Pierre Brossolette

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Pierre Brossolette

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Discours d'Hommage aux morts de la France Combattante à l'Albert-Hall - 1943, Londres

Alias
Pedro, Brumaire, Bourgat, Bernier, Boutet, Briand, Baron
Naissance 25 juin 1903
Paris 16e
Décès 22 mars 1944 (à 40 ans)
Paris 15e
Nationalité Drapeau : France Française
Diplôme
Agrégé d'histoire
Profession
Formation
Normalien (cacique)
Distinctions
Conjoint
Descendants
Anne Brossolette-Branco,
Claude Pierre-Brossolette

Pierre Brossolette, né le 25 juin 1903 dans le 16e arrondissement de Paris[1], et décédé le 22 mars 1944 à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans le 13e arrondissement de Paris , est un journaliste et homme politique socialiste français. Il fut un des principaux dirigeants et héros de la Résistance française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études, engagement citoyen et journalisme[modifier | modifier le code]

Fils de Léon Brossolette, inspecteur de l'enseignement primaire à Paris et ardent défenseur de l'enseignement laïque au début du XXe siècle, neveu de Francisque Vial, directeur de l'enseignement secondaire, il entre premier à l'École normale supérieure en 1922. Ses deux sœurs ainées, Suzanne et Marianne, sont toutes deux agrégées, fait rare à l'époque. Cacique de sa promotion, il est reçu seulement deuxième à l'agrégation d'histoire, derrière Georges Bidault, à la suite d'un petit scandale[2]. À l'issue de son service militaire, il épouse en 1926 Gilberte Bruel, avec qui il aura deux enfants, Anne et Claude, et qui, après la libération, deviendra la première femme sénateur en France. Il se lance peu après dans le journalisme.

Membre de la Ligue des droits de l'homme, de la Ligue internationale contre l'antisémitisme et de la Grande Loge de France où il est initié le 22 janvier 1927 à la loge Émile Zola, il sera ensuite reçu dans les hauts grades maçonniques dans la loge La Perfection latine du Suprême Conseil de France et s'affiliera également à la loge du Grand Orient de France L'Aurore sociale, de Troyes [3] [4] [5]. Il adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) en 1929.

Il se présente d'abord aux élections cantonales puis à la députation de l'Aube[6] sous l'étiquette du Front populaire en 1936 sans succès, et entre au cabinet du Ministère des Colonies.

D'abord fervent défenseur des idéaux pacifistes et européens d'Aristide Briand, ses conceptions évoluent à partir de 1938 lorsqu'il prend conscience de la réalité de la menace nazie et de l'inévitabilité de la guerre.

Journaliste au sein de plusieurs journaux (l'Europe nouvelle, le Quotidien, le Progrès civique, les Primaires, Notre Temps, Excelsior, Marianne et à la Terre Libre), ainsi que celui de la SFIO Le Populaire (où il est rédacteur de politique étrangère) ; il travaille également pour Radio PTT, dont il est licencié en janvier 1939 lorsqu'il s'oppose dans une émission aux accords de Munich.

Résistance[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l'armée avec le grade de lieutenant au 5e régiment d'infanterie Navarre, est promu capitaine avant la défaite de la France et est décoré avec la première Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de Bronze, le 11 juillet 1940, en raison de son attitude au cours de la retraite de son unité. Hostile au régime de Vichy, il rejoint le Groupe du musée de l'Homme présenté à Jean Cassou par Agnès Humbert, écrit le dernier numéro du journal Résistance du mouvement et échappe de peu à son démantèlement.

Librairie-papeterie au 89 rue de la Pompe dans le 16e, Paris.

Puis, il participe à la formation des groupes de résistance Libération-Nord et Organisation civile et militaire dans la zone occupée et devient, après sa rencontre avec le Colonel Rémy, chef de la section presse et propagande de la Confrérie Notre-Dame sous le nom de code Pedro « parce qu'il a quelque chose d'espagnol dans le regard » selon Rémy.

Quand le régime de Vichy lui interdit d'enseigner, Brossolette et son épouse rachètent une librairie russe à Paris, au 89 rue de la Pompe, qui sert de lieu de rencontre et de « boîte aux lettres » pour les résistants. Dans la bibliothèque tournante dans le sous-sol, plusieurs documents ont été échangés pendant cette période dont les plans de l'usine Renault.

