Octave Feuillet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Feuillet.

Octave Feuillet

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Photoglyptie d’Antoine Samuel Adam-Salomon

Autres noms Désiré Hazard
Activités Dramaturge et romancier
Naissance 10 août 1821
Saint-Lô
Décès 28 décembre 1890 (à 69 ans)
Paris
Genres Théâtre bourgeois
Distinctions Académie française

Octave Feuillet, né à Saint-Lô (France) le 10 août 1821 et mort à Paris le 28 décembre 1890, est un romancier et dramaturge français, surnommé le « Musset des familles ». Il fut membre de l'Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père Jacques Feuillet était un avocat renommé qui devint secrétaire général de la Manche et premier président de la Société d’Agriculture, d’Archéologie et d’Histoire naturelle du département de la Manche, malheureusement desservi par une sensibilité exacerbée. Sa mère mourut quand il était encore au berceau. Il hérita de son père une certaine excitabilité nerveuse, bien que ce ne fût pas au même degré. On l’envoya à Paris, au lycée Louis-le-Grand où il fit de brillantes études.

On le destinait à la diplomatie, lorsque son père, à qui il confia en 1840 son intention de devenir plutôt écrivain, le renia. Il revint à Paris et vécut tant bien que mal en devenant journaliste. En collaboration avec Paul Bocage, il écrivit sous le nom de « Désiré Hazard » les pièces Échec et mat, Palma ou la nuit de Vendredi saint et La Vieillesse de Richelieu. Au bout de trois ans, son père lui pardonna et lui fit une pension. Feuillet put jouir alors d’une existence confortable à Paris et publia ses premiers romans.

Son père dont la santé déclinait de plus en plus, lui demanda de quitter Paris pour s’occuper de lui à Saint-Lô. Ce fut un grand sacrifice, mais Octave Feuillet obéit. En 1851, il épousa sa cousine Valérie Dubois, fille du maire de Saint-Lô, qui écrivait également. Pendant son « exil » à Saint-Lô (rendu pénible par la manie de son père pour la solitude et son humeur tyrannique), il écrivit quelques-uns de ses meilleurs ouvrages. Il connut son premier grand succès en 1852, avec son roman, Bellah et une comédie, La Crise. Tous deux furent réimprimés dans la Revue des deux mondes, où parurent également un grand nombre de ses romans ultérieurs. D’autres œuvres furent acclamées comme La Petite Comtesse (1857), Dalila (1857) et Le Roman d’un jeune homme pauvre qui fut très populaire (1858).

Feuillet lui-même fit à Saint-Lô une dépression nerveuse, que le dévouement de sa femme et de sa belle-mère l’aida à surmonter. En 1857, il revint finalement à Paris pour diriger la répétition d’une pièce de théâtre qu’il avait adaptée de son roman Dalila. L’année suivante, il fit la même chose lors de la répétition d'Un jeune homme pauvre. Malheureusement, il n’était pas chez lui au moment où son père mourut.

Feuillet et sa famille s’installèrent immédiatement à Paris, où il eut les faveurs de la cour du Second Empire. Ses pièces furent jouées à Compiègne, avant d’être données au public, et à une occasion l’impératrice Eugénie elle-même joua le rôle de Mme de Pons dans Les Portraits de la Marquise.

Feuillet n’abandonna pas le roman et, en 1862, il obtint un grand succès avec Sibylle. À cette époque, pourtant, sa santé avait commencé à décliner, affectée par la mort de son fils aîné. Il quitta Paris pour le calme de sa Normandie natale. Le vieux château de famille ayant été vendu, il acheta une maison appelée « Les Paillers » dans la banlieue de Saint-Lô et il y vécut, enseveli au milieu de ses roses, pendant quinze ans.

Académie[modifier | modifier le code]

Il entra à l’Académie française en 1862 et, en 1868, devint bibliothécaire du palais de Fontainebleau, avec obligation d’y résider un mois ou deux chaque année. 1867 fut l’année de son chef-d’œuvre, Monsieur de Camors, et en 1872 il écrivit Julia de Trécœur. Après la vente des Paillers, il passa ses dernières années dans une errance continuelle, due à sa dépression et à des problèmes. Il mourut à Paris le 29 décembre 1890. Son dernier livre avait été Honneur d’artiste (1890).

