Joseph Mallord William Turner

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Joseph Mallord William Turner

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Autoportrait, vers 1799[1].

Naissance 23 avril 1775
Covent Garden, Londres
Décès 19 décembre 1851 (à 76 ans)
Chelsea
Nationalité Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Activités Peintre
Formation Royal Academy of Arts
Maîtres Joshua Reynolds
Influencé par Claude Gellée (dit « le Lorrain »)

Joseph Mallord William Turner, probablement né le 23 avril 1775 à Londres et mort le 19 décembre 1851 à Chelsea, est un peintre, aquarelliste et graveur britannique. Initialement de la veine romantique anglaise, son œuvre est marquée par une recherche novatrice audacieuse qui fait considérer celui que l'on surnomme le « peintre de la lumière » comme un précurseur de l'impressionnisme, avec son contemporain John Constable.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le début[modifier | modifier le code]

Joseph Mallord William Turner est né le 23 avril 1775 mais la date exacte n'est qu'une supposition. En effet, lui-même revendiquait cette date qui est le jour de la fête de saint Georges et l'anniversaire supposé de William Shakespeare, mais cette affirmation n'a jamais pu être vérifiée[Note 1]. La première date dont les historiens sont sûrs est son baptême le 14 mai 1775[2]. Il est né à Maiden Lane dans le quartier de Covent Garden à Londres et ses trois prénoms sont ceux de son oncle maternel[2].

William Turner est le fils d'un barbier et fabricant de perruques et de costumes, William Gay Turner, qui a sa boutique à Covent Garden[2]. Sa mère, Mary Marshall, est issue d'une famille de bouchers[2]. Elle perd progressivement la raison et meurt à l'asile du Bethlem Royal Hospital en 1804. L'une des raisons de sa folie est probablement le décès de la jeune sœur de William, Mary Ann, née en septembre 1778 et morte en août 1783 à quatre ans[3].

Parce qu'on lui suppose une santé fragile dans la famille suite au décès de sa sœur, le jeune Turner est envoyé en 1785 chez un de ses oncles maternels à Brentford, petite ville à l'ouest de Londres, sur les rives de la Tamise. C'est là que son intérêt pour la peinture s'éveille. Un an plus tard, il se rend à l'école à Margate, dans le Kent, à l'estuaire de la Tamise. À partir de cette époque, il commence à produire des dessins que son père expose à la vitrine de son commerce.

Le 11 décembre 1789, il entre, âgé de 14 ans seulement, à l'école de la Royal Academy of Arts avant d’être admis, un an plus tard, à la Royal Academy elle-même. Marquant un vif intérêt pour l'architecture, Turner suit notamment des cours de perspective et de topographie avec le dessinateur en architecture Thomas Malton le Jeune, avant que l'architecte Thomas Hardwick (en) ne lui conseille de persévérer dans la peinture. Une première aquarelle de Turner est acceptée à l'exposition d'été de la Royal Academy alors qu'il n'y est élève que depuis un an.

Il subit l'influence d'artistes tels que Willem Van de Velde le Jeune, Albert Cuyp, John Robert Cozens, Richard Wilson, Claude Gellée dit Claude le Lorrain ou encore Nicolas Poussin. Il est remarqué par un amateur d'art de l'époque qui lui permet de rencontrer divers artistes comme Thomas Girtin avec qui il se liera d'amitié. Il travaille d'abord la gravure.

Sa carrière[modifier | modifier le code]

Pêcheurs en mer, 1796, huile sur toile, 91 × 122 cm, Tate Gallery.

D'un style alors plutôt rigoureux, il expose sa première huile, Pêcheurs en mer, en 1796, année à partir de laquelle il exposera chaque année à la Royal Academy, jusqu'à la fin de sa vie, à de très rare exceptions près. Son caractère romantique est alors révélé par ses représentations de paysages pittoresques de la Grande-Bretagne, mettant la technique au service de sa propre esthétique ; ses paysages maritimes se prêtent aisément aux jeux de reflets de lumière qu'il affectionne.

Renommé pour ses huiles, Turner est également un des plus grands maîtres anglais de paysages à l'aquarelle. Il y gagnera le surnom de « peintre de la lumière »[4]. Ses tableaux, paysages et marines d'Angleterre, lui vaudront rapidement une grande réputation si bien qu'il devient membre titulaire de la Royal Academy à l'âge de 27 ans[5]. De 1807 à 1828, il y enseigne la perspective et, en 1845, obtient un poste de professeur suppléant. Son talent lui apporte reconnaissance et confort et lui permet de posséder sa propre galerie à partir de 1804.

Turner voyagera beaucoup tout au long de sa carrière, d'abord en Angleterre et en Écosse, puis, après la paix d'Amiens en 1802, en France, en Suisse, aux Pays-Bas et en Italie, particulièrement à Venise, ville où il séjournera à trois reprises (en 1819, 1829 et 1840) qui lui sera une importante source d'inspiration. En Angleterre, Turner est souvent l'hôte de Lord Lamont à Petworth House dans le Sussex, ce qui donnera naissance à une célèbre série de peintures.

Turner dans son atelier, aquarelle, 14 × 19 cm, British Museum.

Avec l'âge, Turner devient de plus en plus excentrique et taciturne. Il a peu d'amis et de proches, à l'exception de son père qui, travaillant pour son fils comme assistant, habitera avec lui jusqu'à sa mort. La mort de son père, en 1829, affectera beaucoup Turner qui sera, dès lors, sujet à des accès de dépression. Turner ne s’est pas marié, mais il a eu deux filles avec Sarah Danby. Il a ensuite eu pour compagne, à partir de 1833, la veuve Sophia Caroline Booth, vivant avec elle comme mari et femme.

En 1846, il se retire de la vie publique, vivant sous le pseudonyme de Mr Booth. Il expose une dernière fois à la Royal Academy en 1850. Le 19 décembre 1851, Turner meurt au domicile de sa compagne à Cheyne Walk (en), Chelsea. Ses derniers mots seraient « The sun is God » (« Le soleil est Dieu »). À sa demande, il est enterré à la Cathédrale Saint-Paul de Londres où il repose aux côtés du peintre Joshua Reynolds. Dans son testament (rédigé en 1829) Turner lègue une grande partie de ses œuvres à la National Gallery. L'architecte Philip Hardwick, fils de son tuteur Thomas Hardwick (en), est chargé des arrangements funéraires. Il y eut plusieurs exécuteurs testamentaires. Aujourd'hui la plus grande partie des œuvres de Turner sont conservées à la Tate Gallery de Londres.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Ses influences[modifier | modifier le code]

À partir de 1802, l'envie de voyager l'emmène sur le continent européen, principalement en France et en Suisse, d'où il rapporte, évidemment, des aquarelles mais aussi le goût pour certains artistes, comme le Lorrain et ses représentations de la mythologie. Turner peint ainsi des fresques antiques comme Didon construisant Carthage en 1815. Il s'inspire aussi du Liber Veritatis du Lorrain en ce qui concerne son ouvrage, Liber Studiorum, établissant ainsi une classification des différents types de paysages.

Joseph Mallord William Turner, Dutch Boats in a Gale (1801).
Willem van de Velde the Younger, Ships on a Stormy Sea (vers 1672).
Comparaison entre deux toiles : à gauche Dutch Boats in a Gale (1801) de Turner et à droite Ships on a Stormy Sea de Willem Van de Velde le Jeune (vers 1672).

Sa technique, ses répercussions[modifier | modifier le code]

Musique à Petworth, (1835), huile sur toile, 121 × 90,5 cm, Tate Gallery.

Son passage d'une représentation plus réaliste à des œuvres plus lumineuses, à la limite de l'imaginaire (Tempête de neige en mer, 1842), se fit après un voyage en Italie en 1819 (Campo Santo de Venise). Turner montre le pouvoir suggestif de la couleur, ainsi, son attirance pour la représentation des atmosphères le place comme un précurseur de l'impressionnisme[6] jusqu'à devenir « le peintre des incendies » ; d'autres préfèrent pousser plus loin encore leur analyse en voyant dans l'absence de support descriptif dans les œuvres de Turner, les prémices de l'abstraction lyrique.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Rétrospective[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. De plus, avec le taux de mortalité infantile élevé, les parents baptisaient généralement leurs enfants peu après la naissance.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Meslay 2004, p. 151
  2. a, b, c et d Meslay 2004, p. 14
  3. Bailey 1998, p. 8
  4. TURNER, Joseph Mallord William National Gallery, London
  5. (en) A-Z&person=5944 Fiche sur le site de la Royal Academy of Arts
  6. Dès après avoir découvert l’œuvre de Turner à Londres, Claude Monet s’est immédiatement mis à utiliser ses techniques de lumière et de couleur dans ses propres œuvres. Voy. Ron H. Pahl, Breaking Away from the Textbook : Creative Ways to Teach World History, Lanham, Rowman & Littlefield, 2011, 286 p., (ISBN 978-1-61048-094-9) p. 110.
  7. http://www.latribunedelart.com/ruskin-turner-dessins-et-voyages-en-picardier-romantique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Meslay, Turner : L'incendie de la peinture, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard - Arts »,‎ 14 octobre 2004, 160 p. (ISBN 978-2070313266).
  • Marcel Brion, Turner, Paris, Rieder, 1929, 64-60 p. (ASIN B0018HB7T2).
  • Éric Shanes, Turner, les chefs-d'œuvres, Paris, Hazan, 1990, 138 p., (ISBN 978-2-85025-223-5).
  • Denys Riout, Turner, Paris, éd. Cercle d'Art, 2004, 63 p., (ISBN 978-2-70220-741-3).
  • Pierre Wat, Turner, menteur magnifique, Paris, Hazan, 2010, 152 p., (ISBN 978-2-75410-441-8).
  • John Gage, Turner, Paris, Citadelle & Mazenod, 2010, 399 p., (ISBN 978-2-85088-313-2).
  • Frédéric Ogée, Turner, les paysages absolus, Paris, Hazan, 2010, 399 p., (ISBN 978-2-75410-3718).
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 13, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 978-2-70003-023-5), p. 856-860
  • Michael Bockemühl, Turner, Taschen,‎ 16 mars 2010, 96 p. (ISBN 978-3836513692).
  • (en) Anthony Bailey, Standing in the sun : a life of J.M.W. Turner, Pimlico,‎ 1998 (ISBN 0-7126-6604-4).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Prix Turner, une récompense annuelle décernée à un artiste contemporain.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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