En avril 1942, Brossolette entreprend un voyage à Londres en tant que représentant de la Résistance pour rencontrer Charles de Gaulle. Il travaille dès lors, promu commandant, pour les services secrets de la France Libre, le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), en liaison avec la section RF du Special Operations Executive (SOE) britannique.

À la suite de deux perquisitions successives effectuées par les autorités allemandes à son domicile à Paris en mai 1942, il vend la librairie, fait franchir à sa famille la ligne de démarcation en juillet 1942, navigue vers Gibraltar en felouque et sa famille parvient à Londres en cargo. Il continue la résistance seul en France tandis que Gilberte Brossolette assure la liaison entre le Commissariat à l'Intérieur de la France libre et la BBC.

Le 1er octobre 1942, il prend la tête de la section opératoire, service chargé de faire le lien entre les résistances extérieure et intérieure. Il est parachuté à trois reprises en France, la deuxième fois en janvier 1943 avec André Dewavrin, alias le colonel Passy, et Forest Yeo-Thomas alias « Shelley », agent du SOE surnommé familièrement « le Lapin Blanc ». Ils vont parvenir à unifier l'ensemble des mouvements de résistance de la Zone Occupée, dans le cadre de la mission « Arquebuse-Brumaire », du nom de code de Passy et Brossolette.

Pierre Brossolette est aussi le porte-voix à Londres des combattants de l'ombre. Dans un discours à la BBC le 22 septembre 1942, il rend un vibrant hommage aux « soutiers de la gloire », expression qui deviendra par la suite usitée. Il prendra la parole à 38 reprises au micro de la BBC en remplacement de Maurice Schumann et écrira des articles, dont un dans La Marseillaise qui par la suite sera considéré par certains comme un des textes fondateurs du gaullisme de guerre.

Arrestation[modifier | modifier le code]

Le général de Gaulle le nomme Compagnon de la Libération, le 17 octobre 1942.

Après avoir échappé plusieurs fois à des arrestations, Brossolette veut rentrer à Londres pour présenter au Général de Gaulle le nouveau délégué général du CFLN auprès du CNR, Émile Bollaert. Plusieurs tentatives d'exfiltration par Lysander échouent. Brossolette et Bollaert décident de rentrer par bateau. Le 3 février 1944, partant de l'Île-Tudy, la pinasse le Jouet des Flots qui doit les conduire à une frégate britannique au large de l'île de Sein fait naufrage à cause du mauvais temps près de la pointe du Raz. Les deux chefs de la Résistance ainsi qu'une trentaine d'hommes, marins et aviateurs alliés échouent sur la côte, où ils sont accueillis par la résistance locale. Lors d'un barrage de routine, alors qu'ils arrivent à Audierne dans une voiture à gazogène, ils sont dénoncés par une collaboratrice, contrôlés par un poste volant de la Wehrmacht et emmenés en prison à Rennes, siège de la Kommandantur locale.

Plusieurs semaines passent sans qu'ils soient reconnus. Finalement, Ernst Misselwitz (Hauptscharführer du Sicherheitsdienst, ou SD) se rend sur place en personne pour identifier Brossolette et Bollaert sur place et les fait transférer, le 19 mars, au quartier général de la Gestapo à Paris, 84 avenue Foch. On sait aujourd'hui à travers le témoignage de Roger Lebon (Roussel, 2011) que son identité a été découverte à la suite d'une imprudence de la part de la Délégation générale à Paris représentée par Claude Bouchinet-Serreules et Jacques Bingen sous la forme d'un rapport semi-codé rédigé par les services de Daniel Cordier qui aurait été intercepté sur la frontière espagnole, alors que son grand ami Yeo-Thomas se trouvait déjà parachuté solo en urgence à Paris depuis le 25 février pour préparer une évasion audacieuse de la prison de Rennes en uniforme allemand avec l'aide de Brigitte Friang. Les deux amis seront eux aussi capturés dans les jours suivants à la suite du démantèlement de nombreux réseaux parisiens consécutifs à l'affaire dite « de la rue de la Pompe » (siège de la Délégation générale) et aux aveux de Pierre Manuel (Seaman, 1997).

