collaboration avec Joseph-Alphonse Esménard, musique de Gaspare Spontini, 1809
  • Les Bayadères, opéra en 3 actes d'après Voltaire, musique de Charles Simon Catel, représenté à l'Opéra de Paris le 8 août 1810
  • Les Amazones, opéra en 3 actes, musique d'Étienne Nicolas Méhul, 1811
  • Les Aubergistes de qualité, opéra-comique en 3 actes, musique de Charles Simon Catel, représenté à l'Opéra-Comique le 17 juin 1812
  • L'Hermite de la Chaussée d'Antin, ou observations sur les mœurs et les usages français au commencement du XIXe siècle, 1812-1814, 5 vol.
  • Les Abencérages, opéra en 3 actes, musique de Luigi Cherubini, 1813
  • Tippô-Saëb, tragédie, 1813
  • Le Franc-Parleur, suite de l'Hermite de la Chaussée d'Antin, 1815, 2 vol.
  • L'Hermite de la Guyane, 1816, 3 vol.
  • Bélisaire, tragédie, 1818 (la représentation en fut interdite)
  • Zirphile et Fleur de Myrte ou Cent Ans en un jour, opéra-féerie en 2 actes, en collaboration avec Nicolas Lefebvre, musique de Charles Simon Catel, représenté à l'Opéra de Paris en 1818
  • L'Hermite en province, en collaboration, 1818 et s., 14 vol.
  • Sylla, tragédie, 1822
  • Les Hermites en prison, en collaboration avec Antoine Jay, 1823, 2 vol.
  • Les Hermites en liberté, en collaboration avec Antoine Jay, 1824, 2 vol.
  • Julien dans les Gaules, tragédie, 1827
  • Moïse, opéra en 4 actes, musique de Gioachino Rossini, 1827
  • Guillaume Tell, opéra en 4 actes, en collaboration avec Hippolyte-Louis-Florent Bis, musique de Gioachino Rossini, représenté à l'Opéra de Paris le 3 août 1829
  • Le Centenaire, roman historique et dramatique en six époques : l'ancien régime, la révolution, la république, etc., 1833, 2 vol.
  • La Conjuration d'Amboise, tragédie, 1841 (non représentée)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Faul, Les Aventures militaires, littéraires et autres d'Étienne de Jouy, préf. de Jean Tulard, Éditions Séguier, Paris, mars 2009. ISBN 978-2-84049-556-7
  • Etienne de Jouy, L'Hermite de la Guiane, ou observations sur les mœurs et les usages français au commencements du XIXe siècle, t. 1, Paris, Chez Pillet Ainé,‎ 1818, 364 p. (lire en ligne)
  • Etienne de Jouy, L'Hermite de la Guiane, ou observations sur les mœurs et les usages français au commencements du XIXe siècle, t. 2, Paris, Chez Pillet Ainé,‎ 1817, 336 p. (lire en ligne)
  • Etienne de Jouy, L'Hermite de la Guiane, ou observations sur les mœurs et les usages français au commencements du XIXe siècle, t. 3, Paris, Chez Pillet Ainé,‎ 1818, 345 p. (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]