Juliette Drouet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Juliette Drouet, de son vrai nom Julienne Gauvain (Fougères, - Paris, )[1] est une actrice française, passée à la postérité pour avoir été la maîtresse de Victor Hugo pendant près de 50 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Juliette Drouet lithographiée par Alphonse-Léon Noël, 1832.

Juliette Drouet naît le , elle est baptisée le lendemain à l'église Saint-Sulpice de Fougères. Elle est la cadette d'une famille de quatre enfants, Renée (1800-1885), Thérèse (1802-1814) et Armand (1803-1876). Sa mère, Marie Marchandet, née vers 1780, est fileuse. Son père, Julien Gauvain, né en 1777 à Saint-Étienne-en-Coglès, est un ancien chouan qui exerce depuis la profession de tailleur. Marié en 1799, le couple avait établit un atelier de couture au pied du château de Fougères[2],[3].

Orpheline de mère quelques mois après sa naissance, de père l’année suivante, elle est placée comme son frère et ses deux sœurs en nourrice puis dans un couvent de Fougères, avant d’être élevée par un oncle, René-Henry Drouet, qui s’établit à Paris : elle y suit sa scolarité au pensionnat religieux des chanoinesses de Saint-Augustin à Saint-Mandé de 1816 à 1821.

Elle devient, vers 1825, la maîtresse du sculpteur James Pradier, qui la représente dans la statue symbolisant Strasbourg, place de la Concorde à Paris entre 1836 et 1846. Elle a avec lui un enfant, Claire, fille qu’il reconnaîtra deux ans plus tard. Sur le conseil de Pradier, elle commence en 1828 une carrière de comédienne au Théâtre du Parc de Bruxelles, puis à Paris. Elle prend à cette époque le nom de son oncle. Actrice sans véritable talent, mais d’une beauté émouvante, elle séduit bien des hommes, dont le comte Anatole Demidoff avec qui elle découvre un grand train de vie l’Italie.

Portrait de Juliette Drouet par Charles-Émile Callande de Champmartin.

En 1833, alors qu’elle faisait une lecture du rôle de la princesse Négroni dans Lucrèce Borgia, Victor Hugo la remarque. Elle abandonne sa carrière théâtrale à sa demande pour vouer, victime consentante de l’imagerie d’Épinal de « l’éternel féminin[4] », le reste de ses jours à son amant qui exige d’elle une vie cloîtrée chez elle et des sorties uniquement en sa compagnie. Hugo la trompera pourtant, notamment avec Léonie d'Aunet, avec qui il entretiendra une liaison de 1844 à 1851, ou avec l’actrice Alice Ozy en 1847. Cependant, leur liaison est affichée et notoire, y compris de l’épouse du poète et de leurs enfants. À la mort de Claire, âgée de vingt ans, Victor Hugo mène le cortège funèbre avec Pradier, le père de la jeune défunte. Juliette n’a pas la force d’assister aux obsèques.

En 1852, elle accompagne son illustre amant dans son exil à Jersey, et puis en 1855 à Guernesey, mais sans partager son toit. Il lui loue une petite maison à portée de vue.

Elle lui écrit tout au long de sa vie plus de 20 000 lettres[4] ou de simples mots, qui témoignent d’un réel talent selon Gérard Pouchain qui écrivit sa biographie en 1992.

Elle s’éteint le 11 mai 1883 dans son habitation au 57, rue Jean-de-La-Fontaine à Paris. Elle repose au cimetière de Saint-Mandé près de sa fille Claire.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Gérard Pouchain et Robert Sabourin, Juliette Drouet, ou la dépaysée, éditions Fayard, 1992.
  • Juliette Drouet, Souvenirs 1843-1854, édition établie par Gérard Pouchain, éditions des femmes, 2006.

Iconographie[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Drouet, Juliette », notice d'autorité personne n° FRBNF11900644, catalogue Bn-Opale Plus, Bibliothèque nationale de France, créée le 26 août 1981, modifiée le 26 octobre 2007.
  2. Le Figaro : 1ère partie - Juliette Drouet et Victor Hugo - à propos de l'Exposition Juliette Drouet, Maison de Victor Hugo " Mon âme à ton coeur s'est donnée"...
  3. Pascale Lafargue, Juliette Drouet, une destinée, 2004. lire en ligne sur google livres
  4. a et b Anne-Martin Fugier, « Victor Hugo : la face cachée du grand homme », émission Secrets d'histoire sur France 2, 10 juillet 2012
  5. Christian Vellas, Genève insolite et secrète, édition Jonglez, 2010, p.96-97. (ISBN 978-2-9158-0779-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :