Alessandro Manzoni

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Alessandro Manzoni

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Portrait de Alessandro Manzoni par Francesco Hayez (1841), conservé à la Pinacothèque de Brera.

Activités écrivain
poète
dramaturge
personnalité politique
Naissance
Milan, Drapeau de l'Italie Italie
Décès (à 88 ans)
Milan, Drapeau de l'Italie Italie
Langue d'écriture italien
Mouvement romantisme
Genres théâtre
poésie
roman
Alessandro Manzoni
Fonctions
Senateur du Royaume de Sardaigne
Monarque Victor-Emmanuel II de Savoie
Senateur du Royaume d'Italie
Monarque Victor-Emmanuel II de Savoie
Biographie
Nationalité italienne
Religion Catholique

Alessandro Manzoni
Sénat du Royaume d'Italie

Alessandro Manzoni, né le à Milan où il meurt le , est un poète, dramaturge et prosateur romantique considéré comme l'un des plus importants écrivains italiens.

Son roman Les Fiancés (en italien I promessi sposi) est considéré comme l’un des écrits majeurs de la littérature italienne, et comme l'œuvre la plus représentative du Risorgimento et du romantisme italien, qui eut aussi une grande influence sur la définition d'une langue nationale italienne.

Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé, en tant que sénateur[1] du Royaume de Sardaigne à partir de 1860, en plein Risorgimento, jusqu'en 1861 à la création du Royaume d'Italie après l'Unification de l'Italie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Officiellement fils du comte Pietro Manzoni et de Giulia Beccaria, elle-même fille du philosophe des Lumières Cesare Beccaria, auteur du célèbre Traité des délits et des peines (Dei delitti e delle pene)[2], Alessandro Manzoni est sans doute le fils naturel de Giovanni Verri, frère des écrivains Pietro et Alessandro Verri[3] eux-mêmes amis de Cesare Beccaria[4].

L'enfance[modifier | modifier le code]

Après la séparation de ses parents en février 1792, Alessandro est confié à son père qui le délaisse. Il fait ses études dans des institutions religieuses[2], les Somasques de Merate (1791) et Lugano (1796), et les Barnabites du collège Longone de Milan (1798). Il fait la connaissance de Luigi Arese, Giambattista Pagani, Federico Confalonieri, Ermes Visconti, et rencontre pour la première fois le poète Vincenzo Monti. Il est décrit comme un adolescent rebelle, envahi d'idées libérales et anticléricales[5].

En 1801, âgé de 16 ans, il écrit le poème Le triomphe de la liberté (Del trionfo della libertà) composé pour la paix de Lunéville et la République cisalpine[3], où il développe des idées libérales et jacobines. Rapidement, Manzoni, en contact avec les exilés napolitains Francesco Lomonaco et Vincenzo Cuoco, atténue son enthousiasme en raison de la politique napoléonienne qui chasse ses espoirs de liberté, d'égalité et d'indépendance nationale[6]. Progressivement, il va s'installer dans une opposition, il rejoint les italici puri[7] , un mouvement politique qui s'est développé en Lombardie vers 1813 et qui est composé de nobles, de bourgeois qui souhaitent éliminer l'influence française pour former avec l'aide britannique un État italien monarchique indépendant de la domination autrichienne[8]. Il reste cependant francophile bien qu'il soit persuadé que la Révolution française a été injuste et inutile[9]

Le séjour à Paris[modifier | modifier le code]

En 1805, il se rend à Paris auprès de sa mère, séjour interrompu par la mort de son père[10]. Quand celle-ci perd son amant Carlo Imbonati, Alessandro lui dédie son poème Pour la mort de Carlo Imbonati (In morte di Carlo Imbonati)[11].

Il fréquente les salons littéraires parisiens en compagnie de sa mère. Il y rencontre les « idéologues », intellectuels anti-napoléoniens d'orientation libérale qui fréquentent le salon littéraire de Sophie de Condorcet, veuve du philosophe Nicolas de Condorcet[11]. Il a l'occasion de découvrir les auteurs et moralistes français, Pascal, Racine et Voltaire[12]. Claude Fauriel est son ami et son guide dans les questions littéraires pour plusieurs années[11].

