Charles Péguy

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Charles Péguy

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Portrait de Charles Péguy par Jean-Pierre Laurens.

Activités Écrivain, poète et essayiste
Naissance 7 janvier 1873
Orléans
Décès 5 septembre 1914 (à 41 ans)
Villeroy (Seine-et-Marne)
Langue d'écriture Français

Compléments

Charles Pierre Péguy (Orléans, 7 janvier 1873 ; Villeroy, 5 septembre 1914) est un écrivain, poète et essayiste français. Il est également connu sous les noms de plume de Pierre Deloire et Pierre Baudouin[1].

Son œuvre, multiple, comprend des mystères d'inspiration médiévale en vers libres[Note 1], comme Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912), et des recueils de poèmes en vers réguliers, comme La Tapisserie de Notre-Dame (1913), d'inspiration mystique, et évoquant notamment Jeanne d'Arc, un personnage historique auquel il reste toute sa vie profondément attaché. C'est aussi un intellectuel engagé : après avoir été militant socialiste libertaire[2], anticlérical, puis dreyfusard au cours de ses études, il se rapproche à partir de 1908 du catholicisme et du conservatisme[3] ; il reste connu pour des essais où il exprime ses préoccupations sociales et son rejet de la modernité (L'Argent, 1913).

Biographie et œuvre[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Charles Péguy naît en 1873 à Orléans dans une famille modeste. Sa mère, Cécile Quéré, est rempailleuse de chaises. Son père, Désiré Péguy, est menuisier, il mourra d'un cancer de l'estomac[4] quelques mois après la naissance de l'enfant, qui est alors élevé par sa grand-mère et sa mère. Durant cette enfance, Charles Péguy connaît non pas la misère, mais une austère et digne pauvreté dont il gardera le souvenir lumineux, parlant de « l'honneur, de la piété de l’ouvrage bien faite » : « J'ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main, que ce même peuple avait taillé ses cathédrales »[5]. De 1879 à 1885, il fréquente les classes de l'école primaire annexe de l'École normale d'instituteurs d'Orléans. Le voisin, le vieux briscard Louis Boitier, lui récite Les Châtiments et le premier, lui donne le goût des vers de Victor Hugo qui vont chanter dans sa mémoire[6]. L'ayant remarqué, le directeur de l'École normale, Théodore Naudy, le fait entrer en 1885 au lycée d'Orléans en lui faisant obtenir une bourse qui lui permet de continuer ses études. Pendant ces années passées à Orléans, Péguy suit des cours de catéchisme auprès de l'abbé Cornet, chanoine de la cathédrale. En classe de quatrième, son professeur de lettres, Jules Doret, lui fait apprendre par cœur les poèmes de Hugo, et Péguy témoignera plus tard de l'emprise que les vers célèbres de Napoléon II[Note 2] ont exercé sur lui[7]. Au lycée Pothier, quoique bon élève, il se fait remarquer par son caractère : en avril 1889, le proviseur du lycée écrit sur son bulletin : « Toujours très bon écolier, mais j'en reviens à mon conseil du dernier trimestre : gardons-nous du scepticisme et de la fronde et restons simple. J'ajouterai qu'un écolier comme Péguy ne doit jamais s'oublier ni donner l'exemple de l'irrévérence envers ses maîtres »[8].

Il obtient finalement son baccalauréat le 21 juillet 1891. Demi-boursier d'État, Péguy prépare ensuite le concours d'entrée à l'École normale supérieure au lycée Lakanal, à Sceaux, puis au collège Sainte-Barbe. Il fréquente encore la chapelle du lycée Lakanal en 1891-1892. D'après son condisciple Albert Mathiez, c'est peu à la fin de cette période qu'il devient « un anticlérical convaincu et pratiquant[9] ». Il intègre l'École normale supérieure le 31 juillet 1894, sixième sur vingt-quatre admis. Entre-temps, de septembre 1892 à septembre 1893, il fait son service militaire au 131e régiment d'infanterie.

À l'École normale supérieure, il est l'élève de Romain Rolland et d’Henri Bergson, qui ont une influence considérable sur lui : « Nourri… de la fleur de l'esprit classique en même temps que des généreux idéaux de l'esprit moderne, Péguy était appelé à concilier en lui les appels les plus divergents et à incarner la totalité de l'esprit français »[10]. Il y affine également ses convictions socialistes, selon une vision personnelle faite de rêve de fraternité et de convictions tirées de sa culture chrétienne, qu'il affirme dès sa première année à l'École. Lorsqu'éclate l'affaire Dreyfus, il se range d'emblée du côté des dreyfusards. En février 1897, il écrit son premier article dans la Revue socialiste, et en juin 1897, achève d'écrire Jeanne d'Arc, un mystère lyrique en vue duquel il a effectué un important travail de documentation.

Son socialisme libertaire[11],[12],[13] n'est pas un programme politique, et ne relève pas d'une idéologie plus ou moins fondée sur le marxisme ; pour Péguy, le socialisme choisi et formulé dès sa jeunesse est essentiellement un idéal rêvé de société d'amour et d'égalité entre les hommes : « Comme il eut souci de tenir ensemble sa foi politique et sa foi religieuse, Péguy n'entend pas séparer son baptême et sa culture »[10].

Sur la Commune de Paris, Charles Péguy a écrit dans Notre jeunesse : « Le 18 mars même fut une journée républicaine, une restauration républicaine en un certain sens, et non pas seulement un mouvement de température, un coup de fièvre obsidionale, mais une deuxième révolte, une deuxième explosion de la mystique républicaine et nationaliste ensemble, républicaine et ensemble, inséparablement patriotique »[14].

L'affaire Dreyfus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Dreyfus.

Charles Péguy, dès le début de ses études supérieures, est profondément révolté par l'antisémitisme — au point d'avoir réclamé une réparation par duel au pistolet après une plaisanterie faite sur son ami Albert Lévy. Il garde de l'année 1898 le souvenir d'un « temps inoubliable de béatitude révolutionnaire »[15]. En janvier de cette même année, il signe toutes les protestations publiées dans l'Aurore pour demander la révision du procès Dreyfus, alors même qu'il prépare l'agrégation. Il participe à de nombreux affrontements entre dreyfusards et antidreyfusards.

Intellectuel et visionnaire[modifier | modifier le code]

Le 28 octobre 1897, il épouse civilement Charlotte-Françoise Baudouin (1879-1963), sœur de Marcel Baudouin, un de ses proches amis décédé en juillet 1896, et s'installe avec elle au 7, rue de l'Estrapade (aujourd'hui no 21). Ils ont quatre enfants : Marcel (1898-1972), Germaine (1901- 1978), Pierre (1903-1941) et Charles-Pierre (1915-2005). Un an plus tard, il fonde, près de la Sorbonne, la librairie Bellais, qui sert de quartier général au mouvement dreyfusiste ; son échec à l'agrégation de philosophie l'éloigne définitivement de l'université. À la même époque, il écrit dans la Revue blanche[16].

Cependant, dès 1900, après la quasi-faillite de sa librairie, il se détache de ses associés Lucien Herr et Léon Blum et fonde dans la foulée les Cahiers de la Quinzaine, au 8 rue de la Sorbonne, revue destinée à publier ses propres œuvres et à faire découvrir de nouveaux écrivains. Romain Rolland, Julien Benda, Georges Sorel, Daniel Halévy et André Suarès y contribuent. Le premier numéro paraît le 5 janvier 1900, tiré à mille trois cents exemplaires ; en quatorze années d'existence et deux cent vingt-neuf Cahiers à parution très irrégulière, la revue ne dépasse jamais les mille quatre cents abonnés, et sa survie reste toujours précaire. Il fut un farouche défenseur de la cause arménienne, lors des massacres qui préludèrent au génocide[17].

En 1913, dans L'Argent, Charles Péguy est le premier à employer l'expression « hussards noirs »[18] à propos des élèves-maîtres de l'École normale d'Orléans dont il fréquenta l'école primaire annexe de 1879 à 1885 : l'expression est employée depuis lors pour désigner les instituteurs de la IIIe République après le vote des lois Jules Ferry.

En politique, après sa « conversion[19] » au socialisme, Péguy soutient longtemps Jean Jaurès, avant qu'il n'en vienne à considérer ce dernier, à cause de son pacifisme, comme un traître à la nation[20] et à sa vision du socialisme : car pour Péguy, « le parti politique socialiste est entièrement composé de bourgeois intellectuels. Ce sont eux qui ont inventé le sabotage et la double désertion, la désertion du travail, la désertion de l'outil. Pour ne point parler ici de la désertion militaire. [...] Ce sont eux qui ont fait croire au peuple que c'était cela le socialisme et que c'était cela la révolution »[21],[22]. Dans l'immédiat avant-guerre et le climat de fièvre d'une revanche longtemps espérée sur l'Allemagne, il écrit dans le Petit Journal daté du 22 juin 1913 : « Dès la déclaration de guerre, la première chose que nous ferons sera de fusiller Jaurès. Nous ne laisserons pas derrière nous un traître pour nous poignarder dans le dos »[23].

Pour Péguy, la République se doit de poursuivre, par son organisation, ses exigences morales et donc son énergie, l'œuvre de progrès de la monarchie au service du peuple tout entier, et non pas au service de quelques-uns – comme la IIIe République le faisait selon lui, à cause de la faiblesse de son exécutif et de l'emprise abusive des partis. Son nationalisme est spontanément philo-judaïque par fidélité à nos racines autant judéo-chrétiennes que gréco-romaines. Pour lui, la « race française » est le fruit millénaire d'une correspondance entre un peuple et une terre irriguée par des siècles de christianisme ; le christianisme est d'abord païen, au sens du latin paganus (paysan). C'est à cette vision de la nation qu'adhèrent plus tard Bernanos et de Gaulle. Par conviction, il s'oppose fermement à cet « universalisme facile » qui commence, à ses yeux, à marquer la vie économique et culturelle : « Je ne veux pas que l'autre soit le même, je veux que l'autre soit autre. C'est à Babel qu'était la confusion, dit Dieu, cette fois que l'homme voulut faire le malin »[24]. Pour Péguy, tout ce qui relève de la confusion et du désordre nous enchaîne ; ce sont l'ordre, l'organisation, la rationalité qui libèrent.

La profonde influence d'Henri Bergson[modifier | modifier le code]

Péguy, disciple de Bergson dès 1898, quand le philosophe fut nommé maître de conférence à l'École Normale Supérieure, exprima ensuite son enthousiasme d'auditeur des leçons de ce maître au Collège de France. C'est que très tôt, Péguy avait pressenti l'affinité de la philosophie bergsonienne avec la spiritualité chrétienne, que Bergson explicitera en 1932 dans les Deux sources de la morale et de la religion. Il écrit à Bergson, dès le 2 mars 1914 : « C'est vous qui avez réouvert en ce pays les sources de la vie spirituelle[25] ». Bien que mise à l'Index en juin 1914 par l'Église catholique et sévèrement critiquée par Jacques Maritain[Note 3], la philosophie bergsonienne du « mouvant » avait de quoi profondément séduire Péguy[26]. Dans sa Note conjointe, il traduit en termes littéraires, notamment la notion – si centrale dans cette philosophie – de la durée :

« Quand Bergson oppose le tout fait au se faisant[Note 4] […] il fait une opposition, il reconnaît une contrariété métaphysique de l'ordre même de la durée et portant sur l'opposition, sur la contrariété profonde, essentielle, métaphysique du présent au futur et du présent au passé. C'est une distinction de l'ordre de la métaphysique. C'est cette profonde et capitale idée bergsonienne que le présent, le passé, le futur ne sont pas du temps seulement mais l'être même[Note 5]. Qu'ils ne sont pas seulement chronologiques. Que le futur n'est pas seulement du passé pour plus tard. Que le passé n'est pas seulement de l'ancien futur, du futur de dedans le temps. Mais que la création, à mesure qu'elle passe, qu'elle descend, qu'elle tombe du futur au passé par le ministère, par l'accomplissement du présent ne change pas seulement de date, qu'elle change d'être. Qu'elle ne change pas seulement de calendrier, qu'elle change de nature. Que le passage par le présent est le revêtement d'un autre être. Que c'est le dévêtement de la liberté et le revêtement de la mémoire. »

— Note conjointe sur M. Bergson et la philosophie bergsonienne[27].

Le réalisme spirituel de Bergson a aussi été à la source de la poétique de Péguy : aux yeux du poète, c'est lui qui fonde l'harmonie entre ce qu'il appelle le charnel et le spirituel[26]. Unissant Bergson et Descartes, Péguy accorde à la révolution bergsonienne une importance égale à la révolution cartésienne[28]. Bergson lui-même appréciait Péguy et l'interprétation qu'il donnait de sa philosophie. Il le confia à Jacques Chevalier en 1919 parlant de Péguy comme « l'un de mes premiers disciples, qui m'a si bien compris »[29].

Écrivain et mystique[modifier | modifier le code]

Son retour au catholicisme, dont il avait été nourri durant son enfance, a eu lieu entre 1907 et 1908[30],[Note 6]. Il confie en septembre 1908 à son ami Joseph Lotte : « Je ne t'ai pas tout dit… J'ai retrouvé la foi… Je suis catholique… »[31]. Cependant, son entourage remarquait depuis quelques années déjà ses inclinations mystiques ; ainsi, les frères Jean et Jérôme Tharaud se souviennent l'avoir fait pleurer en racontant les miracles de la Vierge, à la Noël 1902[32]. Une confidence à demi-mots de Péguy[33] laisse à penser que sa conversion intervint à la suite d'une lecture de l'Évangile de la Passion selon saint Matthieu[34]. Le 16 janvier 1910 paraît Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc, qui s'inscrit clairement dans la perspective d'une méditation catholique et manifeste publiquement sa conversion. La réaction du public catholique est plutôt méfiante, même si L'Amitié de France et La Croix font une critique élogieuse de l'ouvrage. Son intransigeance et son caractère passionné le rendent suspect à la fois aux yeux de l'Église, dont il attaque l'autoritarisme, et aux yeux des socialistes, dont il dénonce l'anticléricalisme ou, un peu plus tard, le pacifisme, pour lui inopérant et, qui plus est, à contre-sens, quand l'Allemagne redevient menaçante.