Mort[modifier | modifier le code]

Pour les faire parler, Pierre Brossolette et Émile Bollaert sont torturés. Le 22 mars, pendant la pause-déjeuner de son gardien, Brossolette se serait levé de sa chaise, menotté dans le dos, aurait ouvert la fenêtre de la chambre de bonne dans laquelle il était enfermé, et serait tombé d'abord sur le balcon du 4e étage et ensuite devant l'entrée de l'immeuble côté avenue. Gravement blessé, il succombe à ses blessures vers 22 heures à l'hôpital de la Salpêtrière, sans avoir parlé.

Le 24 mars, il est incinéré au cimetière du Père-Lachaise, et ses cendres attribuées à l'urne du colombarium (division 87) numérotée 3913, même si elle est marquée "inconnu" . L'autre urne 3920 est non attribuée, alors que pendant longtemps on a pensé qu'il s'agissait de celle d'un autre résistant (Jacques Delimal) et même que les deux urnes pouvaient avoir été échangées. L'urne funéraire de Jacques Delimal se trouve depuis le début des années 1970 dans le cimetière de Passy auprès de membres de sa famille.

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Pierre Brossolette est très critique vis-à-vis de la IIIe République qu'il rend responsable de la défaite, et estime que la Libération à venir devra être l'occasion d'une profonde rénovation démocratique, notamment par la naissance d'un grand parti de la Résistance appelé à réaliser une politique de transformation sociale ambitieuse. Un programme commun très proche de ces aspirations est élaboré par le Conseil national de la Résistance en mars 1944, le mois de la mort de Brossolette.

Cette critique de la Troisième République est le principal sujet de discorde avec Jean Moulin[7],[8] et lui vaut par ailleurs l'opposition des partis, soucieux de leur propre survie. Ainsi, à la veille de son arrestation, Brossolette est exclu de la SFIO par Daniel Mayer et Gaston Defferre[9], décision qui n'est pas appliquée à cause de sa disparition. Si dans un premier temps la IVe République renoue avec les mœurs de la IIIe, l'avènement de la Ve République représente pour certains l'application a posteriori des idées de Brossolette sur l'après-guerre.

En effet, le projet d'un grand parti rassemblé autour de De Gaulle pour gérer l'immédiat après-guerre et limiter les dégâts prévisibles d'une épuration incontrôlée est vivement critiqué et soupçonné même de dérives fascisantes. De Gaulle, conscient des soupçons d'autoritarisme qui pesaient déjà sur lui, tranchera pour la représentation des partis au sein du CNR et, partant, pour la réhabilitation du système parlementaire de la IIIe République, donnant ainsi gain de cause à Jean Moulin. Ce choix aura des conséquences importantes sur l'image de ces deux grands chefs de la Résistance et de leur place dans la mémoire nationale.

Ainsi s'opposent a posteriori l'image d'un Jean Moulin homme d'État proche du radicalisme d'avant-guerre, défenseur des valeurs républicaines et de la démocratie, voire du statu quo, et celle, complexe, d'un Pierre Brossolette homme politique certes visionnaire, précurseur du gaullisme « qu'il bâtissait en doctrine » (selon De Gaulle lui-même dans ses mémoires) bien que socialiste, dénonciateur féroce des dangers fasciste et communiste avant la guerre mais partisan de méthodes radicales.

Cependant son idée d'un parti unique issu de la Résistance ne devait servir qu'à réorganiser l'après-guerre et il aurait envisagé de créer lui-même un nouveau parti de gauche, travailliste sur le modèle anglo-saxon donc non marxiste ou en tout cas réformiste. Pour cela, Brossolette avait travaillé sur une ambitieuse critique du marxisme pendant ses missions, que sa stature d'intellectuel, normalien de haut vol permettait de croire respectable ; ce document aurait été jeté par-dessus bord lors du naufrage sur les côtes bretonnes ayant amené son arrestation[10].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Croix de guerre 1939-45 Compagnon de la Libération Médaille de la Résistance Croix de guerre 1939-1945 with palm (France) - ribbon bar.png Chevalier de la Légion d'honneur


Monuments[modifier | modifier le code]

