Louis Aragon

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Louis Aragon

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Louis Aragon en 1981.

Activités Poète, romancier, journaliste, essayiste
Naissance 3 octobre 1897
Paris
Décès 24 décembre 1982 (à 85 ans)
Paris
Langue d'écriture Français
Mouvement Dadaïsme, surréalisme

Œuvres principales

Les Aventures de Télémaque (1922)
Le Paysan de Paris (1926)
Les Yeux d'Elsa (1942)
Aurélien (1944)
Le Roman inachevé (1956)

Compléments

Conjoint d'Elsa Triolet (mariage en 1939)

Louis Aragon est un poète, romancier et journaliste, né probablement[1] le 3 octobre 1897 à Neuilly-sur-Seine et mort le 24 décembre 1982 à Paris. Il est également connu pour son engagement et son soutien au Parti communiste français de 1930 jusqu'à sa mort. Avec André Breton, Paul Éluard, Philippe Soupault, il fut l'un des animateurs du dadaïsme parisien et du surréalisme. À partir de la fin des années 1950, nombre de ses poèmes ont été mis en musique et chantés (par Léo Ferré et Jean Ferrat notamment), contribuant à faire connaître son œuvre poétique par un large public. La première chanson tirée d'une œuvre d'Aragon date de 1953 : elle est composée et chantée par Georges Brassens et a pour paroles le poème paru dans La Diane française en 1944, Il n'y a pas d'amour heureux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vue du Moulin de Villeneuve à Saint-Arnoult-en-Yvelines

Fils naturel et adultérin de Louis Andrieux, ex-préfet de police de la ville de Paris devenu député de Forcalquier, franc-maçon issu de la haute bourgeoisie protestante, et de Marguerite Toucas[2], jeune fille de la moyenne bourgeoisie catholique qui tient une pension de famille avenue Carnot à Paris, le lieu de naissance de Louis Aragon est incertain  : Paris (sa mère accouchant place des Invalides comme il le raconte dans Je n'ai jamais appris à écrire, ou Les incipit), Neuilly-sur-Seine[3] ou Toulon (lieu où s'est retirée sa mère enceinte pour « cacher ce malheur, moi »[4]). Il est élevé entouré de femmes[5]. Le nom « Aragon » a été choisi par Louis Andrieux lors de la déclaration de la naissance de l'enfant à l'état civil en souvenir d'un poste d'ambassadeur en Espagne, en Aragon. Afin de préserver l'honneur de la famille maternelle, issue des Massillon, et celui du préfet, l'enfant est présenté comme étant à la fois le fils adoptif de sa grand-mère maternelle Claire Toucas, le frère de sa mère et le filleul de son père. L'œuvre de Louis Aragon portera en filigrane la secrète blessure de n'avoir pas été reconnu par son père, de trente-trois ans plus âgé que sa mère. Il évoquera ce qui fut le drame de sa vie, secret partagé avec sa mère qui lui rendit peut-être la paternité et la transmission d'un nom difficile à envisager[6], dans un ensemble de trois poèmes intitulé Domaine Privé[7].

Il est en deuxième année de médecine avec André Breton au « Quatrième fiévreux » du Val-de-Grâce, le quartier des fous[8], où les deux carabins se sont liés à Philippe Soupault, quand il est mobilisé, à ce titre, comme brancardier. C'est à cette occasion que Marguerite Toucas lui révèle le secret de naissance qu'il pressentait[9]. Sur le front, il a une expérience des chairs blessées, de la guerre, d'une horreur dont on ne revient jamais tout-à-fait[10] mais qui réapparaîtra constamment dans son œuvre et qui est à l'origine de son engagement futur. Il reçoit la Croix de guerre et reste mobilisé deux ans dans la Rhénanie occupée, épisode qui inspirera le célèbre poème Est-ce ainsi que les hommes vivent ? En 1920, la NRF publie Anicet ou le panorama, roman commencé dans les tranchées.

Dans le Paris dandy de l'après guerre, il se lie avec Pierre Drieu la Rochelle qui lui ravit une dessinatrice américaine, Eyre de Lanux (en)[11]. Il se console auprès de Denise Lévy, qui choisira d'épouser un autre de ses amis, Pierre Naville[11], tout en commençant la rédaction du Paysan de Paris. L'Œuf dur publie quelques-uns de ses textes.

En 1922, il renonce à devenir médecin, fonde avec Breton et Soupault la revue Littérature et publie Les aventures de Télémaque. Grâce à Breton, il trouve du travail chez le couturier Jacques Doucet, grand collectionneur de tableaux modernes, mais aussi de manuscrits, comme secrétaire chargé de le conseiller dans les achats de ceux-ci.

Après avoir illustré le dadaïsme et connu les expériences d'écriture automatique auprès de Robert Desnos, auquel il consacrera des années plus tard l'émouvante Complainte de Robert le Diable[12] chantée par Jean Ferrat, il rejoint, en 1924, André Breton, Paul Éluard et Philippe Soupault dans le mouvement surréaliste et cosigne, à l'occasion de l'enterrement d'Anatole France, le scandaleux Un cadavre qui invite à jeter à la Seine toute la littérature passée. Il dévore, comme pour oublier Denise Lévy, les œuvres d'Engels, Lénine, Proudhon, Schelling, Hegel et Freud[5].

En 1926, démuni, il signe avec Jacques Doucet un contrat par lequel le jeune romancier s'engage à livrer mensuellement sa production au collectionneur en échange d'une rente mensuelle de mille francs[11]. Il écrit ainsi un cycle de mille cinq cents feuillets, La Défense de l'infini. Il devient simultanément l'amant de la milliardaire Nancy Cunard qui l'emmène à travers l'Europe[11].

Avec Breton et à la suite d'Éluard, entre autres membres du groupe surréaliste, il adhère en janvier 1927 au Parti communiste français. À l'été, il fait paraître une violente protestation contre l'exécution de Sacco et Vanzetti dans laquelle il milite pour une littérature engagée, Traité du style. En novembre, dans un hôtel de la Puerta del Sol à Madrid, Nancy sauve une poignée de La Défense de l'infini que le poète, dans une crise de rage, a jeté au feu[11]. Cette rupture, qui est aussi une rupture avec l'argent, marque le début d'une remise en cause personnelle profonde dont l'engagement politique sera l'issue.

Toutefois, en avril 1928, privé du soutien financier de Doucet, il fait paraître, mais anonymement, Le con d'Irène qui a été sauvé du feu[11]. La nouvelle est interdite par la police et Aragon nie devant le juge d'instruction en être l'auteur[11]. À Venise en septembre 1928, ruiné par l'échec du Con d'Irène, il découvre la liaison de Nancy avec Henry Crowder (en) et tente de se suicider, épisode à l'origine d'un de ses plus célèbres poèmes chanté par Léo Ferré, Il n'aurait fallu[13].
Deux mois plus tard, le 5 novembre, la belle-sœur de Vladimir Maïakovski, Elsa Triolet, vient le trouver à La Coupole avec l'intention de le séduire[évasif]. Elsa « entre dans le poème »[14] et deviendra sa muse pour la vie, formant avec le poète un nouveau couple mythique dont la célébration, en particulier dans Les Yeux d'Elsa, mêlera à partir des années quarante 'έρος et φιλή, amour courtois[15] et engagement pour une cause (la Résistance, le communisme, la décolonisation, le féminisme, la littérature, etc).

En 1929, l'expulsion d'URSS de Trotski fige, au sein du groupe des surréalistes, les querelles de personnes en fractures idéologiques. Aragon s'oppose en particulier à un Breton dictatorial qui récuse la forme romanesque et qui juge la poésie seule apte à exprimer l'inconscient.

En 1930, six mois après le suicide de Maïakovski, Aragon est envoyé avec Georges Sadoul au Congrès des écrivains révolutionnaires de Kharkov représenter un mouvement surréaliste accusé d'anarchisme par la ligne dure du PCF. Aragon se range à cette ligne orthodoxe et publie à son retour Front rouge, un poème dénonçant l'esthétique surréaliste et le socialisme au cri de « Feu sur Léon Blum », ce qui lui vaut d'être inculpé pour appel au meurtre. La rupture avec Breton, qui, beau joueur, prend tout de même sa défense au cours du procès, est consommée. Avec Elsa, il part vivre un an en URSS. Il montre sans conteste dans plusieurs textes une approbation de la terreur organisée par le régime stalinien[16]. Il écrit notamment en 1931 Vive le Guépéou[17], paru dans le recueil Persécuté persécuteur. Il compose des poèmes qui seront publiés sous le titre Hourra l'Oural.

Il ne deviendra critique à l'égard de l'URSS qu'après la mort de Staline (1953), à la suite des révélations par Khrouchtchev des crimes du stalinisme, et après la répression violente de l'insurrection de Budapest en 1956.

Il épouse Elsa le 28 février 1939.

Sa poésie est largement inspirée, depuis les années 1940, par l'amour qu'il lui voue.[réf. nécessaire]

Il est aussi, avec Robert Desnos, Paul Éluard, Pierre Seghers, Jean Prévost, Jean-Pierre Rosnay et quelques autres, parmi les poètes qui prirent résolument parti, durant la Seconde Guerre mondiale, pour la résistance contre le nazisme. C'est là le sujet d'une autre blessure profonde : la rupture avec son ami Drieu la Rochelle qui, après avoir « hésité entre communisme et fascisme » (voir Une femme à sa fenêtre), s'est tourné vers le nazisme, sorte de suicide, qui le poussera à se donner vraiment la mort après la Libération en 1945. Il existe aussi des « œuvres croisées » entre ces deux amis : Gilles et Aurélien.

Tombeau d'Elsa Triolet et de Louis Aragon

Après le décès de son épouse en 1970, Aragon affiche sa bisexualité[18],[19], que Drieu la Rochelle avait évoquée dès les années 1930, dans Gilles notamment. Il termine sa vie avec Michel Larivière[réf. nécessaire].

Il meurt le 24 décembre 1982, veillé par son ami Jean Ristat, exécuteur testamentaire d'Elsa et Louis[20]. Il est inhumé dans le parc du Moulin de Villeneuve, dans sa propriété de Saint-Arnoult-en-Yvelines, aux côtés d'Elsa.

Aragon, la politique[modifier | modifier le code]

Le journaliste[modifier | modifier le code]

À L’Humanité[modifier | modifier le code]

Louis Aragon adhère au Parti communiste français en janvier 1927. Contrairement à la plupart de ses amis surréalistes qui s'en détachent les années suivantes (certains pour y revenir plus tard, tel Paul Éluard), il reste fidèle à cet engagement jusqu'à sa mort. Parmi ses activités militantes, le journalisme et la direction de journaux placent Aragon dans le réel de son siècle. Il travaille à L'Humanité en 1933, pour la rubrique des faits divers.

La revue Commune (1933-1939)[modifier | modifier le code]

La même année, en juillet 1933, il est, avec Paul Nizan, secrétaire de rédaction de la revue Commune, éditée par l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Cette association se fixe pour but de rassembler le plus largement possible le monde de la culture dans la lutte contre le fascisme et le nazisme. À partir de janvier 1937, Aragon est membre du comité directeur de Commune, aux côtés d'André Gide, Romain Rolland, Paul Vaillant-Couturier. La revue s'annonce dès lors « revue littéraire française pour la défense de la culture ». Gide s'en retire en août 1937, Vaillant-Couturier meurt à l'automne 1937. Romain Rolland n'est plus de première jeunesse, c'est donc Louis Aragon qui en est le directeur effectif. Il y accueille en décembre 1938, comme rédacteur en chef, un jeune écrivain, Jacques Decour. Commune a tenu sous l'égide d'Aragon un rôle majeur dans la mobilisation des intellectuels pour la défense de la République espagnole.

Directeur de Ce soir (1937-1953)[modifier | modifier le code]

En mars 1937, Aragon est appelé par son parti, à diriger le nouveau quotidien du soir, Ce soir, qu'il lance. Il partage la direction du journal, qui tente de concurrencer Paris-Soir, avec l'écrivain Jean-Richard Bloch. Son activité est intense, car il mène de front cette tâche avec l'écriture romanesque et sa participation à Commune. Ce soir, interdit en août 1939, renaît à la Libération[21]. Aragon en reprend la direction avec Jean-Richard Bloch, puis seul, après la mort de ce dernier en 1947. En 1949, Aragon est privé de ses droits civiques[22],[23].

Les Lettres françaises (1953-1972)[modifier | modifier le code]

Aragon, directeur de l'hebdomadaire littéraire Les Lettres françaises, issu de la Résistance et devenu la propriété du Parti communiste, devient le propriétaire d'un journal désormais autonome politiquement et financièrement dans les jours qui suivent l'arrêt de Ce soir. Épaulé par Pierre Daix, rédacteur en chef, le journal mène à partir des années 1960 un combat de plus en plus ouvert contre le stalinisme et ses séquelles dans le bloc de l'Est. Il fait connaître des écrivains tels que Alexandre Soljenitsyne ou Milan Kundera. Lorsque la revue condamne violemment l'invasion de Prague par les chars soviétiques en 1968, les abonnements en provenance de l'URSS et des pays de l'Est sont brutalement interrompus. La revue Les Lettres françaises, devenue déficitaire, ne bénéficie d'aucun rattrapage financier de la part du Parti communiste et cesse sa parution en 1972, année qui consacre la fin des activités journalistiques d'Aragon.

L’éditeur[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses tâches journalistiques, Louis Aragon dispose d'un moyen pour faire connaître les écrivains. Il est en effet président-directeur général d'une maison d'édition appartenant à l'orbite éditoriale communiste, les Éditeurs français réunis (EFR). Héritiers de deux maisons fondées dans la Résistance, La Bibliothèque française et Hier et Aujourd'hui, les EFR, qu'il dirige avec Madeleine Braun, publient dans les années 1950 les écrivains français rattachés communément au courant « réaliste socialiste ». C'est aux EFR qu'est publié Premier Choc, le roman qui vaut à André Stil, futur académicien Goncourt, le Prix Staline 1953. Ils publient les écrivains « réalistes socialistes » soviétiques. Mais leur rôle ne se limite pas à la diffusion de ces œuvres. Ils font connaître les écrits de Tchèques comme Julius Fučík ou Vítězslav Nezval, les poèmes de Rafael Alberti, Yánnis Rítsos ou l’œuvre de Vladimir Maïakovski. À partir du début des années 1960, ils permettent la connaissance des littératures soviétiques non russes, tel les romans de l'écrivain kirghize Tchinguiz Aïtmatov, mais aussi des écrivains russes se situant dans le « dégel » post-stalinien : L'Ingénieur Bakhirev de Galina Nicolaëva, publié en 1960, Babi Iar de Anatoli Kouznetsov, publié en 1967. De même, en 1964, les EFR éditent le premier roman de l'écrivaine est-allemande Christa Wolf, Le Ciel partagé.

Enfin dans le domaine de la poésie, Aragon lance la collection Petite sirène, qui permet de faire aimer au public non seulement des auteurs consacrés, comme Pablo Neruda, Eugène Guillevic ou Nicolas Guillen, mais aussi de jeunes poètes français, tel Dominique Grandmont, Alain Lance ou Jean Ristat.

Il a aussi publié a la Libération, avec une préface de Vercors : Deux voies françaises Péguy - Péri Les Éditions de Minuit, 1944.

L’intellectuel engagé[modifier | modifier le code]

Dès ses débuts surréalistes[modifier | modifier le code]

« Nul n'aura été plus habile détecteur de l'insolite sous toutes ses formes ; nul n'aura été porté à des rêveries si grisantes sur une sorte de vie dérobée de la ville (je ne vois que lui qui ait pu souffler à Jules Romains la prestigieuse fable des 365 appartements à communication clandestine qui existeraient à Paris). Aragon était en ce sens étourdissant — y compris pour lui-même. [...] Extrêmement chaleureux et se livrant sans réserve dans l'amitié. Le seul danger qu'il court est son trop grand désir de plaire [...] Il a toujours aimé les acrobates ; nul ne s'entend comme lui à prendre le vent ; vous n'avez pas décidé, même contre son avis, de gravir une colline qu'il est déjà au sommet... Le sentiment général, parmi [les surréalistes], est qu'il reste très littérateur : même cheminant avec vous par les rues, il est rare qu'il vous épargne la lecture d'un texte achevé ou non. Fatalement ces textes en viennent à être de plus en plus à effets ; tout comme il aime, en parlant dans les cafés, à ne rien perdre de ses attitudes dans les miroirs. » André Breton, « Entretiens », 1952.

Ayant vécu les horreurs de la guerre, l'engagement d'Aragon est bien antérieur à sa période communiste militante. Son adhésion au surréalisme peut être comprise comme l'expression de sa révolte devant une société dont les travers et les injustices l'insupportent.

La fidélité au stalinisme[modifier | modifier le code]

Parmi ses amis des années 1920, qui adhèrent au communisme à sa suite en 1927, il est le seul qui s’impliquera durablement au PCF : André Breton et Paul Éluard le quittent au début des années 1930 (Paul Éluard le rejoindra de nouveau, par l’intermédiaire d’Aragon, plus tard pendant les années de Résistance). De retour d’URSS en 1931, il publie Front rouge, poème militant et provocateur dont il dira bien plus tard, dans les années 1970 : « Ce poème que je déteste », un poème qui contient les vers :

Pliez les réverbères comme des fétus de pailles/ Faites valser les kiosques les bancs les fontaines Wallace/ Descendez les flics/ Camarades/ descendez les flics/ Plus loin plus loin vers l’ouest où dorment/ les enfants riches et les putains de première classe/ Dépasse la Madeleine Prolétariat/ Que ta fureur balaye l’Élysée/ Tu as bien droit au Bois de Boulogne en semaine/ Un jour tu feras sauter l’Arc de triomphe/ Prolétariat connais ta force/ connais ta force et déchaîne-la/ II prépare son jour il attend son heure sa minute la seconde / où le coup porté sera mortel et la balle à ce point sûre/ que tous les médecins social-fascistes/ Penchés sur le corps de la victime/ Auront beau promener leur doigts chercheurs sous la chemise de dentelle/ ausculter avec les appareils de précision son cœur déjà pourrissant/ ils ne trouveront pas le remède habituel/ et tomberont aux mains des émeutiers qui les colleront au mur/ Feu sur Léon Blum/ Feu sur Boncour Frossard Déat/ Feu sur les ours savants de la social-démocratie/ Feu feu j’entends passer/ la mort qui se jette sur Garchery Feu vous dis-je/ Sous la conduite du parti communiste/ SFIC/ Vous attendez le feu sous la gâchette/ Que ce ne soit plus moi qui vous crie/ Feu/ Mais Lénine/ Le Lénine du juste moment/

Le tournant politique de 1934, la politique d'alliance, le front populaire, la défense de la culture française lui permettent d'accéder à des responsabilités où il s'épanouit. Le magistère intellectuel qu'il commence à tenir n'est toutefois pas sans ombres. En 1935, lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, il n'est pas de ceux qui mettent en doute le socialisme du régime soviétique, malgré les informations sur la terreur qui s'installe, sous paravent révolutionnaire, en URSS. Il est alors très proche de Mikhaïl Koltsov, célèbre journaliste de la Pravda qui renseigne les services secrets soviétiques sur les personnalités occidentales[24]. Aragon s’oppose à son ancien ami André Breton, qui voudrait utiliser la tribune du congrès pour défendre Victor Serge, emprisonné là bas. Au contraire, en 1935, il vante les mérites du système concentrationnaire soviétique, le goulag :

