Walt Disney Pictures

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Logo de Walt Disney Pictures

Logo de Walt Disney Pictures
Création 1er avril 1983 (nom actuel)
Dates clés 1923 : création des studios Disney
1934 : création du département longs métrages
Forme juridique Filiale
Siège social Burbank, Californie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité(s) Cinéma
Produit(s) Longs métrages
Société mère The Walt Disney Company
Société(s) sœur(s) Hollywood Pictures, Touchstone Pictures, Miramax Films
Filiale(s) Walt Disney Animation Studios
Pixar Animation Studios
Site d’entreprise www.disneypictures.com

Walt Disney Pictures est un studio de production cinématographique créé le 1er avril 1983 comme une filiale de la société Walt Disney Productions, renommée Walt Disney Company en 1986. Walt Disney Pictures continue à produire ce qui formait le cœur de métier de la société Disney fondée en 1923 par Walt Disney, des films d'animation et d'autres en prise de vue réelle. Avant que cette filiale ne soit créée, il s'agissait d'un service interne de la compagnie.

Walt Disney Pictures est souvent nommé à tort Studios Disney ou Walt Disney Studios mais ce terme regroupe différents éléments, que ce soit les studios de tournage, des studios d'animation – dont certains sont aujourd'hui fermés – ou la société (voir Walt Disney Studios).

Le studio d'animation a fourni l'essentiel des productions Disney jusqu'à la fin des années 1940. Au début des années 1950, la société a diversifié son activité en produisant des films en prises de vue réelles et des émissions de télévisions, en assurant elle-même sa distribution et en se lançant dans le développement d'un parc à thème. Depuis les années 1980, les productions cinématographiques Disney se sont diversifiées via d'autres labels à vocation moins familiale comme Touchstone Pictures. Walt Disney Pictures est alors devenu l'un des labels du groupe cinématographique Disney, le Walt Disney Motion Pictures Group.

Depuis la fin des années 1980, Walt Disney Pictures co-produit régulièrement ses films avec d'autres studios tels que Silver Screen Partners, Jerry Bruckheimer, Spyglass Entertainment et Walden Media.

Sommaire

[modifier] Organisation

Walt Disney Pictures est découpée depuis 2007 en trois entités :

Walt Disney Pictures ne distribue pas elle-même ses productions. Au sein du groupe Disney, la distribution est assurée par la division Walt Disney Studios Distribution. Ainsi l'édition des VHS/DVD est assurée par la société/marque Walt Disney Home Entertainment. La division de la distribution dépend directement de Walt Disney Studios Entertainment alors que Walt Disney Pictures dépend du Walt Disney Motion Pictures Group lui-même dépendant du précédent.

[modifier] Historique

L'histoire des studios, sous leurs différentes appellations, est intimement liée à celle de la Walt Disney Company :

  • de 1923 à 1929 : Disney Brothers Studios
  • de 1929 à 1984 : Walt Disney Productions (les studios sont un service et l'une des composantes essentielles de l'entreprise)
  • de 1984 à nos jours : Walt Disney Company (les studios font partie de l'une des quatre sections de l'entreprise)

[modifier] 1923-1937 : Les courts métrages d'animation

En 1923, Walt Disney et son frère Roy Oliver fondent un studio d'animation qu'ils baptisent Disney Brothers Studios[1]. Les deux frères ont alors fait l'acquisition d'une caméra Pathé qu'ils utilisèrent jusqu'à son remplacement en 1930 par une caméra Universal[2]. Ils ne produisent alors que des courts métrages, d'abord les Alice Comedies (1923-1927) puis les Oswald le lapin chanceux (1927-1928), les Mickey Mouse (à partir de 1928) et les Silly Symphonies (1929-1939).

En 1925, l'équipe des frères Disney emménage dans des studios sur Hyperion Avenue dans le district de Silver Lake à Los Angeles[3]. En 1926, le studio des frères Disney se rebaptise Walt Disney Studio puis en 1929, Walt Disney décide de scinder la société en quatre, le studio devenant Walt Disney Productions.
L'animation est alors au centre de l'activité de la société, les trois autres sociétés étant elles plutôt liées aux autres activités de l'empire Disney :

  • Walt Disney Enterprises pour la gestion des droits liés aux productions cinématographiques
  • Walt Disney Film Recording Co pour le tournage des films
  • Liled Realty and Investment Co pour les investissements financiers

[modifier] Organisation du travail et innovation

Vers 1929, les studios d'animations comportent alors que quelques animateurs répartis en deux équipes[4] :

Rapidement les équipes s'étoffent pour assurer l'importante production des studios. On dénombre ainsi seize animateurs pour le seul court métrage En plein boulot (1931)[5], la plupart étant nommé officiellement pour la première fois comme animateur après une période de formation.

En 1931, Walt Disney crée un département des scénarios, dirigé alors par Ted Sears, composé d'animateurs qui comme Walt l'explique lui-même « pensent en dessins, et c'est avec ces dessins que nous racontons nos histoires, pas avec des mots »[6].

Au niveau graphique, le studio commence à produire en 1932, sous l'impulsion de Walt des Silly Symphonies avec le tout nouveau procédé Technicolor. Ce système permet d'utiliser tout le spectre de l'arc-en-ciel transformant les publicités d'alors en monde coloré. Le premier dessin animé en couleur est la Silly Symphony, Des arbres et des fleurs (Flowers and Trees) qui venait juste d'être terminée mais en noir et blanc. Disney négocie avec Technicolor une exclusivité de deux ans sur son procédé de couleur afin de pouvoir, espère-t-il, rentrer dans ses frais, très élevés en raison du coût exorbitant de ses productions, encore décuplé par le nouveau procédé[7],[8].

Au niveau sonore, la Parade des nominés aux Oscars 1932 (18 novembre 1932) est le premier court métrage de Disney à utiliser le système RCA Photophone, suivi par L'Atelier du Père Noël (10 décembre 1932, première Silly Symphony)[9] et Building a Building (7 janvier 1933, premier Mickey Mouse).

[modifier] Les Silly Symphonies, laboratoire pour le premier long métrage

A partir de 1934 et durant toute l'élaboration du film Blanche-Neige et les sept nains, la série des Silly Symphonies sert de banc d'essais afin d'améliorer les techniques d'animation et ainsi en faire profiter Blanche-Neige et les Sept Nains[10]. C'est ainsi que de nombreux nains et sorcières apparaissent dans les courts métrages du studio durant cette période, comme dans Les Enfants des bois[11]. Des développements et formations sont lancés. Ils permettent d'élever la qualité des studios et de donner au long métrage la qualité voulue par Walt Disney.

