Extrême gauche en France

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Affiche du NPA à propos de la Révolution tunisienne, à Besançon (Doubs, France).

L'extrême gauche en France est utilisée pour désigner les organisations et les sensibilités politiques françaises considérées comme les plus à gauche du spectre politique (Parti socialiste, Parti communiste français, Les Verts...)[1],[2] même s'il n'existe de définition qui puisse réellement circonscrire l'extrême gauche en termes de valeurs ou d'organisations.

Néanmoins l'extrême gauche français milite avant tout pour le renversement du capitalisme par la révolution pour l'instauration d'une société égalitaire. L'extrême-gauche française regroupe un ensemble de mouvements de gauche comme le communisme, le socialisme, l'écologisme, le marxisme, le trotskisme, le léninisme, l'internationalisme, l'anarchisme et le féminisme[3].

Les courants politiques désignés d'« extrême gauche » rejettent parfois cette appellation qui peut être interprétée comme une assimilation avec l'extrémisme. Le terme se réfère à l'origine aux emplacements respectifs des partis dans les assemblées ; or, certains courants d’extrême gauche rejettent le parlementarisme (d'autres la formation de parti elle-même). En effet, il faut distinguer d'une part l'étymologie et le sens originel du terme extrême gauche, avec d'autre part le sens actuel d'extrême gauche.

Historique[modifier | modifier le code]

Avant 1945[modifier | modifier le code]

Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 par Hoüel.

Les origines de l'extrême gauche française remontent à la Révolution française[4], et plus particulièrement à Gracchus Babeuf, un révolutionnaire français qui pensa à une société sans classe et créera la « Conjuration des Égaux » en 1796, une tentative pour renverser le Directoire dans le but d'établir une « parfaite égalité ». Les idées de cette Conjuration sont présentées dans un livre de Sylvain Maréchal et de Babeuf intitulé Manifeste des Égaux.

Le « babouvisme », cette doctrine créée par Babeuf, va inspirer dans les années 1830 et 1840 une poignée de révolutionnaires qui seront nommés les « néo-babouvistes »[5],[6]. Le babouvisme sera également une genèse pour le communisme, ce dernier étant plus tard théorisé entre autres par Friedrich Engels et Karl Marx[7], et enfin Rosa Luxemburg déclare que Babeuf est le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires contre le capitalisme[8].

Le 30 décembre 1920, une majorité des militants socialistes de la SFIO réunis en congrès à Tours décident de s'affilier à l’Internationale communiste (également connue sous l’appellation « Komintern »), fondée en 1919 par Lénine à la suite de la Révolution russe. Le Parti communiste français, qu'on appelle alors Section française de l'Internationale communiste (SFIC), qui est ainsi créé accepte par conséquent de se soumettre aux conditions explicitement formulées par l'IC. Il s'engage à construire un parti révolutionnaire, qui peut utiliser des moyens légaux, mais qui aussi doit se doter d'un appareil clandestin et ne doit pas exclure l'action illégale. Le parti constitué doit être discipliné, suivant les règles du centralisme démocratique : les minoritaires doivent suivre la ligne décidée majoritairement. Comme les communistes reprochent aux partis de la Deuxième Internationale, dont la SFIO, de laisser aux élus une trop grande marge d'autonomie vis-à-vis de la direction partisane, seule une minorité des élus socialistes rejoint le nouveau parti. Enfin, la SFIC, comme son nom l'indique (Section française de l'Internationale communiste) est un parti internationaliste ; un parti national, comme le Parti communiste français (PCF) est d'abord une section de la troisième internationale. Ces principes de base vont sous-tendre toute la vie du PCF jusqu'à la dissolution officielle de l'IC en 1943, et même bien au-delà.

Après la prise du pouvoir par Hitler et les événements de 1934 en France, l’Internationale communiste recommande une nouvelle ligne, moins sectaire. La lutte pour la direction du parti entre Jacques Doriot et Maurice Thorez aboutit en 1934 à l'éviction du premier qui crée son propre parti (le Parti populaire français). Maurice Thorez a alors les mains libres pour mettre en œuvre cette nouvelle ligne. Thorez est entouré d'une équipe constituée de Jacques Duclos, Benoît Frachon et du délégué du Komintern, Eugen Fried. L'équipe Thorez-Duclos-Frachon connaîtra une longévité exceptionnelle et dirigera pratiquement le parti français pendant une trentaine d'années.

Suite à la manifestation du 6 février 1934, interprété par la gauche française comme un coup d'État fasciste manqué, le PC change de stratégie. Une union antifasciste de la SFIO et du PC se réalise progressivement. Elle aboutit le 10 janvier 1936 par un programme commun aux socialistes, communistes et radicaux pour les élections législatives. Au printemps, le Front populaire gagne les élections et le PC remporte 72 sièges avec 15 % des voix. Le PC soutient le gouvernement Blum sans y participer. Début juin 1936, la direction du PC appelle à l’arrêt de la grève générale spontanée qui s’est déclenchée peu avant, et qui permet l’obtention des congés payés et d'autres mesures sociales qui ne figuraient pas dans le programme de Front populaire. Sur le plan syndical, la CGTU, communiste, et la CGT dont elle avait fait scission après le congrès de Tours, fusionnent à nouveau.

Les instances dirigeantes sont totalement subordonnées à l'IC, elle-même complètement dominée par Staline et les autres dirigeants de l’État soviétique, mais cette subordination pose peu de problèmes à l'intérieur du parti français, tant est grand le prestige de l'URSS, et du fait que le libre débat y est empêché. Toute opposition à cette orientation entraîne l’exclusion (c’est le cas d’André Ferrat, ancien rédacteur en chef de L'Humanité qui rejoint la SFIO).

De 1936 à 1939, le soutien aux républicains espagnols représente une composante majeure du Parti communiste français, tant par l'envoi de volontaires dans les Brigades internationales que par la mise sur pied de puissants moyens matériels. Le contingent français organisé par le PCF est le plus nombreux dans les rangs des Brigades internationales. De même pour l'aide logistique aux républicains espagnols, hormis le PCUS, c'est le PCF qui organise l'aide partidaire la plus importante.

David Korner, alias Barta, jeune militant trotskiste roumain qui, avec trois autres camarades, rallie en 1936 les trotskistes français exclus de la SFIO qui viennent de constituer le Parti ouvrier internationaliste. Autour de lui le groupe s’élargit sensiblement lorsqu'avec d’autres il entre sur l’indication de Trotsky au PSOP de Marceau Pivert (c’est l'« entrisme »). Indisposé par l’état d’esprit « petit-bourgeois » qui règne dans la IVe internationale au moment de l’éclatement de la seconde guerre mondiale, Barta se retire suite à un banal malentendu et, avec son groupe composé alors d’une dizaine de militants, il constitue l’Union communiste (UC) avec l’intention d’établir « un contact réel et étendu avec la classe ouvrière ». L'UC se consacre à la propagande contre la guerre impérialiste mondiale[9].

Après 1945[modifier | modifier le code]

À la mort de Staline, le Secrétaire Général du PCF Maurice Thorez déclare l'attachement des communistes français à son égard en ces termes : « Stalinien est un titre d'honneur et de gloire que nous nous efforçons de mériter[10]. »

Après la Seconde Guerre mondiale, le Parti Communiste Français est stalinien. Le culte de la personnalité du PCF le glorifie notamment comme « génial continuateur de Marx, Engels et Lénine », ou comme « grandiose bâtisseur du communisme[10]. »

L'annonce de sa maladie, dans la nuit du 3 au 4 mars 1953, puis de sa mort, le 5 mars, causent une émotion immense et sincère dans les rangs communistes. L'historien français Michel Winock estime que l'adoration dont Staline faisait alors l'objet, si elle était forte de son vivant, l'était bien plus encore juste après sa mort. Il écrit notamment que « le communisme se vi[vai]t comme un espérance religieuse dont les promesses ne sont pas renvoyées dans le monde surnaturel mais dans le monde sublunaire des hommes de chair et de sang [Staline][11]. »

À la Libération, le Parti se décrit comme le « Parti des 75 000 fusillés », chiffre exagéré puisque les historiens estiment à 25 000 le nombre de fusillés, déportés en France, toutes tendances politiques confondues[12]. Environ 4 520 personnes furent fusillées en France à l'issue d'une condamnation par un tribunal allemand ou une juridiction française, dont 80 % à 90 % de communistes[13][réf. insuffisante]. Néanmoins nombreux furent ceux exécutés sans procès, en particulier à partir de mai 1945 et qui moururent de la torture.