  • À Narbonne-Plage, un monument mémorial éolien unique en son genre atteste de sa popularité dans l'immédiate après-guerre et marque l'emplacement de son exfiltration par la felouque Seadog[11].
  • À Saint-Saëns, une stèle commémore la première exfiltration par Lysander vers Londres[12].
  • à Plogoff,au lieu-dit Feunteun Aod, appelé aussi l'enfer de Plogoff, endroit ou la pinasse le Jouet de Flots s'est échouée une stèle rappelle l'exfiltration manquée vers l'Angleterre avant son arrestation.
  • Des immeubles comme celui de l'ancienne librairie rue de la Pompe (ainsi que la cour du Lycée Janson-de-Sailly) ; de sa résidence rue de Grenelle ; de son lieu de naissance rue Michel-Ange ; la Maison de Radio France et la cour d'honneur du Ministère de l'Intérieur rue des Saussaies affichent des plaques commémoratives.
  • Son nom est mentionné sur une plaque au sol du Panthéon.
  • Bertrand Delanoë a inauguré le 27 janvier 2014 la « Pelouse Pierre-Brossolette » devant le 84-86 avenue Foch où siégeaient les services secrets de la SD et la Gestapo. Pierre Brossolette s’y était donné la mort sans avoir parlé le 22 mars 1944.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Si Brossolette, dans l'immédiat après-guerre, pouvait encore être considéré par beaucoup comme la principale figure de la Résistance de par son action en Zone occupée (Paris) et de par sa notoriété d'homme public, l'entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin en 1964 le reléguera à une place de héros d'un parti (SFIO/PS) et permettra de cristalliser le mythe d'une Résistance unie sous un seul chef à l'image de la France Libre, dans le contexte historique ayant abouti à la création de la Cinquième République[13].

Plus tard, lors de l'avènement des socialistes au pouvoir en 1981, le choix de François Mitterrand d'honorer Jean Moulin lors de la cérémonie du Panthéon au lieu de réhabiliter la mémoire de Pierre Brossolette achèvera de le reléguer à une seconde place, cette fois-ci également auprès de la gauche elle-même. Ainsi en attesteront, en plus de la commémoration discrète des 50 ans de sa disparition en 1994, les célébrations modestes du centenaire de sa naissance en 2003 et de celui de la SFIO/PS (2005). À l'occasion, un haut responsable issu de la jeunesse socialiste aujourd'hui secrétaire-général du PS, Harlem Désir, en arrivera, de manière anecdotique mais révélatrice de cette perte de mémoire, à citer Jean Moulin, pourtant jamais inscrit au parti et par ailleurs réputé radical ou tout au plus radical-socialiste, comme principale figure de son centenaire.

En 2013, l'historienne Mona Ozouf préside un comité dont l'objectif est le transfert des cendres de Pierre Brossolette au Panthéon[14]. Le 21 février 2014, le président François Hollande annonce[15] le transfert de ses cendres au Panthéon aux côtés des résistantes Geneviève de Gaulle et Germaine Tillion ainsi que de l'ex-ministre Jean Zay.

Utilisation de son nom[modifier | modifier le code]

Première série de timbre-poste "Héros de la Résistance", 1957.

Le nom de Pierre Brossolette est aujourd'hui plus connu en France que l'homme lui-même et ses réalisations[16], en vertu du grand nombre de rues – près de 500 (voir ci-dessous), dont plus d'une centaine dans le Grand Paris –, établissements scolaires et espaces publics qui portent son nom. Une exception notable est Lyon, ce qui illustrerait les rivalités des deux Zones, dans la mesure où aucune rue Jean Moulin n'avait été baptisée à Paris jusqu'en 1965.

  • La promotion 2003 d'élèves officiers du 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr a choisi Pierre Brossolette comme parrain et créé un chant de promotion à l'occasion[19].
  • La Grande Loge de France, a baptisé son cercle de conférences publiques d'après Condorcet-Brossolette[20]et a donné le nom de Pierre Brossolette à son Grand Temple pour honorer sa mémoire[21]. Une de ses loges à Paris porte le nom « Pierre Brossolette, Compagnon de la Libération »[22],[23].