« Je veux parler de la science prodigieuse de la rééducation de l’homme, qui fait du criminel un homme utile, de l’individu déformé par la société d’hier, par les forces des ténèbres, un homme du monde de demain, un homme selon l’Histoire. L’extraordinaire expérience du canal de la mer Blanche à la Baltique, où des milliers d’hommes et de femmes, les bas-fonds d’une société, ont compris, devant la tâche à accomplir, par l’effet de persuasion d’un petit nombre de tchékistes qui les dirigeaient, leur parlaient, les convainquaient que le temps est venu où un voleur, par exemple, doit se requalifier, dans une autre profession – Cette extraordinaire expérience joue par rapport à la nouvelle science le rôle l’histoire de la pomme qui tombe devant Newton par rapport à la physique. Nous sommes à un moment de l’histoire de l’humanité qui ressemble en quelque chose à la période du passage du singe à l’homme. Nous sommes au moment où une classe nouvelle, le prolétariat, vient d’entreprendre cette tâche historique d’une grandeur sans précédent : la rééducation de l’homme par l’homme[25]. »

C’est cet optimisme indestructible et naïf qui s’effondrera après le XXe congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, dans une déchirure dont son grand poème Le Roman inachevé portera témoignage en 1956. Mais 1934 est une ère alors optimiste pour les communistes français : elle est celle du refus du sectarisme qui avait été celui du PCF dans les années 1920, de l’alliance avec les couches moyennes de la société française pour constituer un large front de résistance contre les fascismes européens qui s’installent peu à peu.

La Résistance[modifier | modifier le code]

Louis Aragon et Elsa Triolet chez leur ami Pierre Seghers à Villeneuve-lès-Avignon en 1941.

En août 1939, le jour même de l'annonce de la signature du pacte germano-soviétique, dans le journal communiste[26] dont il est le rédacteur en chef, il applaudit la décision de Staline, tout en appelant la France et l'Angleterre à signer de leur côté une alliance tripartite avec l'URSS : Le pacte de non-agression avec l'Allemagne, imposé à Hitler qui n'avait pas d'autre possibilité que de capituler ainsi ou de faire la guerre, c'est le triomphe de cette volonté de paix soviétique. (…) Et que ne vienne pas ici comparer le pacte de non-agression germano-soviétique qui ne suppose aucun abandon de la part de l'URSS aux pactes « d'amitié » qu'ont signés les gouvernements toujours en exercice en France et en Angleterre avec Hitler : ces pactes d'amitié avaient pour base la capitulation de MunichL'URSS n'a jamais admis et n'admettra jamais de semblables crimes internationaux. Silence à la meute antisoviétique ! Nous sommes au jour de l'effondrement de ses espérances. Nous sommes au jour où l'on devra reconnaître qu'il y a quelque chose de changé dans le monde et que, parce qu'il y a l'URSS, on ne fait pas la guerre comme on veut.

Il existe entre la France et la Pologne un traité d'assistance mutuelle. C'est-à-dire que si la Pologne est victime d'une agression, la France doit venir à son aide. Et tout bon français qui ne veut pas voir se répéter la honte de Munich, et l'abandon de nos alliés de Tchécoslovaquie, souhaitera comme nous que la France tienne ses engagements internationaux.

Dès la parution de cet article d'Aragon, la presse communiste est saisie et le PCF est mis hors-la-loi. Quelques dirigeants communistes sont arrêtés, et Aragon se réfugie quelques jours à l'Ambassade du Chili, caché par son ami Pablo Neruda[27]. En septembre, à la suite de l'attaque de l'Allemagne nazie contre la Pologne, il est incorporé comme médecin-auxiliaire sur la ligne de front, pendant ce qui est appelé la Drôle de guerre.

Sur le front enfin ouvert à l'Ouest en mai 1940, subissant la débâcle des armées françaises, il fait preuve d'un courage qui lui vaut d'être décoré de la Croix de guerre et de la Médaille militaire. Ces mois de guerre seront à l'origine d'une grande part des poèmes du recueil Les Yeux d'Elsa, publié en 1942 par Pierre Seghers. Réfugié par la suite en zone libre, où il continue d'écrire les poèmes qui composent ce recueil, il va participer, autant par la plume qu'en organisateur clandestin, à la Résistance dans les milieux intellectuels. Son œuvre poétique est mise au service de la mobilisation patriotique, notamment dans une plaquette intitulée Contribution au cycle de Gabriel Péri, où il célèbre sa Patrie des cent villages, La Rose et le Réséda, Gabriel Péri, celui qui chanta dans les supplices, et Honoré d'Estienne d'Orves, offrant aux maquisards La Chanson du franc-tireur. Il participe aussi, avec Elsa Triolet à la mise sur pieds du Comité national des écrivains en zone sud. Sous le pseudonyme de Le Témoin des Martyrs il a également publié avec Vercors Deux voix françaises Péguy Péri (éd.de Minuit, 1944).