À partir de 1911, Péguy qui est au tournant de la quarantaine, fait l'amère expérience des déceptions, des ratages et des critiques injustes des milieux académiques après les remous provoqués par l'essai polémique contre Fernand Laudet[Note 7]. Son pessimisme et sa détresse sont immenses, comme en témoigne son ami Daniel Halévy : « Ah, lui dit un jour Péguy, je ne savais pas que c'était ça la vie ! » Terrible aveu de désespoir dont il tâche de se sauver par une frénésie de travail : « Je travaille tout le temps, tous les jours, je me sauve ainsi de descendre plus profondément », écrit-il le 4 août 1911 à son ami Charles Lucas de Pesloüan. Rédigés entre l'automne 1911 et le printemps 1912, les Quatrains, envahis de visions sanglantes, sont à la fois une imploration et le poème de ce désespoir[35]. Et au milieu de tant de difficultés, s'ajoute en 1912, l'inquiétude provoquée par la paratyphoïde de Pierre, son second fils ; Péguy fait alors le vœu de se rendre en pèlerinage solitaire à Chartres, du 14 au 17 juin, parcourant 144 km en trois jours. Alain-Fournier l'accompagne sur une partie du chemin[36]. « J'ai fait un pèlerinage à Chartres. Je suis Beauceron, Chartres est ma cathédrale », avoue-t-il à son ami Joseph Lotte, ajoutant : « Notre Dame m'a sauvé du désespoir »[37]. Il fait à nouveau ce pèlerinage en 1913, du 25 au 28 juillet. Il écrit : «… J'ai tant souffert et tant prié… Mais j'ai des trésors de grâce, une surabondance de grâce inconcevable… »[38]. Pourtant, Péguy n'a pas retrouvé la joie, mais seulement une sérénité précaire qui n'empêche ni regret ni mélancolie ; et il ne devient pas catholique pratiquant. Charles Péguy n'aurait jamais communié adulte et n'aurait reçu les sacrements qu'un mois avant sa mort, le 15 août 1914, à Loupmont, alors qu'il était sous l'uniforme.

La bénédiction de son patriotisme par Dieu s'inscrit dans le courant de pensée majoritaire des années d'avant-guerre qui, après les années d'abattement dues à la défaite de 1870, attendait et espérait une revanche :

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre. (…)
Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu (…)
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés[39]. »

Elle fait écho aux Béatitudes.

L'œuvre de Péguy célèbre avec flamme des valeurs qui pour lui sont les seules respectueuses de la noblesse naturelle de l'homme, de sa dignité et de sa liberté : d'abord, son humble travail, exécuté avec patience, sa terre, cultivée avec respect, sa famille : « Il n'y a qu'un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c'est le père de famille », écrit-il[40]. Ce sont là ses valeurs essentielles, liées à son patriotisme et à sa foi dans une République qui serait enfin forte, généreuse et ouverte. Et c'est précisément là, pour lui, que dans une action résolue, se rencontre Dieu. À ce titre Péguy peut apparaître comme un théologien, chantre des valeurs de la nature créée par un Dieu d'amour. D'où aussi son attachement profond à Marie : il aurait passé la nuit précédant sa mort à fleurir la statue de la Vierge dans la petite église du village où stationnait son unité[Note 8].

Antimoderne[modifier | modifier le code]

La réforme scolaire de 1902, portant sur les humanités modernes et l'enseignement secondaire unique, est sans doute la première occasion à laquelle Péguy exprime aussi violemment son rejet du monde moderne[41] : « Comme le chrétien se prépare à la mort, le moderne se prépare à la retraite ». Dans ses Cahiers de la quinzaine, il écrit : « Aujourd'hui, dans le désarroi des consciences, nous sommes malheureusement en mesure de dire que le monde moderne s'est trouvé, et qu'il s'est trouvé mauvais »[42]. Il se sépare ainsi peu à peu de la gauche parlementaire coupable, à ses yeux, de trahir ses idéaux de justice et de vérité, pour rejoindre les rangs des nationalistes qui jugent inévitable une nouvelle guerre, au moins pour recouvrer l'intégrité du territoire d'une France mythifiée par le culte de figures comme Richelieu, que nul ne surpasse, selon lui, « dans le régime révolutionnaire »[43], et surtout de Jeanne d'Arc.

Deux ans plus tard, dans Zangwill, il allie ce rejet de la modernité à celui d'une certaine idée du progrès, « grande loi de la société moderne[44] ». Péguy critique dans la modernité d'abord la vanité de l'homme qui prétend remplacer Dieu, et un avilissement moral largement inévitable, en raison surtout de la part donnée à l'argent et à l'âpreté mise dans sa recherche et son accumulation ; un monde qui tourne le dos aux humbles vertus du travail patient de l'artisan ou du paysan.

Mort au champ d'honneur[modifier | modifier le code]

Mémorial à Villeroy-sur-Marne (Le nom de Péguy se trouve en haut à droite).

Son fils aîné devant rentrer à Sainte-Barbe en octobre 1913, Péguy loue une maison à Bourg-la-Reine, 7 rue André Theuriet[45]. Il y demeure avec son épouse et ses enfants, Marcel, né en 1898, Germaine, née en 1901 et Pierre, né en 1903. À Bourg-la-Reine, il termine Ève, rédige la Note sur Bergson et la Philosophie bergsonienne, la Note conjointe sur Descartes et la philosophie cartésienne et continue la rédaction des Cahiers de la Quinzaine[45].