Les courts métrages des Silly Symphonies souvent cités comme ayant servi de test sont :

En parallèle, Disney regroupe de nombreuses œuvres littéraires et des dessins de tous horizons au sein de la Disney Animation Library. Ainsi, durant l'été 1935, un voyage en Europe lui permet d'acheter 350 livres supplémentaires d'auteurs européens, élargissant les sources d'inspiration[15],[16]. Robin Allan donne le détail suivant des livres reçus par la bibliothèque du studio entre le 5 juillet et le 24 septembre 1935 : 149 d'Allemagne, 90 de France, 81 du Royaume-Uni et 15 d'Italie[17].

[modifier] 1937-1953 : Les premiers longs métrages d'animation

À partir de 1934, Walt Disney décide de se lancer dans un nouveau défi, la production de longs métrages, le premier est Blanche-Neige et les Sept Nains. Walt Disney Productions voit alors son organisation se scinder en deux importants services, celui des courts et celui des longs métrages. En 1935, le studio crée un département « effets spéciaux d'animation » dirigé par Cy Young. Alors qu'il n'avait pas encore achevé son premier long métrage et certain de son succès, Walt Disney avait lancé la production d'autres longs métrages basés également sur des classiques de la littérature enfantine[18]. La première production Bambi, était basée sur le livre à succès Bambi, l'histoire d'une vie dans les bois de Felix Salten paru en 1923[18]. Mais en raison de problèmes de droits d'adaptation, ce projet a été devancé[18] par un second, Pinocchio, une histoire à succès de l'écrivain italien Carlo Collodi publiée à la fin du XIXe siècle dont l'adaptation cinématographique, Pinocchio, était sortie au début de l'année 1940, suivie par un autre projet débuté en 1937, le film musical Fantasia, sorti fin 1940. La production des courts métrages se poursuivait aussi à un rythme effréné avec par exemple 14 films en 1937[19], 18 en 1938[20].

[modifier] Les problèmes des longs métrages

Blanche-Neige et les Sept Nains sort en 1937, son succès a permis à la société Walt Disney Productions de racheter en 1938 les trois autres sociétés nées en 1929. En 1937, le studio signe un contrat de distribution avec RKO Pictures qui durera jusqu'en 1954 pour les longs métrages et 1956 pour les courts métrages, période de la création de Buena Vista Distribution[21].

Mais les budgets des trois premiers longs métrages de Disney dépassent leurs prévisions avant même leur sortie : celui de Pinocchio approche les 2,6 millions de $US[22],[23],[24],[25] tandis que celui de Fantasia est estimé selon les auteurs à 2,2[26], 2,25[27], 2,28[28],[29] ou 2,3 millions de $US[30],[31].

Malheureusement, Pinocchio et Fantasia ne réalisent les résultats escomptés, les revenus ne dépassant pas le million de dollars pour leur première exploitation. Les studios Disney lancent alors la production de deux nouveaux films dans le but d'obtenir quelques revenus afin de financer d'autres projets plus ambitieux[32],[33].

Le premier est Le Dragon récalcitrant, mêlant documentaire en prise de vue réelle et animation, pour un budget réduit à 600 000 $US[32]. Le second est Dumbo, qui est basé sur une œuvre encore plus récente que celle de Bambi. Afin de trouver des fonds pour produire ses films, Walt Disney doit néanmoins abandonner les droits de publication des musiques de Blanche-Neige et les Sept Nains, de Pinocchio et de Dumbo à l'éditeur Bourne Music Company, qui les détient encore aujourd'hui[34].

[modifier] Le programme de formation des animateurs

Au moment où Disney décide de produire son premier longs métrage, le studio cherche à étoffer ses équipes de production. Don Graham, professeur de dessin au Chouinard Art Institute et animateur des cours pour le studio, a déjà la fonction de chasseur de têtes. Walt Disney lui demande en 1935 de recruter de nouveaux talents à travers les États-Unis[35],[36]. Après la publication d'une offre d'emploi pour le studio, Graham passe trois mois à New York dans le RCA Building à étudier des portfolios d'artistes[37]. Ce sont finalement près de 300 artistes qui convergent vers les studios[38]. Contrairement aux artistes du studio déjà en place, beaucoup de candidats sortent de quatre années d'études universitaires tandis que certains sont des architectes ou des artistes de la publicité au chômage à cause de la Grande Dépression[37] et malgré leurs bonnes aptitudes au dessin, ils ne sont pas des spécialistes de l'animation.

Afin d'aider les nouveaux animateurs, Disney avait déjà lancé plusieurs projets internes aux studios précédemment et poursuit donc sur cette voie durant la production de Blanche-Neige. Ben Sharpsteen et David Hand, responsables d'équipes d'apprentis depuis 1931, sont les premiers formateurs des animateurs récemment engagés par le studio[39]. C'est d'ailleurs en voyant certains novices se perfectionner auprès d'animateurs expérimentés que Walt Disney avait engagé Don Graham en 1932[40], alors qu'il était professeur de dessin au Chouinard Art Institute. Dès lors, il supervise des séances de formation et d'entraînement interne et en soirée pour les membres des studios.

Cette méthode bien ancrée durant la production de Blanche-Neige, les nouveaux animateurs sont souvent mis à contribution au sein des équipes de Sharpsteen et Hand sur les Silly Symphonies. La série, en plus d'expérimenter de nouvelles techniques, permet également de tester les animateurs fraîchement formés. Pour parfaire l'animation des personnages, Walt Disney permet à ses animateurs d'étudier le mouvement via des cours en interne. Des acteurs en train de danser et bouger sont ainsi filmés pour permettre aux animateurs d'étudier leurs mouvements et les conséquences sur leur environnement, comme la réaction des vêtements[11]. Des séances filmées auront aussi d'autres utilités.

Les autres films ont aussi bénéficié de cours spéciaux, à l'instar de la morphologie animalière enseignée par le peintre animalier Rico Lebrun pour Bambi (1942)[41].

[modifier] Le département des maquettes

Afin de choisir l'aspect final du personnage titre de Pinocchio, Walt Disney demanda l'assistance de Joe Grant, modéliste-maquettiste du studio[42]. Le journal Hollywood Reporter annonce le 20 mai 1938, la création d'un nouveau département pour la conception et la fabrication de maquettes de personnages[43]. Grant, aidé de Jack Miller et de l'ingénieur-marionnettiste Bob Jones ont conçu des figurines en volume des personnages et des décors, une première pour un film Disney[42]. Pour Allan, elles furent réalisées seulement par Bob Jones[44].

