Alexandre Soumet

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Alexandre Soumet

Louis-Antoine-Alexandre[1] Soumet est un poète et dramaturge français né à Castelnaudary (Aude) le 8 février 1766[2] et mort le 30 mars 1845 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandre Soumet prépare, mais sans succès, le concours d'entrée à l'École Polytechnique et vient s'installer à Paris en 1808. Poète doué, il écrit des vers en l'honneur de Napoléon Ier qui lui valent d'être nommé auditeur au Conseil d'État en 1810. Il devient populaire en 1814 grâce à une élégie touchante, La Pauvre Fille. Puis, en 1815, l'Académie française couronne deux de ses poèmes : La Découverte de la vaccine et Les Derniers moments de Bayard. Il est élu mainteneur de l'Académie des Jeux floraux en 1819.

Soumet célèbre la Restauration et est nommé bibliothécaire du roi à Saint-Cloud. En 1822, il donne avec succès deux tragédies, Clytemnestre et Saul. Fort de ces succès, il est élu à l'Académie française le 29 juillet 1824 en remplacement d’Étienne Aignan contre Alphonse de Lamartine et Casimir Delavigne. Cléopâtre (1824) et Jeanne d'Arc (1825) sont également bien accueillies. Elisabeth de France (1828), librement adaptée du Don Carlos de Schiller, contribue à faire connaître le poète allemand en France. Il reproche d'ailleurs à Madame de Staël de ne lui avoir consacré qu'une place trop discrète dans son De l'Allemagne.

Après la Révolution de 1830, Soumet se rallie à la monarchie de Juillet. Il est nommé bibliothécaire du roi Louis-Philippe Ier au château de Compiègne. En 1831, sa pièce Norma ou l'infanticide triomphe à l'Odéon, en partie grâce à l'interprétation de Mademoiselle George ; elle sert ensuite de base au livret du célèbre opéra de Vincenzo Bellini.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Postérité littéraire[modifier | modifier le code]

En 1823, Soumet rejoint le groupe d'écrivains et d'artistes qui se fait appeler « Le Cénacle », où se rassemblent les meilleurs partisans de l'esthétique romantique, notamment Honoré de Balzac, Eugène Delacroix, Alfred de Vigny, Alexandre Dumas père, Alfred de Musset, Casimir Delavigne, Charles-Augustin Sainte-Beuve, Abel-François Villemain et Prosper Mérimée. Il publie des poèmes dans La Muse française, organe officiel des Romantiques, mais s'abstient de participer aux bruyantes polémiques du temps.

Ses tragédies se tiennent à mi-chemin de l'esthétique classique et du romantisme. Les sujets en sont empruntés soit à l'Antiquité, soit à l'histoire moderne, dans les parties qui en étaient alors à la mode. La forme dramatique reste extrêmement classique, mais elle est magnifiée par un style qui ne manque pas d'éclat et de couleur, même s'il est parfois emphatique.

Soumet a été extrêmement célèbre. Victor Hugo professait pour lui du moins à ses débuts une vive admiration. Il est aujourd'hui presque complètement oublié.

Liste chronologique[modifier | modifier le code]

Œuvres dramatiques[modifier | modifier le code]

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Œuvres poétiques[modifier | modifier le code]

  • Le Fanatisme, 1808
  • L'Incrédulité, 1810
  • Les Embellissements de Paris, 1812
  • La Divine épopée, poème en 12 chants, 1841 : Le sujet de ce poème, qui se veut dans la veine de la Divine comédie de Dante, est la rédemption de l'Enfer par le Christ. « Ce n'est qu'un rêve, a dit prudemment l'auteur, je ne m'en prosterne pas moins devant l'autorité du dogme. » L'ensemble a de la grandeur et du souffle, au moins à première vue, mais la qualité du style masque souvent le vide de la pensée et de l'inspiration.
  • Jeanne d'Arc, épopée en 3 parties, 1845

Œuvres diverses[modifier | modifier le code]

  • Les Scrupules littéraires de Mme de Staël, ou Réflexions sur le livre De l'Allemagne, 1814
  • Oraison funèbre de Louis XVI, 1817

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Musée des familles, lectures du soir, tome XII, 1844-1845
  2. Bien que la plupart des sources sur internet, tout comme le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, le fassent naître en 1788, le site de l’Académie française, tout comme le Musée des familles, le font naître en 1786. Dans son discours de réception, son successeur à l’Académie française, Ludovic Vitet, dit : « Le poëme de l’Incrédulité parut en 1810. L’auteur, qui n’avait que vingt-quatre ans, fut aussitôt l’objet de vives sympathies. », ce qui confirme sa naissance en 1786.

Liens externes[modifier | modifier le code]