Le PCF s'implante très fortement dans le monde ouvrier, dans le monde rural et dans le monde intellectuel. Si la revendication du PCF d'être devenu le « parti de l'intelligence » est exagérée, il n'en exerce pas moins un magistère considérable dans les milieux intellectuels, s'implantant notamment dans les écoles normales supérieures. Les communistes acquièrent de nombreux « compagnons de route » parmi les intellectuels, par exemple l'existentialiste Jean-Paul Sartre. Le poids des communistes français dans la vie intellectuelle est particulièrement fort et lorsque le livre du transfuge soviétique Victor Kravtchenko, J'ai choisi la liberté, paraît en France, il fait l'objet d'une violente campagne de dénigrement : Kravtchenko finit par attaquer en diffamation le journal communiste Les Lettres françaises et gagne son procès en 1949[14].

En 1947, le groupe Barta compte toujours une dizaine de militants. Il déclenche et participe activement à la grève chez Renault. Pierre Bois en est le dirigeant pratique, Barta le dirigeant politique, mais une attaque de tuberculose empêche Robert Barcia d'y participer. À la suite de la grève, le groupe organise le « Syndicat démocratique Renault » qui comptera jusqu’à 406 syndiqués. Cependant des tensions apparaissent : Pierre Bois et Barta s’opposent sur l’orientation du groupe, et à la suite d'un conflit au sujet de la rédaction d'un tract, la crise éclate. La lassitude s’empare de la plupart des militants qui cessent peu à peu toute activité. La scission entre le groupe Pierre Bois et Barta est consommée en 1949, et l’UC disparaît en 1950.

En 1947, le groupe Barta compte toujours une dizaine de militants. Il déclenche et participe activement à la grève chez Renault. Pierre Bois en est le dirigeant pratique, Barta le dirigeant politique, mais une attaque de tuberculose empêche Robert Barcia d'y participer. À la suite de la grève, le groupe organise le « Syndicat démocratique Renault » qui comptera jusqu’à 406 syndiqués. Cependant des tensions apparaissent : Pierre Bois et Barta s’opposent sur l’orientation du groupe, et à la suite d'un conflit au sujet de la rédaction d'un tract, la crise éclate. La lassitude s’empare de la plupart des militants qui cessent peu à peu toute activité. La scission entre le groupe Pierre Bois et Barta est consommée en 1949, et l’UC disparaît en 1950.

Mai 1968 a modifié les données de l'ensemble de l'échiquier politique. De Gaulle se retire, les énarques prennent le premier plan, la gauche définit une nouvelle politique : pendant les évènements elle est disloquée (Parti socialiste) ou débordée (Parti communiste). Elle se reconstruit. Au congrès d'Épinay en 1971, François Mitterrand s'allie au CERES de Jean-Pierre Chevènement pour proposer ce qu'ils appellent un « Front de classe » à savoir une alliance entre le Parti communiste, le Parti socialiste et le Parti radical de gauche à travers un programme commun qui contient la rupture avec le capitalisme, les nationalisations de certains secteurs industriels et le droit de veto des comités d'entreprise.

La LCR considère que ce programme est « vidé de sa substance », le jugeant comme un programme radical, anticapitaliste mais pas sur la question centrale : l'État. Elle considère également qu'il s'agit d'un programme de « collaboration de classe ». Elle soutient cependant l'initiative sans soutenir le programme, dans le cadre d'une stratégie dite « unité, action, débordement ». Une minorité se constituera progressivement autour de Gérard Filoche (Matti) et Daniel Gluckstein, puis de Dominique Losay (Letourneau), pour aller vers un « Front unique ouvrier ». Aux élections présidentielles de 1969, la LCR décide de présenter Alain Krivine, qui, après avoir été libéré de prison après l'été 1969, est en train de passer son service militaire[15]. Soutenu par certains mouvements d'extrême gauche dont Lutte ouvrière et les maoïstes de Vive le communisme, il obtient près de 240 000 voix (1,06 %), Jacques Duclos (PCF) étant à plus de 21 %. Pompidou est élu.