Ces maquettes sont de toutes tailles, allant des modèles réduits des personnages jusqu'à des répliques fonctionnelles des jouets et horloges[44]. A l'automne 1938, l'équipe s'est agrandie avec le sculpteur Charles Cristodora, de l'ingénieur Ted Kline et d'une équipe de peintres sous la direction d'Helen Nerbovig McIntosh[45]. Le premier réalisait des épreuves en terres à modeler qui servaient au second pour faire un moule et une quinzaine de reproductions en plâtre qui étaient ensuite polies, enduites et peintes pour l'équipe de la troisième[45].

Bob Jones réalisa en plus de ces figurines, 175 marionnettes réelles tout au long de l'élaboration du personnage de Pinocchio[46].

[modifier] La Seconde Guerre mondiale

Tandis que la production de Bambi s'achève, les problèmes ressurgissent, d'abord d'argent. Au printemps 1941, Walt réunit ses animateurs et leurs signifie que les dépenses doivent être réduites de moitié[47].

Le studio Disney est engagé fin mai 1941 dans une grève et Walt Disney s'envole pour l'Amérique du Sud mi-août[48] pour une mission au caractère en partie diplomatique. La production du film Bambi aurait été retardée de trois mois tandis que les syndicalistes quittaient le studio[49]. Au même moment le studio est fermé, il réouvre le 12 septembre avec un syndicat mais avec 200 salariés en mois, dont la moitié de grévistes, deux tiers des 300 grévistes ont été réembauchés[50].

À son retour quelques semaines plus tard, Disney achève la production de Dumbo dont la première a lieu le 23 octobre 1941 à New York[51]. En novembre 1941, le studio réduit le nombre de ses employés à 530, licenciant près de 200 employés, soit moins de la moitié des employés présents début mai 1941[50].

Puis à la fin de l'année 1941, avec l'attaque sur Pearl Harbor le 7 décembre[50], les États-Unis entrent dans la Seconde Guerre mondiale[52]. Peu après, durant les premier mois de 1942, l'armée américaine réquisitionne et s'installe sur une partie du studio tandis que près de la moitié des employés est enrôlé comme soldat ou embauché dans une industrie militaire[53]. L'équipe en charge de Bambi est presque abandonnée, et constituée d'une petite quarantaine de personnes, hommes et femmes[53].

La Seconde Guerre mondiale a réduit les effectifs, les revenus et le nombre de productions du studio. L'équipe du studio partie en Amérique Centrale et du Sud revient avec des éléments permettant de réaliser des compilations de moyens métrages aux couleurs latines. Le reste des équipes se concentre sur des courts métrages à vocation militaire dont certains de propagande. 93% des productions Disney sont alors liés à la guerre[54]. La production de compilation de moyens métrages se substitue alors à celle des longs métrages. Mais cette période est aussi marquée par la production d'insignes militaires (Voir ci-dessous).

Une fois le conflit fini, la société a repris ses productions de longs métrages et de courts métrages d'animation mais a ajouté la production de films en prises de vue réelle, principalement à cause d'actifs financiers bloqués au Royaume-Uni. Le studio produit alors des films célèbres comme L'Île au trésor (1950) et 20 000 lieues sous les mers (1954).

On peut noter que la série des Silly Symphonies s'est arrêtée officiellement en 1939, malgré la poursuite de la production de courts métrages indépendants. De même la série des Mickey Mouse est stoppée entre 1942 et 1947 pour reprendre de manière sporadique jusqu'à son arrêt en 1953.

[modifier] 1954-1966 : Début dans la télévision et les films

Les années 1950 marquent aussi l'apparition de programmes télévisés Disney, des émissions de divertissements regroupant des séries en prises de vue réelles, des activités et des (re)diffusions de courts métrages. L'émission emblématique de cette époque est The Mickey Mouse Club, produite par les studios. L'activité télévisuelle sera produite sous le nom Walt Disney Productions jusqu'à la création des filiales spécifiques dans les années 1980, Walt Disney Television et Walt Disney Pictures.

En 1956, Walt Disney décide de stopper la production de courts métrages, le studio se concentre alors sur les longs métrages et la télévision[55]. De plus les dessins animés coutent alors 75 000 $ chacun, ce qui est difficile à rentabiliser uniquement par une exploitation en salle, la télévision drainant le public des cinémas[56], comparé aux 35 000 $ en 1935 nécessitant 18 mois de commercialisation[57].

Aux débuts des années 1960, le département des Encrages et peinture du studio réduit son effectif avec l'introduction du système de reprographie Xerox[58].

Les productions de longs métrages des années 1935 à 1970 sont regroupées sous le nom Premier Âge d'Or des Studios Disney. Cette dénomination fait toutefois fi du faible nombre de créations durant les années 1940. A contrario, certains auteurs parlent de deux âges d'or pour les courts métrages : le premier de 1928 à 1939 avec les Mickey Mouse et les Silly Symphonies, le second durant la décennie 1945-1956 avec les Dingo, les Donald Duck, et les Tic et Tac.

[modifier] 1967-1983 : Le studio endormi

La fin de l'année 1966 est marquée par le décès de Walt Disney. Les projets en cours finissent d'être réalisé en suivant les dernières directives du fondateur du studio. Sous la direction créative de Disney, le studio a réalisé entre 1923 et 1966 plusieurs centaines de courts métrages, dix-neuf longs métrages dont « de nombreux comprennent des images mémorables »[59]. Les productions sous Disney ont défini la plupart des lignes directrices des futures Disney. Robert Tienman liste comme ingrédients essentiels des productions Disney : l'aventure, la romance, l'amitié, la fantaisie et la musique[59].

Les années 1970 sont marquées par l'absence de projets d'envergure pour la branche cinématographique de la société Walt Disney Productions suite au décès en 1966 de Walt Disney. La société se voue essentiellement à réaliser les dernières volontés de son fondateur en construisant le parc Walt Disney World Resort en Floride[60]. On peut quand même noter la sortie de quelques films importants dont :

Ce dernier film est devenu l'une des principales franchises des studios Disney et de la société entière.

Le sommeil apparent des années 1960 à 1980 est une conséquence de la maladie puis de la disparition de Walt Disney. Walt lançait toujours sa société sur plusieurs projets de front que ce soit pour les films ou le reste. Ainsi jusqu'à quatre films d'animation étaient en production dans les années 1940 et au moins une demi-douzaine dans les années 1950. Selon Danny Miller, « en 1982, la plus grande réussite commerciale du studio Disney était encore Mary Poppins sorti en 1964 » et « la division films ne survivait qu'avec les ressorties » des longs métrages classiques d'animations[61]. Miller précise qu'entre 1977 et 1981, 50% des recettes du studio provenaient des ces ressorties alors que les studios concurrents proposaient des nouveautés[61].