À Milan, le 6 février 1808, il épouse civilement Henriette Blondel (en italien, Enrichetta Blondel), issue d'une famille genevoise protestante installée en Italie qui est une connaissance d'Imbonati [13],[14]. En 1810, au cours des fêtes organisées pour la mariage de Napoléon avec Marie-Louise d'Autriche, Alessandro s'étant réfugié dans l'église Saint-Roch lors d'un mouvement de foule occasionné par l'explosion de pétards, et pensant avoir perdu sa femme, il la retrouve dans l'édifice. Y voyant un signe divin, il embrasse la foi catholique[15],[16].

Le retour en Italie[modifier | modifier le code]

De retour en Italie, il écrit ses Hymnes (Inni Sacri), entre 1812 et 1815. Le dernier hymne, La Pentecôte, est publié en 1822. Entre 1820 et 1821 Manzoni écrit son meilleur drame, Adelchi, qu'il publie en 1822, inspiré par le renversement par Charlemagne de la domination lombarde sur l'Italie et contenant des allusions voilées à l'occupation autrichienne d'alors. Les hymnes et le drame historique révèlent que Manzoni, classique dans ses premières œuvres, s'inspire désormais du romantisme.

Il compose Mars 1821, ode à l'unité italienne, et ce qui devient un de ses écrits les plus connus, Le cinq mai (Il Cinque Maggio), ode sur la mort de l'empereur Napoléon à Sainte-Hélène, méditation religieuse et historique.

En 1821 dans sa demeure de Brusuglio il commence la rédaction, sous l'influence de Walter Scott, de son roman historique Les fiancés, (en italien I promessi sposi), d'abord sous le titre de Fermo et Lucia, qui est remanié entre 1827 et 1842. Il se retire en Toscane en 1827 afin d'améliorer la langue de son roman, considérant qu'il devait « rincer ses draps dans l'Arno » (le fleuve de Florence). Au début du XIXe siècle, en fait, l'italien est une langue purement littéraire du fait de la fragmentation politique du pays en une dizaine d'États, l'italien n'est connu que par environ 200 000 personnes, sur une population totale de 18 millions qui s'expriment normalement dans des langues régionales. Manzoni - qui parle le français mieux que l'italien - se propose de rendre la langue plus populaire. Aussi fait-il le choix de le revitaliser pour ainsi dire « à la source » , voire à Florence, où la langue du peuple est la plus semblable à l'italien littéraire. Bien que l'opération de modifier le lexique et la grammaire en subsumant les formes du peuple florentin ne lui réussisse pas entièrement, l'exercice de « rincer les draps dans l'Arno » peut être considéré comme l'acte de naissance de la langue italienne contemporaine.

Après la publication de la dernière édition du roman (1840-1842), Manzoni se consacre à l'étude et à la composition d'essais critiques, historiques et moraux.

La fin de cette longue vie d'écriture est attristée par des deuils successifs. La mort de sa première épouse, Henriette, en 1833 est suivie de celle de plusieurs de ses enfants, et de sa mère. En 1837, il épouse en secondes noces Teresa Borri (1799-1861), veuve du comte Stampa, à qui il va également survivre. Le décès de son fils aîné, Pietro Luigi, le est le drame final qui précipite sa fin. Il tombe malade et meurt d'une méningite le .

L'Italie lui rend hommage, sa dépouille est accompagnée au cimetière de Milan, suivie par les princes royaux, les officiers d'État et un immense cortège d'anonymes. Giuseppe Verdi compose son Requiem à sa mémoire en 1874.

Sa famille[modifier | modifier le code]

Alessandro a 10 enfants avec sa première épouse, Henriette Blondel:

  • Giulia Claudia (23 décembre 1808 - 20 septembre 1834) mariée au patriote italien Massimo d'Azeglio,
  • Luigia Maria Vittoria (née et morte le 5 septembre 1811),
  • Pietro Luigi (21 juillet 1813 - 28 avril 1873),
  • Cristina (23 juillet 1815 - 27 mai 1841),
  • Sofia (12 novembre 1817 - 31 mars 1845),
  • Enrico (7 juin 1819 - 28 octobre 1881),
  • Clara (12 août 1821 - 1er août 1823),
  • Vittoria (17 septembre 1822 - 15 janvier 1892),
  • Filippo (18 mars 1826 - 8 février 1868),
  • Matilde (30 mai 1830 - 30 mars 1856).