Robert Barcia, démissionnaire à l'été 1948 reparaît dès 1950 et en compagnie de Pierre Bois, toujours actif chez Renault, tente de recoller les morceaux. Pendant cinq ans le groupe tente de se reconstituer. Fondé en 1956 Voix ouvrière regroupe beaucoup d'anciens du « groupe Barta ». Barta participe en écrivant des articles mais ne reprend pas sa place de dirigeant. Voix ouvrière circule sous la forme d’un petit journal d’entreprise, pendant plusieurs années en collaboration avec un autre groupe le PCI-Lambert. Voix ouvrière bimensuel, commence à être diffusé à partir de 1963 d’abord sur 4 pages, puis sur 8, la publication deviendra hebdomadaire en 1967. Après la révolte étudiante et la grève générale de mai-juin 1968, comme tous les mouvements se réclamant du trotskisme et d'autres mouvements d'extrême gauche, Voix ouvrière est interdite et dissoute par un décret du président de la République du 12 juin 1968, en application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées. Le mouvement se reforme immédiatement sous le nom de son journal rebaptisé Lutte ouvrière puis se renforce en nombre et multiplie les bulletins d’entreprise. En 1971 est organisée la première fête de Lutte ouvrière, dans un champ, sur la commune de Presles dans le Val-d'Oise. Lutte ouvrière sera ensuite le premier groupe politique à présenter une femme à l’élection présidentielle, en 1974, en choisissant pour porte-parole et candidate nationale Arlette Laguiller[16]. En 1981, c'est l'essor des radios libres et Lutte ouvrière s’y essaie avec « Radio La Bulle », sur un fond de Boléro de Ravel. L’expérience dure quelques mois. Lutte ouvrière connaît par la suite un certain succès médiatique et politique. En 2002, Arlette Laguiller obtient 5,72 % des voix à l’élection présidentielle.

À l'issue de l'élection présidentielle de 2007Olivier Besancenot a réuni sur son nom 1 498 581 voix, la LCR annonce la volonté de créer « un nouveau parti anticapitaliste » implanté dans la jeunesse, les entreprises, les services publics, les quartiers populaires. Elle propose ainsi à tous les « anticapitalistes » de se rassembler pour construire les mobilisations qui, pour elle, doivent préparer un changement radical, révolutionnaire, de la société.

Les échéances de la constitution de ce parti sont fixées lors de la réunion de juin 2007 de la Direction nationale de la LCR. Ce projet se distingue sur la plupart des points de celui du « parti anticapitaliste stratégiquement non délimité » des années 1990. Le moteur principal de la construction de ce parti est la Ligue communiste révolutionnaire.

La LCR estime que ce nouveau parti doit :

  • défendre un programme anticapitaliste dans les luttes sociales et aux élections ;
  • se situer dans une indépendance stricte vis-à-vis du Parti socialiste (PS) et refuser de gérer les institutions avec celui-ci, tout en centrant son activité sur la « lutte des classes », et la mobilisation sociale et politique ;
  • tisser des liens internationaux avec toutes les organisations défendant des perspectives similaires.

À partir de septembre 2007, des réunions publiques sont organisées dans les villes, entreprises et universités de la France afin de discuter des modalités de ce nouveau parti avec tous ceux, individuels, équipes militantes, courants politiques, pouvant être intéressés.

Idées politiques[modifier | modifier le code]

Parmi les idées caractéristiques des mouvements classés à l'extrême-gauche, ont figuré à titres divers notamment l'anticapitalisme, l'internationalisme, l'antinationalisme, l'écosocialisme et le féminisme par exemple. Les mouvements actuellement classés à l'extrême gauche militent pour le renversement du capitalisme par la révolution pour aboutir à une nouvelle redistribution des richesses par un impôt sur le revenu particulièrement fort et progressif.

Groupes d'extrême gauche en France[modifier | modifier le code]

Les mouvements trotskistes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trotskisme en France.
Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, à Reims pendant la campagne pour l'élection présidentielle de 2012.
Olivier Besancenot en meeting à Toulouse.

Le mouvement trotskiste en France se distingue par une présence visible dans la vie politique française et les luttes sociales. Deux figures sont particulièrement populaires en raison de leurs fréquentes apparitions télévisées et de leur score électoraux élevés à l’échelle de l’extrême gauche mondiale : Olivier Besancenot et Arlette Laguiller.

Ce courant se caractérise par la stabilité de trois courants majeurs depuis les années 1953-1956, malgré les changements de noms : la Ligue communiste révolutionnaire (section française de la IVe Internationale), Lutte ouvrière (ou Union communiste (trotskyste), membre de l'UCI (Union communiste internationaliste), et le Courant communiste internationaliste (CCI), courant majoritaire du Parti des travailleurs, qui se réclame du trotskisme. Ces trois organisations disposent d’une présence effective dans les luttes sociales, d’une bonne implantation syndicale et associative, de quelques élus locaux, et bénéficient de financements publics en raison de leurs scores électoraux.