[modifier] 1984-1989 : Création d'une filiale cinématographique du groupe Disney

Il semble que c'est en partir à cause de cette accalmie qu'un groupe d'investisseurs à voulu prendre le contrôle de la société au début des années 1980. Divers changements arrivent à cette période... dont les premiers sont, avant même le renommage de Walt Disney Productions en The Walt Disney Company, la création de filiales indépendantes pour assurer les différentes productions.

Le 1er avril 1983, Walt Disney Productions crée à partir du département « animation et films » (Pictures) une société à part entière mais filiale à 100 %, Walt Disney Pictures. Le studio qui produisait auparavant tous les films de Disney se recentre sur les productions pour la famille, essentiellement avec la création de Touchstone Pictures en 1984. La marque devient un synonyme du studio d'animation Disney.

En novembre 1984, une division-filiale est créée spécialement pour les séries télévisées : Walt Disney Television Animation[62]. De plus, Walt Disney Productions prend le nom de Walt Disney Company, suite à l'arrivée de Michael Eisner et Frank Wells à la tête de la société. La nouvelle direction lance de nouveaux projets que ce soit pour les films et les autres secteurs de la société. Différents projets pour rebondir sur la principe de film musical entamée avec Fantasia ont émergé dont l'un évoqué par André Previn dans son mémoire No Minor Chords et proposé par Jeffrey Katzenberg de faire un Fantasia consacré à la musique des Beatles[63]. John Grant indique que l'un des projets fut baptisé Musicana mais qu'en raison du non renouvellement des animateurs suite à plusieurs années de réduction des productions, ce projet de haute qualité n'a pas pu voir le jour[64].

En 1986, Walt Disney Pictures est « amputée » de sa division principale, celle des films d'animation longs-métrages, qui devint une filiale sous le nom de Walt Disney Feature Animation.

En 1988, David Hobermann est nommé président de Touchstone Pictures et de Walt Disney puis en 1994 de la division Motion Pictures avant de partir début 1995 pour devenir un producteur indépendant[65].

Toutefois le service animation se lance dans la création de plusieurs studios en dehors du siège de Burbank : voir Walt Disney Animation Studios.

[modifier] 1989-1995 : Un nouvel âge d'or des longs métrages d'animation

Comme résultante à ces nombreux changements organisationnels, la production de dessins animés est fortement relancée par la direction de Disney.

Cette période est marquée par la sortie de grands films comme La Petite Sirène (1989), Le Roi Lion (1994).

Depuis 1991, Walt Disney Pictures organise certaines premières de ses films au El Capitan Theatre racheté en rénové pour cette raison.

[modifier] 1995-2005 : Conversion au numérique

Au début des années 1990, le studio utilise de plus en plus l'informatique dans ses productions. Un des éléments, inspiré par la volonté d'innovation de Walt Disney, est la collaboration entre Disney et la jeune société Pixar pour la réalisation d'un film totalement en image de synthèse : ce sera Toy Story (1995).

Depuis 1996, Walt Disney Pictures assure la distribution à l'international des films du Studio Ghibli au travers de Buena Vista International.

Le premier DVD édité par Disney est sorti le 2 décembre 1997.

[modifier] Depuis 2005 : Retour de l'animation traditionnelle

En 2005 la division animation de Disney avait décidé de ne produire plus que des films en animation de synthèse mais suite au rachat de Pixar Animation Studios, le studio est revenu au dessin traditionnel.

Le 4 décembre 2006, la société a annoncé le retour à la production de courts-métrages avec Dingo[66], afin de « rechercher de nouveaux talents » mais annonce, le lendemain, le licenciement de 160 animateurs (soit 20% des effectifs) [67].

En 2007, suite au rachat de Pixar et à une politique d'harmonisation des filiales (se traduisant par la suppression du terme Buena Vista) Walt Disney Feature Animation devient Walt Disney Animation Studios.

Le 8 avril 2008, le studio annonce les dix prochains films d'animations prévus jusqu'en 2012[68]. Huit des dix films sont des productions en animation de synthèse. Les films prévus sont : WALL•E (28 juin 2008), La Princesse Grenouille (Noël 2009), Volt, star malgré lui (26 novembre 2008), Up (29 mai 2009), Toy Story (ressorti, 2 octobre 2009), Toy Story 2 (ressorti, 12 février 2010), Toy Story 3 (18 juin 2010), Princesse Raiponce (Noël 2010), Newt (Été 2011), The Bear and the Bow (Noël 2011), Cars 2 (Été 2012), Le Roi de Elfes (Noël 2012).

Le 3 octobre 2008, Disney annonce la production en Inde de quatre films mais comme studio en indépendant et non plus des co-production avec de studios locaux[69].

Le 24 décembre 2008, Disney annonce se retirer du projet Le Monde de Narnia 3, prévu pour 2010[70]. D'après le quotidien spécialisé The Hollywood Reporter, les studios Disney ont décidé de ne pas exercer leur droit de coproduction et de co-financement sur Le Monde de Narnia 3 à cause des trop mauvaises recettes apportées par Le Monde de Narnia : Le Prince Caspian, Walden Media est donc à la recherche d'un nouveau co-producteur[71].

[modifier] Les productions

Le studio Disney a produit, pour des raisons historiques, un important catalogue de films en animation mais suite a une diversification entamée essentiellement à la fin des années 1940, juste après la Seconde Guerre mondiale, le studio a aussi produits de nombreux films en prises de vues réelles et des émissions de télévision.

Le studio a aussi produit des insignes militaires durant la Seconde Guerre mondiale et des œuvres d'art.

[modifier] L'animation

[modifier] Courts métrages d'animation

Le court métrage était le seul format existant en animation lorsque les studios Disney débutèrent leur production au milieu des années 1920. La production est alors d'une série unique pour le studio tel que les Alice Comedies ou Oswald le lapin chanceux puis à la fin des années 1920, une seconde série nommée Silly Symphonies est lancée en parallèle de celle de Mickey Mouse. Les films appartenant à l'une des séries sont souvent regroupés sous le terme de « classiques ».

En 1939, le studio produit La Surprise-partie de Mickey officiellement son premier court métrage publicitaire, ici pour la marque de biscuit Nabisco, bien que le studio ait déjà produit des courts métrages spéciaux tel que la Parade des nominés aux Oscars 1932. Plusieurs sociétés ont commandité par la suite des films.

