Extrême gauche en France

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L'extrême gauche en France désigne les courants politiques situés à gauche du Parti socialiste et du Parti communiste[1], c’est-à-dire les mouvements révolutionnaires qui militent pour l'abolition du capitalisme, situés à gauche des mouvements réformistes et de la gauche antilibérale[2].

Historique[modifier | modifier le code]

L'extrême gauche en France est une classification qui remonte, comme l'ensemble de la division gauche/droite, à la Révolution française. Bien que l'extrême gauche regroupe de nombreux mouvements hétérogènes (trotskisme, anarchisme, gauche communiste, etc., mouvements qui eux-mêmes regroupent diverses sensibilités), on peut considérer qu'elle a pour point commun d'être à la gauche du Parti socialiste (SFIO puis PS) et du Parti communiste (PCF)[3]. Son histoire s'inscrit étroitement dans celle du socialisme sous toutes ses variantes (marxismes, anarchisme, etc.), bien qu'elle ait parfois intégré d'autres apports (féminisme, écologie politique, nouveaux mouvements sociaux, etc.).

Des courants d'extrême gauche ont parfois fait partie des grands partis de gauche, notamment de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO, l'ancêtre du Parti socialiste), en particulier dans les années 1930 avec la tendance Gauche révolutionnaire (Marceau Pivert). Une partie de ces mouvements a donné lieu, dans les années 1950-1960-1970, à la création de la Deuxième Gauche, qui s'incarna notamment au Parti socialiste unifié (PSU).

L'extrême gauche ne peut toutefois être évaluée au seul regard de ses résultats électoraux : elle ne participe pas toujours aux élections, et son score ne correspond pas nécessairement à son influence dans les mouvements sociaux (syndicats, coordinations, associations de la société civile, etc.).

L'extrême gauche contemporaine est représentée en particulier par le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), créé après la dissolution de la LCR, ainsi que par des groupes anarchistes (Fédération anarchiste et Alternative libertaire en tête), ainsi que par ce qu'on a pu désigner sous le nom de mouvement autonome. Le Parti de Gauche, le Parti communiste et le Front de Gauche sont également parfois classés à l’extrême-gauche, malgré le fait qu'ils soient généralement considérés comme des partis de gauche.

L'extrême-gauche avant le XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'historien Patrice Gueniffey évoque une « extrême gauche hébertiste » pendant la Révolution française, laquelle « fait de la surenchère et produit du danger dans la perspective de renverser le pouvoir »[4].

L'historien Pierre Albertini classe dans l'extrême gauche des années 1870 les révolutionnaires de la Commune, distincts de la « gauche républicaine » et mis à l’écart des forces politiques constituant le nouveau régime gouvernant la France[5].

L'Assemblée nationale classe Auguste Blanqui, révolutionnaire du XIXe siècle, à l'extrême-gauche[6].

Les mouvements trotskistes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trotskisme en France.

Le mouvement trotskiste en France se distingue par une présence visible dans la vie politique française et les luttes sociales. Deux figures sont particulièrement populaires en raison de leurs fréquentes apparitions télévisées et de leur score électoraux élevés à l’échelle de l’extrême gauche mondiale : Olivier Besancenot et Arlette Laguiller.

Ce courant se caractérise par la stabilité de trois courants majeurs depuis les années 1953-1956, malgré les changements de noms : la Ligue communiste révolutionnaire (section française de la IVe Internationale), Lutte ouvrière (ou Union communiste (trotskyste), membre de l'UCI (Union communiste internationaliste), et le Courant communiste internationaliste (CCI), courant majoritaire du Parti des travailleurs, qui se réclame du trotskisme. Ces trois organisations disposent d’une présence effective dans les luttes sociales, d’une bonne implantation syndicale et associative, de quelques élus locaux, et bénéficient de financements publics en raison de leurs scores électoraux.

Par son fonctionnement propice aux discussions internes, la Ligue communiste révolutionnaire a attiré de nombreuses petites organisations trotskistes, qui estiment qu’il est plus intéressant de militer en son sein que de poursuivre une existence autonome. C’est le cas notamment de l’Alliance marxiste révolutionnaire, Voix des travailleurs, Pouvoir ouvrier, Socialisme international, Socialisme par en bas et d’une partie de la Gauche révolutionnaire. Le groupe subsistant de la Gauche révolutionnaire et le Groupe communiste révolutionnaire internationaliste pourraient faire de même dans le cadre du projet sur le nouveau parti anti-capitaliste initié par la LCR.

À l’inverse, les nombreuses scissions des organisations trotskistes ont entraîné la création d’un nombre considérable de groupes d’influence limitée, même s’ils disposent le plus souvent de quelques cadres syndicaux bien implantés localement. C’est le courant lambertiste (nom donné au courant trotskiste à l'intérieur du Parti des Travailleurs, par référence à son fondateur, Pierre Lambert) qui a le plus de branches, avec La Commune, Toute la vérité, Collectif Carré rouge, et les rameaux issus de la scission de Stéphane Just, dont proviennent le Comité communiste internationaliste (trotskiste), le Comité pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, l’Abeille rouge… Il reste peu de scissions subsistantes de la Ligue communiste révolutionnaire, les plus notable étant la Ligue trotskiste de France et sa propre scission, le Groupe internationaliste.