Par son fonctionnement propice aux discussions internes, la Ligue communiste révolutionnaire a attiré de nombreuses petites organisations trotskistes, qui estiment qu’il est plus intéressant de militer en son sein que de poursuivre une existence autonome. C’est le cas notamment de l’Alliance marxiste révolutionnaire, Voix des travailleurs, Pouvoir ouvrier, Socialisme international, Socialisme par en bas et d’une partie de la Gauche révolutionnaire. Le groupe subsistant de la Gauche révolutionnaire et le Groupe communiste révolutionnaire internationaliste pourraient faire de même dans le cadre du projet sur le nouveau parti anti-capitaliste initié par la LCR.

À l’inverse, les nombreuses scissions des organisations trotskistes ont entraîné la création d’un nombre considérable de groupes d’influence limitée, même s’ils disposent le plus souvent de quelques cadres syndicaux bien implantés localement. C’est le courant lambertiste (nom donné au courant trotskiste à l'intérieur du Parti des Travailleurs, par référence à son fondateur, Pierre Lambert) qui a le plus de branches, avec La Commune, Toute la vérité, Carré rouge, et les rameaux issus de la scission de Stéphane Just, dont proviennent le Comité communiste internationaliste (trotskiste), le Comité pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, l’Abeille rouge… Il reste peu de scissions subsistantes de la Ligue communiste révolutionnaire, les plus notable étant la Ligue trotskiste de France et sa propre scission, le Groupe internationaliste.

Enfin, plusieurs courants trotskistes internationaux essaient de s’implanter en France en suscitant des organisations sœurs. Outre celles qui militent au sein de la Ligue communiste révolutionnaire, on peut citer La Riposte, qui a la particularité de militer dans le Parti communiste français, mais aussi des groupes plus restreints comme Le Militant, issu de la tendance trotskiste internationale Militant de Ted Grant, Stratégie internationale d'origine Argentine, ou encore le Parti communiste révolutionnaire trotskiste (PCR/T) affilié à la Quatrième internationale posadiste et issu des thèses de Juan Posadas.

Stand du NPA lors de la manifestation du 1er mai 2009 à Paris.

Le mouvement libertaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Anarchisme en France.
Manifestation contre l'EPR, Lyon, 17 mars 2007, place Bellecour. Banderole de la fédération anarchiste.

Si le « mouvement libertaire » s'investit pleinement dans les mouvements sociaux radicalisés, il refuse globalement de se laisser enfermer sous l'étiquette « extrême-gauche » : ses bases théoriques et son passé historique l'oppose radicalement aux courants marxistes autoritaires (léninisme, trotskisme, stalinisme, etc).

Groupes, collectifs, syndicats qui composent le mouvement libertaire (liste non exhaustive) :

Groupes issus du maoïsme[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Maoïsme et Mao-spontex.
Une affiche du Secours rouge en 1970.

Le courant maoïste est apparu en France dans les années 1960. Complexe en raison de son usage fait de la Révolution culturelle de Mao, on peut le distinguer en deux groupes principaux :

Ce second courant a très fortement décliné au cours des années 1975-1985. Aujourd'hui l'influence politique des maoïstes est quasi-inexistante.

Groupes de gauche communiste[modifier | modifier le code]

Cette catégorie regroupe les courants dit aussi « communistes de gauche », notamment le communisme de conseils et le luxemburgisme. On parle parfois d'« ultragauche » pour certains courants se réclamant du communisme de gauche, bien que sa récente utilisation médiatique soit critiquée[19].

  • Échanges et mouvement.
  • Mouvement Communiste.
  • Démocratie Communiste (Luxemburgiste).
  • Théorie Communiste.
  • Réseau Luxemburgiste International.
  • Union Pour le Communisme

Autres mouvements proches des idées de l'extrême gauche[modifier | modifier le code]

Clément Méric, militant de Action antifasciste Paris-Banlieue mort le 6 juin 2013 à la suite d'une altercation survenue la veille avec un groupe de skinheads d'extrême droite.

Ces mouvements ne revendiquent pas forcément d'affiliation marxiste.

La presse d'extrême gauche[modifier | modifier le code]

Parmi la presse d'extrême gauche français, on peut trouver A contretemps, Carré rouge, Contretemps, Convergences révolutionnaires, Critique sociale, Divergences, Inprecor, Le Monde libertaire, La Question sociale, Réfractions et La Révolution prolétarienne.