La production de court métrage explicitement publicitaire s'est, à cause de la Seconde Guerre mondiale, rapidement confondue en 1941 avec la production de court métrage de propagande. Ainsi Donald bénévole (1940) fait officiellement partie de la série Donald Duck malgré son thème de soutien à l'effort de guerre tandis que The Thrifty Pig (1941) au thème similaire est classé comme court-métrage de guerre.

Aussi en 1941, le film Comment faire de l'équitation lance la sous-série des Comment faire... avec en vedette Dingo. Jack Kinney propose une nouvelle évolution pour Dingo : il souhaite lui donner un rôle plus « docte »[72]. Cette série marque le début des films explicatifs mais le coté humoristique avec Dingo prédomine et on ne peut pas encore parler de film éducatifs.

La Seconde Guerre mondiale a vu l'émergence d'un autre type de production, les films de formation, ici essentiellement militaire. Le premier film est Four Methods of Flush Riveting (1942) produit pour Lockheed Aircraft Corporation afin de former les apprentis techniciens des usines de l'avionneur[73]. Beaucoup de ces films réalisés entre 1940 et 1946 sont encore classés « secret défense » ou considérés comme « banned » (« censurés ») en raison de leur caractère caricatural envers les Japonais, Italiens et Allemands.

D'autres films à but pédagogiques sont produits, essentiellement avec la série I'm no fool (1955-1956) mettant en vedette Jiminy Cricket.

Au début des années 1950 la production de films éducatifs apparaît avec History of Aviation l'extrait animé de Victoire dans les airs (1952)[65]. En parallèle la production des séries dites classiques s'amenuise et Walt Disney stoppe la production des séries classiques en 1956[55] mais la production se poursuit quand même avec des films qualifiés de « spéciaux » par Dave Smith. La plupart possède un thème éducatif mais avant tout ludique.

En 1959 avec Donald au pays des mathémagiques le but éducatif s'intensifie. Ce film est ainsi diffusé dans des établissements scolaires afin de « simuler l'intérêt du spectateur pour les mathématiques »[74].

Durant les années 1960 quelques Dingo et Donald sont encore produits et même un film que l'on pourrait presque qualifier de « propagande » car Family Planning sorti en 1967 soutient le planning familial[75].

À partir de 1968, la production de court métrage à caractère éducatif a vu l'émergence de séries commanditées (le caractère publicitaire pourrait être leur être associé) tel que Upjohn's Triangle of Health pour UpJohn Corporation et sur la santé[76] puis simplement thématisée. De nombreux courts métrages éducatifs ont toutefois été produits en dehors des séries.

[modifier] Courts métrages d'animation « Classiques »

[modifier] Courts métrages d'animation publicitaires et militaires

[modifier] Courts métrages d'animation éducatifs

La production des courts métrages éducatifs est très importante, presque comparable à celle des courts métrages classiques. Les films sont fréquemment regroupés en séries de quelques épisodes, souvent produits en même temps sur un thème commun.

Les séries les plus notables sont :

Une liste non exhaustive est disponible :

[modifier] Autres courts métrages d'animation

[modifier] Moyens métrages d'animation

Bien que la catégorie ne soit pas officielle, elle regroupe les films entre 20 et 60 minutes. L'archiviste Dave Smith catalogue plusieurs de ces films en Featurette.

Les studios Disney ont réalisé plusieurs moyens métrages. La plupart ont toutefois été regroupés sous la forme de « films à sketches », tels les classiques des années 1940-50 Saludos Amigos ou Coquin de printemps.

Article détaillé : Moyens-métrages d'animation.

[modifier] Long métrages d'animation

Walt Disney et son studio se lancèrent dans le long métrage d'animation en 1934 et sortirent leur premier film en 1937, Blanche-Neige et les Sept Nains . Depuis cette date, les sorties de longs métrages Disney sont devenues presque régulières, voir annuelles selon les périodes. La plupart des films ont été distingués.

L'année 1985 marque avec Taram et le Chaudron magique la première utilisation d'un procédé informatique dans la production de l'animation chez Disney. Le développement des techniques numériques progresse assez rapidement et en 1995, Disney co-produit avec Pixar, alors studio indépendant, Toy Story, premier long métrage entièrement réalisé en image de synthèse. Durant dix années les deux studios ont coproduits plusieurs films et en 2006, Disney a rachèté Pixar.

[modifier] Cinéma en prises de vues réelles

Le studio Disney a depuis la fin des années 1940 réalisé des films sans aucune animation ou parfois mêlant plus ou moins les deux. La production est essentiellement constituée de longs métrages. Toutefois quelques courts métrages ont été produits. Dave Smith définit ce type de production comme des « featurette », la plupart sont des courts métrages documentaires pour certains des extraits des longs métrages.

[modifier] Télévision

Le studio Disney est l'un des premiers studios cinématographique à se lancer dans la production d'émissions pour la télévision[78].

La première émission télévisée de Disney est One Hour in Wonderland, une spéciale Noël diffusée en 1950, suivie en 1951 par Walt Disney Christmas Show[78].

Comme indiqué précédemment, Walt Disney se lança dans la production d'émission de télévision en 1954 en contre partie du co-financement par American Broadcasting Company du parc Disneyland[78]. La première série régulière, nommée Disneyland débuta le 27 octobre 1954 sur ABC[78]. Cette émission plusieurs fois rebaptisée a été diffusée aux États-Unis en première partie de soirée plus de 29 années consécutives sur les trois principaux réseaux américains (CBS, NBC et ABC)[78].

La filiale « dessins animés télévisés » de Disney produisit et produit encore de nombreuses séries et téléfilms.

Article détaillé : Walt Disney Television Animation.

[modifier] Insignes militaires

La période de la Seconde Guerre mondiale est marquée par la création par les studios Disney de nombreuses insignes militaires à la demande des bataillons, escadrilles et autres divisions de l'armée américaine[79],[80]. Plus de 1 200 insignes seront créés par des artistes sous la direction de Hank Porter et Roy Williams, insignes pour la plupart avec des personnages de Disney, choisi ou non par les demandeurs comme pour les Flying Tigers qui avaient une idée précise, mais Mickey Mouse fut rarement utilisé[79].

Il faut savoir que d'autres studios ont à l'époque été sollicités et des journaux locaux ont même imprimé des albums avec des sélections d'insignes[79].