Feuillet tient le milieu entre les romantiques et les réalistes. Sa réputation vient de sa façon de décrire la vie, à la fois élégante et lucide, de sa représentation des personnages féminins, de ses analyses de la psychologie et des sentiments de ses personnages, ainsi que du style de sa prose, excellent, discret mais spirituel.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Vie de Polichinelle et ses nombreuses aventures, Paris, Hetzel, 1846 Texte en ligne
  • Échec et mat, drame en cinq actes, en prose, Paris, Jérôme, 1846
  • Palma, ou, La nuit du vendredi saint, drame en cinq actes, Paris, Michel Lévy, 1847
  • La Vieillesse de Richelieu, drame en cinq actes, en prose, Bruxelles, Lelong, 1849
  • York, comédie-vaudeville en un acte, Paris, Michel Lévy, 1852
  • Bellah, Paris, Michel Lévy frères, 1852 Texte en ligne
  • Le Village, comédie en un acte, en prose, Paris, Michel Lévy, 1856
  • Scènes et comédies, Paris, Michel Lévy, 1857 Texte en ligne
  • Le Roman d’un jeune homme pauvre comédie en cinq actes et sept tableaux, Paris, M. Lévy, 1859 Texte en ligne
  • La Tentation, pièce en cinq actes et six tableaux, Paris, M. Lévy, 1860
  • Le Cheveu blanc comédie en un acte, en prose, Paris, M.Lévy frères, 1860
  • Rédemption, comédie en cinq actes et un prologue, Paris, M. Lévy, 1860
  • Montjoye, comédie en cinq actes, en six tableaux, Paris, M. Lévy frères, 1864
  • La Belle au bois dormant, drame en cinq actes et huit tableaux, Paris, Michel Lévy frères, 1865
  • Péril en la demeure, comédie en deux actes, en prose, Paris, Michel Lévy; 1867
  • Scènes et proverbes, Paris, Calmann-Lévy, 1869 Texte en ligne
  • Monsieur de Camors, Paris, Calmann-Lévy, 1867 Texte en ligne
  • Dalila, drame en quatre actes en six tableaux, Paris, Michel Lévy frères, 1870
  • Le Cas de conscience, comédie en un acte en prose, Paris, Lévy, 1873
  • Le Sphinx, drame en quatre actes, Paris, Michel Lévy Frères 1875
  • Un Mariage dans le monde, Paris, Michel Lévy, 1875
  • Histoire de Sibylle, Paris, Calmann-Lévy, 1876
  • Julie, drame en trois actes, en prose, Paris, Calmann-Lévy, 1877
  • La Cas de conscience, comédie en un acte, en prose, Paris, Calmann-Lévy, 1877
  • Les Amours de Philippe, Paris, Calmann-Lévy, 1877
  • Le Journal d’une femme, Paris, Calmann-Lévy, 1878
  • Histoire d’une parisienne, Paris, Calmann-Lévy, 1881
  • La Crise, comédie en quatre actes, Paris, Calmann-Lévy, 1882
  • La Petite Comtesse ; Le parc ; Onesta, Paris, C. Lévy, 1882
  • Les Portraits de la marquise, comédie pastiche en trois tableaux, Paris, Calmann-Lévy, 1882
  • Un Mariage dans le monde, Paris, [s.n.], 1882
  • La Partie de dames, pièce en un acte, Paris, C. Lévy, 1883
  • Un Roman parisien, pièce en cinq actes, Paris, Calmann-Lévy, 1883
  • La Veuve ; Le Voyageur, Paris, Calmann-Lévy, 1884
  • Le Voyageur, scènes dialoguées, Paris, [s.n.], 1884
  • La Morte, Paris, Calmann Lévy, 1886
  • Circé proverbe en un acte, Paris, Calmann-Lévy, 1887
  • L’Acrobate, comédie en un acte, en prose, Paris, C. Lévy, 1887
  • Chamillac, comédie en cinq actes, Paris, Calmann-Lévy, 1889
  • Le Divorce de Juliette ; Charybde & Scylla ; Le curé de Bourron, Paris, Calmann-Lévy, 1889 Texte en ligne
  • Honneur d’artiste, Paris, Calmann-Lévy, 1890 Texte en ligne
  • Scènes et comédies, Paris, Calmann-Lévy, 1891 Texte en ligne
  • Œuvres complètes, Paris, M. Lévy, 1891-
  • Julia de Trécœur, Paris, Calmann-Lévy, 1892 Texte en ligne
  • Le Pour et le contre, comédie en un acte, en prose, Paris, Calmann-Lévy, 1895
  • Théâtre complet, Paris, Calmann-Lévy, 1897-1900
  • La Fée, comédie en un acte en prose, Paris, C. Lévy, 1898
  • Monsieur de Camors, Paris, Calmann-Lévy, s. d. Texte en ligne

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]