Chantre de la Résistance aux temps dangereux, il en est après-guerre, avec Paul Éluard, Pierre Seghers, René Char, le témoin poétique, le veilleur d'une mémoire. C'est ainsi qu'il compose, en 1955, Strophes pour se souvenir, poème à la gloire du rôle des étrangers dans la Résistance, célébrant les Francs-tireurs et partisans de la MOI du groupe Manouchian dont la condamnation avait été publiée sur une affiche rouge.

L’intellectuel communiste[modifier | modifier le code]

À la Libération, fort de l'influence qu'il a gagnée dans la Résistance, Louis Aragon acquiert le statut de l'intellectuel communiste, défenseur d'une ligne politique. Ainsi, au Comité national des écrivains, il assume l'épuration dans les milieux littéraires, dans ses nécessités et ses excès. Il est amené à défendre la condamnation par les Soviétiques du régime de Tito en Yougoslavie, comme à célébrer les dirigeants de l'époque, Maurice Thorez en particulier. Il se fait le chantre de Staline :

« Merci à Staline pour ces hommes qui se sont forgés à son exemple, selon sa pensée, la théorie et la pratique stalinienne ! Merci à Staline qui a rendu possible la formation de ces hommes, garants de l'indépendance française, de la volonté de paix de notre peuple, de l'avenir d'une classe ouvrière, la première dans le monde montée à l'assaut du ciel et que l'on ne détournera pas de sa destinée en lui faisant voir trente-six étoiles étrangères, quand elle a de tels hommes à sa tête ![28] »

En 1950, Louis Aragon, à la demande de Thorez, est élu au Comité central du Parti communiste français. Il prend part avec l'autorité que lui confère cette fonction aux divers débats idéologiques qui secouent son parti après la mort de Staline, et plus encore après le XXe Congrès du PC de l'URSS de 1956. Au sein du PCF, sa position éminente ne le place pas à l'abri des attaques. Ainsi, quand en 1953, les Lettres françaises publient un dessin de Picasso, à l'occasion de la mort de Staline, il est contraint de faire amende honorable devant les critiques qui jugent le portrait iconoclaste. Au fil des années, mis au courant de la répression stalinienne par l'intermédiaire d'Elsa Triolet, ses positions évoluent, mais il préfère se taire que porter tort à son camp. Son journal n'aborde pas de front les questions du stalinisme dans ces années[29]. En 1956, il ne prend pas position sur le « rapport Khrouchtchev », se tait sur les événements de Pologne, comme sur la répression des insurgés de Budapest, souscrivant, par son silence, à la thèse officielle de son Parti, selon laquelle l'insurrection hongroise serait le fait de la bourgeoisie et de l'aristocratie et aurait été matée par les ouvriers avec le soutien de l'Armée Rouge. Ces événements provoquent, entre autres, l'éclatement du Comité national des écrivains, que quitte Vercors. C'est sur le plan littéraire, dans ce qu'on peut considérer comme son autobiographie poétique, Le Roman inachevé, qu'Aragon abordera, la même année, la souffrance personnelle suscitée par les révélations et les désillusions politiques de cette année terrible  :

« Mille neuf cent cinquante six comme un poignard sur mes paupières ».

Peu à peu cependant, avec la révélation des crimes des régimes en URSS et en Europe de l'Est, Aragon aboutit à une très vive condamnation des pratiques autoritaires du communisme soviétique. Il ouvre son journal aux dissidents, il réprouve les procès contre les intellectuels, en particulier en 1966 lors du procès des écrivains Siniavsky et Daniel. En mai 1968, il témoigne d'une forte sympathie pour le mouvement étudiant. Puis survient, en août de la même année l'intervention des troupes soviétiques qui met fin au Printemps de Prague. Aragon préface à ce moment-là la traduction française du livre de Milan Kundera, La Plaisanterie. Sa colère lui fait écrire un texte fort :

« Et voilà qu'une fin de nuit, au transistor, nous avons entendu la condamnation de nos illusions perpétuelles... »

Pourtant, lorsqu'il meurt en 1982, il est toujours « officiellement » membre du Comité central du PCF.

Aragon est lauréat du Prix Lénine pour la paix en 1956.

Le romancier et le poète[modifier | modifier le code]

Il signe une œuvre poétique plurielle, où la prose le dispute à la poésie à forme fixe, qu'il renouvelle. Après une première période très libre marquée par le surréalisme et ses jeux de langage, il retourne à une forme plus classique de poésie (vers mesurés et rimes), très inspirée par Guillaume Apollinaire, pour mieux rendre compte de la France (et de la résistance) à l'heure de la Seconde Guerre mondiale. Après guerre, l'aspect politique de sa poésie s'efface de plus en plus devant son aspect lyrique. Sans jamais renier ce retour au classicisme, il y intègre de plus en plus des formes plus libres, se rapprochant du surréalisme de ses débuts qu'il a toujours affirmé n'avoir jamais renié.