[modifier] Œuvres d'art

En 1992, le studio lance la Walt Disney Classics Collection, qui est une ligne de sculptures de collection réalisé par le studio reproduisant méticuleusement des personnages et ou des scènes issus des productions Disney avec les proportions exactes définies dans le matériel de production[81]. Les sculptures peuvent être en porcelaines, cristal, verre ou métal et possèdent un cachet d'authentification[81]. Un club officiel sponsorisé par la société Disney, la Walt Disney Collectors Society a été créé en 1993 par Paula Sigman, dans le but d'organiser et fédérer les acheteurs[82]. Cette initiative peut être rapprochée des Walt Disney Gallery lancée en novembre 1994 pour commercialiser de tels objets dans des boutiques spécialisées[82].

[modifier] Analyse des productions

[modifier] De nombreuses productions

Les productions du studio Disney sont très variées et couvrent presque l'intégralité des types et genres de la production cinématographique. Comme nous avons pu le voir dans l'historique, la société ne s'est intéressée à certaines productions qu'au fur et à mesure. On peut résumer l'historique des productions cinématographiques et télévisuelles ainsi :

  • Dans le monde du cinéma
    • Les courts métrages d'animation sont produits dès la création du studio en 1923. Jusqu'en 1934, ils constituent l'essentiel de la production. Les années 1940 sont marquées par des productions publicitaires et militaires puis à partir des années 1950, de courts métrages éducatifs. À partir des années 1960, la production des courts métrages d'animation se cantonne aux courts métrages éducatifs et à quelques exceptions.
    • La production des longs métrages d'animation débute en 1934 et est devenu le fleuron du studio. À partir de 1995, la production de film en image de synthèse révolutionne le monde de l'animation. En parallèle, la production des longs métrages d'animation est surtout constituée par des suites souvent éditées directement en vidéo.

Depuis l'animation traditionnelle est en perte de vitesse pour les longs métrages principalement au niveau de la réception auprès du public. Les années 2000 sont parsemées d'annonce contradictoire sur la conservation et/ou l'arrêt de l'animation traditionnelle.

    • À la fin des années 1940, le studio se lance dans les documentaires animaliers, style suspendu à partir de la fin des années 1970 mais réapparu au milieu des années 2000.
    • La société ne se lance dans la production de films en prise de vue réelle que dans les années 1950. Après de nombreux succès surtout aux États-Unis avec des productions populaires, les années 1980 sont marquées par des films atypiques pour la société comme la science-fiction ou l'horreur mais sans succès. La fin des années 1990 et le début 2000 permettent au studio de retrouver le succès avec des grosses productions comme la trilogie Pirates des Caraïbes.
  • Dans le monde de la télévision
    • La société rentre dans le monde de la télévision en 1955 et produit depuis de nombreuses émissions essentiellement pour la jeunesse ainsi que des séries. Mais ces productions seront associées à des filiales spécifiques. Ainsi à partir des années 1980, Disney Channel produit de nombreux téléfilms et des séries qui dans les années 2000 génèrent des phénomènes de société.
    • Ce n'est que dans les années 1970, que le studio se lance dans la production de série d'animation pour la télévision.

Les critiques les plus courantes à propos des œuvres de Disney, et des dessins animés en général, sont résumées ainsi par Marie-Claire de Coninck[83] : « Les dessins animés proposent leurs personnages, leurs paysages. L'enfant rêve de « Blanche-Neige de Walt Disney » et ne crée plus comme par la lecture ou l'oralité, une « Blanche-Neige dans sa tête », sortie tout droit de sont imagination. Certains dessins animés appuient sur le coté moralisateur alors que le conte enfouit la sagesse dans ses pages ou donne une morale à la fin du récit. Dans le Pinocchio de Disney; le grillon est devenu la conscience du pantin alors que Collodi n'attribue pas une conscience qui le taraude à son pantin fugueur et menteur. Le conte de fée-dessin animé, réécrit le conte traditionnel, édulcore le récit. La dernière partie de La Belle au Bois dormant est supprimée par exemple. Il est vrai que le film sombrerait dans l'horreur », avec la belle-mère profitant du départ à la guerre du prince pour tenter de manger les deux enfants de la Belle, puis de jeter toute la petite famille dans une énorme cuve emplie de crapauds et divers serpents.

[modifier] Productions des années 1920 : l'apprentissage

Pour Merrit et Kaufman l'étude des premiers films de Disney, réalisés dans les années 1920, avant d'être éclipsés par les Mickey Mouse et Silly Symphonies ont la particularité de n'avoir aucun sens d'évolution particulier, aucun jalon, et se résument par une accumulation d'éléments disparates[84].

Les films réalisés par Laugh-O-Grams à Kansas City sont assez innovants mais techniquement assez proches des Oswald le lapin chanceux et dans les Alice Comedies, le chat Julius n'innove pas du tout en se contentant d'imiter Félix le Chat[84]. Mais graphiquement parlant, les décors au sein de la série Alice Comedies suivent une tendance inverse à l'amélioration qui vont des très riches et significatifs des Alice's Egg Plant, Alice Picks the Champ et Alice Rattled by Rats (1925) à ceux très schématiques Alice the Fire Fighter et Alice's Brown Derby (1926) [84]. Même le personnage d'Alice suit cette tendance, Virginia Davis est très présente et interagit avec les autres personnages mais quand elle est remplacée par Margie Gay le personnage d'Alice « se contente de gesticuler tel un piéton »[84], ce qui est dû à la nécessite de réduire les coûts de production.

Les Laugh-O-Grams, réinterprétant des contes populaires sont souvent comparés avec les productions similaires plus tardives et dénotent une faiblesse narrative importante accès sur le gag plus que sur la « résonance mythique »[85], l'usage de symbole, de mythes qui transcendent l'histoire.

Dès 1925, Walt Disney utilise le recyclage en réutilisant des gags, des scénarii et dessins[85]. La production des Alice et Oswald a permis aux équipes de Disney de se constituer une bibliothèque de gags et de personnages secondaires, réutilisés dans les années 1930 donnant l'impression d'être des séries d'apprentissages[85]. Ce qu'il reste surtout de la période dans l'histoire de Walt Disney est avant tout sa détermination à créer son propre studio d'animation[85]. Mais cet usage est souvent associé à l'influence des distributeurs de Disney qui demandent explicitement à Disney d'user du même humour que Félix le Chat ou Koko le Clown, et ce dès 1924 comme l'atteste une lettre datée du 9 janvier 1924 de Margaret Winkler[85].