Lieutenant de réserve, il part en campagne dès la mobilisation en août 1914, dans la 19e compagnie du 276e régiment d'infanterie. Il meurt pendant les combats de la bataille de l'Ourcq à la veille de la première bataille de la Marne, tué d'une balle au front, le samedi 5 septembre 1914 entre Penchard et Villeroy[46] (près de Le Plessis-l'Évêque, lieu cité pour sa mort sur la fiche du Ministère de la Défense[47]), près de Meaux, alors qu'il exhortait sa compagnie à ne pas céder un pouce de terre française à l'ennemi. Il serait mort, selon Victor Boudon, l'un des ses camarade de combat présent à ses côtés, en disant : « Oh mon Dieu, mes enfants...»[48].

Selon le maréchal Juin[49], le 5e bataillon du 276e RI, dans lequel se trouvait Charles Péguy, est venu en soutien sur le flanc gauche de l'attaque de Penchard, menée par la brigade marocaine[50], pour une mission de sacrifice sur un terrain à découvert. L'attaque échoua faute d'une préparation d'artillerie.

Un de ses proches, Joseph Le Taconnoux, que ses camarades mobilisés surnommaient Taco, a rapporté qu'avant son départ pour le front, Péguy lui avait affirmé : « Tu les vois, mes gars ? Avec ça, on va refaire 93 »[51].

Sa famille quitte alors la maison de Bourg-la-Reine et laisse la place au romancier et essayiste Léon Bloy[45] ; son fils posthume Charles-Pierre Péguy (1915-2005), naît au mois de février 1915.

Postérité[modifier | modifier le code]

« Péguy a cette destinée singulière d'être, parmi les grands écrivains du XXe siècle, celui qui, de son vivant, a été enseveli sous le plus lourd silence de la critique, et qui, depuis sa mort, a provoqué la plus abondante foison d'articles et de volumes »[52]. Héritier intellectuel de Charles Péguy, le philosophe Alain Finkielkraut considère que « Péguy devrait être une référence incontournable pour tous ceux qui veulent penser le monde moderne ». Il a contribué à réhabiliter son maître dans son essai Le Mécontemporain (1992), après une longue période où beaucoup associaient l'écrivain à la récupération qui en avait été faite par le régime de Vichy et le courant nationaliste catholique. Comme lui, il déplore la part prise dans nos sociétés par l'esprit de lucre, la spéculation, la publicité et les impératifs d'une société de spectacle, au détriment du souci de l'éducation de tous. Un autre philosophe, Damien Le Guay, considère lui aussi qu'il est urgent et plus nécessaire que jamais de lire Péguy (scandaleusement banni des programmes scolaires) pour l'actualité brûlante de sa pensée et les nombreux antidotes qu'il fournit aux poisons qui rongent notre société[53]. L'amitié mystiquement fraternelle de Charles Péguy le catholique et de Jules Isaac est aujourd'hui encore célébrée comme un exemple du trait d'union nécessaire entre chrétiens et juifs[54].

En France, de nombreuses rues portent aujourd'hui le nom de Charles Péguy ; son nom a également été attribué à plusieurs établissements scolaires : lycée d'Orléans, d'Eysines, de Marseille et de Gorges, collèges du 11e et du 19e arrondissements de Paris, du Chesnay, d'Arras, de Wittelsheim, Moulins, Morsang-sur-Orge, Chartres, Cattenom, Bobigny, Tourcoing, Metz, Moncoutant, Palaiseau, Bondoufle et Verneuil-l'Étang.Une grande partie des archives concernant Péguy sont rassemblées au Centre Charles Péguy[55],[56] d'Orléans, fondé par Roger Secrétain en 1964. On y trouve notamment la quasi-totalité de ses manuscrits.