Son œuvre romanesque épouse les contours de la production de son siècle (qu'il invente en partie), roman surréaliste, réaliste, puis nouveau roman. Son désir de roman ne s'est jamais démenti, malgré la méfiance de ses amis surréalistes (pour qui écrire une phrase romanesque du type La marquise sortit à cinq heures était la négation même de leur idéal littéraire par sa platitude), puis celle des communistes qui auraient voulu le voir exalter davantage le Parti (il a avoué avoir arrêté la rédaction de son roman Les Communistes quand de nombreux militants lui firent part de leur satisfaction à le voir faire enfin ce qu'ils attendaient de lui), sans parler de celle des critiques (notamment de droite) qui voyaient en lui le communiste avant de voir l'écrivain, chose qui le vexait.

Poète majeur de la deuxième partie du XXe siècle, il a payé fort cher un engagement politique qui masque mal son influence et sa place primordiale dans la littérature française contemporaine. Certains de ses textes ont été popularisés par plusieurs compositeurs ou chanteurs qui n'étaient pas forcément en accord avec sa pensée politique comme Léo Ferré, Georges Brassens, Marc Ogeret, Jean Ferrat, etc.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Œuvre de Louis Aragon.

Récits, romans, nouvelles et correspondances[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

De nombreux poèmes d'Aragon ont été mis en musique par Lino Léonardi, Hélène Martin, Léo Ferré (le premier à consacrer un album entier à Aragon, avec Les Chansons d'Aragon en 1961), Jean Ferrat et Georges Brassens et chantés par eux-mêmes ainsi que par Catherine Sauvage, Yves Montand, Alain Barrière, Isabelle Aubret, Francesca Solleville, Nicole Rieu, Monique Morelli ou Marc Ogeret.

Essais[modifier | modifier le code]

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres poétiques complètes, Gallimard la Pléiade, deux volumes.
  • Œuvres romanesques complètes, Gallimard la Pléiade, cinq volumes.

Filmographie[modifier | modifier le code]

1966 : Elsa la rose court-métrage documentaire de Agnès Varda avec Louis Aragon et Elsa Triolet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il n'existe aucun acte d'état civil de cette période, seul un acte de baptême de complaisance daté du 3 novembre 1897 est consigné au registre des baptêmes de Neuilly-sur-Seine où aucun de ses parents ne résidait. Cet acte de baptême mentionne « Louis, Marie, Alfred, Antoine, né à Madrid le 1er septembre 1897 » de Jean Aragon et de Blanche Moulin.
  2. Fille de Ferdinand Toucas, sous-préfet. Source : Jean Montenot, « Louis Aragon », 1 juin 2011, L'Express .
  3. Son acte de naissance officiel n'y est établi que le 20 mars 1914
  4. Michel Schneider, « Le fils caché », sur lepoint.fr,‎ 26 avril 1997
  5. a et b Pierre Juquin, Aragon. Un destin français, Editions de la Martinière,‎ 2012, 798 p. (ISBN 2732449245, lire en ligne)
  6. « Car une mort est une reine à son enfant. », Louis Aragon, Domaine privé in La Diane française, p. 116, Seghers, Paris, 1946.
  7. Louis Aragon, Domaine privé in La Diane française, pp. 115-117, Seghers, Paris, 1946.
  8. Henri Béhar, Catherine Dufour, Dada, Éds L'Âge d'homme,‎ 2005, p. 314
  9. Valère Staraselski, Aragon : la liaison délibérée, Éditions L'Harmattan,‎ 2005, p. 26
  10. « Je demeurais longtemps errant dans Césarée » in Louis Aragon, Aurélien, p.27, Folio, 1976.
  11. a, b, c, d, e, f et g Jérôme Dupuis, Aragon, le fou d'Irène in L'Express, Paris, 24 juillet 2008.
  12. Louis Aragon, Les Poètes, p. 103, NRF, 1969, réed. revue et corrigée 1976.
  13. Louis Aragon, Le Roman inachevé, 1956.
  14. « Entre assieds toi soleil » in Louis Aragon, Elsa entre dans le poème in Les Poètes, p. 215, NRF, Paris, 1969.
  15. V.g. Louis Aragon, Le vrai zadjal d'en mourir in Le Fou d'Elsa.
  16. (« J'appelle la terreur du fond de mes poumons » (La Révolution surréaliste – 1925) ; « L'éclat des fusillades ajoute au paysage une gaieté jusqu'alors inconnue : ce sont des ingénieurs et des médecins qu'on exécute. » (Front rouge – 1930))
  17. Vive le Guépéou
  18. Jérôme Dupuis, « Je me souviens d'Aragon », L'Express, 26 avril 2007
  19. (en) Hugues Azérad, Peter Collier, Twentieth-Century French Poetry: A Critical Anthology, Cambridge University Press, 330 pages, (2010), p. 296
  20. Jean Ristat, « Moi, Jean Ristat, exécuteur testamentaire », sur L'Humanité,‎ 3 octobre 1997
  21. Le journal disparaîtra en 1953
  22. En témoigne le recueil collectif Guirlande d’Aragon : Privé de ses droits civiques, écrit par onze poètes, Paul Éluard, Pierre Gamarra, Jacques Gaucheron, Guillevic, Paul Jamati, Jean Marcenac, Gaston Massat, Madeleine Riffaud, Claude Roy, Claude Sernet et Tristan Tzara. Le livre est publié le 28 octobre 1949 aux Éditions Réclame à Nanterre (Paris est indiqué comme lieu d'édition en couverture).
  23. Inculpé et condamné pour « propagation de fausses nouvelles » en tant que directeur de Ce Soir, Aragon avait été privé de ses droits civiques pour dix ans à l'occasion du compte rendu d'une intervention de l'armée contre des mineurs en grève. Il s'agissait d'une grève de mineurs réprimée par la troupe en 1948 avec participation de soldats marocains, or Ce Soir avait indiqué qu'il s'agissait de tirailleurs sénégalais. Ses droits civiques lui sont rendus en 1958 par le général de Gaulle. Cf. Valère Staraselski, Aragon : La Liaison délibérée L'Harmattan, 2005 extrait en ligne.
  24. Ces espions qui firent l'Histoire, Le figaro magazine, 12 août 2011, extraits du Roman de l'espionnage de Vladimir Fédorovski, 2011
  25. Pour un réalisme socialiste, Ed Denoël et Steele, Paris, 1935
  26. Ce soir, 23 août 1939
  27. Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu, Gallimard, 1987
  28. Les lettres françaises, mars 1953
  29. Suzanne Ravis, « L'année 1956 dans l'orientation des Lettres françaises dans Aragon 1956, actes du colloque d'Aix-en-Provence Publications de l'Université de Provence, 1992