[modifier] La technologie au service de l'animation

Le studio Disney a tout au long de son histoire cherchait innover, et cela est souvent associé à l'esprit d'innovation de Walt Disney. L'un des éléments les plus souvent cité est l'usage du son pour Steamboat Willie. Disney use ici d'une technologie empruntée à Pat Powers, le Photophone mais développera aussi ses propres technologies.

[modifier] Technologies empruntées

Voici quelques unes des technologies développées en dehors de chez Disney :

  • Le Photophone pour le son dans les années 1920-1930
  • Le Technicolor pour l'ajout de couleur, voir ci-dessous
  • Le procédé Xerox ou xérographie est un procédé de transfert de représentation depuis un support vers un autre développé dans les années 1940. Il a été appliqué à l'animation à la fin des années 1950 et a permis de transférer les dessins au crayon sur cellulos[86], accélérant la production. Le premier film Disney à l'utiliser est La Belle au bois dormant (1959) suivi par Goliath II (1960) et surtout Les 101 Dalmatiens (1961)[86] pour lequel le procédé a simplifié l'animation en raison de la multiplicité des chiots. Ce procédé a été utilisé jusqu'à la fin des années 1980 quand l'informatique a supplanté l'usage des cellulos[86].

[modifier] L'usage de la couleur

Disney souhaitait utiliser de la couleur pour ses films dès 1926 mais les procédés techniques d'alors étaient trop onéreux et pas adaptés à l'animation, en raison de la faible gamme de couleurs disponibles[87]. Le plus connu était un système Technicolor sur deux bandes.

Disney avait malgré tout tenté des expériences comme avec les cellulos teintés en 1930. Dans le film Frolicking Fish (1930) les animateurs ont utilisé des cellulos teintés en vert pour renforcer l'aspect sous-marin[88], tandis que pour Nuit (1930) ce sont des cellulos teintés en bleu pour l'effet nocturne[89]. À la faveur d'un changement de contrat de distribution, pour RKO, le budget plus conséquent permet aux équipes de Disney d'aller plus loin encore dans l'innovation et la qualité.

Le premier court métrage du studio a utilisé un procédé pour restituer la couleur est Des arbres et des fleurs, une Silly Symphony de 1932[90]. Afin de s'assurer une agence contre ses concurrents, Walt Disney signe peu avant la sortie de ce film un contrat d'exclusivité de deux ans pour l'usage du procédé Technicolor sur trois bandes[90],[91]. La production des Silly Symphonies passe totalement zen couleur avant le fin de l'année mais il décide seulement en 1935 de faire le pas avec la série Mickey Mouse[90]. Le premier court métrage de Mickey à utiliser la couleur est La Fanfare[90].

Les longs métrages d'animation, dont le premier est alors en production, sont eux tous produits en couleur. À la fin de la seconde guerre mondiale, le studio se lance dans les longs métrages en prises de vue réelles mais comme certains sont prévus pour être rediffusés à la télévision alors en noir et blanc, leur tournage se fait aussi en noir et blanc[90].

Au milieu des années 1950, alors que la télévision passe à la couleur mais reste en noir et blanc dans la majorité des foyers, Walt Disney décide contre l'avis d'ABC, alors son distributeur, de produire toutes ses émissions en couleur[90]. Cette décision a permis aux studios Disney de rediffuser dès 1962 ses productions produites depuis 1955[90].

La plupart des longs métrages produits en noir et blanc ont été colorisés par la suite comme par exemple Monte là-d'ssus (1961) en 1986[90].

[modifier] Technologies développées

[modifier] La notion de suite et de remake

La société Disney, selon le vœu de Walt Disney a longtemps refusé de faire des suites de ses films à succès[96]. Pourtant dès 1934, la série Silly Symphonies voit l'apparition d'une première suite, la première des trois suites du film Les Trois Petits Cochons (1933)[96], d'autres succès auront eux aussi des suites.

Dans le monde de la télévision, la société Disney a de suite procédé à la production de « suite », le terme approprié est celui de séries télévisées avec par exemple Zorro (1957-1961) ou Davy Crockett (1954-55).

Dans le monde des longs métrages, les premières suites concernent ceux en prises de vues réelles apparues dans les années 1960[96] comme Après lui, le déluge (1963) suite de Monte là-d'ssus (1961) et Sam l'intrépide (1963), suite de Fidèle Vagabond (1957). De plus avec la fin des années 1970 et les années 1980, la notion de suite est devenue plus commune, de nombreuses suites ont été réalisées comme la saga de la Coccinelle ou les suites de Chérie, j'ai rétréci les gosses[96].

La première suite d'un long métrage d'animation est Bernard et Bianca au pays des kangourous (1990).

Concernant les remakes, la société Disney a pratiqué cela à ses débuts en réutilisant des scénarios des courts métrages des Alice Comedies et Oswald le lapin chanceux pour des Mickey Mouse et Donald Duck entre autres. Toutefois ce n'est qu'avec les années 1990 que la société s'est lancée dans la production de remake de ses anciennes productions de longs métrages. On peut noter ainsi

[modifier] Les distributeurs

De 1932 à 1937, la distribution des courts métrages est assurée par United Artists, qui a aussi distribué Victoire dans les airs en 1943[97]

En 1952, après 18 années avec RKO, Disney n'est plus satisfait de son contrat de distribution et développe une société interne, Buena Vista Distribution, qui à la fin des années 1950 distribuera aussi des films non Disney[98].

[modifier] Les éditions sur support

En dehors de quelques tentatives de vente sur support 16 mm à la fin des années 1940 et dans les années 1960, le studio Disney ne vendait pas en masse ses productions. Parmi les sorties sur support 16 mm, on peut citer :

Ce n'est qu'à la fin des années 1970, que le studio se lance dans l'édition de film sur support vidéo de masse. La première sortie pour la société d'une production sur support vidéodisque/Laserdisc a eu lieu le 16 décembre 1978[101]

En octobre 1980, édite ses premiers films à la fois sur support VHS et betamax[102]. En plus de quelques compilations de courts métrages d'animation, dix films sont édités sous ces formats dont Le Trou noir et Un amour de Coccinelle[102].

Le premier long métrage d'animation Disney à sortir en vidéo est Dumbo, édité en juin 1981 mais en location seulement[101]. Alice au pays des merveilles est lui édité de la même façon en octobre 1981 puis les deux titres sont mis en vente libre à partir de 1982[101].

À partir de juillet 1985, Pinocchio est à son tour édité en vidéo et inaugure le système encore en vigueur pour les sorties vidéo Disney[101] : un « titre est édité, disponible en temps limité, retiré ensuite de la vente afin de permettre une période moratoire et une réédition quelques années plus tard »[101].