Enfin, plusieurs courants trotskistes internationaux essaient de s’implanter en France en suscitant des organisations sœurs. Outre celles qui militent au sein de la Ligue communiste révolutionnaire, on peut citer La Riposte, qui a la particularité de militer dans le Parti communiste français, mais aussi des groupes plus restreints comme Le Militant, issu de la tendance trotskiste internationale Militant de Ted Grant, Stratégie internationale d'origine Argentine, ou encore le Parti communiste révolutionnaire trotskiste (PCR/T) affilié à la Quatrième internationale posadiste et issu des thèses de Juan Posadas.

Le mouvement libertaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Anarchisme en France.

Si le « mouvement libertaire » s'investit pleinement dans les mouvements sociaux radicalisés, il refuse globalement de se laisser enfermer sous l'étiquette "extrême-gauche" : ses bases théoriques et son passé historique l'oppose radicalement aux courants marxistes autoritaires (léninisme, trotskisme, stalinisme, etc).

Groupes, collectifs, syndicats qui composent le mouvement libertaire (liste non exhaustive) :

Groupes issus du maoïsme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maoïsme.

Le courant maoïste est apparu en France dans les années 1960. Complexe en raison de son usage fait de la Révolution culturelle de Mao, on peut le distinguer en deux groupes principaux :

Ce second courant a très fortement décliné au cours des années 1975-1985. Aujourd'hui l'influence politique des maoïstes est quasi-inexistante.

Groupes de gauche communiste[modifier | modifier le code]

Cette catégorie regroupe les courants dit aussi « communistes de gauche », notamment le communisme de conseils et le luxemburgisme. On parle parfois d'« ultragauche » pour certains courants se réclamant du communisme de gauche, bien que sa récente utilisation médiatique lui vaut de devoir être utilisé avec précaution[réf. insuffisante][9].

  • Échanges et mouvement.
  • Mouvement Communiste.
  • Démocratie Communiste (Luxemburgiste).
  • Théorie Communiste.
  • Réseau Luxembourgiste International.
  • Union Pour le Communisme
  • Initiative Communiste-Ouvrière

Autres mouvements proches des idées de l'extrême gauche[modifier | modifier le code]

Ces mouvements ne revendiquent pas forcément d'affiliation marxiste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Serge Cosseron (Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 20), le terme sert à qualifier « tous les mouvements se situant à la gauche du Parti communiste ».
  2. Olivier Piot, L'Extrême gauche, p. 9 : L'expression « extrême gauche » désigne l'ensemble des groupes et organisations politiques qui se situent à gauche de ces deux courants de la gauche française que sont la social-démocratie (PS, Verts, PRG) et le PC. Contrairement à ces partis, mais aussi à certaines tendances de la « gauche radicale » (altermondialisme, José Bové), qui défendent une idéologie réformiste de gestion du capitalisme, les organisations d'extrême gauche prônent le renversement du capitalisme par la révolution.
  3. Les partis politiques français Pierre Bréchon, Études de la documentation française, ISSN 1763-6191, Nº. 5208-5209, 2005
  4. Patrice Gueniffey, interviewé par Sébastien Le Fol, « Les Vendéens ont gagné la bataille dans l'imaginaire », in Le Figaro, samedi 20 / dimanche 30 avril 2013, p. 29.
  5. Pierre Albertini, La France du XIXe siècle (1815-1914), 2e étidion, Hachette supérieur, 2012, page 72 : « La crise [gouvernementale causée par les choix politiques de Patrice de Mac-Mahon] laisse des enseignements durables. La République victorieuse de 1877, issue d’une coalition assez large de défense du parlementarisme, a un contenu social extrêmement restreint, l’extrême-gauche étant mise à l’écart. Cette « gauche républicaine » est désormais seule légitime, la droite monarchique est exclue du pouvoir […]. ».
  6. Profil d'Auguste Blanqui sur le site de l'Assemblée Nationale
  7. Six présidents à l'épreuve des quinze événements qui ont changé la Ve République, Jacques Raynaud, Éditions L'Harmattan, 2011 page 83 et suivantes books.google.fr
  8. a, b, c et d Voir à ce sujet les deux tomes d'Hervé Hamon et de Patrick Rotman, Génération, Le Seuil (tome 1, 1987 ; tome 2, 1988), qui retracent cette histoire.
  9. CQFD (no 56, mai 2008) consultable sur « Enquête » sur l’« ultragauche » : Une leçon de journalisme (CQFD) par Iffik Le Guen.

Articles connexes[modifier | modifier le code]