Opérations et missions[modifier | modifier le code]

Mots célèbres[modifier | modifier le code]

  • « À côté de vous, parmi vous, sans que vous le sachiez toujours, luttent et meurent des hommes — mes frères d'armes —, les hommes du combat souterrain pour la libération. Ces hommes, je voudrais que nous les saluions ce soir ensemble. Tués, blessés, fusillés, arrêtés, torturés, chassés toujours de leur foyer; coupés souvent de leur famille, combattants d'autant plus émouvants qu'ils n'ont point d'uniformes ni d'étendards, régiment sans drapeau dont les sacrifices et les batailles ne s'inscriront point en lettres d'or dans le frémissement de la soie mais seulement dans la mémoire fraternelle et déchirée de ceux qui survivront; saluez-les. La gloire est comme ces navires où l'on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l'obscurité pathétique des cales. C'est ainsi que luttent et que meurent les hommes du combat souterrain de la France. Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire.» - 22 septembre 1942, BBC, Londres
  • « Mon Général, […] Il y a des moments où il faut que quelqu'un ait le courage de vous dire tout haut ce que les autres murmurent dans votre dos avec des mines éplorées. Il y a des sujets sur lesquels vous ne tolérez aucune contradiction, aucun débat même. Ce sont d'ailleurs, d'une façon générale, ceux sur lesquels votre position est le plus exclusivement affective, c'est-à-dire ceux précisément à propos desquels elle aurait le plus grand intérêt à s'éprouver elle-même aux réactions d'autrui […] Dans votre entourage, les moins bons n'abondent que dans votre sens ; les pires se font une politique de vous flagorner ; les meilleurs cessent de se prêter volontiers à votre entretien. Vous en arrivez ainsi à la situation, reposante au milieu de vos tracas quotidiens, où vous ne rencontrez plus qu'assentiment flatteur. Mais vous savez aussi bien que moi où cette voie a mené d'autres que vous dans l'histoire, et où elle risque de vous mener vous-même » - lettre au Général de Gaulle, 2 novembre 1942
  • « Ce qu'ils étaient hier, ils ne se le demandent point l'un à l'autre. Sous la Croix de Lorraine, le socialiste d'hier ne demande pas au camarade qui tombe s'il était hier Croix-de-Feu. Dans l'argile fraternelle du terroir, d'Estiennes d'Orves et Péri ne se demandent point si l'un était hier royaliste et l'autre communiste. Compagnons de la même Libération, le père Savey ne demande pas au lieutenant Dreyfus quel Dieu ont invoqué ses pères. Des houles de l'Arctique à celles du désert, des ossuaires de France aux cimetières des sables, la seule foi qu'ils confessent, c'est leur foi dans la France écartelée mais unanime. »... « ce qu'ils nous demandent ce n'est pas de les plaindre, mais de les continuer. Ce qu'ils attendent de nous, ce n'est pas un regret, mais un serment. Ce n'est pas un sanglot, mais un élan" » - Hommage aux morts de la France Combattante, 18 juin 1943 - Albert Hall, Londres

Articles et discours[modifier | modifier le code]

  • Mussolini condamne et la monarchie et la dictature – Le Quotidien, 8 février 1927
  • La politique internationale (États-Unis d’Europe) – Notre Temps, 20 novembre 1927
  • Le pessimisme de notre temps – Notre Temps 15 mai 1930
  • La grande querelle des russophiles et des russomaques – La Jeune Europe, 1er mars 1931
  • Pour les moins de trente ans d’aujourd’hui – Notre Temps, 2-9 juillet 1933
  • Le conflit italo-éthiopien: entre la guerre et la paix – La Terre Libre, 7 septembre 1935
  • Quand se posera le problème de la zone démilitarisée du Rhin – L’Europe Nouvelle, 22 février 1936
  • Un parti de titans – 34e Congrès national SFIO, juillet 1937
  • Comment empêcher les progrès de la violence dans le monde – La Terre Libre, 4 septembre 1937
  • La montée des périls – L’Europe Nouvelle, 6 novembre 1937
  • Une joie: la paix. Une douleur : la capitulation, Le Populaire de l’Aube, octobre 1938
  • La Catalogne a succombé – Le Populaire, 6 février 1939
  • Le coup de théâtre du Kremlin – Le Populaire, 23 août 1939
  • Éloigne du micro par une intolérable brimade – Radio Liberté, 10 février 1939
  • Éditorial - Résistance, Bulletin officiel du Comité national de Salut Public, 25 mars 1941
  • Rapport politique, 28 avril 1942 (soumis à Charles de Gaulle lors de leur premier entretien)
  • «Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire», BBC - Radio Londres, 22 septembre 1942
  • Renouveau politique en France – La Marseillaise, 27 septembre 1942
  • Lettre au général de Gaulle, 2 novembre 1942
  • Ce qu’ils pensent – La Marseillaise, Londres, 6 décembre 1942
  • Hommage au Général de Gaulle – Résistance, 2 mars 1943
  • Voici l’union, Discours à la BBCRadio Londres, le 4 juin 1943
  • Le chemin à Suivre, BBC Radio Londres, 12 juin1943
  • Lecture Recommandée, BBCRadio Londres, 15 juin 1943
  • Hommage aux morts de la France combattante – 18 juin 1943, Albert Hall, Londres
  • Terreur sur la France – BBCRadio Londres, 29 juin 1943
  • L’unité de l’empire – BBCRadio Londres, 2 juillet 1943