C'est aussi en 1985 qu'est sorti la première tentative d'édition directe en vidéo avec Breakin' Through[101]. Le système n'a été relancé qu'en 1994 avec le premier long métrage d'animation en direct-to-video, Le Retour de Jafar puis d'autres productions[101].

Logo de la marque Disney DVD.

En 1991, les sociétés Buena Vista Home Entertainment (ou Buena Vista Distribution) et Buena Vista International sont créées pour assurer la distribution des productions des différents groupes de Buena Vista.

Le premier DVD Disney est édité le 4 septembre 1997 par Buena Vista Home Entertainment[103].

[modifier] Différents axes d'études

De nombreux auteurs ont cherché à étudier les productions du studio Disney sous différents axes. La plupart étudie l'œuvre du studio de manière chronologique, et surtout de la partie animation, détaillant souvent chaque film. Il existe aussi plusieurs ouvrages sur les personnages d'animation.

Quelques auteurs ont cherché des axes plus originaux, on peut citer entre autres[104] :

  • Russel Merritt et JB Kaufman
    • la période du cinéma muet dans Walt in Wonderland : The Silent Films of Walt Disney (1992)
    • les Silly Symphonies dans Walt Disney's Silly Symphonies : A Companion to the classic cartoons series (2006),
  • Charles Solomon traite des films, courts et longs métrages, qui n'ont jamais été diffusé, hormis certains en bonus de DVD dans The Disney That Never Was (1995)
  • Ollie Johnston et Franklin Thomas, les techniques d'animation dans The Illusion of Life (1995),
  • John Canemaker, la pré-production, essentiellement au travers des œuvres d'inspiration dans Before the Animation Begins (1996).
  • Bill Cotter, les productions télévisuelles dans The Wonderful World of Disney Television (1997).
  • Robin Allan, l'influence de l'Europe sur les productions Disney dans Walt Disney and Europe (1999).
  • Sean Griffin, l'image et l'acceptation de l'homosexualité dans les productions et l'entreprise Disney dans Tinker Belles and Evil Queens (2000).
  • Amy M. Davis, l'image de la femme dans les films Disney dans Good Girls and Wicked Witches (2006)
  • David Whitley, la présence de la nature dans les films Disney dans The Idea of Nature in Disney Animation (2008).
  • Mindy Aloff, les références à la danse dans les films Disney dans Hippo in a Tutu (2008).

[modifier] Les directeurs

En 2009, la direction est la suivante

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

[modifier] Les textes originaux

Les textes originaux de certains dessins animés sont disponibles dans le domaine public.

[modifier] Notes et références

  1. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia p 593
  2. (en) Russel Merritt & J.B. Kaufman, Walt Disney's Silly Symphonies p.68
  3. Disney Studios helped put sleepy city on map
  4. (en) Russel Merritt & J.B. Kaufman, Walt Disney's Silly Symphonies p 60
  5. (en) Russel Merritt & J.B. Kaufman, Walt Disney's Silly Symphonies p 90
  6. (fr) Bruno Girveau, Il était une fois Walt Disney : Aux sources de l'art des studios P. 178
  7. (en) Christopher Finch, L'Art de Walt Disney de Mickey à Mulan p 28
  8. Dave Smith et Steven Clack, Walt Disney : The first 100 years p. 30
  9. (en) Russel Merritt & J.B. Kaufman, Walt Disney's Silly Symphonies p 118
  10. (en) Christopher Finch, Notre Ami Walt Disney p.51-55.
  11. ab Harry Arends, Making of de « Blanche-Neige et les Sept nains », disponible sur le premier DVD de l'édition collector du film.
  12. (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, Disney Animation : The Illusion of Life, p.109.
  13. (en) Charles Salomon, The Disney That Never Was p.161.
  14. (en) Leonard Maltin, The Disney Films: 3rd Edition p.30
  15. (fr) Il était une fois Walt Disney : Aux sources de l'art des studios, pp.20, 38 & 112.
  16. (en) Richard Holiss & Brian Sibley, Snow White and the Seven Dwarfs, p.17.
  17. (en) Robin Allan, Walt Disney and Europe p.31.
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  19. 7 Mickey Mouse, 3 Silly Symphonies, 3 Donald Duck et 1 Pluto
  20. 6 Silly Symphonies, 5 Mickey Mouse, 5 Donald Duck et 2 Dingo & Donald
  21. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia p. 458
  22. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p.437.
  23. (en) John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, p.158.
  24. (en) Bob Thomas, Disney's Art of Animation : From Mickey Mouse to Beauty and the Beast p 83
  25. (en) Robin Allan, Walt Disney and Europe, p.75.
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  28. (en) Jerry Beck, The Animated Movie Guide, Chicago Review Press, 2005, 348 p. (ISBN 1556525915) , p.76.
  29. (en) Robin Allan, Walt Disney and Europe, p.9 (note 9).
  30. (en) Michael Barrier, The Animated Man: A Life of Walt Disney, p. 162.
  31. (en) Michael Barrier, Hollywood Cartoons, p.279.
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  35. (en) Richard Holiss & Brian Sibley, Snow White and the Seven Dwarfs, p.16.
  36. (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, Disney Animation : The Illusion of Life, p.145.
  37. ab (en) Bob Thomas, Disney's Art of Animation, p.66.
  38. Aux origines de l'œuvre : La Production de « Blanche-Neige et les Sept nains », disponible sur le second DVD de l'édition collector du film.
  39. (en) Russel Merritt & J.B. Kaufman, Walt Disney's Silly Symphonies p.37.
  40. (en) Biographie de Donald W. Graham sur le site qui lui est consacré.
  41. (fr) Pierre Lambert, Walt Disney, l'âge d'or, p.148
  42. ab (fr) Pierre Lambert, Walt Disney, l'âge d'or, p.80
  43. (en) "Pinocchio": The Model Shop
  44. ab (en) Robin Allan, Walt Disney and Europe p.82.
  45. ab (fr) Pierre Lambert, Walt Disney, l'âge d'or, p.81
  46. (en) Kathy Merlock Jackson, Walt Disney: Conversations p 44
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  69. Walt Disney Co goes solo in India
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  71. Disney lâche Narnia
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  102. ab (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia p. 586
  103. Disney Investor Relations - 1997 Fact Book
  104. Les ouvrages mentionnés sont référencés dans la bibliographie.
  105. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia p 57
  106. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia p. 307
  107. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia p 488


Longs-métrages d'animation de la Walt Disney Company
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