Avec Teresa Borri, sa seconde épouse, il a des jumelles mortes le lendemain de leur naissance.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Premières œuvres[modifier | modifier le code]

  • Autoritratto (1801)
  • A Francesco Lomonaco (1802)
  • Alla Musa (1802)
  • Alla sua donna (1802)
  • In morte di Carlo Imbonati (1805-1806)
  • I sermoni (1802 - 1804)
  • Del trionfo della libertà (1801)
  • Adda (1803)
  • Urania (1809)

Poésies[modifier | modifier le code]

Inni Sacri (1812 – 1822)[modifier | modifier le code]

Odi civili[modifier | modifier le code]

  • Avril 1814 (1814)
  • Le proclame de Rimini (1815)
  • Mars 1821 (1821)
  • Le cinq mai (ou la mort de l'empereur Napoléon à Sainte-Hélène) (1821)

Tragédies[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Essais littéraires[modifier | modifier le code]

Essais historiographique[modifier | modifier le code]

  • Discorso sopra alcuni punti della storia longobardica in Italia (1822)
  • Histoire de la colonne infâme (Storia della colonna infame) (1840)
  • La Révolution française de 1789 e la Révolution italienne de 1859 (1889)

Essais philosophiques[modifier | modifier le code]

Essais linguistiques[modifier | modifier le code]

  • Sentir messa (1835-36)
  • Sur la langue italienne (1846)
  • Saggio sul vocabolario italiano secondo l'uso di Firenze (1856)
  • De l'unité de la langue e des moyens pour la diffuser (1868)
  • Intorno al libro "De vulgari eloquentia" di Dante (1868)
  • Intorno al vocabolario (1868)
  • Lettera al Marchese Alfonso della Valle di Casanova (1871)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (it)« Biographie de Alessandro Manzoni », sur Sénat de la République italienne (consulté le 3 juillet 2012)
  2. a et b Manzoni 1981, p. IX
  3. a et b « Alessandro Manzoni », sur Treccani (consulté le 5 novembre 2012)
  4. « Biographie de Cesare Beccaria », sur Babilonia (consulté le 5 novembre 2012)
  5. « Alessandro Manzoni », sur internetculturale.it (consulté le 5 novembre 2012)
  6. « Alessandro Manzoni », sur internetculturale.it (consulté le 5 novembre 2012)
  7. (it) Francesco Leoni, Storia Dei Partiti Politici Italiani, Naples, Alfredo Guida editore,‎ 2001 (ISBN 88-7188-495-7, lire en ligne), p. 24-25
  8. « Itàlici Puri », sur Sapere.it (consulté le 7 novembre 2012)
  9. « Aux armes citoyens ! » Patriotisme et capacités militaires chez Manzoni de Michel Beynet, sur http://italies.revues.org (consulté le 9 novembre 2012)
  10. « Alessandro Manzoni », sur internetculturale.it (consulté le 5 novembre 2012)
  11. a, b et c Manzoni 1981, p. X
  12. M. Gallot, J.L. Nardone, M. Orsino, Anthologie de la Littérature Italienne v.3
  13. « Enrichetta Blondel », sur Treccani.it (consulté le 6 novembre 2012)
  14. « Alessandro Manzoni », sur internetculturale.it (consulté le 5 novembre 2012)
  15. Ferruccio Ulivi, Manzoni, Milano, Rusconi, 1984; p. 124-130
  16. « Alessandro Manzoni », sur internetculturale.it (consulté le 5 novembre 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (it) Antonietta Gaglio, Nel cerchio dei Manzoni e dei Giorgini, Milan,‎ 1966
  • (it) Natalia Ginzburg, Manzoni intimo, Turin,‎ 1983
  • (it) Ezio Flori, Alessandro Manzoni e Teresa Stampa, Milan,‎ 1930
  • (it) Alessandro Manzoni, I promessi sposi, Garzanti editori,‎ 1981 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (it) Matilde Schiff Giorgini, Manzoni intimo, Milan,‎ 1923

Liens externes[modifier | modifier le code]

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