Groupes d'Extrême gauche[modifier | modifier le code]

Penseurs de la mouvance française d'extrême gauche[modifier | modifier le code]

Parmi les penseurs et intellectuels de l'extrême gauche française, on peut citer Clémentine Autain, Mathieu Burnel, Alphonse Esquiros, Mezioud Ouldamer, Serge Cosseron, Daniel Guérin, Alain Geismar, Charlie Bauer, Robert Linhart, Aris Papathéodorou, Jean-Patrick Manchette, Boris Souvarine, Clara Thalmann-Ensner, David Rousset, Stéphane Just, Boris Fraenkel et Yvan Craipeau

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Serge Cosseron (Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 20), le terme sert à qualifier « tous les mouvements se situant à la gauche du Parti communiste ».
  2. Olivier Piot, L'Extrême gauche, p. 9 : L'expression « extrême gauche » désigne l'ensemble des groupes et organisations politiques qui se situent à gauche de ces deux courants de la gauche française que sont la social-démocratie (PS, Verts, PRG) et le PC. Contrairement à ces partis, mais aussi à certaines tendances de la « gauche radicale » (altermondialisme, José Bové), qui défendent une idéologie réformiste de gestion du capitalisme, les organisations d'extrême gauche prônent le renversement du capitalisme par la révolution.
  3. universalis.fr Introduction
  4. Christine Pina, L’extrême gauche en Europe, Paris, Les études de la Documentation française, 2005.
  5. Varda Furman et Francis Démier, Louis Blanc, un socialiste en république, Creaphis éditions,‎ 2005, 224 p. (lire en ligne), « Association et organisation du travail. Points de rencontre entre les néo-babouvistes français et belges et Louis Blanc », p. 197-
  6. Alain Maillard, Présence de Babeuf : lumières, révolution, communisme : actes du colloque international Babeuf, Amiens, les 7, 8 et 9 décembre 1989, Publications de la Sorbonne,‎ 1994, 334 p. (lire en ligne), « De Babeuf au babouvisme  : Réceptions et appropriations de Babeuf aux XIXe et XXe siècles », p. 261-280
  7. Karl Marx, Sur la Révolution française, Paris, Éditions sociales,‎ 1985, « La critique moralisante et la morale critique... », p. 91
  8. Michèle Ressi, L'Histoire de France en 1 000 citations : Des origines à nos jours,‎ 2011, 519 p. (lire en ligne), p. 258.
  9. Barta, La Lutte contre la IIe Guerre Impérialiste Mondiale, publié en novembre 1940, portant en sous-titre « Collection IVe Internationale ». Texte et couverture consultables en ligne sur marxists.org.
  10. a et b Michel Winock, La Gauche en France, Perrin, 2006, p. 356
  11. Michel Winock, La Gauche en France, Perrin, 2006, p. 363
  12. Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France. Des débarquements aux villes libérées., Autrement,‎ 2004, p. 68.
  13. De Lénine à Castro, idées reçues sur un siècle de communisme, Romain Ducoulombier, p. 123
  14. Priestland 2009, p. 292
  15. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p. 68 sq.
  16. http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=laguiller&datedif_jour1=27&datedif_mois1=04&datedif_annee1=1974&num_notice=1&total_notices=1
  17. Six présidents à l'épreuve des quinze événements qui ont changé la Ve République, Jacques Raynaud, Éditions L'Harmattan, 2011 page 83 et suivantes books.google.fr
  18. a, b, c et d Voir à ce sujet les deux tomes d'Hervé Hamon et de Patrick Rotman, Génération, Le Seuil (tome 1, 1987 ; tome 2, 1988), qui retracent cette histoire.
  19. CQFD (no 56, mai 2008) consultable sur « Enquête » sur l’« ultragauche » : Une leçon de journalisme (CQFD) par Iffik Le Guen.
  20. Action antifasciste Paris-Banlieue dans Le Monde, Le Figaro, Libération.
  21. Willy Le Devin, Quentin Girard, Skins et antifas : l’après-Méric fait bouger les lignes, Libération, 13 septembre 2013.
  22. Samuel Laurent, « Les agressions entre “skins” et “antifa”, résurgence des années 1980 », Le Monde.fr, 6 juin 2013.

Articles connexes[modifier | modifier le code]