Un Cercle Charles Péguy a été fondé en 1963 à Lyon par le biologiste Michel Delsol, père de la philosophe Chantal Delsol, au sein des milieux catholiques lyonnais. Sa vocation est la reconstruction d'une droite authentiquement libérale-conservatrice au sortir de la Guerre d'Algérie. Jean Bastaire y voit un exemple de « cercle péguyste réactionnaire » caractéristique de « l'annexion de Péguy par l'extrême-droite[57] ». En 1965, le jeune Charles Millon qui devait devenir ministre de la Défense du gouvernement Alain Juppé (2) en pousse la porte et y rencontre sa future épouse, Chantal Delsol. Le cercle est relancé à Lyon en 2012[58] ; une antenne du cercle est ouverte à Paris l'année suivante, où est notamment invité Alain Finkielkraut[59].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Essais 
  • De la raison , 1901 ;
  • De Jean Coste, 1902 ;
  • Notre Patrie, 1905 ;
  • Situations, 19071908 ;
  • Notre jeunesse, 1910 ;
  • Victor-Marie, Comte Hugo, 1910 ; réédition Fario 2014
  • Un nouveau théologien, 1911 ;
  • L'Argent, 1913 ;
  • L'Argent suite, 1913 ;
  • Note sur M. Bergson et la philosophie bergsonienne, 1914 ;
  • Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne, 1914 (posth.) ;
  • Clio. Dialogue de l'histoire et de l'âme païenne, 1931 (posth.) ;
  • Véronique. Dialogue de l'histoire et de l'âme charnelle, Gallimard, 1972 (posth.).
Poésie 
Mystères lyriques 
Divers 
  • Lettres et entretiens, 1927 (posth.) ;
  • Correspondance Charles Péguy - Pierre Marcel, Paris, L'Amitié Charles Péguy, XXVII (posth.).
  • Une éthique sans compromis, préface Dominique Saatdjian, 2011 Éditions Pocket (Morceaux choisis de l'œuvre de Charles Péguy rangés selon cinq thèmes : héroïsme, travail, sciences, dieux et révolution[60]).
Œuvres complètes 
  • Œuvres complètes de Charles-Péguy (1873-1914), Paris, NRF, Gallimard, 1916-1955 (20 vol.) ;
  • Charles Péguy, Œuvres poétiques complètes, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de La Pléiade »,‎ 1975, 1610 p. ;
  • Œuvres en prose complètes I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1987 ;
  • Œuvres en prose complètes II, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1988 ;
  • Charles Péguy, Œuvres en prose complètes, t. III, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade »,‎ 1992, 2090 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces vers libres n'ont rien à voir avec ceux des poètes de l'école symboliste. Péguy parlait plutôt de « prose musicale ».
  2. Napoléon II, poème V dans Les Chants du crépuscule.
  3. Jacques Maritain, dans sa Philosophie bergsonienne, considérait celle-ci comme « une philosophie athée, foncièrement panthéiste et moniste, radicalement incompatible avec la philosophie chrétienne » (p. 149, 177, 306 à 311).
  4. Dans l'ordre de la pensée, le « se faisant » représente pour Péguy la spontanéité créatrice, par opposition à la platitude des pensées toutes faites.
  5. C'est nous qui soulignons.
  6. Ce mouvement de retour au catholicisme touche aussi Paul Claudel, Huysmans, Paul Bourget, Brunetière, Léon Bloy et François Mauriac.
  7. Un nouveau théologien, M. Fernand Laudet, septembre 1911, Charles Péguy 1992, p. 392 à 591.
  8. Selon le capitaine Claude Casimir-Périer, cantonné dans un vieux couvent des bois de Saint Witz, il aurait passé la nuit à accumuler des fleurs au pied de l'autel de la Vierge (André Bellard, Péguy devant Metz).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source BnF
  2. Charles Péguy, Encyclopædia Universalis, en ligne.
  3. Jérôme Grondeux, « Péguy conservateur ? », Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle 1/2002 (no 20), p. 35-53.
  4. Robert Burac, Charles Péguy, La révolution et la grâce, Robert Laffont, 1994, p. 17.
  5. « L'Argent », Charles Péguy 1992, p. 790.
  6. Victor-Marie,comte Hugo, Charles Péguy 1992, p. 268.
  7. Victor-Marie, comte Hugo, Charles Péguy 1992, p. 202 à 208.
  8. Robert Burac, Charles Péguy, La révolution et la grâce, Robert Laffont, p. 36.
  9. Réponse à l'enquête : Y a-t-il une renaissance religieuse en France ?, dans La Grande revue, mai 1915.
  10. a et b Pierre-Henri Simon, Histoire de la littérature française au XXe siècle, Paris, Armand Colin, 1959.
  11. Jean Bastaire, Péguy tel qu'on l'ignore, Gallimard, Collection Folio essais, 1995, notice éditeur