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Ozouf, Pierre Brossolette, héros de la résistance, librairie Gedalge, 1946.
  • Agnès Humbert, Notre guerre: souvenirs de résistance, éd. Émile Paul, 1946, rééd. Tallandier, 2004
  • André Dewavrin, Souvenirs du 2e Bureau, Londres (1940-1941); 10 Duke Street : le BCRA (1942); Missions secrètes en France (novembre 1942-juin 1943), éd. Plon, 1951; Mémoires du Chef des Services Secrets de la France Libre, rééd. Odile Jacob, 2000
  • Bruce Marshall, Le Lapin blanc, Gallimard, 1953 (préface de Gilberte Brossolette). Ce livre est la traduction en français de "The White Rabbit", éd. Evans Bross, 1952 ; rééd. Cassel Military Paperbacks, 2000.
  • Gilberte Brossolette, Il s'appelait Pierre Brossolette, éd. Albin Michel, 1976
  • Brigitte Friang - Regarde-toi qui meurs, France Loisirs, Paris, 1978
  • Guy Perrier, Pierre Brossolette, le visionnaire de la Résistance, éd. Hachette littératures, 1997 (préface de Maurice Schumann)
  • Mark Seaman, Bravest of the Brave, Isis LP Books, 1997
  • Guillaume Piketty, Pierre Brossolette, un héros de la Résistance, éd. Odile Jacob, 1998
  • Pierre Brossolette, Résistance (1927-1943), éd. Odile Jacob, 1998 (textes rassemblés et présentés par Guillaume Piketty)
  • Guillaume Piketty, Daniel Cordier, Alain Finkielkraut, Pierre Brossolette ou le destin d'un héros, ed. du Tricorne, 2000
  • Guillaume Piketty, Pierre Brossolette, le rude parcours d'une mémoire, Les Chemins de la Mémoire, no 128, mai 2003
  • Laurent Douzou, La résistance française, une histoire périlleuse. éd. du Seuil, 2005
  • Charles de Gaulle Mémoires de guerre, éd. Plon, Paris, 1954 ; rééd. Pocket, 1999, 2007
  • Sébastien Albertelli, Les Services secrets du général de Gaulle, le BCRA 1940-1944, Perrin, 2009
  • Anne Hogenhuis - Des savants dans la Résistance, Boris vildé et le réseau du Musée de L'Homme - CNRS Éditions, 2009
  • Julien Blanc, Au commencent de la Résistance: du côté du Musée de l'Homme 1940-1941 - Seuil, 2010
  • Guillaume Piketty, Résister: les archives intimes des combattants de l'ombre. Textuel, 2011
  • Éric Roussel, Pierre Brossolette. éd. Fayard/Perrin, 2011
  • Bertrand Galimard Flavigny - Ceux qui ont fait la France: 200 personnages clés de l’histoire de France - Leduc.s Éditions, 2012
  • Sophie Jackson - Churchill's White Rabbit, The true story of a real-life James Bond - The History Press, 2012
  • Michel Fratissier - Jean Moulin ou la Fabrique d'un héros - L'Harmattan, 2012
  • Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance, éd. Perrin, 2013
  • Alexandre Adler, Quand les Français faisaient l'histoire, Grasset, 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le Petit Soldat, réalisé par Jean-Luc Godard en 1960, sorti en 1963.
  • The White Rabbit (Le Lapin Blanc), série télévisée sur la vie de Yeo-Thomas réalisée par Peter Hammond en 1967, BBC, joué par George Hagan.
  • L'Armée des ombres, réalisé par Jean-Pierre Melville en 1969. Le personnage de Luc Jardie, alias "le grand patron", est inspiré largement par Jean Cavaillès mélangé à plusieurs références à Pierre Brossolette entre autres, dont le mot à la sortie du Ritz à Londres, le parachutage solo blind et l'exfiltration en Lysander à Saint-Saëns.