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Arban, Aragon parle, Seghers, 1968.
  • David Bosc, Ombre portée : notes sur Louis Aragon et ceux qui l'ont élu, éditions Sulliver, 1999.
  • Pierre Daix, Aragon, éditions Taillandier, 2005.
  • Pierre Daix, Les Lettres françaises : jalons pour l'histoire d'un journal – 1941-1972, éditions Taillandier, 2004.
  • Louis Janover, Cent ans de servitude : Aragon et les siens, éditions Sulliver, 1998.
  • Pierre Juquin, Aragon. Un destin français Tome 1 1897-1939 , Éditions de la Martinière, 2012
  • Pierre Juquin, Aragon. Un destin français Tome 2 1839-1982 , Éditions de la Martinière, 2013.
  • Patrice Lestrohan, Le dernier Aragon, Riveneuve, 2010
  • Jean-Louis Loubet del Bayle L'illusion politique au XXe siècle. Des écrivains témoins de leur temps, Economica, Paris 1999.
  • Jean Malaquais, Le Nommé Louis Aragon, patriote professionnel, éditions Spartacus.
  • Hélène Martin, Louis Aragon : le chemin des oiseaux, série Plain chant : 22 émissions pour la télévision sur les poètes et écrivains.
  • Nicole Racine, « Aragon Louis », notice pour le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, version papier, tome 17, version remaniée en cédérom, avec le 1er volume du Dictionnaire Mouvement ouvrier, Mouvement social, éditions de l'Atelier, Paris, 2006.
  • Jean Ristat, Aragon : "Commencez par me lire!", Gallimard, collection Découvertes, 1997.
  • Claude Roy, Aragon, collection Poètes d'aujourd'hui, numéro 2, Seghers, 1945
  • Georges Sadoul, Aragon, collection Poètes d'aujourd'hui, numéro 159, Seghers, 1967.
  • Valère Staraselski, Aragon, La liaison délibérée, L'Harmattan 1995, 2005.
  • Valère Staraselski, Aragon l'Inclassable, L'Harmattan, 1997.
  • Les Annales de la Société des amis de Louis Aragon et Elsa Triolet : douze numéros annuels parus depuis 1999. Numéro 2 : Aragon et le comité central d'Argenteuil. Numéro 4 : Discours d'Aragon au comité central en 1958. Numéro 6 : Louis Aragon et Elsa Triolet en Résistance, 1942-1944. Numéro 10 : Les Lettres françaises et Les Étoiles dans la clandestinité.
  • Les Recherches croisées Aragon / Elsa Triolet, éditée par l'ERITA, 13 numéros parus : du numéro 1 au numéro 7, édition par les Annales Littéraires de l'Université de Besançon ; du numéro 8 au numéro 13 (décembre 2011), édition par les Presses Universitaires de Strasbourg.
  • Catharine Savage Brosman, Malraux, Sartre, and Aragon as Political Novelists, University of Florida Press, 1964, (ASIN B001OK3Z1Q)

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