  12. Éric Thiers, « Péguy ou l’imperfection démocratique », Commentaire, no 131, automne 2010, page 740.
  13. Isabelle Poulin, Jérôme Roger, Le lecteur engagé - Critique, enseignement, politique, Presses Universitaires Bordeaux, février 2008, page 28.
  14. Notre jeunesse, Charles Péguy 1992, p. 26.
  15. Œuvres en prose complètes, tome I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1987, p. 1197.
  16. Henri Guillemin, Charles Péguy, p. 108.
  17. sur le site de l'ADIC
  18. L'Argent, Charles Péguy 1992, p. 801.
  19. Œuvres en prose complètes tome I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1987, p. 144, cité dans Henri Guillemin, Charles Péguy, Seuil, 1981, p. 171.
  20. Lire l'argumentation anti-jauressiste de Péguy dans L'Argent, Charles Péguy 1992, p. 797 à 799.
  21. L'Argent, Charles Péguy 1992, p. 795-796.
  22. Sur les relations qu'ont entretenues Péguy et Jaurès, voir Henri Guillemin, ch. 3, « Péguy et Jaurès », dans Charles Péguy, Seuil, 1981, p. 63-103 et Arnaud Teyssier, Charles Péguy, Perrin, 2008.
  23. Google books : Jean-Jacques et Annette Becker, La France en guerre, 1914-1918, Éditions Complexe, p. 11.
  24. Le Mystère de l'enfant prodigue, Charles Péguy 1975, p. 1569.
  25. Charles Péguy 1992, p. 1798, Note 2.
  26. a et b Henri Lemaitre, L'aventure littéraire du XXe siècle, 1890-1930, Pierre Bordas et fils, 1984, p. 79.
  27. Note sur M. Bergson et la philosophie bergsonienne, Charles Péguy 1992, p. 1254-1255.
  28. Note sur Bergson et la philosophie bergsonienne, Charles Péguy 1992, p. 1272 à 1274.
  29. Jacques Chevalier, Entretiens avec Bergson, Plon Paris, 1959, p. 26.
  30. Jules Sageret, Les Grands Convertis, Soc. du Mercure de France, 1906
  31. J. Lotte, Bulletin des professeurs catholiques de l'Université, 23 mai 1911.
  32. Charles Péguy, p. 223.
  33. Dialogue de l'histoire et de l'âme charnelle, texte posthume, Charles Péguy 1992, p. 732.
  34. Pierre-Olivier Walzer, Le XXe siècle, 1896-1920, collection Littérature française, Arthaud, 1975, p. 263-264.
  35. Jean Onimus, Introduction aux Quatrains de Péguy, Cahiers de l'Amitié Charles Péguy, 1954, p. 34 à 37.
  36. Y. Rey-Herme, Charles Péguy et Alain Fournier, Revue d'histoire littéraire de la France - 1973.
  37. Entretien de Péguy avec Joseph Lotte - Henri Massis, De l'homme à Dieu, p. 440.
  38. Cité par Arnaud Teyssier, Charles Péguy, Paris, Perrin 2008.
  39. Ève, Charles Péguy 1975, p. 1028.
  40. Dialogue de l'histoire et de l'âme charnelle, Charles Péguy 1992, p. 656.
  41. Sur Péguy antimoderne, voir "Péguy", dans Les antimodernes. De Joseph de Maistre à Roland Barthes, Antoine Compagnon, Gallimard, 2005.
  42. Œuvres en prose complètes, I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1987, p. 1390.
  43. L'Argent suite, Charles Péguy 1992, p. 917.
  44. Œuvres en prose complètes, I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1987, p. 1398.
  45. a, b et c Xavier Lenormand, Histoire des rues de Bourg-la-Reine, p. 19.
  46. Journaux des marches et opérations des corps de troupe, J.M.O. du 276e régiment d'infanterie, 26 N 736/1, diapositive 13, sur le site Mémoire des hommes du Ministère de la Défense
  47. Lieu de décès porté sur le fichier des morts pour la France au Ministère de la Défense : Plessis-Lévêque (Seine et Marne).
  48. France Inter, Emission le 7h43 "Centenaire de la Mort de Charles Péguy", [1].
  49. Maréchal Juin, La brigade marocaine à la bataille de la Marne, La brigade marocaine du 1er au 17 septembre 1914, la bataille de Penchard.
  50. Journaux des marches et opérations des corps de troupe, J.M.O. du 2e régiment de marche de chasseur indigène (Infanterie d'Afrique), 26 N 858/3, diapositives 18 à 21, sur le site Mémoire des hommes du Ministère de la Défense.
  51. Henri Guillemin présente Péguy (vidéo).
  52. Pierre-Henri Simon, op. cit.
  53. Damien Le Guay, L'actualité brûlante de Charles Péguy sur lefigaro.fr du 4 septembre 2014.
  54. Jean-François Bensahel, Charles Péguy, trait d'union entre juifs et chrétiens de France, sur lefigaro.fr du 5 septembre 2014.
  55. Présentation du Centre Charles-Péguy.
  56. Centre Charles Péguy d'Orléans.
  57. « Plongée dans La Droite profonde », dans L'Express du 29 octobre 1998.
  58. Article de présentation du Cercle Charles Péguy.
  59. Article sur lefigaro.fr
  60. Une éthique sans compromis sur Le choix des libraires.com