  • Un héros très discret, réalisé par Jacques Audiard en 1996.
  • Pierre Brossolette, résistant, film-documentaire réalisé par Étienne Goldet en 2002.
  • Alias Caracalla, au cœur de la résistance, (téléfilm), réalisé par Alain Tasma en 2013, France 3, joué par Laurent Stocker.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Filiation sur Wikifrat de Fraternelle
  2. Devant traiter le sujet « Les abbayes carolingiennes au temps de Louis le Pieux », il n'hésite par à dire au jury que ce sujet ne mérite pas plus de sept minutes. Au lieu des 45 minutes prévues, il arrêta donc son exposé au bout de sept minutes. (fr) « Pierre Brossolette, héros de conduite », Le Nouvel Observateur,‎ 2011 (consulté le 10 octobre 2011)
  3. (fr) « Article mentionnant son appartenance à la Loge Émile Zola » (consulté le 19 mars 2012)
  4. (fr) « Hommage à Pierre Brossolette » (consulté le 3 août 2014)
  5. (fr) « Pierre Brossolette doit entrer au Panthéon. » (consulté le 3 août 2014)
  6. "Aube, un homme, un lieu" par Valérie Alanièce, Jean-Michel Van Houtte. L'est-éclair. EAN : 9782907894425
  7. Faire entrer Pierre Brossolette au Panthéon, un affront à la mémoire de Jean Moulin, Pierre Péan, lemonde.fr, 31 mai 2013
  8. A deux grands hommes, la patrie reconnaissante, Eric Roussel, lemonde.fr, 31 mai 2013
  9. (fr) « Témoignage de Gaston Defferre » (consulté le 9 janvier 2008)
  10. (fr) René Ozouf, « Pierre Brossolette » (consulté le 19 janvier 2008)
  11. (en) « Seawolf & Seadog » (consulté le 26 septembre 2009)
  12. (fr) « Inauguration d'une stèle à la mémoire de Pierre Brossolette à Saint Saëns (Vidéo - 1975 - source INA) » (consulté le 26 septembre 2009)
  13. (fr) Evelyne Py, « Autour de Jean Moulin : Histoire et Mémoire » (consulté le 17 janvier 2008)
  14. Pierre Brossolette mérite d'entrer au panthéon, Collectif Pierre Brossolette au Panthéon, Le Monde, 16 avril 2013
  15. Discours lors de la cérémonie d’hommage à la Résistance, François Hollande, 21 février 2014.
  16. (fr) « Centenaire du Parti socialiste - Pierre Brossolette », Parti socialiste français,‎ 2005 (consulté le 17 janvier 2008)
  17. (fr) « Noms de martyrs donnés au rues de Paris (Video - 1944 - source INA) » (consulté le 25 septembre 2009)
  18. Au 28 rue Pierre-Brossolette se trouve l'école publique Georges Lapierre, ancien directeur de cette école, secrétaire général du SNI clandestin et membre du réseau Libération-Nord.
  19. (fr) « Chant de promotion - IVe Bataillon - Saint-Cyr - Promotion Pierre Brossolette - 2003/2004 » (consulté le 25 septembre 2009)
  20. (fr) « Activités publiques du Cercle Condorcet-Brossolette [[Grande Loge de France]] » (consulté le 19 mars 2012)
  21. « Émission radio "La Grande Loge de France vous parle" avec Marc Henry, Grand Maître de la Grande Loge de France », sur http://www.gldf.org,‎ 15 juin 2014 (consulté le 21 juillet 2014)
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