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies générales 
  • Jean Bastaire (dir.), Cahier Péguy, Coll. Cahiers de L'Herne, Paris, L'Herne, 1977 (Présentation en ligne) (ISBN 9782851970268)
  • Robert Burac, Charles Péguy : la révolution et la grâce, Laffont, 1994 (ISBN 978-2-221-06512-9) ;
  • Bernard Collignon, Pourquoi ont-ils tué Péguy ?, Le Bord de l'eau, coll. « Documents », 2005 (ISBN 978-2-915651-13-3) ;
  • Maurice David, Initiation à Charles Péguy, La Nouvelle Édition, Paris, 1945 ;
  • Jean Delaporte, Péguy dans son temps et dans le nôtre, Plon, 1944 ;
  • Jean Delaporte, Connaissance de Péguy, Plon 2 Vol., 1942 ;
  • Henri Guillemin, Charles Péguy, Le Seuil, 1981 ;
  • Bernard Guyon, Péguy : l'homme et l'œuvre, 1960 ;
  • Daniel Halévy, Charles Péguy et les Cahiers de la Quinzaine, Payot & Cie, 1918 ;
  • Daniel Halévy, Charles Péguy et les Cahiers de la Quinzaine (nouvelle rédaction), Bernard Grasset, 1941 ;
  • Michel Leplay, Charles Péguy, Desclée de Brouwer, 1998 ;
  • Romain Rolland, Charles Péguy, Albin Michel, 1944 ;
  • Jean Roussel, Mesure de Péguy, Éditions Corrêa, Paris, 1946 ;
  • Roger Secrétain, Péguy, soldat de la vérité, Paris, Emile-Paul, 1943 ;
  • Rémi Soulié, Péguy de combat, éd. Les Provinciales, 2007, 112 p. ;
  • Marc Tardieu, Charles Péguy, F. Bourin, 1993 ;
  • Arnaud Teyssier, Charles Péguy : une humanité française, Perrin, 2008 (ISBN 978-2-262-02321-8) ;
  • (en) Marjorie Villiers, Charles Péguy : A Study in Integrity, Londres, Collins, 1965.
  • Jean-Pierre Rioux, La mort du lieutenant Péguy, 2014 Talladier 270 p.
Sur les idées philosophiques et politiques de Charles Péguy 
  • Jean Bastaire, Péguy l'insurgé, Payot, Paris, 1975 ;
  • Jean Bastaire, Péguy tel qu'on l'ignore, Gallimard - Idées, 1973 ;
  • Jean-Michel Rey, Colère de Péguy, NRF, essais Gallimard ;
  • (de) Elisbeth Gremminger, Charles Peguy, vom Sozialismus zur christlichen Weltschau, Olten, O. Walter, 1949 ;
  • Bernard-Henri Lévy, L'Idéologie française, Grasset, 1981 ;
  • Alain Finkielkraut, Le Mécontemporain : Péguy, lecteur du monde moderne, Gallimard, 1991 ;
  • Philippe Bedouret, Barrès, Maurras et Péguy face au germanisme (1870-1914), (thèse de doctorat en Histoire des idées politiques de l'École Pratique des Hautes Études), ANRT, Lille, 2007, 2 vol, 748 p., (ISBN 978-2-7295-6533-6)
  • Géraldi Leroy, Les Idées politiques et sociales de Charles Péguy, thèse Lille-III, 1980 ;
  • Géraldi Leroy, Péguy entre l'ordre et la révolution, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1981 (ISBN 978-2-7246-0458-0) ;
  • Emmanuel Mounier, Charles Péguy philosophe, 1930 ;
  • André Robinet, Métaphysique et Politique selon Péguy : Péguy entre Jaurès, Bergson et l'Église: Les données immédiates de l'anarchie, L'Archipel, Seghers, 1968 ;
  • (it) Giaime Rodano, Il pensiero politico di Charles Péguy, Quaderni della Rivista Trimestrale, Roma 1973-1975 ;
  • (en) Hans A. Schmitt, Charles Péguy : The Decline of an Idealist ;
  • Romain Vaissermann, Charles Péguy, l'écrivain et le politique, Rue d'Ulm, 2003.
  • Jean-Noël Dumont, Péguy - L'axe de détresse, Le bien commun, Michalon, 2005, 124 p. ;
  • Damien Le Guay, Les héritiers Péguy, Éditions Bayard, 2014, 356 p. (ISBN 978-2227487079)
Sur l'œuvre littéraire de Charles Péguy 
  • Jean Onimus : L'Image dans l’Ève de Péguy : Essai sur la symbolique et l'art de Péguy, Cahiers de l’Amitié Charles Péguy, 1952 ; Introduction aux Quatrains de Péguy, Cahiers de l'Amitié Charles Péguy, 1954 ; Introduction aux "Trois Mystères" de Péguy, Cahiers de l'Amitié Charles Péguy, Librairie Minard, 1962
  • Pierre-Henri Simon : Histoire de la littérature française au XXe siècle, Paris, Armand Colin, t. I, 1959 ;
  • Robert Burac, Le sourire d'Hypatie : essai sur le comique de Charles Péguy, Paris, H. Champion, 1999 ;
  • Robert Vigneault, L'univers féminin dans l'œuvre de Charles Péguy : essai sur l'imagination créatrice d'un poète, Paris, Desclée de Brouwer, 1967 ;
  • (it) Gino Collenea Isernia, Charles Péguy poeta e pensatore della speranza, Napoli, M. D'Auria, 1993.
  • Marie Gil, Péguy au pied de la Lettre, Éditions du Cerf, 2011.
Sur la religion de Charles Péguy 
  • Jean Bastaire, Péguy l'inchrétien, 1991 ;
  • Pie Duployé, La Religion de Péguy, Slatkine, 1965 ;
  • (de) Paul Gregor, Charles Péguy und die christliche Revolution, Einsiedeln, Johannes Verlag, 1969 ;
  • (en) Yvonne Servais, Charles Péguy: The Pursuit of Salvation, Cork University Press, 1953.
Recueils d'articles 
  • Jean Bastaire (dir.), Charles Péguy, L'Herne, 1977.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]